Contre les violences faites aux femmes… et aux hommes !

Ecrit par Jean Gabard le 02 décembre 2017. dans La une, Actualité, Société

Contre les violences faites aux femmes… et aux hommes !

Avec la libération de la femme et le culte de la spontanéité, y a-t-il encore aujourd’hui beaucoup d’hommes qui n’ont jamais été insultés, voire même giflés, par une femme ?

La réponse risque d’être difficile à donner : les études ne concernent souvent que les violences faites aux femmes !…

Mais peu importe, il n’est pas question de comparer des chiffres. Ces derniers, d’ailleurs, sont-ils si importants par rapport à la gravité du sujet, surtout s’il s’avère que les mêmes violences n’ont pas forcément des effets identiques sur les hommes et sur les femmes ?

Les violences physiques paraissent en effet beaucoup plus graves pour une femme que pour un homme. Les menaces seules, pour elle, sont déjà totalement destructrices.

Pour un homme, les violences physiques ne sont pas insignifiantes mais ne l’atteignent guère autrement que physiquement…

Il n’en est cependant pas de même pour les insultes. Venant d’une femme, celles-ci l’ébranlent et il ressent comme un cataclysme qui le renvoie à sa castration psychique, quand il s’est aperçu qu’il ne pourrait plus être comme sa référence première qu’il perçoit « toute-puissante » : sa maman. Son impuissance devant ce qu’il vit comme un nouveau rejet décuple sa colère et lui donne souvent envie d’utiliser ce qu’il possède : sa force physique.

Si la femme frappe la première, il est plutôt soulagé ! Les coups replacent le conflit dans un domaine connu par lui et où il a l’assurance de pouvoir répondre s’il le souhaite. « L’adversaire » revient alors « à sa portée », sur un terrain qu’il maîtrise. Souvent même, il n’éprouve plus le besoin de riposter ou s’il le fait c’est pour la forme, pour sauver son honneur mais pas parce qu’il se sent menacé.

Une femme ne peut ressentir les effets de sa violence psychique chez un homme, pas plus qu’un homme ne peut ressentir les effets de sa violence physique chez une femme !

C’est la raison pour laquelle les hommes (niant la différence des sexes), ont pu penser (et certains le pensent encore) que leurs violences physiques sur une femme ne pouvaient être très graves, puisque pour eux, celles d’une femme, sur eux, ne l’étaient pas !

Aujourd’hui, certaines femmes n’ont-elles pas à leur tour tendance à croire que leur agression verbale sur un homme n’est qu’une affaire bénigne, parce que sur elles, la violence des mots peut être tolérable et n’est aucunement comparable aux violences physiques venant d’un homme et à ses conséquences ?…

Ainsi par négation de la différence des sexes, des sexistes hommes ont tendance à dire que les femmes sont « inférieures » parce que fragiles physiquement, et des femmes, toujours par négation de la différence des sexes, ont tendance à juger les hommes « malades » parce que fragiles psychiquement.

Dans notre société égalitariste, l’emploi du mot « malade » paraît plus correct que le mot « inférieur » mais il est pourtant plus pervers. En effet, il laisse supposer que l’homme pourrait se soigner et donc qu’il est responsable de sa fragilité psychique qui devient alors un défaut. Ainsi la dénégation de la différence des sexes permet de faire croire à une simple dénonciation des problèmes de certains hommes alors qu’il y a tout autant une infériorisation de l’homme différent et donc, là aussi, SEXISME !

Alors, pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux hommes, il faut certes les condamner mais ne faudrait-il pas aussi commencer par s’efforcer de respecter l’Autre différent ? Pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux hommes, et respecter l’autre, ne faudrait-il pas aussi sortir de la facilité qui consiste à considérer le sexe opposé « inférieur » ou « malade » et s’efforcer de se comporter en adulte assumant nos différences, nos manques et notre « non toute-puissance » ? Pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux hommes, pour respecter l’autre et assumer la différence, ne faudrait-il pas aussi sortir d’une idéologie dominante dépassée ?

Le rêve d’un droit à une égalité impossible a permis, dans les pays occidentaux, de faire admettre la légitimité de l’égalité en droits. Celle-ci a encore des détracteurs qui nous obligent à ne pas baisser la garde, mais le maintien de l’utopie égalitariste n’entretient-il pas aujourd’hui le ressentiment de femmes envers les hommes et d’hommes envers les femmes au lieu de favoriser le respect et le « vivre ensemble » ?…

 

 

 

Conférencier et auteur de : « Le féminisme et ses dérives. Rendre un père à l’enfant-roi », « Materner ou éduquer – Refonder l’école » (Les Editions de Paris). Jeangabard.com

A propos de l'auteur

Jean Gabard

Jean Gabard

Auteur de « Le féminisme et ses dérives – Rendre un père à l’enfant-roi »,

Les Editions de Paris, nov 2011.

Commentaires (1)

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    02 décembre 2017 à 13:44 |
    Certes, il y a des hommes battus ; mais quid du harcèlement sexuel et du viol ? La main baladeuse sur la braguette ou la pénétration exécutée sous la menace se heurtent à une difficulté d’ordre physiologique : la crainte et la contrainte interdisent l’érectilité masculine et font immédiatement cesser le combat faute de combattants !! Le viol d’un homme par un autre homme existe ; celui d’un homme par une femme n’est qu’une risible chimère…
    Mais soit ! Je vous rejoins sur un point. Les campagnes de délation des ci-devant gros cochons traduisent une misandrie à peine dissimulée. A quand le hashtag #balance ta truie ? Pareille égalité dans la « bélligérance » entre les sexes confine en effet à une absolue impossibilité du fait de la tendance irrésistiblement différentialiste du féminisme : l’image de la femme se voit immanquablement dotée de grâces spécifiques – et indémontrables – telles que la douceur, l’empathie, la non violence, clichés tout aussi sexistes que ceux – inverses – du machisme.
    Bref un manichéisme qui n’est pas sans rappeler l’ouvriérisme d’antan : le gentil ouvrier - avatar du bon sauvage de Rousseau - versus le méchant bourgeois…un mix des deux serait d’ailleurs possible : la pauvre ouvrière – pourquoi pas issue de la « diversité » - persécutée sexuellement par l’odieux bourge – blanc et phallocrate à la fois – et luttant pour son émancipation à tous les niveaux (génital autant que social !). On aurait là une nouvelle image pieuse de la gauche…

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