Il serait possible d’être favorable au « mariage pour tous » si…

Ecrit par Jean Gabard le 06 décembre 2014. dans La une

Il serait possible d’être favorable au « mariage pour tous » si…

Loin des passions et des polémiques, ma position sur le « mariage pour tous » :

Il me paraît difficile de cautionner l’institutionnalisation d’une situation où des petits enfants pourraient grandir dans des  familles où il y aura deux mamans ou deux papas qui peuvent être certes assez aimants mais où il n’y aura jamais la possibilité que les fonctions symboliques de père et de mère puissent se jouer.

 

Explications ci-dessous :

 

La revendication d’égalité est récurrente depuis une cinquantaine d’années et c’est au nom de cette égalité que l’adoption de la loi Taubira a semblé s’imposer pour une majorité de la population. Alors que la démocratie ne cesse de progresser, il existe pourtant des récalcitrants pour qui toutes les conditions ne sont pas réunies pour se déclarer favorables au « mariage pour tous ».

Il serait possible d’être favorable au « mariage pour tous » si le fait de l’appeler mariage ne permettait l’adoption pour tous et de plus l’adoption de tous les enfants quel que soit leur âge.

Il serait possible d’être favorable à l’adoption pour tous si la différence des sexes n’était pas perçue par les petits enfants ou si elle n’avait aucune importance pour eux.

Il serait possible d’être favorable au mariage pour tous s’il y avait ou s’il devait y avoir égalité entre un homme et une femme.

La revendication de l’égalité femme/homme est devenue une exigence. Cette égalité n’est pourtant pas inscrite dans la Déclaration des Droits de l’Homme. Celle-ci proclame en effet « Les Hommes naissent libres et égaux en droits ». Elle ne dit pas « Les Hommes naissent libres et égaux ». Remarque mesquine pourrait-on dire dans la mesure où nous faisons presque tous ce raccourci commode. Un simple oubli qui serait en effet sans conséquence s’il n’exprimait pas la revendication d’une autre égalité, d’une égalité réelle ?

Il serait possible d’être favorable à une égalité femme/homme réelle si le postulat des Etudes de genre était une théorie.

La demande d’égalité réelle peut avoir deux significations. Elle peut être l’exigence que l’égalité en droits soit respectée et c’est ce que nous devons tous souhaiter. La démocratie doit, certes, assurer le respect des lois, mais nous savons tous qu’il y a toujours des individus qui arrivent à passer outre, qu’il y a toujours eu et qu’il y aura malheureusement toujours des personnes qui voleront, qui tueront et qui ne respecteront pas les droits des autres. La demande d’égalité réelle peut être aussi la demande d’une égalité totale qui se traduise au niveau des comportements et des résultats. Cette exigence d’égalité réelle suppose qu’il n’y ait plus d’atteinte aux droits, que toutes les inégalités soient uniquement dues à une construction sociale sexiste et à des discriminations appelées à disparaître rapidement. C’est ce qu’avancent les Etudes de genre. Celles-ci ont connu un grand succès en luttant contre le sexisme de conservateurs qui justifiaient les injustices par la nature. Elles mettent en évidence les différences d’éducation entre les garçons et les filles, l’influence des stéréotypes, qui expliqueraient leurs performances inégales. Ces études ont fait avancer la démocratie mais elles n’arrivent cependant pas à prouver les liens entre construction sociale et résultats et encore moins à prouver qu’elle serait seule en cause. Malgré cela le postulat de départ des Etudes de genre est pris pour une conclusion alors que pour être une théorie scientifique il aurait au moins fallu vérifier s’il n’y avait pas d’autres causes possibles à ces inégalités. Le fait de donner une poupée comme jouet à une petite fille peut en effet l’influencer, mais rien ne prouve que sans cela elle n’aurait pas envie de s’occuper des enfants, simplement pour imiter sa maman ou une autre femme qu’elle a pu voir donnant le sein à un bébé (et ce rôle ne peut être jugé sexiste).

Il serait donc possible d’être favorable à une théorie des Etudes de genre s’il n’y avait pas d’autres causes aux inégalités de comportements et de performances que la construction sociale et les discriminations mais ce n’est absolument pas certain. Les découvertes récentes semblent en effet montrer que d’autres éléments, indépendants du social, contribuent aux différences homme/femme.

Il est encore impossible de montrer de façon certaine tous les liens entre la biologie et les comportements des hommes et des femmes, mais les sciences commencent à mettre à jour les différences hormonales et l’influence de ces dernières.

On sait par exemple que l’ocytocine qui envahit la femme dans la période de l’accouchement favorise « l’accordage » nécessaire avec le petit enfant dans la période dite d’assertivité. On connaît aussi beaucoup mieux les effets de la testostérone sur le petit garçon à la naissance et tout au long de sa vie. Boris Cyrulnik rappelle que lorsque l’on injecte de la testostérone à une femelle chimpanzé cela peut suffire à la faire changer d’objet pour jouer. Il est certes encore difficile de mesurer les effets produits par les taux de ces hormones sur le comportement de l’homme et de la femme, mais il paraît de plus en plus difficile de les nier.

Il existe une autre différence qui n’est jamais prise en compte par les études de genre : la différence de structuration du psychisme. Etant du domaine de l’inconscient, elle est, certes, par définition non maîtrisable. Elle ne peut par contre être soupçonnée de dépendre de la culture et elle est difficile à ne pas envisager. On ne peut en effet nier que le fait de naître dans un corps de femme d’une personne du même sexe pour une fille ou dans un corps d’homme d’une personne du sexe différent pour un garçon (et ceci est totalement indépendant du lieu et de l’époque) puisse avoir un effet au moins aussi important que le fait de donner une poupée en cadeau. D’autre part, si l’on s’accorde, avec la très grande majorité des psychologues, pour dire que les petits enfants, garçons ou filles ont pour première référence la maman et que celle-ci est perçue comme une divinité toute-puissante, on peut aussi imaginer qu’ils ne vont pas réagir pareillement si elle est petite fille appelée à devenir comme sa maman ou s’il est petit garçon devant trouver un modèle ailleurs. Si la petite fille peut continuer à s’identifier à sa maman avec la certitude de devenir (si ce n’est d’être déjà) toute-puissante comme elle, le petit garçon va devoir renoncer à son premier modèle et à la possibilité d’être tout-puissant. Cette castration psychique primaire est absolument terrible. Elle l’oblige, pour pouvoir subsister, à refouler cette souffrance et il est possible d’imaginer que ce refoulement l’incite à dénigrer ce qu’il ne peut plus être et devenir : une fille, une femme, une divinité.

S’il est possible de trouver d’autres causes aux inégalités homme/femme cela veut dire que les études de genre se trompent, qu’il reste des différences inhérentes à la condition humaine et qui n’ont rien d’injuste. Il n’y a donc pas d’égalité homme/femme (et n’est-ce pas d’ailleurs la raison pour laquelle il est absolument nécessaire qu’il y ait égalité en droits).

S’il n’y a pas égalité entre l’homme et la femme, il n’y a donc pas d’égalité entre le père et la mère. L’un ne peut remplacer totalement l’autre. Mais est-ce si important ?

Un enfant a besoin d’affection et celle-ci peut être différente suivant le sexe et aussi suivant les personnes. Le plus important reste que l’enfant puisse en avoir.

Il est aussi possible d’admettre que l’enfant puisse trouver l’image de la femme ou de l’homme dans l’entourage, même si ce n’est pas la situation la plus facile.

Si le rapport parents/enfants n’existe qu’au niveau imaginaire et affectif, il serait donc possible de dire que la différence des sexes n’a pas tellement d’importance.

Mais n’y a-t-il pas aussi un niveau symbolique.

Le père et la mère ne sont en effet pas semblables et il est même plus que probable que les petits enfants ne les perçoivent pas tels qu’ils sont.

Les petits enfants apparemment perçoivent leur maman qui leur a tout apporté avant et même encore après la naissance comme toute-puissante et il est logique de penser que la petite fille qui pense être comme elle, puisqu’étant du même sexe, n’aura pas avec elle le même rapport que le petit garçon qui a découvert qu’il ne pourra jamais l’être.

Percevant leur maman toute-puissante, les enfants peuvent surtout difficilement intégrer la loi venant d’elle. Comment en effet les limites pourraient-elles être intégrées lorsqu’elles viennent d’une personne semblant n’en avoir aucune. S’ils peuvent éventuellement lui obéir, ce n’est pas par respect pour la règle qu’elle pose mais par crainte de perdre son amour. Quand la maman veut limiter la petite fille qui se perçoit elle-même toute-puissante, celle-ci ne se sent pas concernée. Quand elle veut limiter le petit garçon qui n’a pas encore assumé sa non toute-puissance, lui ne cherche en fait qu’à l’imiter pour lui faire plaisir et espérer rester comme il la perçoit, elle, sans limite. La loi décidée ensemble ne peut donc être intégrée que si elle vient d’un homme qui n’est pas perçu comme un dieu et qui accepte de l’assumer et de la dire. Ce dernier ne sera-t-il encore écouté comme un père que si la maman lui donne cette fonction en prenant elle-même la fonction de mère. Pour cela elle doit montrer à l’enfant qu’elle écoute l’homme qu’elle aime et donc qu’il mérite d’être écouté. Elle fait ainsi voir au petit enfant, qui à cet âge ne veut pas l’admettre, qu’elle n’est pas toute-puissante puisqu’elle manque et désire ailleurs. Ce n’est que si la loi est ainsi intégrée que la mère pourra plus tard (vers 5, 6 ou 7 ans selon des neuropsychiatres) être comprise comme une personne pouvant parler au nom de la loi et que celle-ci pourra aussi être posée par d’autres adultes et intégrée.

Les petits enfants ont besoin que la loi soit dite par un homme nommé par la maman pour pouvoir être intégrée. Cela veut dire que les fonctions de père et de mère sont indispensables et non interchangeables. Elles ne peuvent être jouées que par un homme et une femme qui s’aiment assez pour être crédibles. Françoise Dolto ne disait-elle pas que le père est l’homme qui rend la maman heureuse ?

S’il est une chose que des petits enfants puissent vivre apparemment épanouis dans des familles où les fonctions de père et de mère se jouent mal voire pas du tout, il en est une autre de les priver délibérément de ces fonctions symboliques nécessaires pour acquérir des repères solides. Il en est une autre de prendre le risque d’en faire des enfants-rois hors la loi, plus ou moins difficiles à gérer, plus ou moins tyranniques avec leur entourage. Il paraît donc difficile de cautionner une institutionnalisation d’une situation où des petits enfants pourraient grandir dans des familles où il y aura deux mamans ou deux papas qui peuvent être certes assez aimants mais où il n’y aura jamais la possibilité que les fonctions de père et de mère puissent se jouer.

 

Avec autorisation de publier

Très cordialement

 

Jean Gabard

Auteur conférencier

relations hommes/femmes, éducation des enfants

Animateur à Radio d’Ici : http://radiodici.com

Thorée 42520 Maclas Fr.

Tél : 04 74 58 11 51

Portable : 06 45 28 66 81

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

http://www.jeangabard.com

http://blogdejeangabard.hautetfort.com

https://www.facebook.com/jeangabardofficiel  

https://www.facebook.com/jean.gabard.33

 

Jean Gabard, auteur de « Le féminisme et ses dérives - Rendre un père à l’enfant-roi », Les Editions de Paris, 2011

A propos de l'auteur

Jean Gabard

Jean Gabard

Auteur de « Le féminisme et ses dérives – Rendre un père à l’enfant-roi »,

Les Editions de Paris, nov 2011.

Commentaires (7)

  • MPaes

    MPaes

    01 juillet 2015 à 00:08 |
    Je veux des sources, des sources et encore des sources à toutes ces belles lignes! Sinon ce que vous dites n'est rien d'autre qu'une opinion personnelle. Et les opinions personnelles n'ont rien à faire au moment de légiférer, surtout qu'elles représentent uniquement ce que vous avez pu observer dans votre vie, cad une part misérable de ce qui se fait et se vit dans le monde.

    Répondre

  • Lorigon

    Lorigon

    17 juin 2015 à 13:55 |
    Bonjour,

    Merci pour cet article intéressant. Je comprend votre réflexion et ne peut renier qu'elle part de bonnes intentions et avec des cheminements de pensées propres.
    Toutefois, je souhaiterais attirer votre attention sur quelques points, le principal étant le regard que l'anthropologie peut porter à la parenté et la construction sociale des familles. On retrouve, en effet, beaucoup de modèles parentales différents. Le modèle patriarcal semble prévaloir autour du monde, suivie du matriarcat mais cela n'empêche en rien de pouvoir observer des modèles alternatif ou les enfants peuvent être confiés à la grand mère, maternelle ou paternelle.
    Je vous conseil, à ce sujet, "L'introduction à l'étude de la parenté" de Christian Ghasarian, qui permet de dresser un bon aperçu de la diversité des systèmes de parenté dans le monde.
    Second point, il est aussi à concevoir que même si le rôle des parents est important, l'histoire n'est pas exempte de cas d'enfants abandonnés, orphelins, élevés par d'autres membres de la famille etc.. La construction symbolique de l'individu passe par la famille, certes, mais également par un ensemble de constructions sociales extérieures au cercle familiale. Par exemple les mythes, les légendes, les contes.

    Cordialement,
    Lorigon

    Répondre

  • Diane Brouard

    Diane Brouard

    28 décembre 2014 à 09:22 |
    Bonjour, je suis totalement en accord avec votre analyse qui ne néglige aucun point de vue. J'aimerais faire remarquer que lorsqu'on est femme et élevée uniquement par une grand-mère féministe et "créatrice" (ce rôle le plus souvent assumé par les hommes et nié aux femmes) pourrait dans une certaine mesure "incarner" à la fois le modèle féminin et masculin de cette enfant. Donc la situation est différente et plus épanouissante que celle d'être élevé par 2 hommes ou 2 femmes qui n'auraient pas de différences très marquantes entre eux 2 - à moins d'avoir justement une charge énorme de testostérone chez une des femmes ou d'ocytocine chez l'un des hommes...(je plaisante à demi :-)))
    J'ai toujours pensé qu'il fallait pousser à fond le pacs de manière à répondre à tous les besoins judiciaires et permettre aux couples de même sexe d'adopter car il y a trop d'enfants qui ont besoin de l'être de part le monde et qui n'ont rien mais ne pas se compliquer les choses avec le mariage, cette institution obsolète et dépassée qui tout à coup oublierait qu'il a été fabriqué expressément pour un homme et une femme. Quand on veut se marier il y a un peu de voyeurisme dans le besoin de cet acte ("regardez tous comme on s'aime" même si 2 jours après ils divorceront !) alors je n'ai aucune envie de recommencer cette fois avec la comédie "regardez tous comme on s'aime" des paires de même sexe !!!! Comme si (quel énorme gain de liberté o_O) on avait besoin pour s'aimer de "demander la permission et l'approbation" d'un maire et d'une assemblée de gens et y être "autorisé dans la bienséance et un statut devenu prestigieux"... (et s'engouffrer illico dans le vaudeville de la séparation, du divorce, du remariage et du conundrum des filiations aux âges distordus etc. ^^ )

    @ J-F Vincent, je trouve votre commentaire brillant mais j'aurais aimé que vous indiquiez plus concrètement où vous voulez en venir dans le sens d'une attitude à prendre devant ce phénomène...

    Répondre

    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      28 décembre 2014 à 18:10 |
      Je pense qu’une nouvelle institution – un pacs amélioré par exemple ou un contrat d’union civile – eut été plus appropriée que le « mariage », dont l’esprit est en tout point identique à celui du mariage religieux, son modèle et son concurrent.
      Il y a deux revendications, me semble-t-il, chez les gays/lesbiennes : d’une part, celle d’une égalité de droits avec les couples mariés (succession, autorité parentale du parent « non biologique », etc…), et d’autre part, le désir d’accéder à la symbolique du mariage : la reconnaissance par la société, ce que vous résumez très bien par le « regardez tous comme on s’aime ». Autant je suis partisan de faire droit à la première demande, autant je trouve la seconde déplacée : cette symbolique (profondément naturaliste et moralisante car visant à une reproduction sans débauche) – déjà vacillante pour les couples hétérosexuels – devient franchement ridicule appliquée aux couples homosexuels.
      C’est cette contradiction qui a échappé à Christiane Taubira. Il fallait faire du neuf et ne pas se cramponner à un symbole inadapté.

      Répondre

      • Diane Brouard

        Diane Brouard

        29 décembre 2014 à 04:19 |
        Ce commentaire ci éclaire le précédent dans sa forme concrète mais c'est bien le "concept" du dernier paragraphe de l'autre qui est tout à fait digne d'une thèse, surtout que ce parallèle à l'art-i-fact est typiquement d'essence humaine et indispensable à sa survit en tant qu'homme à trois cerveaux juxtaposés...
        Mais la problématique de la PMA est bien plus éthiquement dérangeante dans ce cas ci. Comment justifier qu'une personne fasse un bébé exprès pour quelqu'un d'autre...cela devient une forme de shopping du meilleur bébé...une marchandisation cette fois non seulement de la femme mais de l'être humain qui va en découler.

        Répondre

        • Jean-François Vincent

          Jean-François Vincent

          29 décembre 2014 à 12:52 |
          La « nature » humaine est un concept anthropologique d’origine théologique. Le concile de Chalcédoine (451) parle d’un mélange (crasis) sans confusion entre les deux natures, l’humaine et la divine. Ce concept aura la vie dure : de saint Augustin (pour qui la « nature » de l’homme déchu est mauvaise, « massa perditionis », un gibier d’enfer, littéralement une masse de perdition) jusqu’à Rousseau (l’homme est naturellement bon, c’est la culture qui le corrompt).
          De fait, un homme « naturel », sans « culture », est une contradiction dans les termes : même les peuples qu’on appelle aujourd’hui « premiers » sont « culturels ». La distinction typiquement allemande entre « Naturvölker » et « Kulturvölker » n’a pas lieu d’être : l’homme n’est pas comme il naît, mais comme son environnement l’a – artificiellement – fait. La liberté (ou l’artifice) suprême étant (dans un sens différent de celui qu’on lui prête habituellement) le « self made man/woman » : l’on est tel que l’on s’est fait.
          Pour en revenir au sujet, il faut distinguer la PMA (procréation médicalement assistée) de la GPA (gestation pour autrui). La première est simplement une insémination artificielle avec donneur de sperme anonyme ou non, que le couple soit hétéro ou homosexuel. La seconde est effectivement, comme vous le dîtes, « faire un bébé pour un autre ». La mère biologique s’efface au profit de la mère « légale » qui l’a payée pour ça. C’est là un scandale qu’aucun parti politique ne songe à autoriser. Le corps humain, selon une jurisprudence bien établie, est indisponible et ne peut faire l’objet d’aucune transaction (c’est la raison pour laquelle le don de sang est forcément gratuit).

          Répondre

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    06 décembre 2014 à 16:10 |
    J’ai toujours dit et écrit que le terme « mariage » - c’est là d’ailleurs la principale faiblesse de la loi Taubira – était inapproprié pour la nouvelle institution, dans la mesure où le mariage dit « civil » est un clone tardif, une pâle copie destinée à concurrencer, à « doubler » le seul et unique mariage qui exista pendant les siècles, à la savoir le mariage religieux. D’ailleurs tout en se faisant les sectateurs zélés du laïcisme jacobin, les auteurs du Code Napoléon reprirent à leur compte la pudibonderie nataliste de la théologie paulinienne : dans leur esprit le mariage dit « civil » est un régulateur social destiné à limiter la débauche. « Mieux vaut se marier que bruler », comme dit l’apôtre (1 Cor 7,9).
    Si donc l’on crée une nouvelle institution – qui ne s’appellerait pas « mariage » - et qui s’écarterait des thèmes naturalistes et reproductifs qui hantent les adversaires de loi Taubira (un enfant ne conçoit pas sans ses géniteurs mâle et femelle) ; alors rien se s’oppose à l’adoption ni à la PMA pour des couples homosexuels. On admettrait ainsi que la notion de « nature » chez l’homme est réduite au point de tangenter l’inexistence, que l’homme créateur d’artefacts et contre nature par essence, vivant dans un monde non pas « naturel », mais bien artificiel, détourne et subvertit les fonctions dites « biologiques » pour les transcender en un art-fice, l’alimentation devenant gastronomie et la sexualité érotisme. Ces familles homoparentales, du fait même qu’elles sont contre nature, représente la quintessence de l’humain, c’est-à-dire se sa volonté démiurgique de maîtriser jusqu’à la contrefaire la nature.

    Répondre

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.