KI-C-KI

Ecrit par Gilberte Benayoun le 11 juin 2016. dans La une, KI-C-KI

KI-C-KI

Les passages cités ici sont extraits d’un recueil de nouvelles d’un de mes auteurs « chouchou », déjà évoqué dans les ki-c-ki de Reflets du temps, et dont l’œuvre immense, fascinante, plusieurs fois relue au cours de ma vie de lectrice, ne cesse de m’enchanter et me ravir.

 

Extraits :

« Le soleil brûlant de la Campanie était déjà haut quand les Juifs arrivèrent à Portus, où le Tibre déverse tristement ses eaux ternes et jaunâtres dans la mer. Quelques vaisseaux vandales seulement stationnaient encore dans la rade ; ils quittaient le rivage l’un après l’autre, leurs voiles triomphalement déployées et leurs larges flancs alourdis de butin. […] ».

(…)

« Les regards de l’enfant ne suivaient pas ceux de ses compagnons. Fasciné, il contemplait la mer qu’il n’avait jamais vue ; il admirait ce miroir sans fin d’un bleu lumineux qui s’incurvait jusqu’à la barre mince où les flots touchaient le ciel ; cet espace gigantesque lui paraissait encore plus immense que la coupole étoilée de la nuit. Il regardait avec ravissement les vagues jouer ensemble, se poursuivre, se heurter, sauter l’une par-dessus l’autre, puis s’enfuir en écumant avec un petit rire impertinent, pour se reformer sans cesse ; ce mouvement joyeux lui faisait découvrir une gaité qu’il n’avait jamais soupçonnée dans la ruelle étroite et sombre de son sordide ghetto. […] Un désir irrésistible le poussait à s’avancer tout près de l’eau et à étendre ses petits bras pour presser contre lui un peu de cet infini ; hors de lui à la vue de ces merveilles et de cette lumière, il éprouvait un bonheur qu’il n’avait jamais ressenti. Comme tout ici était serein, comme on se sentait libre et délivré d’inquiétude. Les mouettes montaient et descendaient comme de blancs projectiles, et le vent enflait mollement les voiles soyeuses des beaux navires. Soudain, tandis que le jeune garçon penchait la tête en arrière en fermant les yeux, pour humer plus profondément l’air frais et salin, la phrase qu’il avait entendue cette nuit lui revint à l’esprit : Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Et le nom de Dieu que ses parents, que les anciens avaient prononcé la veille lui sembla plein de signification et de réalité. […] ».

… … …

 

La réponse au ki-c-ki du Samedi 21 mai : « La valse aux adieux », Milan Kundera (Folio, 1988)

A propos de l'auteur

Gilberte Benayoun

Gilberte Benayoun

Rédactrice/Lectrice/Correctrice

Membre du comité de rédaction


née le 1er octobre 1945, en Algérie, à Tlemcen.
Vit en France depuis 1962.

Parcours professionnel en région parisienne : Secrétaire dans différents services administratifs de la Fonction Publique, de 1962 à 2005.

Autodidacte. Pas de formation universitaire.

Activité occasionnelle, pour le plaisir, et à titre bénévole : "tapeuse de manuscrits" pour écrivains
(saisie informatique - traitement de texte - relecture - corrections - mise en forme)

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