La une

Y EUT-IL UNE IDEOLOGIE WAGNERIENNE ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 24 septembre 2010. dans La une, Musique

Y EUT-IL UNE IDEOLOGIE WAGNERIENNE ?

Un premier point peu connu réside d'abord dans le fait que le jeune Wagner, jusque vers 1849-1850, était influencé par une pensée « socialiste libertaire ». Comment ne pas signaler qu'il participa au mouvement révolutionnaire allemand, à Dresde, en 1848, lors du « Printemps des Peuples », et ceci jusqu'à l'écrasement de celui-la (en 1849) par les troupes saxonnes et prussiennes ? A cette époque, il était d'ailleurs l'ami de l'anarchiste russe Bakounine. Faut-il voir là uniquement, pour lui, une façon de réagir au fait que son génie n'était pas encore, à cette époque, vraiment couronné de succès (malgré les compositions de ses premières grandes œuvres lyriques : « Le Vaisseau Fantôme », « Tannhaüser » et « Lohengrin »), après la réussite de « Rienzi » ? En tout cas, il dut s'exiler, d'abord à Paris, puis à Zurich, étant recherché comme « révolutionnaire » !

Plus connus sont évidemment les positionnements de Wagner à partir de sa maturité, puis de sa vieillesse, que ce soit l'antisémitisme ou le monarchisme nationaliste. Même si l'antisémitisme était un phénomène extrêmement répandu à cette époque (pas seulement en Allemagne), ce qui n'excuse en rien les écrits de Wagner, comment oublier, par exemple, son essai : « Le judaïsme dans la musique » ?! Comment ignorer, dans ce cadre, ses attaques contre Mendelssohn et Meyerbeer ?! Mais, comme Wagner est souvent insaisissable, il faut aussi dire que des musiciens juifs vivant à son époque, tels que Hermann Levi (chef d'orchestre), Joseph Rubinstein (pianiste), ou Arnold Schoenberg (compositeur admirateur de Wagner et principal fondateur de la musique atonale), ont toujours soutenu le « mage de Bayreuth »... ! Quant au monarchisme nationaliste du compositeur vieillissant, il se rattache davantage aux racines du pangermanisme qu'à son amitié avec Louis II de Bavière, ce dernier lui ayant surtout permis de pouvoir subvenir largement à ses besoins dispendieux et de faire construire son grand théâtre (sorte de  « temple ») pour représenter ses opéras à Bayreuth.

Traitons à présent des aspects éventuellement « idéologiques » de l'œuvre lyrique wagnérienne. Sur le plan politique, celui qui se voulait « le nouvel Eschyle » (Bayreuth équivalent, pour lui, au théâtre d'  Epidaure) considérait son œuvre - en ce lieu - comme un ensemble de cérémonies civiques de type athénien antique, à contenu philosophique, puis quasiment religieux. D'où - sans doute - son amitié/haine avec Nietzsche, qui rejeta « Parsifal », le grand philosophe reprochant au compositeur de s'être, avec cet opéra, « agenouillé devant le crucifix » (dixit), et d'avoir rompu avec leurs « fêtes dionysiaques ». L'amitié admirative pour Wagner (avec « La naissance de la tragédie ») se transforma alors en rejet, voire en haine (dans « Le cas Wagner ») ; admiration (réciproque), puis véritable rejet ! C'est essentiellement au sein de la « Tétralogie » que l'on pourrait trouver (mais pas forcément sur le plan politique) la vision d'une hiérarchie raciale (ou sociale ?), avec les Dieux, les Héros, les hommes, et les gnomes ou sortes de nains (les Nibelungen). Il ne faut pas être un grand analyste pour voir ce que les nazis purent utiliser, instrumentaliser, dans le contenu de ces mythes germaniques ; j'y reviendrai. Au niveau religieux, c'est bien avec « Parsifal » que Wagner voulut couronner son œuvre. L'évolution du « Maître » fut la suivante depuis les années 1840 : l'Histoire (« Rienzi »), les Légendes (« Le Vaisseau fantôme », « Lohengrin, « Tannhäuser, « Tristan et Isolde »), les Mythes (la « Tétralogie »), puis la Religion (« Parsifal »). Comme nous le savons, Wagner considérait « Parsifal » (son testament musical) en tant que « Festival d'art scénique sacré ». D'ailleurs, certains wagnérophiles vivent encore cette œuvre mystique comme « une messe » ! Et je voudrais rappeler que l'on ne doit pas applaudir à la fin de l'Acte I de cet opéra dans le « temple » de Bayreuth (en raison de l'initiation à venir du personnage de Parsifal). J'ajoute une précision qui me semble intéressante : avant cette oeuvre, Wagner avait envisagé de composer unepartition lyrique à caractères bouddhistes marqués, qui se serait appelée « Les Vainqueurs ».

 

Le brushing

Ecrit par Sana Guessous le 24 septembre 2010. dans Vie quotidienne, Ecrits, La une, Humour

Le brushing

Égarement. Épouvante. Hystérie.

Merde ! Je fais quoi maintenant ?

Je peux essayer de revenir sur mes pas.

Non, non, pas moyen de revenir. J’ai le pied fier, têtu, un peu con aussi. Il n’obéit pas aux ordres de repli. Il s’imagine qu’on abdique. « On marche déjà sur Roudani, putain ! C’est la mobylette qui t’effraie ? La charrette ? Chochotte ! ».

Oui, c’est comme ça que le pied parle à la tête, chez moi. Ici, c’est le mousse qui commande au maréchal. Forcément, c’est un peu branlant. Ça tangue, si vous préférez. Bande de pervers.

Parce que mon pied n’en fait qu’à sa tête, Garcia Marquez est resté à la maison.

Roman (3)

Ecrit par Jean-François Chénin le 24 septembre 2010. dans Ecrits, La une

Roman (3)

J'y mettrai ma vie dans ce roman, mais je ne l'écrirai pas. Au commencement, c'est une maison où l'ombre glisse vers la lumière. J'aime les maisons désertées. Elles regorgent de pièces vides, volets clos heurtés par un soleil blanc, enfilades de clair-obscur où le regard n’a pas de prise et renonce à donner une forme à ce qu'il tente de voir. Il n’y a rien à voir, seulement des raies d’ombre et de lumières balayant des murs blancs troués de portes plus claires ou plus sombres au-delà desquelles d’autres pièces m’attendent. Une fine poussière flotte à tout passage. J’aime dans ces maisons les parquets qui prolongent les lignes de fuite de la lumière, bousculée si j’avance, arrêtée si je m’arrête. Maisons hantées du silence de mes silences, je m’y perds parfois mais toujours invulnérable, intouchable, ailleurs. Derrière des volets où le jour s'échappe, où le soleil claque chaque fois que des mains s'approchent et se touchent, derrière ces volets noirs, il y a moi, moi qui attend la fin.

Juste un mot (56)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 24 septembre 2010. dans France, La une

Juste un mot (56)

Dimanche 19 septembre, paraissait dans " Le Monde " une interview de François Hollande, dont le titre était le suivant : " La décomposition de la majorité oblige la gauche à élever le niveau " ... Pour ma part, je reste dubitatif, car je me demande s'il peut y avoir une corrélation entre une certaine forme de débâcle à droite et une élévation du niveau à gauche ! Plus loin : " Je respecte la diversité de la gauche, mais la crédibilité exige de marquer clairement nos convergences ". De quelle " crédibilité ", de quelles " convergences " est-il question ici ? Egaux, les ego ? Allons donc ... En réalité, on est encore loin, voire très loin, de la gauche unie, à plusieurs mois des primaires et de la présidentielle.

Quant à Ségolène Royal, tête d'affiche de la fête de la Fra-ter-ni-té, troisième du nom, elle a rejoué sa partition de 2007, mais avec encore plus d'intensité dans les aigus, et appelé, elle aussi, à l'unité ... " Bâtir un destin, un espoir commun ... ", " Rassembler au-delà de la gauche ... ", " Unis nous demeurerons ... " Etc. Sa campagne - même si elle ne veut pas dire son nom - serait-elle déjà lancée ?

Point ou pixel ?

Ecrit par Pierre Audin le 24 septembre 2010. dans La une

Point ou pixel ?

Une des premières règles qu'on apprend en démarrant la géométrie, c'est que la droite n'a pas d'épaisseur. Et qu'elle est constituée de points, qui sont sans dimension. Au dix-neuvième siècle, un des objectifs des mathématiciens était de comprendre ce que ça implique, dans les détails. Entre deux points, il y a un segment, d'accord, mais plus précisément ? Des points ? Lesquels ? Comment s'organisent-ils ? A côté d'un point, qu'est-ce qu'on trouve ?

Le vingt-et-unième siècle a commencé comme le vingtième avait fini, avec l'ingérence des ordinateurs dans tous les domaines. Et les maths n'y ont pas échappé. Sur nos écrans, on a des pixels et non des points. Qu'est-ce qu'une droite, un cercle, ce que vous voyez sur votre écran ?

Tant qu'on a la santé 2 : Cathy, auxiliaire de vie

le 22 septembre 2010. dans La une, Santé, Société

Tant qu'on a la santé 2 : Cathy, auxiliaire de vie

Au cours des dix dernières années, j'ai vu se succéder au domicile familial quantité d'Auxiliaires de Vie. Des débutantes, des chevronnées, des bonnes (la grande majorité), des très bonnes… et une poignée de calamiteuses qui, paradoxalement, aident à entrevoir les compétences et qualités humaines, l'énergie physique et mentale nécessaires à cette profession.

Cet été, j'ai été en contact trois mois de suite avec une novice de 19 ans, qui entamait son premier CDD. Au sortir de l'adolescence, Cathy exhibe déjà la belle assurance et le savoir-faire d'une pro. Tact de la prise en main, fluidité et précision du geste… De la présentation matinale au patient à la toilette, et de l'habillage aux soins, tout le processus se déroule sereinement, sans une erreur, sans un oubli, avec une grâce de ballerine. Chaque seconde est mise à profit, sans jamais causer le moindre stress au vieil homme dont elle a la charge et qu'il lui faut "traiter" en 45 minutes avant de reprendre sa voiture pour un autre village, souvent éloigné de plusieurs kilomètres.

La véritable histoire d'Anastasia

Ecrit par Virginie Holtzer le 22 septembre 2010. dans La une, Média/Web, Société

La véritable histoire d'Anastasia

Ce cher Anastase Ier… Le malheureux n'a été Pape que durant deux ans, jusqu'en l'an de grâce 401. Personne ne se souvient de l'homme qu'il fut ni à quoi, véritablement, il a bien pu ressembler. Son nom reste pourtant gravé dans l'histoire d'Occident et l'histoire de France : Anastase fut le premier à inaugurer dans le monde chrétien ce que l'on nomme communément (quand on le peut) la censure. Celle-ci prit le nom d'Anastasie. On peut comprendre que ce fort joli prénom d'alors, se retrouvant associé sans préavis à un concept si épineux, tombe lentement mais sûrement en désuétude… "Censure, viens mettre le couvert !".

L'histoire de la censure est cependant beaucoup plus vieille que cela – en sont témoins les bas-reliefs égyptiens rendus illisibles à coups de burins bien affûtés. Les premiers égyptologues crurent à un criminel vandalisme jusqu'à ce que celui-ci se révèle si "organisé" que l'hypothèse d'une censure de l'époque dut être (prudemment) soulevée.

Juste un mot (55)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 22 septembre 2010. dans France, La une

Juste un mot (55)

" Chienlit ", pour Dominique de Villepin, terme à consonance gaullienne, s'il en fut ... " Rien ne va plus ", expression aux relents de casino, pour François Bayrou, pour qui, clairement, les jeux sont faits ... Les deux hommes ont visiblement la même approche concernant la gouvernance actuelle, d'autant qu'ils seraient en pourparlers pour constituer un groupe à l'Assemblée Nationale, où il s'en est passé de belles, dernièrement. D'autres discussions, pour une éventuelle alliance avec " Debout la République " - Nicolas Dupont-Aignan - et le " Nouveau Centre " - Hervé Morin -, auraient lieu, çà et là.

La République est-elle en train de faire sa révolution ? En tout cas, l'image de la France en a pris un coup lors du dernier sommet européen qui s'est tenu à Bruxelles ... Bruxelles, où, en 1958 - notre Constitution date du 4 octobre de la même année -, fut organisée l'Exposition universelle, dont le " fer de lance ", l'Atomium, représente la maille élémentaire du cristal de fer ... Comme on peut le constater, la " bataille des Roms " continue de mettre le feu aux poudres, mais le chef de l'Etat y croit dur comme fer, et l'on peut même parler de " cristallisation " !

Le billet d'humeur de Jacklittle (67)

Ecrit par Jacques Petit le 22 septembre 2010. dans La une, Société

Le billet d'humeur de Jacklittle (67)

Une de journal aujourd’hui : un premier cas de « dengue » en Europe ?

A l’écrit ça passe encore, à l’oreille on a du mal à comprendre, ou à l’admettre.

Moi qui me réfugie toujours vers « les Années Folles » dans mes coups de blues, alors que nous vivons quotidiennement des années de « dingues » ! Mais pas quand elle frôle la « dinguerie » humaine de certaines élites de la République qui lancent des circulaires pour traquer les ROMS. Désolé, je ne peux admettre cela.

J’ai connu une époque que je ne pensais pas revoir, je dis bien par optimisme : revoir et non revivre.

DENGUE ou pas DINGUE ?

De l'informel à l'informulé

Ecrit par Ariana Strauss le 20 septembre 2010. dans Philosophie, La une, Musique

De l'informel à l'informulé

Flashback

 

De l’aube de la philosophie à cette première moitié de 20ème siècle, avait-on déjà osé penser la musique ? Quand, à quel moment, où un philosophe avait-il eu outre les connaissances et l’âme suffisamment musicale, le courage de s’engager dans ces entrelacs sonores d’impensable impensé apparent à la "raison", cette chose qui ne se manifeste que par échappée et ne cesse de s’inscrire fuyante à la(p) préhension, matière, matériau, fonctionnement, architectonie, rapport à la perception au langage et à l’être, tout entendu ?

Certes, outre la transition Nietzsche qui ne pense pas encore la musique mais musicalement, il y eut bien, ici ou là, quelques balbutiements autour de la musique ou plus exactement du vague d’un sujet face à la musique, reposant sempiternellement sur les mêmes questions hors-lieu, mais jamais d’immersion et dégagement d’une véritable problématique avant TW Adorno.

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