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L’ombre et ses pas

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 08 février 2014. dans La une, Ecrits

L’ombre et ses pas

Tu n’es qu’une contrée dans mon vallon.

Tu n’es qu’une goutte dans mon chaînon

Tu n’es qu’une selle sur mon cheval essoufflé.

Tu n’es qu’une paille gagée dans ta grange.

Qui menace la candeur de mes anges.

Pourquoi fourvoyer mes repères

En cette terre accablée de fer et de guerre

Tu n’es qu’une pâture en cette sphère

Oh, cette bas-vie, lance ta seine…

Seuls poissons maigres, seuls poissons gras

Reniflons mes ombres et tes tiens…

Les voyants du large (Nouvelle)

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 18 janvier 2014. dans La une, Ecrits

Les voyants du large (Nouvelle)

A bord d’un asile poilu, j’ai engendré mes idées… mes délires.

En palpant… les sept cieux ! je chuchotais : « Ma mère : Pourquoi tous ces Sept Cieux ?… » puis je m’enfuis, en m’enfonçant sous les ombres de ma confusion mentale.

– Quelle impudence ! répondit-elle en murmurant.

Elle incarcéra ses pensées, ses devinettes, lança un gémissement, un toussotement : « Oui mon petit génial : espèce d’un mulet… impudent, maintenant tu peux germer tes croyances et ta cruauté… et persister tes plaisanteries ».

Un univers méconnu s’implanta dans ses pensées… Je pondis l’œuf d’un asile informel, tandis que Sidi Mohammed Ou Ramdane, le Docte du village, avec sa Djellaba Maghrébine répondit : Médisant !…

– Médisant oui, mais méditatif Sidi Mohammed, le médium du village ! je répondis.

Un silence mélodieux, miséricordieux mitigea cette moquerie…

Boussemghoun, mon petit village natal parut de loin comme une étoile, comme une grappe dorée ou comme un bosquet. Je humai la senteur de mes coins enfantins, mes sentences aussi.

Je joignis mes souvenirs d’enfance avec Hammi Hou, Bouziane–Elkali, Lalla Mouna, et surtout le murmure des sources à (Irnidia) ! Un petit coin tranquille au bord de la palmeraie d’Eit–Nkyet… éveilla en moi une mémoire assez (riche), évoqua ma manière de penser (pardon) peser mon altitude, ma capacité.

Le ciel mâche ses mots (Nouvelle)

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 11 janvier 2014. dans Souvenirs, La une, Ecrits

Hommage et texte dédié à notre cher défunt Mansouri Kaddour (instituteur à Ain-Sefra, Algérie)

Le ciel mâche ses mots (Nouvelle)

Le ciel tricolore rejeta la parole de son concitoyen : Ciel…

Cela fut refus étrange… s’interrogea Kaddour Azzalt (1), en tapant fort au dos d’un tambour africain, passant ses doigts au-dessous de ses soupçons… de ses droits…

D’une telle étrangeté, purifia ses doigts, cette fois avec une main africaine… et autre céleste, rejeta une seconde fois l’odeur, la candeur du Ciel…

Oh, quelle étrangeté !

Un immense sourire là-dessus aux alentours du savoir… et au dehors du dedans ! poussa ses soupirs, abrita ses endroits… là-bas au fond du ciel.

Le ciel demeurait partie prenante… aussi notre âme exposée aux mœurs de nos confrères africains… et aux ayant droits…

Oh quelle étrangeté… !

Toujours sans issus et issues, ces africains-là ! Peut-être erreur de passage ou de sentier… ! professa Kaddour Azzalt.

Quel drôle de blocage… ! excepté quelques petites nuées passèrent légèrement à proximité de la rive du second ciel, chouchoutant une fillette païenne…

Il y en avait trois Cieux… tous occupés… La paix demeure au premier ciel…

Aveu d’une enfance

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 04 janvier 2014. dans La une, Ecrits

Aveu d’une enfance

Ces trois boules de neige

Ont du mal à nourrir

trois bouches affamées

de-ci de-là, ces trois boules de neige

sans éveiller les poules du fermier

sans faire du mal à oncle jardinier

nous jouâmes aux rosiers

là-haut, dans la forêt

dans des trous bien troués

près du puits, et de la fontaine

on faisait les rats et les fourmis

on faisait le chat et la souris

les filles à la corde

et nous à la ronde

autour de l’oncle jardinier

Les voyants du large (Nouvelle)

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 14 décembre 2013. dans La une, Ecrits

Les voyants du large (Nouvelle)

A bord d’un asile poilu, j’ai engendré mes idées… mes délires.

En palpant… les sept cieux ! je chuchotais : « Ma mère : Pourquoi tous ces Sept Cieux ?… » puis je m’enfuis, en m’enfonçant sous les ombres de ma confusion mentale.

– Quelle impudence ! répondit-elle en murmurant.

Elle incarcéra ses pensées, ses devinettes, lança un gémissement, un toussotement : « Oui mon petit génial : espèce d’un mulet… impudent, maintenant tu peux germer tes croyances et ta cruauté… et persister tes plaisanteries ».

Un univers méconnu s’implanta dans ses pensées… Je pondis l’œuf d’un asile informel, tandis que Sidi Mohammed Ou Ramdane, le Docte du village, avec sa Djellaba Maghrébine répondit : Médisant !…

– Médisant oui, mais méditatif Sidi Mohammed, le médium du village ! je répondis.

Un silence mélodieux, miséricordieux mitigea cette moquerie…

Boussemghoun, mon petit village natal parut de loin comme une étoile, comme une grappe dorée ou comme un bosquet. Je humai la senteur de mes coins enfantins, mes sentences aussi.

Je joignis mes souvenirs d’enfance avec Hammi Hou, Bouziane–Elkali, Lalla Mouna, et surtout le murmure des sources à (Irnidia) ! Un petit coin tranquille au bord de la palmeraie d’Eit–Nkyet… éveilla en moi une mémoire assez (riche), évoqua ma manière de penser (pardon) peser mon altitude, ma capacité.

Ce lutin : Aissa Assaffa (Nouvelle)

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 23 novembre 2013. dans La une, Ecrits

Ce lutin : Aissa Assaffa (Nouvelle)

En maraudant la grande rue d’El Bayadh, Aissa Assaffa (1) cogna les cieux de sa jeunesse. Transgressa son ère par ses pieds, et ses paroles.

Les grumeaux d’un jour vernal éclaboussaient le sens inverse de l’avenue principale. Les passants firent un soubresaut en hâtant, afin d’effacer une vindicte quotidienne. Tel que Sisyphe dans son isthme mythique !

Aissa Assaffa cogna aussi cette vindicte en ajournant le procès-verbal du jour vernal balbutié d’el bayadh.

Bref, au déterminant du « bref », Aissa Assaffa balbutia :

« Tous ces passants, ces gens-là, feront ma gourmandise ».

Un Hadj (pèlerin) passant : Hadj Kouider stipulait, lui adressa un regard strident, déglutit sa salive, murmura en arabe :

Allah yahfadna, Allah yastorna (Que Dieu nous Assiste), ajouta : Quel spectacle !…

Aissa Assaffa d’un air répugné donna ordre à son vespa qu’il chevauchait de brûler le feu rouge de l’avenue, murmurant : « Quel Monde abject ! ».

D’une exécrable monstruosité, les passants réagissaient en dialecte algérien. Allah imaskhêk… atfou (Que Dieu Te donne son Ravalement) (tfou : signe de crachat).

Gnome, lutin, va ! rétorquaient quelques uns.

Ce lutin traversa l’avenue dans son sens d’intersection comme une flèche, comme un flambement. Il s’enfuit.

Les passants ajoutèrent : Quelle génération insondable, absurde ! quelle merveilleuse époque d’antan… disaient d’autres dans leur for intérieur.

Prophétie rêveuse

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 02 novembre 2013. dans La une, Ecrits

Prophétie rêveuse

Chacun de nous convoite dans son intuition, son instinct, voire son inconscience, un vénérable présage, un beau « levant » triomphal.

Tout acte émotionnel de ce genre dissimule une prophétie dormante, sous l’aisselle de chacun de nous, prétendant une foi paisible et innocente.

Vaille que vaille, cette intuition figurative peut engendrer à la fois une perplexité peinée, mais emblématique, et parfois ravissante. Donc il faut faire attention à l’évolution de nos mœurs et de nos pensées surtout.

Les « paons » arrogants de nos comportements vaniteux mènent souvent à la dérive. Sillonnent, vainement, et sans aucun doute, nos parcours illusoires.

Convoiter ce « souci » vaniteux, délirant, c’est bien agonir « un mirage dans une bouillasse bouilleuse, dénombrée » si j’ose dire… qui est notre bas-vie : frêle, éphémère !

Il n’y a pas mieux qu’une humilité sobre ornée de sentences, de dictons de sagesse, d’indulgence et de clémence.

Car notre Esprit n’appartient qu’à Son Créateur Tout Puissant.

Car notre esprit n’est qu’une venelle attenante à l’unique fontaine mensongère qui alimente, voire subventionne, cette bas-vie.

Irriguer nos champs hautains d’une eau usée n’est qu’un déni incrédule, ingrat, illusoire, qui dévaste la ferveur de notre « enthousiasme », notre objectivité et surtout notre amabilité !

Jusqu’à preuve du contraire, tout est confus, à mon sens.

Soyons sage, glorieux, avec tout le respect que je dois à toute tendance opposante.

Un jour ardent aux rides prématurées (Nouvelle)

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 26 octobre 2013. dans La une, Ecrits

Un jour ardent aux rides prématurées (Nouvelle)

Il fut un temps où seul le vent soufflait. Seule la voix perçante régna, laissant sa régence, ses séquelles. Fatima rejetait catégoriquement l’imperfection du monde, la flatterie des yeux perçants vifs et brillants.

Des voix rituelles vinrent de loin, de près :

« Tais-toi, tu n’es qu’une négresse ! ».

Fatma gagna l’endroit d’où vint cette offense, d’où venaient ces voix sous un jour ardent, aux rides prématurées.

Tantôt, pénétra « mon univers », tantôt elle tomba dans une trappe.

Elle paraissait aux passants comme une nonne dans une maison vétuste, elle Chanta Kassamène puis elle s’envola.

Elle imita ma prose, mes narrations, mes énigmes.

Pierre Corneille protestait et cria à haute voix :

– Bravo Fatma pour cet acte inaccoutumé ! Tu mérites une gratification, n’est-ce pas ma chère femme vertueuse ?!

– O ! Merci, Monsieur Corneille, c’est très gentil, tu mérites toi aussi d’être gratifié pour ce geste perpétuel. Pardonnez-moi de transmettre mes vœux, mon émotion aux intrus, et surtout ma satire dédiée à Maupassant, Molière, Voltaire, Hugo, Balzac, La Fontaine, Baudelaire, qui expriment souvent mon droit !

– Tais-toi espèce de serveuse ! répondit sèchement une voix lointaine, ce que tu viens de citer ce n’est qu’une jacasserie, ce n’est qu’une jactance, espèce de négrillonne.

Le surlendemain d’un « dit » Docte (Nouvelle)

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 12 octobre 2013. dans La une, Ecrits

Le surlendemain d’un « dit » Docte (Nouvelle)

L’aube hivernale de la ville de Mecheria jeta son regard oblique, ses primitives lueurs sur les versants chétifs du djebel Antar où reposait au sommet le mausolée de la pieuse « Lalla Maghnia ».

Quelques branchages de chêne essayèrent d’atténuer la ferveur des vents…

Les neiges d’antan dissimulées des arbres de cyprès à proximité d’un amandier solitaire au flanc de la montagne enlacèrent un azur erré, une opacité céleste, emplissant un horizon serein… luisant…

D’un regard affectueux… exempté de toutes mœurs maléfiques, Nadir contempla ce levant suspect.

Antar, cette immense montagne, vêtue d’un turban de neige, émergea de la ville givrée, emplie de sensations administrées d’un présage crucifié !…

Embaumé d’encens angélique, perplexe, devant le patio rustre du logis paternel, Nadir fit quelques enjambées sur un trottoir sans âme, dont quelques feuilles choyées, surmenant un junior « Savonnier » récemment implanté, accablé de quelques boules de neiges, d’une poignée d’oiseaux, ployant leurs plumages vers une ouverture murale d’une boulangerie traditionnelle avoisinante, qui reflétait quelques bouffées de chaleur timides ; dans un état de scrupule avancé, avec ses petites mains pleines de gerçures, envahies par une conquête de froid inattendue, tint une galette. Dans sa  toute petite poche une petite  timide pièce de vingt centimes, extrêmement affligée ! Par apitoiement, solidarité, il la serra, tendrement, sympathiquement ! Par peur, par pudeur, aussi !… Enveloppé dans une Djellaba quasiment attachée à une lisière surgissant d’un cou tout pâle et blême.

Le vent fit ses incursions de temps à autre. Le gamin de six ans, encore devant le seuil, méditant le gazouillement étouffé des oiseaux perchés sur le jeune Savonnier.

Pluie exténuée

Ecrit par Ahmed Khettaoui le 05 octobre 2013. dans La une, Ecrits

A la veille de la célébration de La journée internationale de la paix (21 septembre

Pluie exténuée

Sous tes gouttes sanctuaires…

Cogne un jour sanguinaire…

Enclave ma prose engouée…

Crucifiée et souillée…

Dans mes déboires écroués…

Spoliés au creux d’un enfer

Sous tes ailes ; un enjeu… d’un ange en colère

Où tu suintes souvent ; tes déesses dulcinées

Mais, hélas cette fois… tu pleures ; inclinée

O, ma chère pluie… dommage…

Mes larmes suintent ton hommage…

Pardonne-moi, pluie, mes affres… ont égaré le courage

Dans un désert qui enfante des mirages.

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