Articles taggés avec: Isabelle Champion

Sweeney Todd au Châtelet

Ecrit par Isabelle Champion le 06 mai 2011. dans La une, Musique, Théâtre

Sweeney Todd au Châtelet

Et voilà Sondheim revenu ! L’année dernière – sous les auspices de Jean-Luc Choplin qui est décidemment le directeur maison idéal - une éblouissante reprise éclair de A Little Night Music avait dignement fêté les 80 ans du maître et le premier tome de son autobiographie, « Finishing the hat » ; c’était la moindre des choses mais bien peu pour Paris qui, il est vrai, l’ignore et ne connaît des musicals que les succès des vingt dernières années… Heureusement, New York (au Lincoln Center) et Londres (à l’Albert Hall) avaient généreusement rendu hommage à leur légende vivante. Nous voilà donc enfin dans les docks londoniens crasseux et puants (bravo aux ingénieux décors de Tanya McCallin) que nous avions redécouverts grâce à Tim Burton, Johnny Depp et Helena Bonham-Carter en 2007. Avant, pour nous conter l’histoire du « barbier démoniaque de Fleet Street », il y eut notamment trois films anglais en 1926, 1928 et 1936 ; un enregistrement en 1982 du spectacle de Sondheim avec Angela Lansbury et un film TV de John Schlesinger avec Ben Kingsley en 1997. Dans le « Télérama » de cette semaine (N°3197), Sondheim revient sur la genèse de son œuvre :

LIZ !

Ecrit par Isabelle Champion le 28 mars 2011. dans La une, Cinéma, Société

LIZ !

 

 

 

 

 

Elizabeth Taylor dans GUET-APENS (Conspirator, Victor Saville, 1949)

(communiquée par Isabelle Champion)

"Somewhere" de Sofia Coppola, vingt minutes de nowhere

Ecrit par Isabelle Champion le 24 janvier 2011. dans La une, Cinéma

Deux chroniques l'une "n'aime pas" l'autre oui, sur "Somewhere" de Sofia Coppola

Le Figaroscope titre sa critique élogieuse : « Du spleen à l'état pur ». Et bien c'est exactement cela. Mais en sens inverse. Réussir à provoquer autant de rejet en l'espace de si peu de temps relève à la fois de la performance et d'une fine connaissance de l'âme humaine. Une succession de plans séquence interminables où justement il ne se passe RIEN d'autre que l'ennui, pour le « héros » et pour moi, spectatrice. A défaut d'être quelque part dans le temps, le film est quelque part dans le creux, le vide abyssal de son personnage. Et à perdre autant son temps à ne rien faire, le personnage me fait perdre le mien. Car le problème est bien que la vie ennuyeuse de ce type ennuyeux et ennuyé ne m'intéresse absolument pas. Alors ? Branchitude ? Escroquerie ? Non, puisque c'est le sujet même du film que de nous montrer la vie de ce type-là. Celui précisément qui s'ennuie. Les films d'Ackerman ou de Duras – dont Sofia Coppola se réclame - sont des avions à réaction comparés à son propre film.

2011, année (new) burlesque ...

Ecrit par Isabelle Champion le 10 janvier 2011. dans La une, Musique, Théâtre

2011, année (new) burlesque ...


Nous voilà donc entrés de plain-pied dans le Nouvel An du Lapin grâce à Isabelle Adjani qui, sous l’œil de la photographe Ellen von Unwerth, trône en guêpière et chapeau claque en couverture de « Paris Match ». Les magazines féminins ont naturellement flairé le filon et y vont généreusement de leur Spécial Burlesque. Avec le film homonyme signé Sony Pictures, on va encore plus loin dans le formatage « cabaret »  réglé au millimètre. Liza doit se faire des cheveux blancs et se retourner sur sa chaise et, d’outre-tombe, Bob Fosse est définitivement tombé en léthargie. Nous voilà donc devant Cher, poupée gonflable clonée de la mère-sorcière de RAIPONCE. Il faudrait un jour écrire sur les dégâts de la chirurgie esthétique sur le jeu des actrices - chère Cher de MOONSTRUCK et de SILKWOOD, qu’es-tu devenue ? – réfléchir à leur incapacité à bouger leurs traits, à faire frémir leur visage, à mouvoir leurs corps frankensteinisé… Christina Aguilera – à défaut d’être une actrice – a une vraie personnalité de chanteuse et de danseuse et ne ménage pas ses efforts pour nous burlesquizzer dans ce méga clip aseptisé dont elle est co-productrice.

Lettre à une reconnue

Ecrit par Isabelle Champion le 19 novembre 2010. dans La une, Cinéma

Lettre à une reconnue

Ma très chère Marilyn,

 

Si tu savais ce qu’il se passe en ce moment, tu n’en reviendrais pas.

Tu en serais si heureuse. Si tu savais !

Je te raconte.

Après le décès de ton amie Paula, Lee épousa Anna, une jeune femme qui, lorsqu'il disparut à son tour vingt ans après toi, hérita de tous ses biens. Et donc des tiens. Et de la lourde tâche de protéger ton image. Eh bien Anna, qui t’aimait sans t’avoir connue, s’est battue jusqu’à aujourd’hui pour honorer ta mémoire. En faisant d’abord, il y a une dizaine d’années, une très belle vente chez Christie’s au profit de différentes associations et en concoctant cet incroyable pavé rouge, cette bible-catalogue dans laquelle on découvrait « en vrai » tes objets, vêtements, livres bien sûr et autres effets personnels.

Vous allez rencontrer un beau et sombre film...

Ecrit par Isabelle Champion le 18 octobre 2010. dans La une, Cinéma

Vous allez rencontrer un beau et sombre film...

Le Woody Allen 2010 déroute ; les critiques sont déçus et le public fait la fine bouche. Comme si le maître ne pouvait être infidèle à lui-même au sein d’un genre rôdé dont les codes seraient immuables. Car la comédie, à l’allure jazzy primesautière des grands jours, n’est ici qu’apparente, et le drame intime de chacun est ouvertement dévoilé, décrit et installé. La dureté des sentiments, les émotions contrariées, la lâcheté, l’amertume et les désillusions transpirent de chaque plan, de chaque visage, de chaque réplique. Moins brillant que Match Point ou Crimes et Délits et moins tragique que Le Rêve de Cassandre, ce dernier film reste une redoutable mécanique qui, subrepticement, nous laisse imprégnés du goût et de l’odeur du réel. Le fil ténu, invisible de la vie qui va, s’est déroulé et a fait son œuvre. Silencieusement, sans jugement et en toute impunité.