Articles taggés avec: Daniel Sibony

Pollution symbolique Après l’attentat de Bruxelles contre le centre culturel juif

Ecrit par Daniel Sibony le 07 juin 2014. dans Monde, La une, Politique, Société

Article de Daniel Sibony du 25 mai 2014, publié sur son site : www.danielsibony.com

Pollution symbolique Après l’attentat de Bruxelles contre le centre culturel juif

Ce qui est remarquable, c’est l’effort des autorités pour nier que c’est un acte antijuif ; les autorités belges, mais aussi françaises (Hollande a exprimé son soutien… au peuple belge). En somme, une voiture s’arrête devant un centre culturel juif, un homme descend, tire sur des personnes qui s’y trouvent et s’en va laissant quatre morts, et ça n’a peut-être rien à voir avec les juifs. Il est clair que pour trouver le tueur on va chercher dans l’extrême-droite antisémite et dans les réseaux islamistes. Si c’est le premier cas qui s’avère, ce sera plutôt pratique : les nazis, l’horreur… Si c’est le second cas, comme c’est probable, ce sera très embêtant, car les autorités, qui connaissent bien les textes fondateurs, nous apprennent que l’islam n’a rien à voir avec la violence envers les autres. C’est ce credo qu’il faut assimiler si l’on veut protéger le vivre ensemble, même si ce vivre est un peu mortel. Ce fut le même montage qui a laissé faire le tueur de Toulouse  dans une école juive, lui-même mû par la vindicte antijuive inscrite dans les Textes fondateurs, qui se transmet au fil des générations ; et qui fait que Erdogan, premier ministre turc, peut traiter un mineur qui manifeste de « semence d’Israël » c’est-à-dire le traiter de juif, tout simplement ; cela suffit à faire insulte. Les tueurs, eux, ont besoin de le dire avec des balles, mais cela procède de la même veine.

Donc, rien de nouveau si ce n’est que la lâcheté des autorités dépasse les bornes. Si un fou tire dans la rue et tue des passants parmi lesquels il y a un juif,  il n’y a pas de pensée d’avance que c’est un acte antisémite ; mais s’il va chercher des juifs dans leur lieu d’être, la prudence dont on fait preuve pour dire que c’est antisémite, mais n’est qu’un masque de la lâcheté.

J’ai montré dans mon livre Islam phobie culpabilité que cette lâcheté est plus dangereuse que les intégristes islamiques, car elle défait la loi qui devrait les contenir, comme le souhaitent d’ailleurs les musulmans modérés. Lesquels, jusqu’à présent, s’en tiennent aux souhaits : on ne les a pas encore vus descendre dans la rue pour dénoncer de tels actes. Pourtant cela leur ferait du bien.

Naguère, devant les actes antijuifs du pouvoir nazi, ce sont les masses qui ont fait preuve de lâcheté. Aujourd’hui on a une innovation : c’est l’instance de la « loi » qui est lâche, et qui ment car elle proclame sa compassion pour les victimes, elle a un culte pour la mémoire de la Shoah, avec des « plus jamais ça » à profusion. J’ai montré que ce sont les autorités étatiques qui organisent la phobie de l’islam en empêchant d’évoquer la vindicte antijuive que contiennent ses fondamentaux, et que ces activistes passent à l’acte. Leur violence, dans l’optique officielle, ne peut se comprendre que comme celle de cas sociaux, d’individus déclassés, sans travail, etc. Ce déni de réalité est plus pervers que les actes eux-mêmes, qui ont au moins le mérite de la franchise. Il est plus nocif, car il permet de tels actes (on n’arrête pas leurs auteurs avant qu’ils n’agissent, car ce serait les stigmatiser, ce serait les pré-juger en fonction de leur religion, dont on n’a pas à se mêler, puisqu’on est des laïcs, etc.).

Si ce schéma prévaut, c’est une vraie pollution symbolique, qui abaissera énormément la qualité de l’air qu’on respire, ne laissant d’autre choix qu’entre un peu plus de lâcheté et une certaine suffocation.

 

Contact :

email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Site: www.danielsibony.com

Blog: http://danielsibony.typepad.fr/

Vidéo:http://www.youtube.com/user/danielsibony

Sur les événements d’Ukraine

Ecrit par Daniel Sibony le 29 mars 2014. dans Monde, La une, Politique

Sur les événements d’Ukraine

Daniel Sibony (écrivain, psychanalyste, philosophe)

Article écrit et paru le 13 mars 2014 sur son blog

(http://danielsibony.typepad.fr/)

 

Que de fausses évidences

Il fallait bien qu’un jour ou l’autre les deux « pestes » totalitaires qui imprégnaient le pays, la brune et la rouge, finissent par dire qu’elles se haïssent – de cette haine irréductible qui oppose les semblables ; même si dans leur épreuve de force, elles entraînent, chacune derrière elle, une masse de gens qui ne demandent qu’à vivre en paix.

20 février. J’ai eu la chance d’être à l’étranger quand la crise a éclaté : quand le président pro-russe a pris la fuite et que la passionaria ukrainienne est revenue. Comme j’ai côtoyé des gens qui travaillent à Kiev, d’autre qui habitent à Moscou, cela a quelque peu nuancé la ritournelle qu’on entend ici et que je connaissais d’avance : les forces de la liberté ont pris le pouvoir et veulent que l’Ukraine rejoigne l’autre bloc, celui de la liberté, l’Europe. Je comprends que certains en aient assez d’une sphère dirigée par les Russes et préfèrent une sphère dirigée par… l’Allemagne. D’abord, cela met de la nouveauté dans leur vie, et la nouveauté est précieuse, elle fait appel à des forces cachées qu’on a en soi et qu’on découvre à l’occasion. Bien sûr, par en-dessous, la réalité est plus dure. Un régime inféodé à Moscou est renversé par une sorte de coup d’Etat qui ramène au devant de la scène des tenants de la liberté, mais aussi des zélotes de l’Ukraine fondamentale, pronazie et antisémite. Ce paradoxe a pu produire des situations cocasses, puisque pour le 1er mai, risquaient souvent de défiler côte-à-côte les vétérans de l’armée rouge et les collabos meurtriers. Signe que le pays n’est pas seulement divisé en deux, l’Est voulant l’Est, et l’Ouest voulant l’Europe. La nappe souterraine pro-nazie ne se limite pas au parti d’extrême-droite ; s’il y a plus d’un million de juifs liquidés par balles dans le sous-sol du pays, les forces qui ont fait cela ne se sont pas volatilisées ; le nazisme n’a été vaincu que militairement, pourquoi ses adeptes auraient-ils renoncé à transmettre leurs valeurs ?

Dans la propagande d’ici, on dénie ce fait en annonçant qu’il n’y a pas là-bas un danger pro-nazi. Mais qui parle de danger ? On caricature l’idée pour mieux la réfuter. J’ai même vu qu’on a interviewé le rabbin de Kiev, qui a dit : il n’y a pas d’antisémitisme. Aurait-il dit le contraire, qu’il n’aurait pas dormi tranquille le lendemain. Autre figure du paradoxe, la déléguée européenne distribue le soutien place Maïdan sur l’estrade même où des orateurs viennent demander le départ des juifs d’Ukraine.

Séminaire de Daniel Sibony Année 2012-2013

Ecrit par Daniel Sibony le 14 juin 2013. dans La une

Séminaire de Daniel Sibony Année 2012-2013

Psychanalyse éthique

Le Séminaire de Daniel Sibony a pour titre Dictionnaire vivant

 

Chaque séance, une séquence de dix notions sera travaillée en fonction de l’expérience clinique et des apports de la théorie

 

9ème séance du cycle : Autour de la littérature

 

Deuil, imaginaire, inceste, interprétation, justesse, roman, plaisir, réel, sujet, vécu (ainsi que « texture » déjà évoqué.)

 

Ce dernier séminaire se terminera par un « tour de chant »

 

Adjoindre aux bibliographies standard :

De l’identité à l’existence(Odile Jacob)

Entre dire et faire, penser la technique (Grasset)

Le jeu et la passe, identité et théâtre (Seuil)

L’Autre incastrable, psychanalyse-écritures (Seuil)

Perversions, dialogues sur des folies « actuelles » (Seuil)

Avec Shakespeare

Séminaire de Daniel Sibony

Ecrit par Daniel Sibony le 01 juin 2013. dans La une, Actualité

Séminaire de Daniel Sibony

Année 2012-2013

Psychanalyse éthique

Le Séminaire de Daniel Sibony a pour titre Dictionnaire vivant

 

Chaque séance, une séquence de dix notions sera travaillée en fonction de l’expérience clinique et des apports de la théorie

 

8ème séance du cycle : Technique, politique, poétique

 

Dette, fiction, nihilisme, politique, parole, poésie, présence, sacrifice, technique, texture

 

Adjoindre aux bibliographies standard :

 

De l’identité à l’existence (Odile Jacob)

Entre dire et faire, penser la technique (Grasset)

Don de soi ou partage de soi, Le drame Lévinas (Odile Jacob)

Le jeu et la passe, identité et théâtre (Seuil)

L'Autre incastrable, psychanalyse-écritures (Seuil)

Perversions, dialogues sur des « folies » actuelles (Seuil)

Report du séminaire & Un écho sur la danse

Ecrit par Daniel Sibony le 25 mai 2013. dans La une, Arts graphiques

Report du séminaire & Un écho sur la danse

Chers amis,

Il n’y aura pas séminaire en mai, et il y en aura deux en juin : les mercredis 5 et 19 juin 2013.

 

Voici, en guise de petit signe printanier, un écho sur la danse…

Le ballet de Ohad Naharin, Batsheva Dance Compagny au « Festival des Frontières », Théâtre National de Chaillot (25/04/2013) :

Dix-huit danseurs et danseuses (moitié d’hommes, moitié de femmes), la plupart défilent en solitaire, assez longtemps, puis en couple, puis par trois ou quatre avant le moment où tous se retrouvent en un grand cercle qui ensuite se défait et restitue à chacun et chaque petit groupe sa liberté et sa force.

Chacun semble se battre avec son corps (au moyen de son corps ou malgré lui et grâce à lui) pour se sortir d’une situation, pas forcément d’une impasse – confirmant que la danse est une réponse à l’évènement où le corps, mis devant l’impossible, veut pourtant vivre et se relancer dans son enjeu d’exister (voir Le corps et sa danse). Ici, c’est plus précis, on dirait que chacun se bat avec des conditions d’altérité hostile, où il finit par se frayer un passage à travers des gestes brusques ou harmonieux, peu importe, l’essentiel est que ces gestes soient possibles même au-dessus de lui, à travers lui, dans ses contorsions et ses torsions, ses sursauts, et autres articulations en ruptures, en zigzag, ou le long de courbes abstraites mais réelles. Les mouvements qui rassemblent les couples sont à la fois rigoureux et pathétiques. Mais ce qui frappe, c’est qu’il n’y a pas une ouverture de l’ensemble sur l’être, ou qu’elle est improbable, difficile à envisager.

On croule sous la vertu

Ecrit par Daniel Sibony le 13 avril 2013. dans France, La une, Politique, Actualité

On croule sous la vertu

Des médias font un gros travail de conservation : transférer la grande colère en indignation vertueuse.

Je suis impressionné par la vertu rigoureuse qui règne dans ce pays, ou que des médias font régner, ou dont ils font croire qu’elle doit régner. Un ministre a menti, et « les yeux dans les yeux » !… Quand on pense que jusqu’ici aucun gouvernant n’a menti, on est horrifié, en effet. Mais une fois qu’on reprend ses esprits, et qu’on se rappelle tous les mensonges des dirigeants depuis que la politique existe (Mitterrand avait usé de la même formule, « les yeux dans les yeux », pour mentir tranquillement), on se dit que le plus terrifiant, ce serait des dirigeants qui ne mentent pas ; qui seraient des automates de la vérité. Or même les automates « mentent », lorsqu’ils dysfonctionnent ; et tout être qui fonctionne, notamment, tout grand fonctionnaire peut un jour dysfonctionner.

En revanche, chacun voit que le vrai mensonge est ailleurs, plus massif et plus délabrant : tous ces dirigeants promettent, assurent, garantissent qu’ils font « tout » pour relancer l’économie, pour qu’on sorte de l’ornière, pour que les inactifs qui se morfondent et se rendent malades trouvent à « faire quelque chose » – pour eux-mêmes et pour la société. Et c’est tout le contraire. (Une retraitée me disait qu’elle a trouvé un petit job pour améliorer son sort, qui vient d’ailleurs d’en prendre en coup, comme pour tous les retraités ; et le petit « plus » qu’elle a gagné lui a été répercuté sur son loyer et d’autres taxes, de sorte qu’elle se retrouve, comme beaucoup, à se dire qu’on ne gagne rien à en faire plus. Le pire message : restez où vous êtes). Le mensonge, c’est qu’ils démotivent les gens, s’agissant de se projeter, de s’activer, de créer ou d’entreprendre. Comme analyste et psychothérapeute, je n’entends que ça, ou presque, dès qu’il est question du social.

Petite synthèse sur le mariage « pour tous »

Ecrit par Daniel Sibony le 15 mars 2013. dans La une, Psychologie, France, Politique

Petite synthèse sur le mariage « pour tous »

I/ Analyse

1. Problème de mots et de vérité

La loi du mariage « pour tous » a des effets intéressants sur l’acte de nommer, sur le sens des mots, donc aussi sur le mouvement de la vérité. Le texte de loi supprime les mots mari et femme, remplacés par « époux » et les mots « père » et « mère » remplacés par parents, pour nommer les deux membres d’un couple homosexuel, d’hommes ou de femmes, du point de vue de leurs liens, et au regard de leurs enfants.

En apparence, cela ne pose pas de gros problème. Dans leur intimité, ils ne vont pas s’appeler « cher conjoint », l’homme pourra appeler son époux « ma petite femme », la femme appeler son épouse « mon chéri », cela fait partie de leurs fantasmes. C’est du point de vue du tiers, à commencer par l’enfant, que les choses vont se déployer ; d’autant plus que la loi met en place l’adoption. (Les enfants actuels de ces familles seront adoptés chacun par le ou la partenaire du père ou de la mère. Mais déjà, en changeant le sens du mot mariage, on pointe la présomption de filiation, avec pour parents deux homosexuels.)

Donc, à table, l’enfant ne va pas dire : « Parent, passe-moi le pain s’il te plaît », il y a des chances qu’il dise papa à l’autre homme qui voudra l’être « à part entière » de par la loi ; ou qu’il lui dise maman s’il est un peu efféminé ou qu’il se pose comme mère ; et des chances qu’il dise père ou papa à celle des deux femmes qui se posera comme virile ; ne faisant là qu’honorer le fantasme des parents, comme les enfants le font souvent. La loi aura posé le cadre pour cela. Mais cela, est-ce un mensonge ? Non, dit la loi implicitement, puisque la vérité, c’est la loi qui la définit. Le sens du mot mariage étant changé, les deux hommes ou les deux femmes sont des époux et des parents, le reste, on n’a pas à s’en occuper, c’est la vie privée des gens. Et c’est exact. La loi se lave les mains de la réalité qu’elle introduit dans l’intimité de ces familles, sur la manière dont l’enfant appellera l’autre parent. Elle ne s’est intéressée qu’à sa manière à elle de nommer ces deux êtres. Dans la vie réelle, chacun d’eux, très sincèrement, se posera comme père (en étant femme) ou comme mère (en étant homme) ; sachant qu’aucune loi ne peut exiger que dans une famille on dise la vérité. D’autant que, encore une fois, c’est elle qui vient la refonder.

Séminaire de Daniel Sibony - Séance du 16 janvier

Ecrit par Daniel Sibony le 11 janvier 2013. dans La une

Année 2012-2013 Psychanalyse éthique Le Séminaire de Daniel Sibony a pour titre Dictionnaire vivant

Séminaire de Daniel Sibony - Séance du 16 janvier

Année 2012-2013

Psychanalyse éthique

Le Séminaire de Daniel Sibony a pour titre Dictionnaire vivant

 

Chaque séance, une séquence de dix notions sera travaillée en fonction de l’expérience clinique et des apports de la théorie

 

 

Séminaire de Daniel Sibony - Séance du 19 décembre

Ecrit par Daniel Sibony le 15 décembre 2012. dans La une

Séminaire de Daniel Sibony - Séance du 19 décembre

Année 2012-2013

Psychanalyse éthique

Le Séminaire de Daniel Sibony a pour titre Dictionnaire vivant

 

Chaque séance, une séquence de dix notions sera travaillée en fonction de l’expérience clinique et des apports de la théorie

 

 

Psychanalyse éthique

Ecrit par Daniel Sibony le 10 novembre 2012. dans La une

Année 2012-2013

Psychanalyse éthique

Le Séminaire de Daniel Sibony a pour titre Dictionnaire vivant

Chaque séance, une séquence de dix notions sera travaillée en fonction de l’expérience clinique et des apports de la théorie

2ème séance du cycle :

« Affect, angoisse, fantasme, identification, inhibition, narcissisme, objet, perversion, refoulement, symbolique ».

 

Adjoindre aux bibliographies standard :

L’enjeu d’exister, Analyse des thérapies (Seuil)

Perversions, Dialogue sur des « folies » actuelles (Seuil, Poche)

L’amour inconscient, Au-delà du principe de séduction (Grasset)

Violence, Traversées (Seuil)

[12 3 4  >>