Articles taggés avec: Gérard Leyzieux

Haïkus

Ecrit par Gérard Leyzieux le 30 août 2017. dans La une, Ecrits

Haïkus

-1-

Les reflets du temps

Brillent sur l’onde d’argent

Flux amer et lent

 

-2-

Au jardin de juin

Sous le regard du pinson

Le silence des murs

 

-3-

Oreille t’enivre

Sous le regard clair du vent

Tourbillon des sons

 

Bagage de voyage

Ecrit par Gérard Leyzieux le 15 juillet 2017. dans La une, Ecrits

Bagage de voyage

Bagage de plage pour le voyage

Bagages de bagues en cage

Cabas en gage, fuir la cage

Sales et fatigués du voyage

Dégagent les bagages en rage

Je nage dans les voyages

Et les bagages aux cabas rient

Bague d’âge carnage

Ramage du voyage sur ton doigt

Les bagues déballent leur âge

T’as qu’à t’éclater à ton âge

Bagage de voyage, une blague, une lacune

Bac à bague, le doigt calé qu’elle a lui permet de faire son bagage de voyage

Plaque !

Goutte à goutte

Ecrit par Gérard Leyzieux le 17 juin 2017. dans La une, Ecrits

Goutte à goutte

Goutte à goutte laisser couler

S’écoulent les gouttes d’eau de la glace

Sous les coups s’écrouler à terre

Branches du cerisier, feuilles du pommier

Du blanc, du rose, du sang rouge

Et des gouttes qui maculent le temps passé

Battent les cœurs, bruissent les feuillages

Elles t’écoutent ces oreilles ouvertes à tout

Elles t’écourtent aussi la vie ces paroles estompées

Inattendues et presque inentendues

Gommage feutré, sourdine du jour

S’écrouler dégoutté des journées infinies

Écouter et goutter ces quelques gouttes des glaciers

En découdre les fils anciennement tissés

Puis les observer s’évaporer

Sous la chaleur du feu qui te consume

Vie à mort de ce goutte à goutte

Enveloppe percée d’où filet s’égoutte

Il te reste encore quelques gouttes

Avant d’assécher ce torrent quotidien

Où corps s’écroule sous les coups de ta nature

Goutte après goutte, coup sur coup

En découdre avec l’amour déchu

Brûlant du dégoût de vivre

Au début fut la fin

Ecrit par Gérard Leyzieux le 21 avril 2017. dans La une, Ecrits

Au début fut la fin

Au début fut la fin

Dans cet entremêlement des oublis

La fin fut forme de son début

Roue du vent, courbure de l’horizon

Aller et retour tout au long du jour

Retour sans aller au fil de la nuit

Rondeur du ciel matin où bleu se teint de rouge

J’y suis mais j’y étais avant aussi

Place partagée des contributions du temps

Participer à ces figures d’une époque

Où une partie de toi s’inscrit dans le savoir du monde

Et dans le silence des années apparaît sa fin

Fin de la fin, en finir avec elle

Pour un nouveau début d’infinis objets

Creuser le vide de ces absences

Renouveler l’image de présences momentanées

Et sous l’afflux d’odeurs extérieures

Illustrer le quotidien de frémissements inconnus

Fugue éperdue des sonorités dépassées

Où ta mémoire regarde son avenir

Emplir les béances anciennement absorbées

Tremble le mystère des souvenirs engloutis

Bruit l’emprise de l’espace évanoui

Minuscule accord des corps enfuis

Une voix te traverse vers la reformulation

Dans laquelle le changement affiche sa couleur

Pour colorer la peur de ta fin

La pièce se fait écho des pas de ses voyageurs

Ecrit par Gérard Leyzieux le 25 mars 2017. dans La une, Ecrits

La pièce se fait écho des pas de ses voyageurs

La pièce se fait écho des pas de ses voyageurs

Bruits et odeurs, sons et couleurs

Un flot de sensations et de saveurs

Un assemblage de multiples ardeurs

Des jours premiers à ceux du soir dernier

Les pierres du mur traversent les années

Les planches de l’escalier et des parquets

Boiseries et huisseries portent les souvenirs de gestes

Passage obligé au long de la cheminée

Marche à suivre au contour des entrées

La matière absorbe les présences du temps

Les reflétant aux moments et endroits opportuns

Paroles également inscrivent leur histoire en ces discours habituels

Les pierres du mur, planches et boiseries aussi

La maison des vies intemporelles où souffle l’éternel

Nourrit son avenir de ces instants d’échanges éphémères

Visibles sous le masque d’actualité dont ils sont recouverts

Courtes courbes

Ecrit par Gérard Leyzieux le 28 janvier 2017. dans La une, Ecrits

Courtes courbes

Courtes courbes où s’enroule l’attente

Cambrures d’avant, cambrures d’arrière

Y serpenter en roulis ourlés

Appel à l’air, envol au vent du corps

Dérouler les droites d’angles aigus

Négliger les barrières pour entrer dans le mystère

Aux arrondis du mouvement s’affairent

Quelques paysages ouverts où s’introduire

Chaleur et odeur accouplées s’étendent au monde

Quand sous les pas immobiles se glisse ton envie

Convexité de cet objet désiré

Y ondule le son de ton regard

Il est coudé aux rondeurs des couleurs

Courbes redressées, lignes incurvées

Y serpenter aux essences intérieures

Jusqu’à la pointe duveteuse des dunes

Dans l’oubli des couvertures diurnes

Lever les voiles guindés et révéler le galbe des vallées

Sous ces courtes courbes en arc-boutant

Sur lesquelles se pose l’espoir du trouble

POESIE - Traverser l’envie

Ecrit par Gérard Leyzieux le 17 décembre 2016. dans La une, Ecrits

POESIE - Traverser l’envie

Traverser l’envie jusqu’aux franges du crépuscule

Avec le regard pour souffle où corps s’éblouit

Sur cet espace qui t’appelle à l’étendue lisse

Éboulement du cri, s’y roule l’oubli

Dans la chaleur des pas d’une danse tourbillonnante

Qui déroute tes paroles vers d’autres couleurs

Où les barrières se voilent d’un matinal reflet marin

Ta tête dérive aux blancheurs nébuleuses du silence

Dans l’entre deux de l’apaisement

S’infiltrer dans les interstices du monde

Et progresser à la polyphonie des errances millénaires

Pendant que sous le vent défile l’activité humaine

Tu entres enfin en toi t’appropriant la plénitude de la vie

Le roseau plie sous l’oiseau

Ecrit par Gérard Leyzieux le 01 octobre 2016. dans La une, Ecrits

Le roseau plie sous l’oiseau

Le roseau plie sous l’oiseau

Puis se redresse à son envol

À côté une scène identique se déroule

Sous le soleil de mai les fleurs des arbres

Neige des pétales sous le vent d’océan

Au matin revenu d’autres fleurs sont apparues

D’autres oiseaux ou les mêmes sont revenus

Sous les nuages blancs les percées du bleu

Bruits sourds, bruits perçants, des bruits repris

Brefs ou longs les sons emplissent ton oreille

Il te semble les connaître depuis longtemps

Odeurs aussi t’enrobent de leurs douceurs

Déchirure de la page déjà écrite, déjà lue

Tu veux en écrire une nouvelle aux mots nouveaux

Mais ces manifestations d’un présent dépassé te perturbent

La pendule sonne midi indifféremment des jours

Et tu tires toujours tes mots du même dictionnaire

Tu découvres l’aurore du nord au soleil d’or

Tu couvres le crépuscule du lac de ton regard ému

Frôlent les eaux qui frisent les oiseaux

Poursuite des heures écoulées au profit à venir

L’oiseau sur le roseau sous ton œil abattu du déjà-vu

Hier, avant-hier, il y a une heure et demain

Se mélange les présences cernant tes paupières

Temps m’arche

Ecrit par Gérard Leyzieux le 04 juin 2016. dans La une, Ecrits

Temps m’arche

Et fuit à la bonne heure

Le goutte à goutte de mains ténues

Temps presse

Et te laisse lié à la vie

Course autour de soi

T’emprisonne ta peur du noir

Des pas dans la nuit du vide

Et des mots inaboutis

Temps décoche son arc

Et épingle ta parole aux échos des murs

Signe aujourd’hui ton éternité

Sur la galaxie de la mémoire

Temps m’arche et me boute hors de tout

Temps t’étrangle et nous retient à ses couleurs

Soleil pluie, intempéries ou estivalies

Ecrit par Gérard Leyzieux le 30 avril 2016. dans La une, Ecrits

Soleil pluie, intempéries ou estivalies

Ton regard ne va pas au-delà de ce qu’il voit

En toutes directions des images te noient

Dans le spectacle quotidien de ta vision

Tu traverses des espaces acclimatés à ton œil

Chaleur du jour où tu fus nu sous ta solitude

Et pluie tu t’abritas du vent océanique

Avant de partager ce sentiment de ta réalité

Plaine bordée de haies de peupliers

La scène est encadrée de ses limites

Qui te projettera dans la main du jardinier ?

Quand ne borneras-tu plus ta conjugaison au présent ?

Où donneras-tu tout son volume à tes univers ?

Éteins la lumière du monde

Et écarte cette géographie de cantiques

Chantés à la croisée des voies

Pour voyager dans ta conscience quantique

Soleil, pluie, intempéries ou estivalies

Tu n’es plus seul en toi

Tu ne te noies plus en toi

Tu vois désormais les vides que tu emplis de tes vies

[12 3 4  >>