Auteurs

Le « tout bon des reflets » : Un coufidou de châtaignes pour le froid qui arrive…

Ecrit par Martine L. Petauton le 09 novembre 2013. dans Auteurs, Gastronomie

Le «  tout bon des reflets » : Un coufidou de châtaignes pour le froid qui arrive…

C’est souvent son odeur dans nos villes, au coin des rues, qui nous reste en mémoire ; le brûlé qui fait crier, le noirci des doigts et ce goût unique ; un condensé d’enfance ; à la fois sucre et je ne sais quoi : la châtaigne grillée.

Mais, dans mes chemins de cet automne indien limousin, c’est autre chose : le silence déjà plein de brumes ; le son du « poc poc » des bogues tombant, ce fruit/légume, ce pain des coins de la famine d’antan. On la ramassera, la superbe, pour le repas chaud du soir : le coufidou.

 

Ingrédients :

1 kg de châtaignes épluchées (ou, à faire faire aux gamins en vacances)

1 pomme de terre par personne

Matériel :

Le « coufidou », cocotte en terre, à tremper dans l’eau, et à enfourner ; cuisson à l’étouffée.

À défaut, la cocotte minute familiale ; un ou deux verres d’eau au fond, et le panier-vapeur

Effets secondaires, film de Steven Soderbergh

Ecrit par Jean Le Mosellan le 27 avril 2013. dans Auteurs, Cinéma

Effets secondaires, film de Steven Soderbergh

En médecine l’expression effets secondaires désigne par euphémisme des effets indésirables, parfois incontrôlables, allant de l’inconfort au décès, comme on en a vu rapporter de nombreux cas ces temps-ci par les journaux, mettant en cause l’autorisation de mise sur le marché de certaines molécules par l’industrie pharmaceutique. Les procès intentés par les victimes deviennent inquiétants par leur nombre. Le terme side effects, titre original, utilisé en pays anglophones, quoique pas moins effrayant en soi, ne prétend pas que ces effets soient ipso facto, en impact mesurable, secondaires, leur reconnaissant peut-être dans cet usage une dimension parfois majeure, supérieure aux effets thérapeutiques escomptés, ravalés pour l’occasion au statut d’effets secondaires.

Quand on va voir le film de Soderbergh, on s’attend à assister un thriller fonctionnant sur ce thème. Eh bien, pendant la moitié du film, sinon les trois quarts, c’est bien le cas, avec les victimes désignées, des psychiatres dépassés, et un laboratoire pharmaceutique en action. Dans le quart restant, la fiction prend une autre direction. En fait, rétrospectivement, tout le film est dans cette direction, dès le début. Le spectateur s’en rend bien compte, plus ou moins vite, comme dans The Informant, autre film de Soderbergh, que les apparences sont trompeuses.

La propriété : violence ou droit de l’homme ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 23 mars 2013. dans Auteurs, Actualité, Littérature

La propriété : violence ou droit de l’homme ?

En 1849, en Allemagne, parut une caricature du grand romaniste Theodor Mommsen, professeur de droit romain à l’université de Leipzig, lui faisant dire : « dominium est furtum », reprise en version latine de la célèbre phrase de Proudhon, dans son ouvrage publié en 1840, « qu’est-ce que la propriété ? ». Réponse de Proudhon : « la propriété, c’est le vol ». La latinisation de la phrase et le choix de Mommsen comme porte-parole imaginaire de Proudhon ne sont pas innocents : les étudiants de Leipzig, en effet, dans le climat postrévolutionnaire de l’après 1848, se souvenaient qu’en droit romain, la propriété, ce n’est pas tant le vol que la violence…

Rien que le mot – dominium – donne le la. La propriété est une domination, celle du dominus, le seigneur et maître qui règne en autocrate sur son domaine, la domus, la maisonnée et tout ce qui s’y affère.

Cette domination est un pouvoir, potestas, qu’on appelle aussi manus, la main. Une main à la fois protectrice et asservissante : le dominus, le propriétaire, a la haute main sur tout ce qui se trouve chez lui, personnes et biens. Acquérir un bien immeuble ou un esclave, c’est littéralement le prendre en main par un acte solennel, la mancipatio, où l’acquéreur met physiquement la main sur son acquisition. Originellement, la revendication d’un bien, en cas de contestation par un tiers, débouchait sur un combat dont le juge était l’arbitre. Rien que les éléments constitutifs du dominium dénotent la violence : l’usus, l’usage de la chose (ou de l’esclave), le fructus, la jouissance des fruits de la chose et surtout l’abusus. Oui, la propriété est par essence « abusive » dans la mesure où le propriétaire peut le plus légalement du monde « abuser » d’elle, c’est-à-dire la vendre ou la détruire. Le dominus, paterfamilias tout puissant, a, en effet, le droit de vie et de mort sur ses esclaves et même ses enfants, ius vitae necisque ; il a aussi le droit de tuer sa femme ou plutôt de l’occire, ius occidiendi, en cas d’adultère.

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