Articles taggés avec: Adel Soleïman Guémar

Graffiti

Ecrit par Adel Soleïman Guémar le 06 avril 2013. dans La une, Ecrits

Extrait du recueil de poèmes State of emergency, Grande Bretagne, 2007, de Adel Soleïman Guémar

Graffiti

la ville étriquée passe des jours heureux

les morts ne quittent plus les cimetières

ils ne hantent plus les vieux rêves

– les tombes sont pourtant refleuries –

 

voyez les murs comme ils sont propres

toujours debout

au garde-à-vous !

 

voyez les têtes toujours si gaies

qui dansent au pas les jours de fête

sur les affiches électorales

L'hymne des panses

Ecrit par Adel Soleïman Guémar le 27 avril 2012. dans La une, Ecrits

L'hymne des panses

 

 

 

 

 

à Massinissa Guermah et autres victimes du totalitarisme meurtrier

 

 

sans doute faut-il baisser les yeux

quand les dieux passent dans leurs carrosses

et rechercher dans les égouts

la fière allure de nos mille ans

Mon ange

Ecrit par Adel Soleïman Guémar le 13 avril 2012. dans La une, Ecrits

Mon ange

 

 

 

 

 

longtemps voguant entre ciel et ciel

les yeux illuminés par son cœur ardent

que je ressens si fort

battre dans mon cœur

et nos mains se touchant

et nos mains transpirant

dans un saut magique

allant dans cette crique

demeure de ses couleurs

que je vois nuit et jour

Club des Pins

Ecrit par Adel Soleïman Guémar le 31 mars 2012. dans La une, Ecrits

Club des Pins

 

 

 

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je voulais entrer à Club des pins

nager et me rappeler le bon vieux temps

– avoir vingt ans en Algérie

c’est pareil qu’en Chine ou en Italie

les rêves

la liberté

l’amour sont les plus forts –

mais les gendarmes m’ont barré la route

Histoire de bus

Ecrit par Adel Soleïman Guémar le 23 mars 2012. dans La une, Ecrits

Histoire de bus

Je suis souvent passé devant le siège central du directoire. Sans jamais m’arrêter. Sauf pour reprendre mon souffle ou serrer mes lacets. J’ai toujours pensé qu’on ne pouvait pas voir grand chose de l’intérieur. Côté Sud, les fenêtres restent fermées et ne sont occasionnellement ouvertes que sur d’épais rideaux gris. Côté Nord, les fenêtres restent béantes. Pour capter le vent qui, sans se mélanger aux rumeurs et aux relents des faubourgs, vient directement de l’autre côté de la mer. Mais il arrivait que les cris stridents des enfants, rejetons des quartiers d’alentours qui fréquentaient avec assiduité le jardin public, à un jet de pierre de l’imposante bâtisse, gâchaient quelques fois tout. Comme pour rappeler aux occupants des superbes bureaux du dernier étage que rien n’est jamais acquis. On déclara le jardin public zone interdite, et tout rentra dans l’ordre.

« Les chefs aiment à méditer dans le noir. Les sous-chefs évitent de les déranger de peur de subir les foudres de leurs illuminations. Et comme ça dure trop longtemps, ils finissent par ne voir plus rien. Logique ! », affirmait Ammi-Ouali, « l’ancien », retiré de la circulation, un jour de canicule, par la roue arrière d’un bus qui avait malencontreusement dérapé sur une peau de banana locale.

Pantins & Raspoutines

Ecrit par Adel Soleïman Guémar le 16 mars 2012. dans Monde, La une, Politique

Pantins & Raspoutines


Après cent trente ans de colonialisme de peuplement sans merci, l’État français, par le biais de son président et son ministre des affaires étrangères, vient de refuser officiellement haut et fort, il y a de cela quelques mois, de demander pardon au peuple algérien, soutenant explicitement les récentes déclarations assumées d’Aussaresses, maître tortionnaire et fier de l’être.

Est-ce un constat démagogique ou surréaliste que de se poser la question du pourquoi de cette audace honteuse à bien des égards… ? Pourquoi tant de suffisance mal placée ?

Sauf à accepter la notion de la prétendue « mission civilisatrice » du colonialisme… En Afrique, aux Amériques et partout ailleurs où les massacres, la rapine et autres atteintes graves à la dignité humaine à grande échelle, sont autant de taches indélébiles résumant le portrait criminel de ce gangstérisme étatique maître d’œuvre, ou complice actif de toutes les dérives des pouvoirs dictatoriaux sous-développés, où la grande corruption est érigée en mode de gouvernance au vu et au sus de tous.

Alone

Ecrit par Adel Soleïman Guémar le 09 mars 2012. dans La une, Ecrits

Alone

 

 

j’ai lu des lettres tachées de sang

de suppliciés que je ne connaissais pas

des feuilles de cahiers d’écolier

sorties de prison clandestinement

des bouteilles lancées à la mer

sont arrivées jusqu’à moi

des cris d’innocents m’habitent


dans sa descente aux enfers

Alger tenue d’une main de fer

suffoquait entre deux feux assassins

Faux départ

Ecrit par Adel Soleïman Guémar le 24 février 2012. dans La une, Ecrits

Faux départ

 

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faut-il encore mordre la poussière

à pleines dents – à votre place –

pour dire aux gueules

figées d’absence et de laideur

bercées par garces et merveilles

ce qu’elles n’ont pas envie d’entendre

ou m’en aller – mais où partir ? –

pour en finir

avec vos airs de chats bernés

sans que plus jamais rien ne m’émeuve

Promesse

Ecrit par Adel Soleïman Guémar le 17 février 2012. dans La une, Ecrits

Promesse





 

je te promets le ciel

des étoiles filantes

des nuits de bivouac

au pied du Djurdjura

et des virées nocturnes

sur la méditerranée

Rumeur d'été

Ecrit par Adel Soleïman Guémar le 10 février 2012. dans La une, Ecrits

Rumeur d'été

 

 

j’ai attrapé un rhume en ramassant

cinq pétales rouges fanés éparpillés

un soir d’été

j’ai éternué à la face de la statue du chef

qui me regardait de travers

 

les gens passaient l’échine courbée

oreilles en l’air bouches béantes

– il faut bien que les mouches se couchent –

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