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Simplicité

le 16 décembre 2011. dans La une, Société

Simplicité

 

Simple comme bonjour, le bonjour de ce gendarme qui vous arrête pour excès de vitesse, sur la bas-côté d’une route de campagne. Et vous lui répondez bonjour, peut-être par habitude ou par désir de ne pas aggraver votre cas ; car peut-être encore, vous avez aussi les pneus lisses !

Alors la simplicité n’est qu’une IPP, « illusion paradoxale poilue » ! C’est ce que j’entends défendre aujourd’hui. La simplicité, c’est un raccourci de la raison.

« J’avais faim ; j’ai volé une pomme ». Ça semble simple, et pourtant ! Pourtant, ça sous-entend toute une réalité sous-jacente et foisonnante, qui pose au besoin bien des questions. Car ce qui m’a amené à voler cette pomme, c’est toute une situation complexe, issue d’un passé lui-même compliqué. Pour prendre une image, ce qui porte la tige toute bête, toute droite, toute simple d’un épi de blé, c’est un enchevêtrement de racines.

Ce qui fait la simplicité, c’est peut-être l’habitude. Pour un pianiste, un piano, ça n’est pas plus compliqué qu’une mobylette pour un garagiste. Ce qui apparaît compliqué, c’est ce qu’on ne connaît pas, ou qu’on connait mal.

Qu'est-ce que que ? (FIN) : la CPBS attitude

le 11 novembre 2011. dans Vie quotidienne, La une, Ecrits, Psychologie

Qu'est-ce que que ? (FIN) : la CPBS attitude


C’est ma cousine Germaine qui se moquait tantôt ainsi de moi, en parlant de certaines de mes valeurs ; CPBS, ce sont les initiales de Calme, Paix, Bonheur et Sérénité, et ce sont peut-être les choses qui me tiennent le plus à cœur, se situant au-delà de toutes considérations politiques et morales, toujours plus ou moins stériles et rebutantes.

Le calme permet d’être en paix avec soi, et, partant de là, avec les autres, et cette paix est la condition même du bonheur, car je ne vois pas quel sorte de bonheur je pourrais connaître dans l’agitation et le conflit. Ceci fait, on peut espérer atteindre à la sérénité, qui nous dégage de la peur de la souffrance, de la maladie et de la mort.

Ma cousine Germaine, elle, prône les vertus de la colère, qu’elle reconnaît comme un mode d’expression valable, pour défendre ses droits, ses acquis, comme pour marquer son désaccord, et partant de là, me qualifie de mou, voire de lâche et de filou, détestant tout à la fois mon hédonisme, mon opportunisme et mon attentisme viscéraux. Elle estime qu’il est sain et naturel de se fritter aux autres pour faire avancer les choses.

Qu'est-ce que que ? Courage, Fuyons !

le 04 novembre 2011. dans La une, Psychologie, Ecrits, Société

Qu'est-ce que que ? Courage, Fuyons !


Décidément, il faudra que je songe à écrire l’éloge de la lâcheté ! Voilà ce que je me disais hier soir, par pur goût pour la provocation. Hélas, la chose a déjà été faite, avec bien du talent, par Jean Laborie, dans son « éloge de la fuite », ouvrage auquel je vous renvoie, et je ne pourrai malheureusement que le paraphraser, à défaut de le résumer correctement, quitte à le trahir au besoin, étant donné mon absence de principes.

Il y défend l’idée que le comportement d’évitement est né d’un processus adaptatif, et ne se rencontre que chez les espèces « évoluées ». De là, il n’y a qu’un pas à affirmer que la démission et la fuite, chez l’être humain, dénotent également d’un haut degré d’évolution. J’ai déjà évoqué ce point dans le chapitre « coïto, ergo sum », et j’ai bien conscience de son odeur de soufre.

Mais je pense tout particulièrement à l’appel du clairon, et, ayant été en mon temps objecteur de conscience, parce que fondamentalement pacifiste et non-violent, je vous fiche mon billet qu’en cas de guerre, j’aurais tout simplement été déserteur, pour ne pas avoir à connaître le triste sort des réfractaires.

Qu'est-ce que que ? Jeunesse lève-toi !

le 28 octobre 2011. dans Ecrits, La une, Société

Qu'est-ce que que ? Jeunesse lève-toi !

C’est un cri, un appel idéaliste et qu’on voudrait salutaire aux forces vives de la nation, comme disent tous les démagogues, et c’est le titre d’une magnifique chanson de Damien Saez, bourrée de poésie, de style et d’idées rouges et noires. Est-ce à dire que les vieux ne pourraient pas bouger eux aussi leurs fesses de leur canapé cuir pleine fleur, pour qu’advienne enfin une société plus juste ?

A propos de justice, on peut d’ailleurs constater au passage avec humour que notre pays est l’un de ceux qui accorde le moins de crédit à celle-ci, ce qui confirme bien notre propos, pour peu que l’on accepte de jouer un peu sur les mots. C’est pour cela que les juges descendent dans la rue, les pauvres.

Mais que voulez-vous, ma bonne dame, les mirages coûtent si cher, de nos jours, et quant au prix des chars Leclerc, je n’ose même pas en parler. Quand vous songez qu’on a déjà bien du mal à se payer des porte-avions…

Allez, j’arrête, et j’en reviens à mon slogan initial, « jeunesse, lève-toi ». Rassurez-vous, il ne dit pas cela pour encourager nos enfants à se lever matin, pour rejoindre le travail à la chaîne, dans une usine impersonnelle, où l’on n’a nulle vue sur les pelouses qui l’entourent, et qui ne servent qu’à en adoucir la façade. Non, il parle de rendre nos ADN’s un peu plus équitables, et nous rappelle que l’heure est aux rêves utopiques.

Qu'est-ce que que ? Les projets ...

le 21 octobre 2011. dans Vie quotidienne, La une, Ecrits

Qu'est-ce que que ? Les projets ...


Les projets, ah, les projets…


Les projets, je n’en ai plus, et d’ailleurs, en ai-je jamais eu ?! Faire des enfants, un projet ? Quelle horreur ! J’ose espérer que faire un enfant se situe bien au-delà du simple projet, sans quoi la chose revient à la reproduction et à l’élevage. Mes enfants, je les ai désirés, espérés, comme on espère l’Amérique, qui ne peut être que magnifique !

Pareillement, j’ai aussi désiré avoir une maison, avec un jardin de fleurs et d’herbes, un potager et une balançoire. Les désirs, oui, les projets, non ! Car, qui dit projet, dit calculs, placements, sacrifices, voire magouilles plus ou moins honnêtes. Enfin, c’est ce qu’il me semble.

Un projet suppose également de la volonté et souvent, des sacrifices, et j’en ai si peu, et surtout, je rechigne tant à devoir me priver d’une chose pour en obtenir une autre ! Quand on se contente du désir, on s’ouvre par là au fortuit, à l’accidentel, qui nous amène à des situations éventuellement tout à fait inattendues, quand le projet ne nous promet que ce que nous avons prévu sur plan.

Qu'est-ce que que ? L'expérience c'est le peigne des chauves

le 14 octobre 2011. dans La une, Ecrits

Qu'est-ce que que ? L'expérience c'est le peigne des chauves


C’est ce que se plaisait à répéter l’un des recruteurs à qui j’ai eu affaire dans une vie antérieure, et qui était dirigeant d’un cabinet de recrutement et de conseil en organisation. Bien sûr, il louait ses consultants à des entreprises éventuellement en difficulté, pour qu’elles redressent la barre en apportant des changements, aussi bien dans leur culture que dans leurs pratiques. A part ça, il n’avait que les mots « benchmarking » et « kilofranc » à la bouche ; oh le délicieux personnage…

Je ne sais même pas très bien ce qu’il entendait par là, si ce n’est qu’il se moquait ainsi des vieux de la vieille, pour qui l’expérience est un capital irremplaçable. Essayant de reconstituer sa logique mercantile, je me dis qu’il justifiait ainsi le remplacement des cadres en place par de plus jeunes, dont son cabinet assurait bien sûr le recrutement, puis la formation à ses méthodes, à ses « concepts », contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Peu m’importe, d’ailleurs, tant il a coulé d’eau sous les ponts depuis lors. Mais cette phrase, pourtant séduisante par sa forme, me semble néanmoins un bel exemple de contre-vérité. L’expérience, de manière plus générale que celle purement professionnelle, n’est-ce pas en effet ce qui nous constitue en grande partie, ce qui meuble notre intériorité ?

Qu'est-ce que que ? Qui ça "je" ?

le 07 octobre 2011. dans La une, Ecrits

Qu'est-ce que que ? Qui ça

 

« Tu n’es qu’un égoïste », « tu es coquet / coquette / sympathique / perfectionniste… » ; qui ça, moi ?! Mais de quoi est-ce que tu me parles, et d’où est-ce que tu tiens une telle opinion de moi ?! N’avez-vous jamais eu la tentation de vous insurger, quand on vous appliquait tel ou tel qualificatif, dans lequel vous ne vous reconnaissiez pas ?

Nous sommes au besoin pourtant bien d’accord pour nous reconnaître certains défauts et certaines qualités saillantes, qui nous délimitent, nous personnifient, nous individualisent en nous démarquant de ceux qui appartiennent à d’autres, et notamment à nos proches.

Ainsi, « je », c’est quelque part un habitus, qui nous vient de notre entourage, et que nous ne sommes pas toujours prêts à remettre en cause devant un « étranger », même si cela peut au contraire dans certains cas nous permettre de nous libérer d’une image négative, qui nous colle à la peau.

« Je », c’est donc l’autre qui nous l’impose plus ou moins, dès notre enfance, même si nous participons tout de même à sa négociation, en nous adaptant positivement ou négativement à la demande de nos éducateurs.


Qu'est-ce que que : du droit de se contredire

le 30 septembre 2011. dans Psychologie, La une, Société

Qu'est-ce que que : du droit de se contredire

Aristote et ses disciples ont posé en leur temps ce principe que l’on avait le droit de discuter de tout, et de la manière qui nous convenait, à partir du moment où l’on ne se contredisait pas soi-même dans son discours, et cela a donné naissance à ce fort joli mot qu’est « syllogisme », pour désigner un raisonnement qui ne respecte pas la logique aristotélicienne.

Et pourtant, il faut être bien prétentieux pour oser s’imaginer que l’on puisse produire une argumentation complexe, dénuée de toute contradiction logique. Hormis dans le strict domaine des mathématiques, cela ne me semble tout bonnement pas possible, ni d’ailleurs forcément souhaitable.

Bien sûr, je n’irai pas jusqu’à dire que l’on peut se permettre en toutes circonstances d’affirmer une chose et son contraire à quelques lignes d’intervalle, car cela s’apparenterait plus ou moins à du foutage de gueule, à moins que l’intention ne soit justement humoristique.

Aussi, ce respect de la logique part-il d’un bon sentiment, qui est celui de ménager l’autre, en utilisant des procédures argumentaires communes, culturellement éprouvées. Mais il y a un mais de taille, qui nous vient des mots eux-mêmes, dont la signification est souvent ambigüe, multivaluée, et qui introduisent la même ambigüité et pluralité de sens dans nos discours.

Qu'est-ce que que ? Et si l'on ne doutait plus ?

le 23 septembre 2011. dans La une, Société

Qu'est-ce que que ? Et si l'on ne doutait plus ?

Le doute, c’est la politesse de l’intelligence et de la pensée. Oui, non, peut-être ?! Oui, dans ce sens que nous n’avons qu’une connaissance relative des choses, limitée à notre expérience personnelle, et que notre culture reste toujours fragmentaire, elle aussi. Il y aurait par-là beaucoup de présomption à s’exprimer de manière aussi affirmative que j’ai pu le faire sur certains sujets, au fil des pages précédentes. Aussi, douter, ce serait faire preuve de délicatesse et de respect d’autrui, de prudence et de modestie, toutes qualités humaines éminemment positives, et l’on devrait mettre ce doute en scène de façon permanente lorsqu’on parle ou qu’on écrit.

Il y a pourtant beaucoup d’hypocrisie à posséder dans le fond des opinions et des croyances bien tranchées, et de faire comme si elles ne l’étaient pas. Dans ce cas, s’exprimer avec componction et retenue m’apparaît un peu ridicule, et je préfère encore l’humour et la légèreté.

Mais, plus encore, il s’agit de considérer le fond même de la chose, et de savoir pourquoi l’on écrit. Il peut y avoir là une certaine forme de plaisir, même si le plaisir n’est pas absolument nécessaire à l’affaire.

L'anarchie en pantoufles

le 16 septembre 2011. dans La une, Société

L'anarchie en pantoufles

 

Je ne vais tout de même pas te raconter ma vie, ni pourquoi j’écris des histoires ! Mais je te dirai simplement qu’un anarchiste en pantoufles, c’est quelqu’un qui combat sans se battre, qui s’abstient autant qu’il peut de voter, de consommer, de participer à ce qu’il y a de plus con et de plus moutonnier dans la vie des hommes, quitte à devoir au besoin se serrer un peu la ceinture, et se faire quelquefois violence.

Réfréner ses désirs, ses pulsions, afin d’atteindre une quiétude, un détachement, une liberté intérieure, est-ce que ça n’en vaut pas la peine ? J’ai beau penser parfois queue, moi aussi, je pense toutefois que oui, c’est bien le cas.

Privilégier l’être devant l’avoir, ça te dit certainement quelque chose, non, et au besoin, tu t’en flattes toi-même ? A toi de voir si tu joues bien véritablement dans ce créneau, car moi, je ne suis pas là pour te juger. Mais ça aussi, ça vaut la peine, car ça te permet de discuter et d’échanger avec toutes sortes de gens, indépendamment de leur revenu, de leur niveau d’études, de leur condition sociale.

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