Articles taggés avec: Eva Talineau

Onfrayseries

Ecrit par Eva Talineau le 30 juin 2012. dans Philosophie, La une, Religions

Onfrayseries

Eva Talineau recommande la lecture dans ce commentaire - chronique de l'article de Yeshaya Dalsace, paru dans «  La Règle du jeu », dont nous fournissons le lien : "Les bourdes (bibliques) de M. Onfray" ; texte répondant à un article récent de Michel Onfray dans «  le Point » : "Jean Soler, l'homme qui a déclaré la guerre aux monothéismes". Nous faisons également apparaître le lien de l'article de Michel Onfray, et celui d'une chronique de Léon Marc Levy, concernant Michel Onfray, parue dans «  Reflets du temps » : "l'idole d'un crépuscule".

Chronique, autres articles croisés ; un sujet porteur d'interrogations multiples : la « pensée » de  Michel Onfray. Voilà ce qu'on aime dans «  Reflets du temps ». Place à la «  disputatio » !

La rédaction de Reflets du temps.

 

Ce texte, de Yeshaya Dalsace, répond point par point à un article de Michel Onfray publié dans Le Point du 7 juin 2012. On se demande d’ailleurs comment le comité de Rédaction de cet hebdomadaire a pu souhaiter publier une telle chose. L’ont-ils lue, seulement ?

La passion d'analyser. De Newton à Freud

Ecrit par Eva Talineau le 27 janvier 2012. dans Philosophie, La une, Psychologie

La passion d'analyser. De Newton à Freud

 

Stig Dagerman, Dieu rend visite à Newton (1727) extraits (1) :

 

 

« Parfois, Dieu se lasse de son être de lumière et de silence. L’éternité lui donne la nausée, il laisse tomber son manteau. Nous voyons une ombre se dessiner parmi les étoiles, la nuit vient. Dans la maison de Newton, on se dispose, sans le savoir, à recevoir l’étrange visite »… « Et voici Dieu qui pénètre dans le cabinet de travail de Newton… C’est une pièce où, d’un commun accord entre Newton et le reste du monde, personne ne parle. Durant toute sa vie, Newton a amassé du silence, dans cette pièce immense… Il y a là le silence ionien, le silence conjugal, le silence de la mer de Chine, celui des sommets des Alpes… » « près du foyer, loin derrière le vieux Newton, un serviteur en livrée rouge prépare le thé de minuit… il écarte les salamandres, qui se rassemblent autour du trépied… Il voudrait les chasser à grands cris comme le font les soldats et les servantes, mais il est muet, né de parents muets. Ils ont tous été muets, depuis les origines des temps, tous ceux de sa famille. Même son cœur est muet et bat sans bruit. Les choses même deviennent muettes entre ses mains. Si cet homme frappe une pierre d’un marteau, marteau et pierre se taisent, et s’il approche un âne qui brait, l’âne devient muet. Il est le fils du silence, et Newton l’aime ».

Réflexions à partir du texte de Daniel Sibony sur la violence

Ecrit par Eva Talineau le 23 décembre 2011. dans Psychologie, La une, Société

Réflexions à partir du texte de Daniel Sibony sur la violence

 

Lire l' Article de Daniel Sibony publié dans Reflets du Temps du 16 décembre

 

 

Ce texte de Daniel Sibony, de 1998, est toujours d’actualité, et plus encore – on n’aurait jamais imaginé à l’époque que quelqu’un pourrait aller jusqu’à inventer le « dépistage » institutionnalisé de la violence chez les petits de 3 ans, comme si un enfant était un adulte miniature déjà figé dans des habitudes et des « comportements » – même les adultes, y compris ceux dits « seniors », ne le sont pas tous, heureusement – et non une boule d’énergie en voie d’organisation à travers/grâce aux contacts et chocs, avec êtres et choses qu’il rencontre – la situation la plus violente étant celle où l’enfant ne rencontre qu’une substance caoutchouteuse, ou molle, qui le renvoie à « lui-même », l’adulte en face ayant peur d’exister, par exemple de « mal dire, mal faire »… Depuis la date de cet article et aujourd’hui, un pas a été fait vers plus de bêtise encore, la vis du refoulement a été resserrée, « tour d’écrou » pour reprendre le titre de l’étrange roman d’Henry James.

La porte

Ecrit par Eva Talineau le 04 novembre 2011. dans Vie quotidienne, La une, Psychologie

La porte


1er novembre, et il fait sombre et l’ombre du monde étend à l’intérieur de moi sa nappe de tristesse – la bêtise et la mauvaise foi du dehors me rongent à l’intérieur – un ami, dont la fréquentation me protège un peu  de la déréliction ambiante, s’est absenté – d’autres sont là, pas si loin, que j’aime aussi, mais sur cette scène là, celle où les nuages noirs gagnent du terrain, ils n’y sont pas. Mélancolie banale qui donne à la vie un goût de cendres, de solitude, et qu’il vaudrait mieux, peut-être, que rien ne soit venu à l’être plutôt que quelque chose.

Et puis, en même temps, la vie continue, quotidienne, et heureusement – il faut faire les courses, prévoir des repas, et il n’y a presque plus de lessive-laine/cashmere. Direction Auchan. « Je vais avec toi » déclare mon mari, qui sent que je ne suis pas « dans mon assiette ». Très bien. Nous sortons, moi sans rien voir, perdue dans mes pensées, machinalement, je ferme la porte, sans la regarder. Qui regarde une porte ? Elle est comme d’habitude, blanche, reliant/séparant intérieur et extérieur. L’idée de la porte est-elle apparue dans le monde en même temps que celle de maison, où un peu après ? Les animaux ont des terriers, des nids, des grottes, des espaces d’habitation – quelques uns d’entre eux ont-ils inventé ce concept, qui pour nous semble aller de soi, d’interposer un quelque chose entre dedans et dehors ?

Raison Garder

Ecrit par Eva Talineau le 16 septembre 2011. dans Monde, La une, Politique

Raison Garder

Je propose à « Reflets du temps » de relayer ce communiqué, non que ce qu’il dit me semble en tous points incontestable, mais parce que pour l'essentiel me semble justifiée, aujourd'hui, l'inquiétude dont il témoigne.

Comme beaucoup, j'y ai cru, au "deux peuples, deux états", dans les années 1990. Ce qui "devait" être me semblait une évidence, le mouvement "naturel" de l'histoire, du "progrès", une conséquence incontournable du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" tel qu'il a émergé au cours du 20ème siècle.

La vie avance grâce au fait que parfois, "on se fait des illusions". Sans cette capacité - "y" croire un peu - on n'entreprend rien, on reste assis dans le noir à contempler le vide d'espaces infinis qui ne veulent ni n'attendent rien de nous. Encore faut-il savoir "raison garder" - le nom que se sont donné les auteurs du communiqué, qui se sont constitués en groupe de réflexion l'année dernière en réaction à l'appel du J-call - et ne pas prendre l'hallucination pour la réalité, le désir d'"en finir" avec un problème dérangeant comme la fin du dit problème. Si un état Palestinien avait pu voir le jour dans le mouvement des négociations d'Oslo, cela aurait été un bon signe d'une maturation en cours, d'un mouvement vers une paix "maintenant". La situation, aujourd'hui, est toute autre.

Le Nom des gens

Ecrit par Eva Talineau le 09 mai 2011. dans Racisme, xénophobie, La une, Psychologie, Cinéma

Le Nom des gens

Echo au film et à la chronique de Daniel Sibony


Quoiqu’on pense de ce message consensuel et bien-pensant sur lequel se termine le film – « on s’en fout de l’origine », et « le petit à venir s’appellera “Chong Martin Benmahmoud” » (on botte en touche pour ne pas avoir à « choisir » entre « identités », « marché chinois », sûrement, mais aussi acte de poser que cet enfant-là sera… d’ailleurs, que son temps ne sera plus le nôtre… quoi de plus « autre », pour nous, issus des trois monothéismes comme les personnages de ce film, que l’Extrême-Orient, son étrangeté…) – ce film n’est pas seulement un film « bien fait », c’est un bon film.
De son père, le héros dit qu’il ne l’imagine pas avoir été un jour jeune –  le cinéaste le représente, assis sur les bancs de la faculté, puis au tableau, déjà vieux, comme il est au jour du récit, parmi les autres étudiants tous éclatants de jeunesse, de vie, de potentiel, d’avenir. Le même homme, âgé et sans âge, est représenté en Algérie, pendant les « évènements », il a été appelé. Que fait-il ? il marche, seul, dans un paysage bucolique, cueille une feuille sur un arbre, l’examine avec curiosité – celle dont il est totalement dépourvu pour ce qui se passe autour de lui.