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Recension : Atelier d'écriture ? Le tour de la question en 90 points, de Françoise Neveu

Ecrit par Cikuru Batumike le 22 septembre 2012. dans La une, Education, Culture

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Recension : Atelier d'écriture ? Le tour de la question en 90 points, de Françoise Neveu

Depuis 1996, l’ébéniste, poète et ethnologue française, Françoise Neveu enseigne son savoir-faire en matière d’écriture. Elle mène, pour des groupes restreints, des workshops d’écriture créative à Paris. L’essai Atelier d’écriture ? Le tour de la question en 90 points, publié aux éditions l’Harmattan, Paris, est le fruit de son expérience de travail et de ses recherches.

L’expression atelier d’écriture fait généralementait penser à des techniques qui permettent aux amoureux des lettres de mieux s’entraîner à l’écriture pour en maîtriser les rouages, et finalement produire un texte. D’aucuns, auteurs de romans, récits, nouvelles, théâtres, contes et autres poésies, ont recouru et recourent à un atelier d’écriture pour acquérir des éléments théoriques propres à renforcer la naissance d’une œuvre.

Vous avez dit "poésie absolument moderne" ?

Ecrit par Cikuru Batumike le 01 septembre 2012. dans Ecrits, La une, Littérature

Vous avez dit

Quand l’ordinateur ne ramait pas encore, le poète saluait le monde avec le cor. Sous d’autres cieux, il faisait gronder le tam-tam. Réveil de l’âme. D’une Afrique mythique. D’un Haïti mystique. En amont de l’oralité, naquit le désir d’exprimer son universalité. L’écrit prit chair dans le ventre de l’oralité. Il fut structuré, déstructuré, restructuré autrement, avant de grandir dans la continuité inconsciente de l’intertextualité. Un mot passe, renverse un autre mot, redresse un vieux mot, le fait traverser le sentier perdu, l’exigence en résonnance et l’esthétique en écho de fond ; la rhétorique en réservoir du mot qu’il faut, pour résonner au tréfonds de notre être. Poésie. Poème. Etre poète. Montrer l’image originelle avant qu’elle ne devienne originale.

Jadis, le poète trouva ses ressources dans des sources multiples. Dans les dictons. La poésie s’est nourrie et enrichie en verbes, sur les tétons de proverbes. En ce temps-là, la tradition insufflait vie au peuple, qui n’avait nul besoin de science. Le poète était sa lanterne et sa seule conscience. Il avait le choix d’émettre librement sa voix ou d’être la voix de son maître. Il célébrait l’immortalité des dieux. La bonne moralité des vieux. La réussite des héros. Il encensait l’ennui des bourgeois qui se prenaient pour des rois. Il peignait les réalités domestiques des aristocrates et il cachait les mauvaises manières des autocrates. Le poète pouvait rêver à voix basse ou haute. Depuis sa hotte.

Dominique Aguessy, une vie consacrée à l'écriture

Ecrit par Cikuru Batumike le 28 juillet 2012. dans La une, Littérature

Dominique Aguessy, une vie consacrée à l'écriture

 

Femme d’écriture, la française, Dominique Aguessy est née à Cotonou, au Bénin, le 31 mars 1937. Elle a longtemps séjourné au Sénégal avant de s’installer à Bruxelles où elle réside. Sociologue, poète, licenciée en lettres et littérature française, titulaire d’une maîtrise en gestion des entreprises, elle consacre la majeure partie de son temps à l’écriture. Elle a voulu en partager les motivations dans les lignes qui suivent.

 

Propos recueillis par Cikuru Batumike

 

Cikuru Batumike : Contes, nouvelles et essais, la presse écrite ou en ligne est toujours au rendez-vous, à chacune de vos publications. Dans quelle mesure la critique littéraire a-t-elle été indispensable à votre travail d’écrivaine ?

L'enfer des chiens abandonnés de Lecce

Ecrit par Cikuru Batumike le 06 avril 2012. dans Ecrits, La une, Voyages

L'enfer des chiens abandonnés de Lecce

Avant cette fin de mois de mars, je ne pouvais pas résister à l’envie de visiter une bonne partie de l’Italie. En dehors de la saison propice aux touristes, l’été. En effet, en pleine période de printemps, il est possible de faire du tourisme individuel. Loin du flot ou du brouhaha fatiguant ; loin d’une motivation collective, le tourisme de ou en masse. L’exercice était non seulement nouveau, mais également plein de bonnes surprises. Le choix des lieux ne m’indifférait pas. Ma préférence allait vers la mer. Avant de voir Rome, je m’étais rendu dans le Sud, plus précisément, la région de Pouilles, ce talon de la botte de l’Italie péninsulaire, pour ses beautés et ses mythes. Ici, le tourisme reste un secteur florissant. Grâce aux infrastructures aménagées par les officiels. Grâce aux initiatives individuelles. Extraits.

Il fait un beau et doux temps printanier sur la côte de Lecce. Côte baignée par une mer splendide, l’Adriatique. Des roches à pic. Une succession de baies aussi précieuses qu’extraordinaires. Des kilomètres d’un sable blanc entaché par quelques détritus rejetés par la mer. Et que dire de cet air frais que renvoient les vagues de la mer ! Il ajoute de la douceur à ce paysage de rêve. Les seuls à en profiter : ces chers hérons ; ces beaux oiseaux qui vivent en happant des couleuvres, des grenouilles, des insectes, des mollusques, mais aussi meilleurs consommateurs des poissons. Ajouter au décor une présence timide de quelques pêcheurs.

Les abstentionnistes sont-ils des inciviques ?

Ecrit par Cikuru Batumike le 16 mars 2012. dans France, La une, Politique, Société

Les abstentionnistes sont-ils des inciviques ?

Où l’on reparle des sondages d’opinion qui éclairent – ou influencent – l’électeur sur ses choix et du conditionnement des esprits en période électorale. Il est vrai que les sondages restent une tradition dans tout pays qui se construit sur la démocratie. Or donc les sondages, à eux seuls, ne peuvent pas infléchir le choix de l’électeur, rôle qui revient au candidat désigné par un parti à une élection. Ils n’infléchissent pas le choix en mesure qu’ils n’expliquent pas un projet politique. Le politique s’emploie, face à un électorat non-informé, à faire passer des mesures qui fondent son idéologie. Il fait appel à l’inconscience collective pour se faire accepter. Il présente sa meilleure facette, en défendant ses arguments avec conviction, en passant sous silence des détails négatifs en mesure de le compromettre, en tenant un discours généreux. Dans ce cas précis, il verse, à son tour, dans la persuasion clandestine : à l’instar d’un représentant de commerce qui vend ses meilleures idées. Mais la meilleure façon de conditionner les esprits reste son talent à faire des promesses, même si elles sont irréalisables, dans 70% des cas. Conditionner les esprits, mieux, conditionner son électorat veut dire : promettre des changements à tout va, non pas dans l’immédiat, mais après les élections. Rien ne doit être oublié : augmentation de salaires, fin du chômage, de plus en plus de sécurité, de moins en moins d’étrangers, baisse des impôts, bras de fer avec les tricheurs au fisc, les exilés fiscaux et les abuseurs des allocations familiales, augmentation des places dans les crèches, etc.

De l'humeur morose en hiver

Ecrit par Cikuru Batumike le 10 février 2012. dans Vie quotidienne, La une

De l'humeur morose en hiver

Nous y voilà, nous y sommes. Il fait froid et la neige bien gelée tombe sans discontinuer sur mon village suisse. Sur les airs. Sur les rails. Sur les cimes d’arbres. Sur les manteaux. Sur la montagne. Paupières enneigées de la belle Salomé. En plein slalom sur le petit glacier du Diableret. Prises d’élan des artistes de la glisse. Raquettes à neige. Il y a même des voyous des pistes. La neige tombe, en ce lundi du mois de février. Certes, les lieux revêtent leur magnifique robe blanche. Les rues et les ruelles se transforment en des lieux étranges, fantastiques. Beau ciel gris. Il y a ceux qui aiment l’hiver. Et s’émerveillent du paysage. Mais on ne compte pas les dégâts qui s’ensuivent.

Les paupières enneigées des skieurs tombent et s’ouvrent alternativement. Leurs yeux s’humectent de larmes de bonheur au contact d’un soleil aux aguets. Certes, les lieux revêtent leur magnifique robe blanche. Les rues et les ruelles se transforment en des lieux étranges, fantastiques. Beau ciel gris. Il y a ceux qui haïssent la blanche saison. À la suite de la glissade. Du verglas qui gêne considérablement la circulation. Des routes impraticables. Des pluies verglaçantes. Des vents violents. De l’air et du sol froids. Mains rougissant, yeux qui pleurent, pieds qui gèlent, nez qui coule, irritation des voies respiratoires, toux sèche, le cocktail ne leur permet pas de résister aux assauts des virus de l’hiver. Des grises mines s’égayent de gris et obscurs sourires.

De l'utilité d'une prison

Ecrit par Cikuru Batumike le 03 février 2012. dans La une, Société

De l'utilité d'une prison

Je viens de visiter la prison de Berne, dans le cadre d’un programme d’accompagnement, les mois qui viennent, de personnes ayant enfreint la loi et qui se trouvent en détention préventive ou définitive dans un lieu d’incarcération Suisse.

Ma relation d’aide sera d’offrir une opportunité d’échange susceptible de permettre à l’Aidé de s’aider soi-même. Cette démarche impose quelques principes de base, tels l’individualisation (on est unique au monde, ce qui implique le droit au respect, lequel ne peut que favoriser une relation de confiance) ; la sympathie et non le jugement moral (ne pas s’identifier à la personne qu’on accompagne, moins encore prendre position) ; le pouvoir décisionnel de la personne qu’on accompagne (prendre en compte ses décisions, sans les influencer) et le respect de sa sphère privée (faire preuve de discrétion quant à ce qu’il peut raconter).

 

 

Du préventif au définitif

Haïti, le séisme oublié

Ecrit par Cikuru Batumike le 13 janvier 2012. dans Monde, La une, Société

Haïti, le séisme oublié

Comme tout un chacun, j’ai eu l’occasion de voir, à la télévision, les insoutenables images du drame qui a frappé la population d’Haïti en janvier 2010.

Retour sur un inoubliable mois terrible de l’année 2010.

 

 

Ce jour-là… A la suite de ce violent séisme, je me suis senti concerné. Ce bout de terre des Caraïbes m’est attachant parce qu’il porte la totalité de l’Afrique, en terme d’héritage culturel. Son insularité, loin d’être un problème, est le symbole de la liberté parce qu’elle reste la première République indépendante de population en majorité noire après la Révolution haïtienne en 1804.

Je me suis senti concerné, porté en cela d’un sentiment d’impuissance, nourri d’une empathie spontanée aux Haïtiens touchés dans leur chair, dans leur être. Un sentiment nourri d’une forte pensée à ceux qui ont été enterrés sans cercueil, sans catafalque, sans croix, loin des cimetières dignes. Ces gens au secours desquels on a volé, sont les Miens.

Une idylle sur lîle, Catherine Pinaly

Ecrit par Cikuru Batumike le 06 janvier 2012. dans La une, Littérature

Une idylle sur lîle, Catherine Pinaly

Sur Feuille de Songe… est le premier roman de Catherine Pinaly. Il vient d’être publié aux éditions L’Harmattan, Paris. Le livre est servi par une plume fraîche et remarquable. Il est de la meilleure veine sentimentale, poétique, ethnographique et psychologique. L’auteur rend compte de toute une vie, qui conjugue l’amour et la mort.

Pour se mettre dans la peau d’Axel Brieuc, son personnage principal, Catherine Pinaly a recouru à l’analepse ; un retour sur des événements antérieurs. En effet, par le biais d’une histoire d’eau, de sel, de sangs mêlés, en vingt-huit jours, il conte à sa fille Violette un secret de famille, à travers ses péripéties dans une ancienne île Bourbon appelée la Réunion, au milieu des personnages en mouvement, s’exprimant en créole réunionnais.

 

 

Le roman se passe au 19ème siècle

 

Année 1878. Année à laquelle l’île de la Réunion est dévastée par un cyclone, faisant disparaître des familles entières, entraînées par les torrents.