Articles taggés avec: Elisabeth Guerrier

Cartes d'identité

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 09 mars 2012. dans La une, Société

Cartes d'identité

Il en est des mots comme des concepts, comme des corps, la façon dont ils sont traités parfois les plie, les use, les condamne à la relégation, à l'inadéquation ou à l'opprobre.

Mais leur vie propre et la destinée qui les soumet aux vents médiatiques ou à une surconsommation momentanée générant une forme de saturation sémantique n'effacera pas un fait : ainsi maltraités, ils se figent et perdent l'ampleur des réalités qu'ils tentaient de recouvrir.

Et sans la capacité de ces concepts à les sérier, à les approcher, les réalités qu'ils supportent se perdent elles aussi.

Peut-on identifier les traits d'une réalité si ils sont condamnés à vaciller dans l’indéfini ?

Si ils sont ainsi exclus de la sphère du débat parce que trop chargés d'appartenance partisane, si ils disparaissent ainsi d'un sain champ de mouvances qui puisse leur donner d'autres ouvertures, les soumettre à l'intelligence des faits et au soin de leur analyse ?

Le concept d'identité nationale est entrain de subir ce revers du destin, approprié qu'il se trouve par une vision partisane et  réductrice.

Foutons Lacan

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 03 février 2012. dans Psychologie, La une, Société

Foutons Lacan

Avant de décider de battre en retraite, on avait eu sous le nez des échanges, c’est ainsi que ça se nomme, conduits de main de maîtres.

Des liens rassembleurs,  vraiment déconnifiants.

De la présence magistrale.

Qui n'aurait pas eu de bonnes raisons d'adhérer à une telle mouvance, posant la psychanalyse et Lacan au centre même de cette passerelle devenue un sacré nouveau lieu de croisements, un nouveau  lieu sacré aussi, peut-être, mais c'est autre chose.

Lacan, hagiographié, promu nuit et jour, encensé, thuriféré.

Des posts, des commentaires, tout ceci réapprovisionné sans répit heure par heure, c'était a priori une forme de partenariat attirant, stimulant, le moteur d’une saine réactualisation des données.

Seulement.

Seulement voilà.

Dent pour dent

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 30 septembre 2011. dans Monde, La une, Politique, Société

Dent pour dent

 

Leur photo n’est pas là pour les transformer en martyrs.

Pas de bons sentiments.

Pas de mauvais non plus.


Un effet de dégoût et de colère, encore, d’impuissance aussi mais pas pour « eux » en personne.

Pour le vide que ce matin le NYT avait mis à leur place.

Pas de débat, pas de questions.


Le trouble dans lequel devrait plonger tout partenaire de l’idée de justice et avec elle de l’application de la justice dans un contexte démocratique semble loin de la une, absent, du moins certainement pas premier par rapport à d’autres sujets brûlants.

Au Revoir

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 16 septembre 2011. dans La une, Cinéma

Au Revoir


Au revoir

Mohammad Rasoulof


Il est quelques auteurs, écrivains, musiciens, cinéastes, pour qui le difficile labeur consiste à délivrer, au sens de libérer, un message politique, un témoignage vital dont la gravité tend à occulter ou à mettre en danger la spécificité de l’écriture personnelle.

Comme si les faits et leur malignité pesaient parfois trop lourd sur l’art pour qu’aucun talent voulant leur octroyer une place ne puisse s’en relever complètement indemne.

Shostakovitch luttant à chacune de ses créations pour ne pas les laisser se broyer sous les attentes du régime, Imre Kertesz dont l’écriture se noie dans l’Histoire.

Un néo-burlesque français

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 18 juillet 2011. dans La une, Arts graphiques, Culture, Cinéma

Un néo-burlesque français

 

Allez, imaginons.

Et si les mouvements, les courants, les styles naissaient d'une rencontre ?

Pas seulement de la proximité d'individus entre eux, parlant, jurant, pontifiant en veux-tu en voilà, sauvant enfin l'art et la culture d'une façon particulièrement radicale, écrivant des manifestes à couper au couteau, excluant tous azimuts, nommant leur bébé Roi définitif du Monde.

Mais si, mais si  les styles s'extrayaient dans un secret mieux gardé dont les conséquences, les appartenances, les incorporations et bannissements n'étaient que les traces a posteriori de forces en jeu plus discrètes.

Une rencontre entre les effets des Zeit Geist impalpables, les lames de fond silencieuses de postures sociales, culturelles informulées encore qui lâchent la bride à des endroits divers, dans des cerveaux fumants divers, à une reconnaissance et des alliances  qui ne prendront identité qu'après coup.

Pour une pensée libre ?

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 27 mai 2011. dans Ecrits, La une, Société

Pour une pensée libre ?


Je ne ferai aucune citation.
D’abord parce que je n’ai pas de mémoire.
Ensuite, le concept lui-même ouvre des portes déjà tant battantes que ce ne semble pas nécessaire de se heurter à elles davantage et puis, une citation, une référence, même extraite des maîtres à penser, aide-t-elle jamais à se penser ?
Aide-t-elle surtout à se penser dans l’expérience historique, personnelle, incommunicable, de sa propre liberté ?
Liberté.
C’est lâché.
Voilà le mot magique, fascinant, accessible comme un donné tout en or, avec à ses côtés la cohorte de ceux qui l’accompagnent.
Des poids lourds de l’humaine assomption vers sa légitimité.
Donc partons de là : La liberté.

Courant d'air

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 04 avril 2011. dans La une, Ecrits

Courant d'air

 

 

 

 

 

 

Chez moi,

La porte est restée grande ouverte

Pendant tous les hivers.

L'Appel de la Forêt

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 21 février 2011. dans La une, Ecrits

L'Appel de la Forêt




 

 



Toujours petite.

Malgré les travaux incessants

Les remises à neuf

Et les remises à flot.

Somewhere de Sofia Coppola

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 24 janvier 2011. dans La une, Cinéma

Somewhere de Sofia Coppola



 

 


Légèreté, la légèreté blanche de la cocaïne par containers.

Et des vulves, et des seins.

Offerts, surmontés des plus beaux visages un peu écrasés sous les grammes d'alcool.

Les bruits feutrés des palaces où tout s'obtient à n'importe quel prix et n'importe quelle heure.

La voiture.

Noire.

Le Réveillon

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 24 décembre 2010. dans La une, Ecrits

Le Réveillon






On est revenue et derrière elle les portes se sont refermées les unes après les autres.

Elle ouvre maintenant la dernière d’une main, tenant son panier à provisions plein dans l’autre.

On pénètre dans le couloir de l’appartement.

Et puis s’enferme.

Dedans.

Elle est là.

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