Les nouveaux pays Origami

Ecrit par Kamel Daoud le 22 octobre 2010. dans Monde, La une

Les nouveaux pays Origami

Un poète irakien a bien parlé, un jour, de pays qui, par tristesse, peuvent s'en aller, plier les arbres et les rivières et prendre le cabas. A l'époque, c'était un poème, aujourd'hui, cela s'appelle géostratégie. Aujourd'hui, depuis le 11 septembre, El Qaïda, la lutte antiterroriste mondiale, la « global war » ou le commerce des otages, les pays sont « pliables », on peut les mettre dans des poches, des bagages, des coins. On peut retrouver un pays entier dans un trou (avec Saddam), le réduire, l'envahir, lui faire une respiration artificielle comme pour l'Afghanistan. La souveraineté d'un pays se trace, aujourd'hui, chaque jour au jour le jour. On n'est plus d'ailleurs au lendemain des fastes décolonisations : à l'époque, il suffisait de chasser le colon et d'avoir une armée pour avoir un territoire. Ce n'est plus le cas. On l'a compris avec ce qui se passe au Sahel ? Mais qu'est-ce qu'on a compris au juste ? D'abord, qu'il y a désormais un nouveau continent dans le continent. Une sorte de nouveaux pays nés par défaut d'Etats puissants dans les pays limitrophes. Du coup, une sorte de mécanique y a été déclenchée : terrorisme/antiterrorisme, touriste/terroriste, otage/rançon et donc droit d'intervention/nouvelle cartographie.

Piège à Working Girl : Eh les filles !

Ecrit par Sabine Vaillant le 22 octobre 2010. dans La une, Société

Piège à Working Girl : Eh les filles !

Ok les filles, « les plafonds de verre » dans les entreprises, la politique, ou  la vie de tous les jours sont bien réels. Pas de mystère, ils ne veulent pas de nous aux commandes.

A nous de les faire voler en éclat et de prendre la part qui nous revient. C’est sûr, point de recettes miracles, sinon ce ne serait pas à l’ordre du jour. Il va falloir se serrer les coudes, remuer nos méninges, et jouer en finesse. Car la question agite aussi les plus hautes sphères.

Arrêtons de supputer sur les taux d’hormones des uns et des autres ça pourrait donner des idées aux indélicats.

Redistribuons les cartes avec nos hommes en commençant par l’éducation de nos enfants pour ne pas perpétuer ad vitam aeternam ce cercle infernal. Notre société s’en portera que mieux.

Dénombrement

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 22 octobre 2010. dans La une, Ecrits

Dénombrement

TOUS A L'ESSAI


 

"Reflets d'un temps révolu" : notre XIIIème

Ecrit par Jacques Petit le 22 octobre 2010. dans Souvenirs, La une

Lucien était né dans un quartier populaire de Paris dans les années 30. Son père était fonctionnaire de police, commissaire - pour être plus exact - sa mère, comme quasiment toutes les femmes mariées et mères à l'époque, élevait ses enfants (en l'occurrence, son fils Lucien).

La position de son père lui conférait, dans ce quartier populaire, presqu'uniquement composé d'ouvriers et d'employés, une position de notable.

D'ailleurs, dans la rue - à part un médecin qui vivait et exerçait  dans un des petits pavillons de la rue en face - il possédait, seul, une voiture (pour être précis, une voiture de service noire, une "traction". Il y avait aussi le camion de la SEITA que ramenait tous les soirs le chauffeur de la Manufacture des Tabacs.

Juste un mot (68)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 22 octobre 2010. dans La une, France

Juste un mot (68)

Début janvier, sur l'île de la Réunion, le Piton de la Fournaise entrait en éruption ... Neuf mois plus tard, il en a remis une couche ! Gerbes de feu et coulées de lave ont de nouveau ensorcelé le site, où l'homme n'a jamais eu droit de cité. Une nouvelle fois, à distance, il a assisté à un phénomène qui le dépasse et éveille en lui des peurs ancestrales.

Dans l'Hexagone, en ce moment, politiques et syndicalistes continuent de jouer avec le feu, avec les risques que cela comporte. La rue, à plusieurs reprises, s'est métamorphosée en poudrière, en attendant des jours meilleurs. Mais qui peut dire, aujourd'hui, comment va évoluer la situation ? Nul n'est prophète en son pays, n'est-ce pas ?

Même la presse étrangère se montre inquiète et parle de " chaos " ... La France KO, réduite à un " champ de ruines " ? On en est encore loin, Dieu merci. Pourtant, la situation demeure explosive, et le Sénat, comme l'Assemblée Nationale, d'ailleurs, ressemblaient fort, ces jours-ci, à des " chambres magmatiques " !

Hommage posthume

Ecrit par Sana Guessous le 20 octobre 2010. dans La une, Média/Web, Musique

Hommage posthume

Tête-à-tête. Ça commence plutôt mal. L’homme est hargneux. Pleurard. Diaporama de bêlements et de contorsions. Poilant.  »Immonde. Immonde, cette… pppppouffiasse. Me voir me tordre de douleur, pour elle c’est l’pied. Fais pas semblant d’comprendre. N’essaie même pas. Ecoute-moi, juste. » Adhésion métallique du menton. Pourvu qu’il ne m’entende pas grincer de la mâchoire. Éclat de rire homérique évité de justesse. J’évacue comme je peux. Un catalogue de mimiques indulgentes se déroule lentement.

« L’amour, c’est un sentiment. » Ah ouais. « J’arrête pas d’lui dire à cette salope. De m’le filer quand j’lui demande. Sans discuter. Je suis en feu, le désir monte, j’en peux plus, dis quelque chose ! » Énorme. Énormissime. Je débobine tous les clichés de l’humanité. Il hoche tristement la tête, comme pour me plaindre. Mais ma trivialité le rassure, le met en confiance. Éclat de grandiloquence sentimentale : « Pétasse, oui, mais perle tout d’même. Perle avant tout. Son amour est tellement… complet, tellement exhaustif. Une encyclopédie d’émotions ! »

Comme un parfum d'automne...

Ecrit par Léon-Marc Levy le 20 octobre 2010. dans Vins du monde, La une, Gastronomie

Comme un parfum d'automne...

L’automne a des charmes irremplaçables : C’est, chère Martine L., le retour des champignons et, en même temps, le retour des grands Bordeaux sur nos tables. Tous les passionnés des grands châteaux girondins vous le diront : les mois d’été ne se prêtent guère à la dégustation de nos précieux Cabernet-sauvignon ou de nos non moins précieux merlot. Affaire de température assurément : un grand bordeaux se déguste entre 15 et 18° Celsius. Surtout pas plus : au-delà, les arômes et les saveurs « s’étalent », s’amollissent, prennent des contours approximatifs.

Hier nous fêtions entre amis le retour des stars du Médoc. Après une entrée d’escargots/flageolets à la pointe de cumin et crème fraîche et des grenadins de veau forestière, accompagnés bien sûr de giroles de Dordogne (il n’y a pas que la Corrèze dans la vie...) venait, triomphant, un château Lagrange 1990* ! Merveilleux St Julien dans un millésime qui ne l’est pas moins...

Juste un mot (67)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 20 octobre 2010. dans La une, France

Juste un mot (67)

Les lapsus à connotation sexuelle fleurissent dans la bouche des politiques ... Après Rachida Dati, dont la " fellation " a entraîné une inflation de commentaires, c'est au tour de Brice Hortefeux de faire des siennes, avec son " fichier d'empreintes génitales ", au lieu de " digitales " ... Voilà ce que c'est que de vouloir mettre le doigt là où ça fait mal !

Comme cette intervention de Robert-André Vivien, à propos d'une loi sur la classification des films pornographiques : " Monsieur le ministre, il faut durcir votre sexe - au lieu de " votre texte " ! " Ou bien celle de Pierre Bérégovoy, qui annonçait une " baise " de l'impôt sur les sociétés ! Ou bien encore Dominique Voynet, déclarant : " Plus que jamais, il faut que les femmes se serrent les couilles ! " Mais on sait, depuis longtemps, qu'elles en ont - mes hommages -, alors inutile d'en rajouter, n'est-ce pas ?

Le Chat Persan (3)

Ecrit par Gilberte Benayoun le 20 octobre 2010. dans La une, Ecrits

Le Chat Persan (3)

Quand je lui ai proposé de venir chez moi, j’ai dit vous savez je n’ai jamais fait ça, inviter un amant, chez moi c’est très modeste, à part mes livres rien de luxueux. Il a dit je serai discret, je me ferai tout petit, je ne dérangerai rien… Comment ça il n’a rien dérangé ? Il a tout dérangé… ma vie, ma tête, mon cœur, et l’ordre des choses…

Oui c’est vrai, quand il était sur le canapé, il buvait son café par petites gorgées, il ne disait rien, seuls ses yeux parlaient, il avait l’air de supplier que je le prenne dans mes bras, que je fasse le premier pas, il était paralysé de peur, plus je voyais son air de chat effrayé, plus j’étais figée, immobile, et si je n’avais jamais invité un amant chez moi, ce serait aussi la première fois que je ferais le premier pas… J’ai posé ma main sur la sienne, nos mains se sont happées, il tremblait, je ne savais pas si je devais laisser nos mains enlacées, ou me pencher et l’embrasser. Il était assis, le dos collé au canapé, une sorte de recul, visiblement il avait peur, de quoi il avait peur ?…

A Miami (9). My Mia

Ecrit par Jean-François Chénin le 18 octobre 2010. dans La une, Ecrits

A Miami (9). My Mia

1 - Elle a ouvert la nuit sur une nuit d'étoiles filantes dans le ciel clairsemé d'une nuit d'août. Elle fera sa toilette en plein ciel au sommet des astres qui vitupèrent en elle. Elle domptera tous les scintillements qui étreignent son regard au plus haut du ciel. Elle rira. Elle sera heureuse. Elle sera parfum, ambre de l'ombre, encens du silence, ensoleillée de la myrrhe des nomades. Et son cœur battra si fort, au long de toute cette nuit, éreintée d'étoiles fusantes,  que je l'entendrai jusqu'à moi.

2 - Elle passe de la réalité au rêve dans ma mémoire franche. Elle est le point focal de mes sentiments et la ligne de fuite de mon avenir. Elle sait où danser et, parce qu'elle est nue - nous sommes au seuil de la nuit blanche - elle danse à fleur de peau de mes émotions. Elle sait où me trouver. Je sais la débusquer. Et si, parfois, nous sommes en suspend, parce que la nuit est noire ou que le silence est prolongé, nous savons ouvrir les yeux ou dire un mot - même maladroitement - qui nous donnera ce supplément d'avance - même séparés - qui nous assure l'un à l'autre, au seuil du plaisir qui vient, d'avoir pris le risque, pour nous éprouver, de nous perdre.

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