KI-C-KI

Ecrit par Gilberte Benayoun le 27 août 2016. dans La une, KI-C-KI

KI-C-KI

En cette fin août, caniculaire, de 2016, on reprend avec joie le chemin chantant des balades littéraires avec, cette fois encore, un des auteurs majeurs européens du XXe siècle, avec sa prose poétique particulière, originale à souhait, délectable à volonté.

Voici, dans ces morceaux choisis, un concentré de beauté, de fraîcheur, de rayonnement, extraits de l’œuvre majeure de son auteur, des gouttes de perles lumineuses littéraires, exquises :

 

Extraits :

« […]

Les mains en l’air, et frappant du pied chaque marche de pierre, il redescendit, chantant faux avec un accent cockney :

Ah qu’nous s’rons gais et contents,

Buvant whisky, vin et bière,

Au Couronnement,

Le jour du Couronnement !

Ah qu’nous s’rons gais et contents,

Le jour du Couronnement !

Un soleil chaleureux s’égayait sur la mer. Le bol à barbe de nickel étincelait, oublié, sur le parapet. L’emporter. Pourquoi ? Ou le laisser là, tout le jour, amitié au rancart ? »

(…)

« Non ça n’est pas comme ça cet Orient-là. Une terre stérile, un désert. Lac volcanique, la mer morte ; ni poissons, ni plantes marines, profonde en la terre. Nul vent ne soulèverait ses vagues de plomb, ses eaux chargées de vapeurs empoisonnées. La pluie de soufre on a appelé ça : les ville de la plaine, Sodome, Gomorrhe, Edom. […] »

« […]

Sous les doigts d’artiste une douzaine de notes ailées jasent leur gaieté dans les hauteurs du clavier. Gaieté des notes toutes cristallines, égrenées en arpèges, appelant la voix qui chanterait la mélodie du matin dans la rosée, de la jeunesse, des adieux de l’amour, du matin de la vie, du matin de l’amour.

Perles, ô gouttes de rosée… »

(…)

« Dans l’atmosphère ouatée une voix chantait pour eux, contenue, qui n’était ni le chant de la pluie, ni le murmure des feuilles, ni d’aucun instrument à cordes ou à vent, ni de ces trucsmachinschoses de tympanons, trouvant avec des mots le chemin de leurs oreilles attentives, leurs cœurs attentifs de leurs, chacun la sienne, existences passées. […] »

(…)

« Quand elle a chanté. C’est L’attente qu’elle chantait. Je lui tournais les pages. Voix pleine de parfums quel parfum votre lilas. Les seins je les voyais, tous les deux fermes, le gosier qui vocalisait. Lorsque à mes yeux. Elle m’a remercié. Pourquoi m’a-t-elle ? Le destin. Yeux andalous. Sous un poirier solitaire patio cette heure dans le vieux Madrid un côté dans l’ombre Dolores Doloroselle. Vers moi. Ah, leurre. Alléchant leurre.

Martha ! Ah, Martha ! »

… … …

A propos de l'auteur

Gilberte Benayoun

Gilberte Benayoun

Rédactrice/Lectrice/Correctrice

Membre du comité de rédaction


née le 1er octobre 1945, en Algérie, à Tlemcen.
Vit en France depuis 1962.

Parcours professionnel en région parisienne : Secrétaire dans différents services administratifs de la Fonction Publique, de 1962 à 2005.

Autodidacte. Pas de formation universitaire.

Activité occasionnelle, pour le plaisir, et à titre bénévole : "tapeuse de manuscrits" pour écrivains
(saisie informatique - traitement de texte - relecture - corrections - mise en forme)

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