Articles taggés avec: Audrey Chambon

Libération

Ecrit par Audrey Chambon le 30 janvier 2016. dans La une, Ecrits

Libération

L’orage gronde,

Des teintes métallisées apparaissent et se confondent,

Roses, vertes et violettes,

Signe de tempête.

 

Au fond des yeux les premiers éclairs,

Violemment dispersés dans l’air

Lourd et vicié…

Etouffante atmosphère d’un cauchemar éveillé.

 

Dans ma poitrine la colère s’accroît

Et dans mes mains l’énergie rougeoie

L’explosion est imminente,

Issue finale d’une guerre lente…

Les chiens

Ecrit par Audrey Chambon le 09 janvier 2016. dans La une, Ecrits

Les chiens

« Ames fragiles livrées aux chiens avides qui forcent sans vergogne les portes mal scellées de leurs cœurs en papier ».

A l’affût, les chiens ont déniché leur proie et s’élancent, frénétiques, vers ce nouveau Paradis.

Les fines violettes sont piétinées… Les ont-ils même aperçues alors qu’elles disparaissaient sous leurs griffes meurtrières ?

En vainqueurs ils se débauchent dans le Plaisir, n’épargnant de profondes entailles ni la chair, ni le cœur ni les entrailles.

« Qu’avez-vous gagné cerbères repus d’extase, vos hormones folles désormais apaisées ? »

Un bien-être éphémère… Jusqu’à ce que la flamme se ravive. Où iront-ils alors ?

Derrière eux la terre est ruinée, mais en bêtes insatiables, il reviendront y lécher les dernières traces de cyprine.

Puis ils l’abandonneront définitivement, leur passage aura rendu les champs arides pour longtemps.

Enfin, pleins de vigueur grâce à la fièvre, ils repartiront en infatigables guerriers vers de nouvelles landes fertiles et vulnérables.

Flux contraires

Ecrit par Audrey Chambon le 05 décembre 2015. dans La une, Ecrits

Flux contraires

Forte

Trop forte…

Faible

Trop faible…

Forte

Trop forte !

Fragile

Trop fragile !…

Que figure

La force du faible ?

Cette force sans force,

Futile ?

Fadaises.

Finalement

Sa seule force

Est de faire fi

De sa faiblesse.

Facile ?

Ebauches poétiques

Ecrit par Audrey Chambon le 07 novembre 2015. dans La une, Ecrits

Ebauches poétiques

Délaisser la chaleur enveloppante

Refuge des années rigoureuses

Berceau de la langueur vipérine

Arrimée au néant.

 

S’endormir et rêver

Que l’on dort

N’ouvrir les yeux

Que pour souffrir

De ne jamais quitter

Les vapeurs de la nuit.

Danse salvatrice

Ecrit par Audrey Chambon le 10 octobre 2015. dans La une, Ecrits

Danse salvatrice

Soudainement le pas s’affirme, prêt à déjouer

La confusion d’obstacles erratiques,

Acteurs désinvestis d’une farce inconséquente.

 

Extatique solitude d’un corps se mouvant,

Avide de connexions émotives,

Dans une masse inconsciente d’elle-même.

 

L’accélération vitale voile la caresse funeste

Et la course effrénée devient enivrante,

Elle se voit fasciner la foule et s’imagine la séduire ;

 

Digne représentation sans public où

Elle se danse de la rue, la misère et l’apathie,

Et tisse innocemment des arabesques salutaires.

Au bord des mondes

Ecrit par Audrey Chambon le 03 octobre 2015. dans La une, Ecrits

Au bord des mondes

Mes yeux,

Amis témoins,

Lumière sur l’au-dehors,

Reflet de mon intime vérité.

 

Avec eux je me définis

Dans l’équilibre des mondes,

Nulle part…

Déroutée, oscillante, sidérée…

 

Incompréhensibles territoires

Aux logiques mouvantes et insensées,

Et dans les courants de leurs eaux je ne sais pas nager,

Avec mon identité floue, et pourtant si forte, ou

Forte et pourtant si floue…

 

J’ai l’angoisse de me laisser porter.

Par qui, pour quoi, pour moi ?

Choisir un torrent et rejoindre le banc,

Parcourir un cycle dont je ne connais pas le temps,

Mourir en chemin peut-être…

Pour qui, pour QUOI ?

 

J’ai peur.

Spleen sans idéal

Ecrit par Audrey Chambon le 19 septembre 2015. dans La une, Ecrits

Spleen sans idéal

La pluie grise les gouttes grises reflètent Paris. Les trottoirs et les gens grisonnent en chœur la mélodie sans cœur, la chanson ne célèbre pas elle se plaint, gémit des notes ternes qui se noient dans le brouhaha des klaxons de voitures grises à la pollution grise qui s’insinue et rend les cancers gris tandis que l’atmosphère viciée donne des idées noires. Dans tout ce gris moi je m’aigris, maigris de ces aliments fades, d’où viennent-ils ? D’une terre lasse, un terreau d’ennui, l’ennui, cette peste qui coule dans mes veines affaiblies par la fatigue de vivre, l’énergie combative usée à se grimer pour matcher le vide commun tant affligeant. Corps épuisé, grimoire poussiéreux d’où coule une magie noire qui rend les âmes sombres et malades. Je me lasse, cet état de fait roule sur un sable marbré de profonds sillons anthracite qui s’amplifient, où est donc passé le sable blond ? Devant moi seule la grisaille s’épanouit, coincée dans une prison sombre aux solides barreaux gris je ferme les yeux et plonge dans le spleen qui me berce, mais vite le malaise de mes pensées me tord et j’ouvre les yeux, cherche la sortie… une fenêtre pour libérer l’esprit, mon regard s’égare dehors… de gros nuages gris, c’est le ciel de Paris.

Mots et maux

Ecrit par Audrey Chambon le 12 septembre 2015. dans La une, Ecrits

Mots et maux

J’aimerais ne plus parler de maux.

Mais les névroses animent

Mon quotidien intime.

Pourtant on ne me demande rien ;

Rien !

Quelle angoisse le rien.

Mais de quoi parle-t-on alors

Si les maux sont cachés et défendus ?

Je suis vide de mots s’ils sont vides de maux.

Vide.

Quelle angoisse le vide.

Mes yeux en face de tes yeux ;

Mon regard fuyant

Mon vide.

Tes yeux ne verront pas mon vide.

Cache tes maux et je cache mon vide

Avec mes mots ;

Et toi tes maux, avec du vide.

J’ai peur

De taire mes mots…