La une

Juste un mot (71)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 29 octobre 2010. dans La une, Voyages

Juste un mot (71)

Nous venons tout juste de rentrer d'une escapade à Venise, la Sérénissime ... D'abord, victime d'une Acqua Alta, phénomène de marée haute, qui ne dure qu'une heure ou deux, mais très spectaculaire, car la ville a alors les pieds dans l'eau ... Plus tard, caressée par les rayons du soleil, et retrouvant progressivement sa magie et son lustre.

La ville ressemble, en effet, à une " arlequinade ", où le spectacle est permanent. Les nombreux touristes y sont des acteurs, évoluant dans un décor immuable, composé de la Basilique Saint-Marc, du Campanile et du Palais des Doges ... Ailleurs, au détour d'un canal ou d'un pont, les pièces sont plus intimistes et se résument, le plus souvent, à des quatuors ou des duos, qui, sur les gondoles, peuvent donner libre cours à leurs " transports amoureux " !

Vu du pont du Rialto, le Grand Canal ressemble à une avenue éminemment encombrée ! Toutes sortes d'embarcations s'y croisent, du vaporetto à la " voiture " de luxe, en passant par les " utilitaires " ... Le quotidien au rythme et au ras des vagues !

"Reflets d'un temps révolu" : notre XIIIème (2)

Ecrit par Jacques Petit le 29 octobre 2010. dans Souvenirs, La une

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C'est pour cela que ceux qui ont eu la chance de se retrouver dans les rues de Paris où ailleurs, en France, le 8 Mai 1945, ont vécu un jour de liesse, sans retenue, se rendant bien compte tout au long de cette journée, où en outre, il faisait un temps magnifique dans la capitale, qu'ils sortaient du cauchemar. Tout n'était pas encore rose, mais ils se réveillaient d'un cauchemar noir, si noir.

Chaque Française, chaque Français qui a vécu ce jour en France, en garde un souvenir indescriptible, où la joie se mêlait aux pleurs, car chacune, chacun avait ses petits drames personnels.

Frêche : Comediante ! Tragediante !

Ecrit par Martine L. Petauton le 27 octobre 2010. dans France, La une

Frêche : Comediante ! Tragediante !

"Reflet du Jour"

 

George Frêche est mort, et, de la Comédie aux allées d'Antigone, Montpellier pleure, et je pleure avec elle, Frêche le superbe, le bâtisseur, le génial urbaniste, le créateur de la « ville intelligente », le visionnaire du Vivre Ensemble, l'animateur des ambitions de la belle région – qui lui doit tant ...

Parlant un peu de moi, je confierai que mon projet imminent de m'installer à Montpellier a quelque chose à voir avec cet «  homme-chêne ». J'aurais, je crois, tant aimé travailler avec lui !

Mais, que de fois nous aurions divergé ! Ses « dérapages », non ! Ses impardonnables fautes, réitérées, avec son accent méridional ; son populisme rampant … Oui, décidément, j'ai, en même temps que je le salue, une douloureuse et inconsolable colère !

Le Chat Persan (4)

Ecrit par Gilberte Benayoun le 27 octobre 2010. dans Ecrits, La une

Le Chat Persan (4)

4

Le deux mai prochain ça fera exactement dix ans que je vis avec mon compagnon. On s’est connu au travail, j’étais secrétaire, il était cadre. Il était introverti, moi extravertie, les contraires s’attirent. Il avait vingt-neuf ans, j’avais déjà cinquante deux ans, je venais de vivre le moment le plus douloureux de ma vie, la mort brutale de ma sœur aînée. Je suis tombée malade. Quand j’ai repris mon travail, il est venu un matin boire son café dans la cuisine au bout du couloir. J’étais là, appuyée contre le mur, livide, le regard vide, je buvais mon café, il ne m’avait jamais parlé avant. On se croisait depuis plusieurs années déjà dans les couloirs, les réunions de travail, les fêtes au bureau, fêtes de fin d’année, pots de départ, anniversaires de collègues. Toutes ces années à le croiser et le voir sans le voir, il me croisait et me voyait, je lui plaisais, il n’osait pas m’aborder.

Un sourire de mon ami le Lion (7)

Ecrit par Luce Caggini le 27 octobre 2010. dans Ecrits, La une

Un sourire de mon ami le Lion (7)

Ma vie se disloque. Mon souvenir des jours heureux est encore régi par une passion venue du monde des paradis new-yorkais.

Il y a une image que je garde collée sur le cœur, celle de ma mère marchant sur Fifth Avenue où nous avons rendez-vous. C'est une  jeune femme de Monbasa qui donne la main à son fils, élégance à la française, légère, moi, je cours, je cours parce que  je n’ai jamais su marcher lentement, parce que je suis le fils bien-aimé. Cette femme là ne doit pas être celle qui m’attend, elle est trop jeune. Je suis un peu essoufflé, je viens de la perdre de vue. Ayant vécu seul si longtemps loin d'elle, mes mots sont ceux  du ramage d'un oiseau qui n’a pas encore tout son plumage.

Bientôt  je serai cendres,  mon  cœur est en pierres de feu, mon corps est en charpie. Je suffoque, vulnérable, transi, aliéné, par une secousse volcanique qui a éjecté  tous mes  amis. Soldé, abandonné sur le pavé, sans trace d’un passé vieux d’un jour. Un  électron discount, sans  positron.

Juste un mot (70)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 27 octobre 2010. dans La une, Environnement

Juste un mot (70)

Les fossiles sont à la mode et font même l'objet d'enchères ... et en os ! Dernièrement, Sotheby's procédait à une vente qui, au final, a rapporté quelque 3 millions d'euros ! Pas mal pour des " vieilleries ", comme cet allosaure - lézard étrange -, adjugé et vendu à plus d'un million d'euros !

Mais que se cache-t-il donc derrière cet engouement pour la préhistoire ? Nostalgie d'un passé à jamais révolu ou snobisme grand format ? Les dinosaures, de quelque espèce qu'ils soient, seront-ils capables, un jour, de surpasser les estampes japonaises, notamment pour la drague, et de jouer les nouveaux " gardiens du temple " ?

A une époque où passé et avenir sont, le plus souvent, occultés, le présent a pris une telle dimension qu'il est difficile, pour tout un chacun, de laisser la moindre trace, et ce, dans n'importe quel domaine ! En vérité, paroles et actes se diluent très vite dans un anonymat vertigineux, et c'est l'éphémère qui règne en maître absolu.

Loin de Paris (4) : Berkeley

Ecrit par Pierre Pachet le 25 octobre 2010. dans Ecrits, La une

Loin de Paris (4) : Berkeley

De l'endroit de l'immense salle du Zénith où nous étions placés, l'autre soir, impossible de distinguer les traits de Bob Dylan, là-bas sur la scène. Avait-il sa moustache de voyou, ses cheveux étaient-ils teints ? On  devinait un chapeau noir, une guitare en bandoulière, un pantalon noir avec des ganses brillantes sur les côtés. Il s'agitait, donnait généreusement de sa voix un peu diminuée, répondait sans fausse coquetterie aux demandes de  rappel, reprenait des chansons anciennes qu'il avait complètement  refondues, dont il modifiait la tonalité, le rythme, l'humeur, les  réinventant  sans  les défaire. Pas de  temps morts. A  la  fin du concert, pour marquer sa joie et sa gratitude, pour signifier aussi que c'était la fin, il s'agenouilla face au public, levant sa guitare au-dessus de sa tête.

Un jour, il y a bien des années,  à l’entrée du campus de Berkeley du côté de Telegraph, deux jeunes gens s’occupaient d’une petite table  pliante couverte de brochures contre l'engagement américain au Vietnam (on  était en septembre 1965, sous Lyndon Johnson). Les brochures accusaient les Etats-Unis de refuser les élections libres auxquelles les communistes  auraient au contraire été  prêts à se soumettre. Tu parles.

A Miami (10)

Ecrit par Jean-François Chénin le 25 octobre 2010. dans Ecrits, La une

A Miami (10)

A Miami, les histoires sont courtes, le rêve à mi-hauteur et le vin chilien.

A Miami, les DJ ont martel en tête.

A Miami, les artistes dégringolent des cimaises qu'ils essaient d'accrocher au ciel. Pauvres artistes !

A Miami, les femmes vont par quatre, les hommes par deux. Parfois elles sont trois.

A Miami, à l'approche de l'hiver, les arbres pétillent de malice et sous les flyovers les allées sont vides.

A Miami, les femmes ont pris de l'avance sur les hommes. Elles ont toujours une paire de ciseaux dans leur sac.

A côté de Miami, il y a Miami Beach, tout bétonné d'agréments lisses et de loisirs parvenus. Il suffit de passer les ponts.

Vocation

Ecrit par Eric Eymard le 25 octobre 2010. dans La une, Souvenirs, Musique

Vocation

À 5 ans, j’avais pour curieuse habitude de m’intéresser aux disques en vinyle de mon père.

Je pénétrais dans l’immense bureau, m’asseyais devant les colonnes cubiques disposées un peu partout sur le sol et sortais les galettes noires de leurs emballages colorées. Libérant ainsi Frédéric Chopin ou Jean Sébastien Bach de l’étreinte pesante d’un Fats Waller ou d'un Big Sid Catlett.

Je me contentais de reconstituer les piles en disposant les disques nus les uns sur les autres, soucieux, peut-être, de retrouver la ronde apparence qui sied à toute colonne digne de ce nom.

L’exercice s’arrêtait là.

Les enfants de 5 ans ont parfois d’étranges lubies.

Bleu Terre

Ecrit par Martine L. Petauton le 25 octobre 2010. dans La une, Littérature

Bleu Terre

Un petit livre ; une édition soignée ; des drôles d'histoires. C'est dit, d'emblée : «  j'invite une nuée d'étourneaux, un chat volant, des nuages trop beaux, deux mouettes et un goéland » ; on va donc aller de bêtes en grain de folie, avec la mer, toujours puisque dès les premières pages - c'est une évidence « in-négociable » - «  la mer est ma passion … plus que les oiseaux de feu … »

Un livre pour ceux qui aiment la mer, donc, ou ne demandent qu'à le faire.

L'océan, beaucoup, la Bretagne et sa mer d'Iroise, mais aussi, ça et là, des voyages jusqu'en mer du Japon, et même en Arctique. A chaque page, le bruit du ressac ; on est refroidi par l'écume, nos pieds arpentent sable et galets ; odeurs d'embrun ; rêves (éveillés ?) d'oiseaux qui marchent, de femmes – ou leur souvenir – qui volent ! J'ai, quand même regretté qu'il n'y ait pas plus de « gens de mer »   ou de rivages...

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