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Communiqué : Manuel Valls est un homme politique ouvert aux initiatives de paix au Moyen-Orient

Ecrit par JCall le 21 octobre 2017. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Communiqué : Manuel Valls est un homme politique ouvert aux initiatives de paix au Moyen-Orient

Parce que nous aimons relayer les billets de J Call, à RDT ; parce qu’on est un certain nombre aussi à avoir été choqués par la violence de l’attaque contre M Valls, à qui nous apportons notre soutien, ce billet figure cette semaine tout en haut de la « une ». Lisez – le !

La rédaction de Reflets du temps

 

Plusieurs organisations qui œuvrent à la résolution politique du conflit israélo-palestinien apportent leur soutien à Manuel Valls après la déclaration de Jean-Luc Mélenchon reprochant à l’ancien Premier ministre « sa proximité avec les dirigeants de l’extrême droite israélienne ».

Dans sa lettre de démission de la mission d’information sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie adressée au président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, Jean-Luc Mélenchon reproche à Manuel Valls « sa proximité avec les dirigeants de l’extrême droite israélienne ». D’après lui, elle « fait l’objet d’une ostentation choquante pour les militants de la paix de ce pays comme du nôtre ».

Les organisations signataires de ce communiqué, qui depuis de longues années soutiennent les initiatives de paix sur la base du principe « deux Peuples pour deux Etats » et la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens, tiennent à témoigner que les allégations de Jean-Luc Mélenchon à l’encontre de Manuel Valls sont erronées, fallacieuses et sans fondement ! Manuel Valls s’est toujours montré favorable aux démarches et solutions de paix que nous soutenons et qui diffèrent de celles prônées par l’actuel gouvernement israélien.

Sur quoi le dirigeant du parti des « Insoumis » se base-t-il pour accuser Manuel Valls de collusion avec l’extrême droite israélienne ? Uniquement sur quelques photos prises dans le cadre d’une visite semi-officielle, à l’occasion d’une conférence sur les questions de sécurité internationale qui se tient chaque année à Herzlia (Israël). Des centaines de responsables politiques et hauts fonctionnaires, représentant tous les pays, ainsi que les grandes organisations internationales, y participent régulièrement. Ces rencontres se déroulent dans le cadre d’un protocole auquel l’ancien Premier ministre d’un grand pays comme la France ne peut se soustraire. Le député de l’Assemblée nationale, Manuel Valls, comme tous les autres, doit saluer les organisateurs de la rencontre et les dirigeants du pays hôte de la conférence. Il s’agit d’une convention diplomatique et Jean-Luc Mélenchon, en vieux routier de la politique le sait parfaitement. Ce n’est pas parce que Manuel Valls rencontre en Israël Ayelet Shaked (Ministre de la Justice) ou Avigdor Lieberman (Ministre de la Défense) qu’il partage leurs opinions.

Vœux de nouvel an (et réunion annoncée avec Nicole Bacharan sur 9 mois d’administration Trump)

Ecrit par JCall le 27 septembre 2017. dans Monde, La une, Politique

Vœux de nouvel an   (et réunion annoncée avec Nicole Bacharan sur 9 mois d’administration Trump)

Chers amis,

JCall France tiendra son assemblée générale le lundi 2 octobre à 20h au Cercle Bernard Lazare, 10 rue Saint-Claude à Paris 3ème (métro Saint-Sébastien Froissart).

A l’ordre du jour : le bilan financier et moral de l’année écoulée, le renouvellement du bureau et la présentation des projets pour 2017 et 2018. Ne pourront participer au vote que les adhérents à jour de cotisation. Il sera possible de renouveler son adhésion sur place.

L’année dernière, nous avons poursuivi notre engagement en soutenant toutes les initiatives qui permettaient de sauver la solution à deux États. Nous avons ainsi participé – et continuerons à le faire cette année – à la campagne SISO (Sauver Israël, Stopper l’Occupation) lancée en Israël pour marquer le 50ème anniversaire de la victoire de la guerre des 6 jours et du début de l’occupation. Cet engagement s’est illustré, notamment, par notre participation à l’organisation à Paris, avec l’AJHL (Association pour un Judaïsme Humaniste et Laïque), d’un Seder Pessah alternatif auquel ont assisté 120 personnes. Nous avons continué à soutenir l’action des dizaines d’ONG israéliennes et israélo-palestiniennes qui, sur place, poursuivent leur combat quotidien pour rapprocher les deux populations et maintenir l’espoir de la paix, malgré les attaques et les entraves dont elles sont victimes par le gouvernement israélien dont la politique met en péril, de plus en plus, les fondements démocratiques du pays. En juin dernier nous avons été ainsi à la rencontre de ces ONG au cours d’un voyage en Israël et dans les territoires palestiniens qui a été un grand succès et auquel ont participé plus d’une cinquantaine de membres de JCall venus d’Allemagne, Belgique, France, Italie et Suisse.

Sur la scène internationale, nous avons salué la décision prise par la précédente administration américaine de ne pas mettre de veto à la résolution 2334 votée par le Conseil de sécurité qui condamnait la politique d’occupation et de colonisation menée par Israël. En introduisant une distinction entre les territoires occupés et le territoire d’Israël, cette résolution permettait de sauvegarder la solution des deux États. Elle deviendra peut-être, comme la fameuse résolution 242 du 22 novembre 1967, une référence qui aidera un jour les deux parties à retrouver le chemin de la négociation.

En France, nous avons aussi soutenu l’initiative prise par le précédent gouvernement d’organiser une conférence à Paris, tout en sachant qu’elle n’aurait aucun impact sur le terrain compte tenu du refus israélien d’y participer. Mais cette conférence avait le mérite de remettre le conflit israélo-palestinien à l’agenda des préoccupations internationales.

Cette année a été marquée par deux élections qui ont toutes deux bouleversé la situation internationale.

En France, la victoire d’Emmanuel Macron, que nous avons soutenu face aux dangers représentés par la candidate du Front National, a fait entrer un air de renouvellement dans la vie politique française et permettra peut-être de relancer le projet européen.

Par contre aux États-Unis, la victoire surprise de Donald Trump a ouvert une nouvelle page pleine d’incertitudes qui peuvent être lourdes de conséquences aussi bien sur la société américaine que sur le plan international.

Sortir de l’Égypte des asservis et de l’Égypte des oppresseurs

Ecrit par JCall le 15 avril 2017. dans Monde, La une, Politique

Sortir de l’Égypte des asservis et de l’Égypte des oppresseurs

Chaque année, le soir du Seder de Pessah (la Pâque juive) commence par les quatre questions posées, généralement par des enfants, pour demander en quoi cette nuit est différente des autres nuits. En rappelant ainsi la singularité de cette fête qui commémore, à travers la Haggadah qui en est le récit, la sortie de l’esclavage et la naissance d’un peuple libre, ces questions confrontent ainsi chacun d’entre nous au sens du mot liberté. Il ne suffit pas de quitter l’esclavage pour devenir libre. C’est d’ailleurs pourquoi, selon le récit, les Hébreux ont dû rester 40 ans dans le désert avant de pouvoir entrer en « Terre promise », le temps de perdre cette mentalité de soumission et de recevoir et s’approprier la Loi, car sans loi il n’y a pas de liberté.

Ce renouvellement de la question confronte ainsi, génération après génération, chacun à son identité individuelle et collective qui est construite autour d’un texte et de ses commandements qui sont à l’origine d’une éthique. Rappelons qu’il est écrit 34 fois dans la Torah : « Vous aimerez l’étranger, vous qui fûtes étrangers dans le pays d’Egypte » (Deutéronome 10-19).

Il est bon de rappeler ce principe moral, à une époque où tant de personnes et de pays choisissent de fermer la porte aux étrangers et aux réfugiés.

Mais cette année la soirée du Seder aura un sens particulier. En effet, 2017 marque le cinquantième anniversaire de la guerre des Six jours qui fut – certes ne l’oublions pas – une guerre de défense pour Israël, mais qui fut aussi le début de l’occupation des territoires palestiniens, une occupation dont on ne voit pas la fin. Or, selon la tradition juive, la cinquantième année est celle de la liberté. Il est écrit en effet dans le Lévitique (25-8 : 13) : « Sanctifie la cinquantième année, et proclame la liberté d’un bout à l’autre du pays pour tous ses habitants. Ce sera celle du Jubilé pour vous ». N’est-il pas temps de mettre fin à cette situation, et qu’advienne pour ces deux peuples le temps de la liberté et de la paix ?

Pour marquer cette date, une Haggadah spéciale a été rédigée. Au texte traditionnel ont été ajoutés des textes écrits par des personnalités juives, essentiellement israéliennes et américaines, exprimant la contradiction morale existant entre cette fête, symbolisant la libération du peuple juif, et la domination par Israël d’un autre peuple privé de ses droits nationaux.

Vous pouvez vous procurer cette Haggadah éditée par Tomer Persico et illustrée par Michal Sahar, une célèbre graphiste israélienne, dans sa version anglaise en vous connectant sur http://nif.org/sisohaggadah

et, pour les hébraïsants, dans sa version en hébreu sur :

https://www.siso.org.il/sisohaggadah

Cette semaine de Pessah, seront organisées dans beaucoup de villes en Israël et en diaspora des soirées où seront lus des extraits de cette Haggadah. JCall s’est associé à l’organisation de ces soirées, ouvertes en priorité aux adhérents membres de notre association qui ont tous été prévenus en temps voulu pour s’y inscrire. Ce sera le cas à Paris le 11 avril, et à Genève le 12 avril.

Nous avons choisi deux extraits, parmi les textes rédigés spécialement pour cette Haggadah du Jubilé.

Place de la laïcité dans la République et la position des partis à l’égard des tentations communautaristes

Ecrit par JCall le 01 avril 2017. dans Monde, La une, Politique

Rencontre avec Laurent Bouvet, cofondateur et animateur du Printemps Républicain, mardi 28 mars à 20h30 au Cercle Bernard Lazare

Place de la laïcité dans la République et la position des partis à l’égard des tentations communautaristes

La question de la place de la laïcité dans la République et la position des partis à l’égard des tentations communautaristes font partie des sujets qui sont au cœur de la campagne présidentielle.

Pour nous éclairer sur ces questions, JCall organise mardi 28 mars à 20h30 au Cercle Bernard Lazare, 10 rue St Claude dans le 3ème, une rencontre avec Laurent Bouvet, cofondateur et animateur du « Printemps Républicain », mouvement de citoyens « déterminés à défendre et promouvoir, dans le débat public, la République et ses principes : l’égalité, la laïcité, la solidarité et la souveraineté ».

Laurent Bouvet est Professeur de Science politique (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines) et codirecteur du master « Métiers du politique et gouvernance territoriale ».

Observateur actif de la scène politique, Laurent Bouvet intervient souvent dans les médias et les réseaux sociaux, pour analyser et commenter les mutations douloureuses des différentes composantes de la Gauche française, et en particulier ses compromissions communautaristes.

Il publiera son dernier livre La Gauche zombie (Lemieux Editeur) le 21 mars.

Parmi ses ouvrages précédents : L’Insécurité culturelle (Fayard, 2015), Le Sens du peuple (Gallimard, 2012), Le Communautarisme. Mythes et réalités (Lignes de Repères, 2007).

Vous pouvez le retrouver sur son blog https://laurentbouvet.net/

 

CBL, 10 rue Saint Claude, Paris 75003 (M° St Sébastien-Froissart).

PAF 5 €. Entrée gratuite pour nos adhérents à jour de leur cotisation.

Réservations indispensables à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Rejoignez-nous et donnez-nous les moyens de développer notre action

http://fr.jcall.eu/adhesion

JCall, le réseau juif européen pour Israël et pour la paix, est une initiative de citoyens juifs européens favorables à la solution « 2 Etats pour 2 Peuples ».

Profondément attachés à l’existence et à la sécurité d’Israël, ils voient dans la poursuite de l’occupation en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem-Est une menace pour l’identité de cet Etat.

Ils sont à l’origine de l’Appel à la Raison lancé au Parlement Européen le 3 mai 2010 et signé depuis par près de 8000 personnes dont Daniel Cohn-Bendit, Alain Finkielkraut, Bernard Henri Lévy, (…).

Voir le texte de l’appel et nos informations sur notre site http://www.jcall.eu

JCall France :

Web : http://www.jcall.eu

Facebook : page « JCall »

Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Adresse postale : JCall, 21 rue des Filles du Calvaire, 75003 Paris (France)

 

JCALL : Une loi de régulation immorale, contraire aux valeurs du judaïsme et antidémocratique

Ecrit par JCall le 18 février 2017. dans Monde, La une, Politique

JCALL : Une loi de régulation immorale, contraire aux valeurs du judaïsme et antidémocratique

La loi dite de régulation qui vient d’être votée par la Knesset légalise rétroactivement des constructions jusqu’alors illégales implantées sur des terres privées palestiniennes, et trace le cadre juridique de futures expropriations. Elle marque une rupture fondamentale en ce que – pour la première fois depuis l’annexion de Jérusalem – la majorité parlementaire israélienne légifère sur des territoires palestiniens, hors de ses frontières internationalement reconnues. En poursuivant dans cette voie, c’est vers la dissolution d’un État d’Israël juif et démocratique que s’acheminent les dirigeants israéliens.

La condamnation internationale a été unanime, y compris du côté des amis traditionnels, Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, France, Suisse, Pays-Bas, etc., et plus largement de l’Union européenne par la voix de Federica  Morgherini. Benjamin Netanyahou n’en a sans doute pas été surpris, lui qui était initialement opposé au vote de la Knesset, comme par ailleurs de nombreux experts juridiques et sécuritaires.

Vouloir pérenniser et légaliser l’occupation, c’est détruire la base même du projet sioniste originel : construire un État pour le peuple juif sur des fondements démocratiques et humanistes. Comme l’a indiqué le procureur général Avichai Mandelblit, le texte ne résistera probablement pas à l’examen constitutionnel de la Cour suprême, auprès de laquelle un recours a déjà été déposé par 2 ONG israéliennes et 17 municipalités palestiniennes.

JCall condamne l’adoption de ce texte et appelle les institutions et organisations juives européennes à se faire entendre, à l’instar des nombreuses associations juives américaines, lesquelles n’ont pas hésité à exprimer publiquement leurs plus extrêmes réserves face à une loi qui, si elle était définitivement adoptée, serait immorale, contraire aux valeurs du judaïsme et antidémocratique.

2) A noter, le lundi 27 février à 20h30, notre rencontre avec Mahmoud Hussein (Bahgat El Nadi et Adel Rifaat) à l’occasion de la parution de leur livre Les musulmans au risque de Daech, chez Gallimard.

Les musulmans au risque de Daech

Bahgat El Nadi et Adel Rifaat, qui signent du pseudonyme commun de Mahmoud Hussein, ont consacré plusieurs ouvrages-clés à réfuter le dogme de l’imprescriptibilité coranique. Selon ce dogme, puisque le Coran est la Parole de Dieu et que Dieu est infaillible, chacune de Ses paroles est vraie partout et toujours. Or, nous disent nos auteurs, la Parole de Dieu se présente comme un dialogue entre Ciel et Terre, elle s’implique dans le temps et certains de ses versets ont une portée strictement circonstancielle…

Ils viendront débattre avec nous de cette question, cruciale pour la compréhension de l’islam d’aujourd’hui.

JCALL - Nous soutenons la conférence internationale de Paris sur le Proche-Orient !

Ecrit par JCall le 14 janvier 2017. dans Monde, La une, Politique

JCALL - Nous soutenons la conférence internationale de Paris sur le Proche-Orient !

Après toutes ces années où se sont succédé entre Israéliens et Palestiniens négociations avortées et périodes de violence, nous accueillons favorablement toutes les initiatives dont l’objectif est de faire progresser une solution à ce conflit. C’est pourquoi nous soutenons l’initiative française de réunir à Paris, le 15 janvier prochain, pour la seconde fois, une conférence internationale sur le Proche-Orient, en présence et avec le soutien de représentants officiels de 70 pays, dont beaucoup de ministres des Affaires étrangères.

L’absence à la précédente séance de cette conférence, en juin, de représentants israéliens et palestiniens était peut-être une étape nécessaire, dans un premier temps, pour permettre aux différentes commissions d’avancer dans leurs travaux, compte tenu du degré de méfiance réciproque existant entre eux, et de leur incapacité, de part et d’autre, à accepter les compromis nécessaires à une solution. Il est regrettable que cette absence persiste lors de la prochaine rencontre car il est évident pour tout le monde, et en premier lieu pour les organisateurs, qu’il sera difficile d’avancer sans la présence des principaux intéressés, qui sont les seuls en mesure de résoudre le conflit.

Depuis le temps que des négociations ont été menées, les paramètres d’une solution sont connus de tous. Cette conférence aura le mérite de s’efforcer de les formaliser afin qu’ils puissent, le jour venu, servir de cadre de référence aux futurs négociateurs. Elle définira aussi l’engagement international pour accompagner les protagonistes dans un processus qui sera long et compliqué. Cet engagement aura, on le sait, des dimensions d’ordre économique et sécuritaire qui seront sans doute indispensables pour qu’Israéliens et Palestiniens tentent enfin le pari de la paix après avoir pris si souvent celui de la guerre.

Il est dans l’intérêt d’Israël, comme  dans celui de la future Palestine, que soit mis fin à un statu quo qui est en train de compromettre lentement la solution à deux États et est source, au sein des deux populations, d’un désespoir dont s’alimentent les extrémistes de tous bords.

La communauté internationale a sur d’autres conflits, on le sait, trop souvent brillé par son absence et son manque de volonté. Comment pourrait-on aujourd’hui lui faire le reproche de prendre une telle initiative, avec le soutien de pays alliés et amis d’Israël ? Donnons à cette conférence toute sa chance.

JCALL - Quelles perspectives après l’élection de Trump

Ecrit par JCall le 19 novembre 2016. dans Monde, La une, Politique

JCALL - Quelles perspectives après l’élection de Trump

Réunion sur le combat des ONG israéliennes pour la paix

Comme la majorité des Juifs américains qui ont voté pour elle (1), nous aurions préféré l’élection d’Hillary Clinton à la Maison Blanche. Une semaine après, il nous est toujours difficile d’imaginer comment la première grande puissance du monde sera dirigée à l’avenir par un homme qui semble, au vu de ses déclarations de campagne, pour le moins imprévisible. Mais aux Etats-Unis, comme ailleurs, son discours, construit sur la peur et le rejet de l’autre, et qui s’adresse plus à l’émotion qu’à la raison, a convaincu une population tentée par le repli sur soi. La question que se posent maintenant tous les éditorialistes et les dirigeants du monde c’est de savoir si le président Trump tiendra les promesses du candidat Trump. Il est évidemment impossible d’y répondre, bien que depuis quelques jours le nouveau président tienne un discours plus modéré. La constitution de son équipe sera sans doute une première indication.

En Israël, la droite s’est tout de suite réjouie de ce résultat et des belles promesses faites par le candidat Trump, comme celle de déplacer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Déjà des voix en son sein commencent à se faire entendre appelant à accélérer les programmes de colonisation qui avaient été mis en veilleuse par peur des critiques de l’administration d’Obama ou, tout simplement, à enterrer définitivement la solution des deux Etats. L’autre promesse du candidat Trump, espérée par Netanyahu, c’est la révision de l’accord sur le nucléaire iranien qui avait été soutenu, rappelons-le, par une majorité des Juifs américains et avec le soutien actif de JStreet. Une telle décision, si elle était prise, aurait sans doute le soutien des monarchies du golfe et des régimes autocrates musulmans, mais serait lourde de conséquences pour la région.

La question qui inquiète Netanyahu concerne l’hypothétique « legacy » qu’Obama pourrait laisser dans les deux derniers mois de son mandat sur le Proche-Orient : fera-t-il une déclaration définissant, comme Clinton en son temps, les paramètres pour une solution du conflit ? ou se contentera-t-il de ne pas s’opposer à une éventuelle motion présentée au Conseil de sécurité ? ou soutiendra-t-il le projet français de conférence internationale s’il devait se confirmer ? On peut s’attendre à ce qu’Obama ne veuille pas prendre le risque d’une initiative que son successeur soit obligé de dénoncer.

Dans tous les cas, il est certain que nous entrons dans une période d’instabilité. Par contre nos fondamentaux eux restent stables. Le conflit ne sera résolu que le jour où une majorité des deux peuples en sera convaincue et qu’elle poussera ses dirigeants à prendre les décisions difficiles. Devant le peu d’entrain de la classe politique israélienne à s’atteler aujourd’hui à cette question, la société civile reste la seule à se mobiliser, au travers de ses ONG, pour la mettre au cœur du débat public. C’est pourquoi nous avons invité à Paris Avi Buskila, le nouveau directeur de Shalom Arshav (La Paix Maintenant), et Yuval Rahamim, le directeur du Forum des ONG israéliennes pour la paix. Venez les rencontrer au cercle Bernard Lazare lundi 28 novembre à 20h30 (2).

Nous comptons sur votre présence.

L’adieu à Shimon Pérès, homme de sécurité et homme de paix

Ecrit par JCall le 08 octobre 2016. dans Monde, La une, Politique, Actualité

L’adieu à Shimon Pérès, homme de sécurité et homme de paix

Shimon Pérès, qui vient de nous quitter à l’âge de 93 ans, a consacré toute sa vie au service d’Israël. Durant cette longue et remarquable carrière, la sécurité et le développement de l’Etat juif ont toujours été ses objectifs majeurs. Mais sa perception de l’ordre des priorités a nettement évolué au fil du temps : autant le jeune Pérès passait pour un « faucon », autant le Pérès de l’âge mûr était devenu un combattant de la paix. Cette évolution reflète une prise de conscience de l’impérieuse nécessité de la paix, et aussi une inquiétude croissante face aux phénomènes négatifs apparus au sein de la société israélienne, travaillée par les logiques perverses de l’occupation et de la répression – à telle enseigne que vers la fin de sa vie, selon le témoignage de l’ancien dirigeant travailliste Ouzi Baram (Haaretz, 28 septembre 2016), Pérès en était venu à penser que « le gouvernement de la droite tourne le dos aux principes démocratiques d’Israël ».

Si Shimon Pérès a passé la première partie de sa carrière dans le domaine de la défense nationale, c’est parce que David Ben Gourion lui avait très tôt confié des tâches de premier plan. Avant même la naissance de l’Etat, ce jeune homme de 24 ans, arrivé treize ans auparavant de sa Pologne natale, était responsable des achats d’armes pour la Haganah. Quelques années plus tard, âgé de 30 ans à peine, il devint directeur général du ministère de la défense. En 1959, à l’âge de 35 ans, il passa du statut de fonctionnaire à celui d’homme politique et entra au gouvernement comme ministre adjoint de la défense. Il y resta jusqu’en 1965.

Durant cette longue période, Shimon Pérès initia et géra des projets majeurs pour la sécurité du pays, notamment la diversification des contrats d’achat d’armements à l’étranger, la création des industries militaires et des industries aéronautiques, ainsi que le développement de la capacité nucléaire israélienne avec la centrale de Dimona.

Pérès est ensuite ministre de la défense dans le premier gouvernement d’Itzhak Rabin, entre 1974 et 1977. C’est dans ce cadre qu’en décembre 1975 il facilite la création de la première « implantation » israélienne en Cisjordanie, trente familles appartenant à la mouvance nationaliste religieuse s’installant dans une base militaire proche de la ville de Naplouse. Ainsi naîtront les colonies d’Elon Moreh et Kedumim. Les colonies d’Ofra et Ariel bénéficieront elles aussi de l’aide de Shimon Pérès. Ce dernier dira par la suite son regret ; il avait sous-estimé, expliquera-t-il, la volonté des colons de faire de l’occupation des territoires un acte irréversible. Il est vrai qu’à cette époque le phénomène de la « colonisation » israélienne en Cisjordanie est encore très marginal, et est souvent vu à travers le prisme du contrôle militaire qu’en l’absence d’un règlement politique global Israël veut exercer sur les territoires. La création d’implantations juives en Cisjordanie ne prendra réellement son essor qu’après la venue au pouvoir du Likoud, en 1977. La question de l’avenir politique de la Cisjordanie passera alors au premier plan des préoccupations des dirigeants travaillistes, y compris Shimon Pérès.

« ...Si vous aimez Israël, vous n’avez plus le droit de vous taire ! »

Ecrit par JCall le 01 octobre 2016. dans Monde, La une, Politique

« ...Si vous aimez Israël, vous n’avez plus le droit de vous taire ! »

C’est par ces mots que commence l’appel adressé par plus de 500 personnalités israéliennes aux Juifs du monde entier*, leur demandant de les rejoindre « afin de développer une action coordonnée pour mettre fin à l’occupation et bâtir un nouvel avenir, dans l’intérêt de l’État d’Israël et des générations futures ». Parmi les signataires se trouvent des écrivains comme Amos Oz et David Grossman, des artistes comme Achinoam Nini (Noa), David Broza et Ohad Naharin, le Prix Nobel Daniel Kahneman, des anciens généraux, une vingtaine d’anciens ambassadeurs, des anciens ministres et des députés, une cinquantaine de récipiendaires du Prix Israël, 160 professeurs d’université…

C’est la première fois depuis la création de l’Etat qu’un groupe comprenant d’aussi éminentes personnalités israéliennes s’adresse aux Juifs de la diaspora pour les associer à leur combat contre l’occupation. Afin de conforter cette démarche, un sondage récent réalisé auprès d’un échantillon représentatif des Juifs israéliens montre que plus des trois quarts d’entre eux pensent qu’Israël a une responsabilité sur le destin des Juifs dans la diaspora – et que, réciproquement, ces derniers ont une responsabilité à l’égard de l’Etat d’Israël.

Le résultat de ce sondage n’est pas une surprise pour nous. C’est ce même sentiment de solidarité à l’égard de l’Etat d’Israël qui nous avait conduits à lancer l’appel de JCall en 2010. Les motivations qui furent alors les nôtres restent toujours d’actualité, au seuil de cette nouvelle année juive qui marquera le cinquantième anniversaire de la guerre des Six Jours. Cette guerre, qui pour le peuple d’Israël fut avant tout une guerre de défense, a eu pour effet qu’Israël est depuis lors en situation d’occupant à l’égard d’un autre peuple. Et l’occupation infligée au peuple palestinien depuis 1967 mine la société israélienne, mettant en danger, à terme, les valeurs de justice et de démocratie sur lesquelles cet Etat s’est construit.

Le coût du statu quo et les attaques contre la démocratie

Ecrit par JCall le 25 juin 2016. dans Monde, La une, Politique

Le coût du statu quo et les attaques contre la démocratie

Un « statu quo » plus dangereux que jamais
La Guerre des six jours, en juin 1967, fut d’abord pour Israël une guerre d’autodéfense, face à une coalition arabe qui menaçait l’existence du pays et ses habitants. Mais ce fut aussi, par la force des choses, une guerre de conquête au terme de laquelle l’armée israélienne dirigée par le général Itzhak Rabin acquit le contrôle de territoires situés au-delà de la « ligne verte » définie par les accords d’armistice de 1949.
Certains de ces territoires furent ensuite évacués par Israël : le Sinaï, restitué à l’Égypte suite à l’accord de paix signé en 1978 par le premier ministre israélien Menahem Begin et le président égyptien Anouar El Sadate, et la bande de Gaza, évacuée unilatéralement en 2005 à l’initiative du gouvernement que dirigeait Ariel Sharon. On attend toujours l’homme d’État israélien qui sera capable d’effectuer le retrait de Cisjordanie et le partage de Jérusalem, parachevant le processus de paix israélo-palestinien lancé en 1993 sous la direction du vainqueur de 1967, Itzhak Rabin.
À ceux qui croyaient que Benyamin Netanyahou pourrait être cet homme-là, en vertu de l’adage selon lequel seul un dirigeant issu de la droite peut effectuer les concessions que la droite avait précédemment dénoncées, l’épreuve des faits a jusqu’ici apporté démenti sur démenti. Non seulement l’actuel premier ministre n’a jamais su prendre les décisions qui s’imposaient, mais il s’est lancé – et a lancé le pays – dans une course en avant folle et, à certains égards, suicidaire. Le maintien de l’occupation fait que bientôt Israël sera confronté à une alternative désastreuse : soit devenir un État où les Juifs seraient minoritaires dans leur propre pays, soit mettre en place un régime discriminatoire qui déshonorerait Israël et le transformerait en une arène de guerre civile.
La récente initiative française appelant à l’organisation d’une conférence internationale avant la fin de l’année avec la participation des Israéliens et des Palestiniens – initiative que nous avons soutenue dès son annonce et qui est devenue, après avoir reçu le 20 juin le soutien du conseil européen des affaires étrangères, une initiative européenne –, et simultanément des essais de réactivation du « Plan de paix arabe », auraient pu donner au gouvernement israélien une occasion ou un prétexte pour changer sa ligne de conduite. Hormis une tentative rhétorique de « jouer » l’une des initiatives contre l’autre, M. Netanyahou n’a pas saisi la perche qui lui était tendue. Il a exprimé quelques vagues assurances à destination des médias internationaux, tout en envoyant des messages de fermeté à l’usage du public israélien.
M. Netanyahou apparaît ainsi comme un adepte du procédé que l’on a longtemps reproché – à juste titre – aux dirigeants palestiniens : tenir des discours différents à des publics différents. Naftali Bennett qui « marque » Netanyahou à droite en espérant prendre un jour sa place, a cruellement insisté sur ce point quand il a déclaré : « On ne peut pas être pour Eretz Israël [dans le langage de Bennet, cela signifie « pour l’intégrité d’Eretz Israël », c’est-à-dire pour la pérennisation de l’occupation] en hébreu, et mettre en place l’État de Palestine en anglais ». Commentant cet échange, le quotidien israélien Haaretz publiait le 7 juin un éditorial intitulé « Netanyahou parle en hébreu », qui s’achevait sur ces mots : « Si Netanyahou veut que nous le croyions, il doit dire à la population ce qu’il a l’intention de faire ». On ne saurait mieux souligner l’ambiguïté qui est aujourd’hui le signe distinctif de la politique israélienne. Une ambiguïté dont les Palestiniens – et, dans le long terme, les Israéliens – paieront le prix.

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