KI-C-KI

Ecrit par Gilberte Benayoun le 26 novembre 2016. dans La une, KI-C-KI, Littérature

KI-C-KI

Comment résister au charme unique et irrésistible de la poésie et du sentiment amoureux qui composent ces bouts de lettres extraits d’une œuvre ô combien savoureuse… ? Car savoureuse est la poésie et à fleur de peau la sensibilité de cet immense écrivain/poète (européen) du 20ème siècle…

 

Extraits :

« C’est effrayant de penser qu’il y ait tant de choses qui se font et se défont avec des mots ; ils sont tellement éloignés de nous, enfermés dans l’éternel à-peu-près de leur existence secondaire, indifférents à nos extrêmes besoins ; ils reculent au moment où nous les saisissons, ils ont leur vie à eux et nous la nôtre. Je l’éprouve plus douloureusement que jamais en vous écrivant, Chère ; infiniment Chère à qui je voudrais dire tout. Mais comment ? Comment vous exprimer ce que je ressens, que je souffre et dont je me console depuis que je suis ici dans ce pays lourd ; en face de cette plaine noire et verte, qui tristement s’en va dans des brumes. Comment vous dire toute cette autre vie qui n’est pas la mienne et où péniblement je me retrouve et timidement puisque ce n’est point mon travail qui me tient ici ? […] »

(…)

« Votre dernière lettre m’a beaucoup rassuré, puisqu’elle vous a montrée rétablie et forte dans ce merveilleux décor qu’est Venise printanière, entourée doucement de ceux qui sont heureux de vous aimer et à qui vous rendez plus beau et presque éblouissant cet amour en l’acceptant ingénument et avec la belle soif d’une enfant qui a parcouru toute la journée la prairie en trouvant toutes les fleurs ».

(…)

« Je ne crains point, Chère, de vous donner un livre douloureux ; il ne saura vous affliger. Car ne sont-ce pas les pages vraiment et courageusement tristes qui nous consolent le mieux ? »

(…)

« […] Si je vous écris tout cela, Chère, c’est parce que vous le savez depuis toujours. Et cette prière que je forme pour nous avant de commencer une humble journée, elle est encore plus forte en vous ; elle monte sans cesse de votre cœur d’amante, elle bâtit et consolide les cieux que nous ébauchons rapidement dans notre impatience –. Merci d’avoir pu vous écrire. […] ».

A propos de l'auteur

Gilberte Benayoun

Gilberte Benayoun

Rédactrice/Lectrice/Correctrice

Membre du comité de rédaction


née le 1er octobre 1945, en Algérie, à Tlemcen.
Vit en France depuis 1962.

Parcours professionnel en région parisienne : Secrétaire dans différents services administratifs de la Fonction Publique, de 1962 à 2005.

Autodidacte. Pas de formation universitaire.

Activité occasionnelle, pour le plaisir, et à titre bénévole : "tapeuse de manuscrits" pour écrivains
(saisie informatique - traitement de texte - relecture - corrections - mise en forme)

Commentaires (2)

  • bernard péchon pignero

    bernard péchon pignero

    30 novembre 2016 à 15:36 |
    Je suppose qu'il s'agit de Rilke écrivant à Lou Andreas Salome

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    • Benayoun Gilberte

      Benayoun Gilberte

      01 décembre 2016 à 16:37 |
      C'est presque ça...

      Répondre

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