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Le Miracle Saint-Eutrope

Ecrit par Antoine Mack le 31 janvier 2011. dans La une, Ecrits

Le Miracle Saint-Eutrope


Excusez-moi, Prince, si je

Suis foutrement moyenâgeux.

(Georges Brassens)


N’a guère, à la nuit tombante et même à d’autres heures, ma mie me faisait très-douces remontrances [1] et caresses très-agréables. Ne me restait point de temps alors pour conter des sornettes.

Mais, le temps passant, s’éteignent les plus-folles ardeurs...  Elle ne m’en fait plus tout autant et me voyez ici en un âge où tout loisir m’est offert, à la vesprée, de vous narrer d’édifiantes histoires, comme celle du miracle Saint-Eutrope.

l'âne, le meunier et le rossignol

Ecrit par Antoine Mack le 21 janvier 2011. dans La une, Ecrits

l'âne, le meunier et le rossignol


Un âne pensait qu’il travaillait trop (Il avait lu Jean de La Fontaine, auteur subversif).

Fatigué d’une trop longue journée, à la nuit tombante, il s’en ouvrit à son maître, le meunier qui venait lui donner à boire. Porter tous les jours, des granges au moulin, de lourds sacs de blé, repartir ensuite vers les fermes, chargé de farine et de son, devient pour lui qui vieillit, dit-il, un métier trop fatigant. Il faudrait, pour le moins, trouver un autre animal pour partager sa peine.

Ce que dit l’âne est frappé au coin du bon sens, admet le meunier. Mais il n’a pas les moyens d’acheter une autre bête de ce prix. Il verra cependant à augmenter la dose d’avoine et de bon foin qu’il donne au baudet chaque jour et même à allonger de quelques pour-cent les heures que ce dernier passe à brouter l’herbe saine du verger.

Si tel est mon bon plaisir ...

Ecrit par Antoine Mack le 07 janvier 2011. dans Ecrits, La une, Humour

Si tel est mon bon plaisir ...



C’est un verbe très beau que nos amis suisses (romands et jurassiens) nous ont sauvegardé, dans leur grande sagesse.

C’est un verbe très vieux, que je n’hésiterais pas, si l’on me demandait mon avis, à faire remonter à nos braves rois fainéants.

C’est un verbe pronominal que nous avons eu tort de négliger au long des siècles, finissant même par adopter pour le remplacer - pourquoi, grands dieux ? - l’italien farniente.

La dinde et le petit jardinier

Ecrit par Antoine Mack le 22 décembre 2010. dans La une, Ecrits

La dinde et le petit jardinier

Conte de Noël

Il était une fois, en Alsace, un petit jardinier qui faisait mûrir dans son verger des cerises écarlates, des coings jaune d’or, des poires juteuses et vertes, des pommes aux joues rouges. Il faisait pousser aussi, dans son potager, toutes sortes de légumes, mais surtout du chou quintal de Strasbourg, le meilleur pour la choucroute.

Ce jardinier vivait seul, avec une dinde, oiseau de basse-cour assez étrange que l’on appelait alors poule d’Inde. Et celle-là n’avait d’autre compagnon que lui.

Comme Noël approchait, le jeune homme se rendit dans les Vosges pour y couper un sapin qu’il décorerait pour la fête. Il vivait en effet au bord de l’Ill, près de Sélestat, à l’endroit où naquit, bien des temps auparavant, la belle tradition du sapin de Noël. Ce sapin, aux débuts, était orné des pommes de l’automne gardées sur des clayettes au grenier, ces pommes aux joues rouges comme en récoltait le petit jardinier.