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Qui défend le féminisme et la démocratie ?

Ecrit par Jean Gabard le 11 février 2017. dans La une, Société

Qui défend le féminisme et la démocratie ?

Alors qu’il y a encore tant à faire pour que l’égalité en droits soit respectée, critiquer à la fois l’idéologie de la société patriarcale et une idéologie féministe égalitariste est une position qui n’est pas facile à défendre. Dans Le féminisme et ses dérives, Rendre un père à l’enfant-roi (1) et Materner ou éduquer, Refonder l’école, elle est cependant expliquée avec des arguments qui présentent une certaine logique. Alors que les détracteurs ne peuvent apporter de preuves de ce qu’ils appellent le « masculinisme » de l’auteur, il existe des preuves que le postulat fondant leur égalitarisme, qu’ils prennent, eux, pour une théorie scientifique, est totalement faux.

Si des personnes, cédant à la facilité et sans avoir lu les écrits, se contentent de répéter des impressions que peut laisser le titre du premier essai Le féminisme et ses dérives, d’autres, des militants et même des universitaires, passionnés par le sujet, persuadés de détenir « La Vérité », classent toute personne critiquant leur idéologie dans le camp des sexistes et des réactionnaires. Ceci leur donne bonne conscience de ne pas se poser de questions et d’interpréter des propos en leur faisant dire ce qui leur convient pour justifier leur condamnation.

C’est ainsi que Éric Debarbieux (2) se permet de parler de « brûlot » à propos d’un livre qu’il n’a sans doute jamais lu. Mais si Éric Debarbieux imagine le livre, il cite au moins une présentation de conférence (qui n’a rien de polémique !) écrite par l’auteur (3).

Ce n’est pas le cas de Jean-Raphaël Bourge (4), chercheur à l’Université Paris 8, qui écrit (5) : « Jean Gabard (professeur d’histoire-géographie), dans son ouvrage Le féminisme et ses dérives, Du mâle dominant au père contesté, au chapitre 7, titré “Quand la non-violence engendre la violence” (11), écrit que “les théories féministes non violentes (sic) engendrent des garçons violents, le féminisme produit de la violence masculine”… Gabard pense que “Les stéréotypes desservent d’abord l’homme : son image de force devient sa faiblesse et l’image de faiblesse de la femme devient sa force” (12) »

(11) GABARD Jean, Le féminisme et ses dérives, Du mâle dominant au père contesté, Paris, Les Éditions de Paris, p.117-119

(12) Ibid. p.67

 

Ici Jean-Raphaël Bourge – un chercheur prétendant lutter contre les interprétations fantaisistes et « l’imposture intellectuelle » (6) –, qui n’a pas trouvé d’arguments pour justifier ses accusations, ne fait pas qu’interpréter des idées, mieux, il invente les phrases qu’il dit citer. Nulle part, en effet, ne se trouvent de telles phrases ni même des propos semblables dans Le féminisme et ses dérives, Du mâle dominant au père contesté, dans l’ensemble de mes écrits, dans mes conférences, dans mes interviews !

Une personne dont des écrits sont malhonnêtes et diffamatoires ne nuit-elle pas à l’ensemble des féministes même si elle prétend les défendre ? Peut-on, en effet, défendre les droits des femmes en ne respectant pas Les Droits de l’Homme ?

Nos enfants, l’autorité, la famille et l’école

Ecrit par Jean Gabard le 07 janvier 2017. dans La une, Société

Nos enfants, l’autorité, la famille et l’école

Ayant enseigné pendant 30 ans en collège et lycée, j’ai pu constater à la fois les manques et la formidable amélioration de l’école (locaux, matériel scolaire, programmes, formation des enseignants, méthodes pédagogiques, relations enseignants élèves, parents-élèves…) et la non moins impressionnante dégradation de la motivation et du travail des élèves. La motivation de ces derniers paraît même inversement proportionnelle aux efforts faits pour les motiver.

Alors ne se trompe-t-on pas de voie en n’insistant encore que sur des énièmes réformes ?

La constatation de l’échec de certains élèves à l’école m’a poussé, après avoir fait de multiples stages pédagogiques, à chercher ailleurs : je me suis lancé dans l’étude de la psychologie de l’enfant, des rapports élèves-enseignants, enfants-parents, pères-mères…

Ce que j’ai trouvé m’a amené à écrire deux essais qui refusent la pensée binaire (consistant à rendre responsables soit les parents, soit les enseignants et l’école) mais analysent les effets délétères, sur l’éducation des enfants, de l’idéologie dominante actuelle, que nous suivons presque tous depuis une cinquantaine d’années, sans trop nous en rendre compte (ce qui est le propre d’une idéologie dominante).

Dans mon dernier essai et dans les conférences que j’anime, je demande si à force de lutter contre un modèle d’éducation qui pouvait être traumatisant, on n’a pas trop favorisé le maternage et la bienveillance et oublié ce qui est nécessaire pour faire intégrer les limites aux enfants.

J’invite à partager des points de vue différents sur l’éducation et donc à réfléchir… et peut-être à se libérer de nos certitudes « politiquement correctes ».

Cette réflexion est absolument nécessaire aujourd’hui si nous ne voulons pas que certains utilisent la « crise » actuelle pour justifier des retours en arrière ni possibles ni souhaitables.

 

Materner ou éduquer, Refonder l’école,Collection Actuels, Les Editions de Paris Max Chaleil,  rue des Saints-Pères, 75007, Paris, mai 2016, 80 pages, 9 €

Pourquoi notre société « fabrique »-t-elle des djihadistes, des réactionnaires de toutes sortes ?

Ecrit par Jean Gabard le 20 août 2016. dans La une, Société

Pourquoi notre société « fabrique »-t-elle des djihadistes, des réactionnaires de toutes sortes ?

Nous ne sommes jamais allés aussi loin dans la lutte contre les conservatismes pour défendre la liberté et l’égalité, et en même temps nous constatons un regain du sexisme et du racisme qui profite aux mouvements réactionnaires, populistes, nationalistes, intégristes.

Il y a certes une réaction des uns contre les autres : plus la mouvance libertaire remporte des succès, plus les conservateurs s’inquiètent ; plus ils essaient de résister et plus ils s’opposent à ce qui est considéré comme la marche vers le progrès, plus les dits progressistes redoublent de vigilance et de combativité.

Il se pourrait aussi qu’à ces extrémistes par réaction s’ajoutent des extrémistes par éducation ou, il serait plus juste de dire, par manque d’éducation !

Notre société occidentale s’est attaquée à l’idéologie de la société patriarcale dans l’autoritarisme et le sexisme. La révolution culturelle des années 60 lui a porté les derniers coups et depuis, l’idéal libertaire et égalitariste s’applique dans tous les domaines même si les résistances persistent et parce que les résistances persistent. Pour éliminer rapidement les traces d’un passé devenant de plus en plus insupportables, la révolution a parfois été radicale. C’est ainsi que dans la famille, la place que l’homme occupait souvent en dictateur violent et sexiste a été totalement rejetée. « La Révolte contre le père » ne s’est cependant pas contentée de corriger sa fonction. Aujourd’hui il ne peut plus la jouer et il l’a remplacée par un rôle « maternant » beaucoup plus plaisant qu’il ne jouait pas du tout ou très peu avant. De même, tout ce qui était considéré comme masculin et qui était autrefois la référence est maintenant considéré presque comme une « maladie » quand le féminin autrefois dénigré apparaît comme l’idéal à suivre.

Parce que la différence des sexes a été utilisée pour inférioriser la femme, l’égalitarisme ne permet plus à la fonction de père de se jouer et ainsi à l’homme de véritablement exister face à la toute-puissance fantasmatique de la femme.

De nombreux hommes ne voulant plus de cette fonction forcément répressive qu’ils perçoivent fasciste ne s’en plaignent pas. Leurs enfants risquent, par contre, d’avoir des difficultés à intégrer les limites et à trouver des repères. Cela donne souvent comme résultat des enfants-rois, restés dans la toute-puissance, qui ne trouvent plus, en face d’eux, des hommes qui résistent et pouvant servir de modèle. Les garçons qui en ont particulièrement besoin, sont alors obligés, à un âge où ils devraient être capables de « tuer le père », d’en inventer un et, à partir de rien, n’imaginent malheureusement que des caricatures. Comme une partie des Allemands sans père dans les années 1930 ont adoré le nazi, des jeunes d’aujourd’hui se rangent derrière le chef de gang, le chef nationaliste, le gourou, l’intégriste, le djihadiste…

Comme le dit si bien Daniel Sibony : « Au nom du refus de la violence, on produit des violences plus extrêmes » !

 

Jean Gabard est l’auteur de :Le féminisme et ses dérives - Rendre un père à l’enfant-roi,Les Editions de Paris, novembre 2011.

Jean GABARD auteur conférencier, relations hommes / femmes, éducation des enfants, Thorée 42520 Maclas Fr. tél : 04 74 87 34 56 - 06 45 28 66 81

http://blogdejeangabard.hautetfort.com

http://www.jeangabard.com

Réformes à l’école ou éducation des élèves ?

Ecrit par Jean Gabard le 24 octobre 2015. dans La une, Education, Société

Réformes à l’école ou éducation des élèves ?

Depuis quarante ans, l’Ecole a connu des bouleversements et s’est considérablement améliorée. La question de la rentabilité de l’école occupe pourtant le devant de la scène. Ses résultats semblent en effet en baisse et l’échec scolaire, loin de diminuer, s’accroît. Après les multiples réformes à l’école, il est toujours possible d’en proposer d’autres et même de procéder à « une refondation de l’Ecole », mais ne faudrait-il pas plutôt changer l’angle d’attaque ? Ne serait-il pas primordial, pour pouvoir instruire les élèves, de s’intéresser d’abord à leur éducation ? Les « réformes » à proposer sont alors plus délicates mais n’est-il pas temps de le faire ?

Il est peu probable que l’élève, de milieu aisé ou défavorisé, soit moins intelligent que ses prédécesseurs. Devenu le centre du système scolaire, il se peut, par contre, qu’il soit de moins en moins motivé. De multiples réformes ont pourtant été adoptées pour rendre plus intéressants et plus efficaces les apprentissages. Et quels en sont les résultats ? Non seulement ceux-ci ne sont pas positifs mais la motivation des élèves paraît inversement proportionnelle à l’amélioration de leur condition de travail ! Les nouvelles méthodes, seraient-elles en cause ? Celles-ci sont certainement perfectibles mais sont sûrement bien meilleures que celles utilisées autrefois. Elles devraient donc apporter, au moins, un petit progrès, mais ce n’est pas le cas ! Ne serait-il pas alors nécessaire d’oser franchir le pas et de se demander s’il n’y aurait pas d’autres causes au malaise scolaire.

Il se pourrait effectivement que les réformes aient des effets pernicieux et que ceux-ci ne se trouvent pas dans les méthodes elles-mêmes mais dans les motivations et l’attitude de ceux qui tiennent à les mettre en pratique !

A force de vouloir changer, en invoquant le fait que les conditions de travail sont toujours mauvaises, que les méthodes d’enseignement sont toujours inadaptées, que les enseignants sont mal formés, les élèves (alors très attentifs) trouvent en effet dans ces réquisitoires de bonnes raisons de ne pas être motivés et ainsi d’attendre pour faire l’effort de travailler. Comment, d’ailleurs, pourraient-ils en avoir envie quand ce qu’ils entendent à la maison, dans les médias et même parfois dans la bouche de responsables de l’Education Nationale est soit une critique des enseignants qui ne seraient pas assez compétents, intéressants, modernes, attentifs, aimants, soit une dénonciation de l’école elle-même qui serait trop ennuyeuse, trop ou pas assez exigeante, trop inefficace, trop injuste, trop inégalitaire et même sexiste… L’échec de certains élèves à l’école n’est d’ailleurs plus leur échec mais devient l’échec de l’école, comme si le fait de s’inscrire à l’école, qui rappelons-le n’est pas une obligation mais un service, donnait le droit aux diplômes.

Paternalité

Ecrit par Jean Gabard le 29 août 2015. dans La une, Société

Paternalité

La remise en cause des sociétés patriarcales dans les pays occidentaux a permis d’inscrire dans la loi, et avec l’approbation d’une très grande majorité des populations, l’égalité entre les hommes et les femmes. La famille a été bouleversée. Le père a été déboulonné de son trône et privé de ses certitudes. Il n’y a plus aujourd’hui qu’un seul modèle de père mais plusieurs selon la vision du monde que l’on adopte. Au modèle de père traditionnel que certains veulent encore suivre ou retrouver, s’ajoute le modèle du père né de la contestation. Parce qu’il prend le contrepied du père autoritaire et sexiste, ce modèle de père est le plus suivi. Il est dit « moderne ». Il lui est cependant reproché ses absences voire même son inutilité et certains, n’acceptant ce sort et ne souhaitant pas non plus verser dans la nostalgie de l’enfance, peuvent souhaiter faire sortir ce père de sa crise d’adolescence pour en faire un père adulte.

Pendant des siècles, les rôles des hommes et des femmes ont été cadrés avec rigueur par la société patriarcale. Alors même que le géniteur restait « incertain », le statut de père était connu et reconnu. L’homme savait parfaitement le comportement qu’il devait adopter. Il lui suffisait d’appliquer ce qui lui avait été appris par ses parents et qui se transmettait de génération en génération. Les règles nécessaires à la survie du groupe ne souffraient aucune discussion.

D’après l’idéologie de cette société, le père est le chef absolu de la famille. Ce dernier garde souvent une certaine distance et préfère laisser à la maman la tâche de s’occuper de l’enfant. C’est elle qui donne les soins et la tendresse au petit enfant. Arrivé à « l’âge de raison », le garçon est enlevé des mains des femmes pour entrer dans le camp des hommes où lui sont inculquées les valeurs dites « masculines » destinées à le distinguer du sexe dit « faible ».

Ce père autoritaire, davantage d’ailleurs dans l’autoritarisme que dans l’autorité, est aujourd’hui en voie de disparition dans les pays occidentaux où la victoire de la démocratie a rendu insupportables ses atteintes à la liberté et à l’égalité. Il est devenu le symbole du passé.

L’idéologie patriarcale a en effet commencé à être vraiment contestée à partir du XVème siècle par une vision du monde que l’on peut appeler « féministe » dans la mesure où elle s’est totalement opposée à celle de l’homme au pouvoir. Avec la contestation de son autorité dite d’origine divine, la société toute entière a été transformée. Ces luttes libérales, démocratiques, féministes ont mis à mal la domination masculine et bouleversé les rapports hommes/femmes, pères/mères. De trop nombreuses femmes sont encore victimes du sexisme, mais dans les pays occidentaux, leurs droits sont maintenant reconnus. En quarante ans la démocratie a fait un bond prodigieux à l’intérieur de la société et de la famille. La nouvelle vision du monde, devenue dominante, demande à l’homme, lui-même ravi, d’abandonner une autorité paternelle jugée sexiste et même fasciste. Pour ne pas être accusé de machisme il doit avoir une conduite opposée à ce qu’elle était il y a encore cinquante ans.

Le 8 mars, pour une journée de la paix entre les femmes et les hommes en France

Ecrit par Jean Gabard le 07 mars 2015. dans La une, Actualité, Société

Le 8 mars, pour une journée de la paix entre les femmes et les hommes en France

Contre une guerre des sexes entre de « gentilles » femmes « victimes » et de « méchants » hommes « dominants ». Non 25% n’est pas l’écart de salaire F/H pour le même temps de travail pour le même emploi pour les mêmes qualifications… ! (ne serait-ce pas plus opportun de s’indigner des salaires de 500 fois le salaire minimum ?).

Non les femmes ne sont pas les seules à être victimes des violences conjugales ! Non ce n’est pas en déniant les différences F/H que l’on améliore le « vivre ensemble ».

Egalité hommes/femmes : une revendication sexiste !!!

L’égalité hommes/femmes semble tellement évidente dans des pays qui se veulent démocratiques, qu’être encore obligé de la revendiquer procure un sentiment de honte. Qui oserait s’opposer à ce qui apparaît comme la plus élémentaire des justices ?… Et pourtant, il se pourrait que ce mot d’ordre partant d’une très belle intention ne soit pas seulement un malentendu, mais cache un nouveau sexisme ! Les inégalités créées par des discriminations sexistes, au cours de notre histoire ou encore aujourd’hui, rebutent le citoyen d’un pays moderne. Elles sont les traces d’une époque que nous souhaiterions révolue. Nous n’en voulons plus ! La culpabilité qu’elles engendrent encore chez tout démocrate a cependant tendance à nous aveugler et à faire rimer nos réactions, où la passion n’est pas absente, avec précipitation et confusion. Le caractère exaspérant de certaines distorsions rend en effet tout manque de parité totalement injuste et ce ne sont plus simplement les lois et les comportements sexistes que nous condamnons mais toute différence. Parce que les plus grands abus étaient souvent justifiés par la nature, toute inégalité dans les résultats ou dans les comportements devient aujourd’hui la conséquence du sexisme de l’homme dominant. Celle-ci devient alors inacceptable et toute personne éprise de progrès et de démocratie se doit de la combattre s’il ne veut pas être traité de « macho » et réactionnaire.

Il y a effectivement de très nombreuses injustices à éradiquer et il est vrai que de nombreuses inégalités dans les comportements et les résultats peuvent venir d’une construction sociale et de discriminations sexistes. Ce n’est cependant pas toujours le cas, même si les conclusions des Etudes de genre que nous avons souvent intégrées et qui se veulent scientifiques veulent nous le faire croire (ce que l’on appelle à tort la « Théorie du genre » n’est en fait qu’un postulat).

Il serait possible d’être favorable au « mariage pour tous » si…

Ecrit par Jean Gabard le 06 décembre 2014. dans La une

Il serait possible d’être favorable au « mariage pour tous » si…

Loin des passions et des polémiques, ma position sur le « mariage pour tous » :

Il me paraît difficile de cautionner l’institutionnalisation d’une situation où des petits enfants pourraient grandir dans des  familles où il y aura deux mamans ou deux papas qui peuvent être certes assez aimants mais où il n’y aura jamais la possibilité que les fonctions symboliques de père et de mère puissent se jouer.

 

Explications ci-dessous :

 

La revendication d’égalité est récurrente depuis une cinquantaine d’années et c’est au nom de cette égalité que l’adoption de la loi Taubira a semblé s’imposer pour une majorité de la population. Alors que la démocratie ne cesse de progresser, il existe pourtant des récalcitrants pour qui toutes les conditions ne sont pas réunies pour se déclarer favorables au « mariage pour tous ».

Il serait possible d’être favorable au « mariage pour tous » si le fait de l’appeler mariage ne permettait l’adoption pour tous et de plus l’adoption de tous les enfants quel que soit leur âge.

Il serait possible d’être favorable à l’adoption pour tous si la différence des sexes n’était pas perçue par les petits enfants ou si elle n’avait aucune importance pour eux.

Il serait possible d’être favorable au mariage pour tous s’il y avait ou s’il devait y avoir égalité entre un homme et une femme.

La revendication de l’égalité femme/homme est devenue une exigence. Cette égalité n’est pourtant pas inscrite dans la Déclaration des Droits de l’Homme. Celle-ci proclame en effet « Les Hommes naissent libres et égaux en droits ». Elle ne dit pas « Les Hommes naissent libres et égaux ». Remarque mesquine pourrait-on dire dans la mesure où nous faisons presque tous ce raccourci commode. Un simple oubli qui serait en effet sans conséquence s’il n’exprimait pas la revendication d’une autre égalité, d’une égalité réelle ?

Comment poser des limites aux enfants ?

Ecrit par Jean Gabard le 29 novembre 2014. dans La une, Actualité, Société

Conférence-débat organisée par l’APAAM IDF avec Jean Gabard

Comment poser des limites aux enfants ?

le samedi 22 novembre 2014 à 14 h à Paris 15ème

Maison des Associations du 15e, 22 rue de la Saïda, 75015 Paris

 

Autorité ? Limites ? Sanctions ?…

Que nous soyons parents, grands-parents, éducateurs, enseignants, assistants maternels ou simples citoyens… nous sommes parfois confrontés à des enfants difficiles à gérer !

Nous savons pourtant qu’il n’est plus « interdit d’interdire » comme dans les années 1970 et qu’il faut poser des limites aux enfants.

Nous avons aussi appris que nos enfants étaient des personnes, qu’il convenait de les respecter et de savoir leur parler pour qu’ils obéissent.

Il nous reste cependant un point important à régler pour pouvoir être davantage entendus en leur fixant les limites : bien nous positionner (à une place acceptable par eux) pour jouer pleinement nos fonctions d’éducateur.

Un point essentiel mais délicat !

En effet, parler de la place des « pères » et des « mères » fait encore trop penser aux rôles traditionnels attribués aux hommes et aux femmes par la société patriarcale traditionnelle que nous rejetons à juste titre pour son autoritarisme et son sexisme.

Alors, sans être réactionnaire et sans entrer dans des polémiques stériles, comment peut-on poser des limites pour qu’elles soient intégrées par les enfants (petits ou grands) qui ont tant besoin de repères pour se structurer et devenir des adultes responsables ?

C’est à cette question que nous pouvons tenter d’apporter, si ce n’est des réponses, des éléments de réflexion.

Refondation de l’école ou éducation des élèves ?

Ecrit par Jean Gabard le 04 janvier 2014. dans La une, Education, Société

Refondation de l’école ou éducation des élèves ?

Depuis quarante ans l’Ecole a connu des bouleversements et s’est considérablement améliorée. La question de la rentabilité de l’école occupe pourtant le devant de la scène. Ses résultats semblent en effet en baisse et l’échec scolaire, loin de diminuer, s’accroît. Après les multiples réformes à l’école, il est toujours possible d’en proposer d’autres et même de procéder à « une refondation de l’Ecole », mais ne faudrait-il pas plutôt changer l’angle d’attaque ? Ne serait-il pas primordial, pour pouvoir les instruire, de s’intéresser à l’éducation de ceux qui deviennent des élèves à l’Ecole ?

Il est peu probable que l’élève, de milieu aisé ou défavorisé, soit moins intelligent que ses prédécesseurs. Devenu le centre du système scolaire, il se peut, par contre, qu’il soit de moins en moins motivé. De multiples réformes ont pourtant été adoptées pour rendre plus intéressants et plus efficaces les apprentissages. Et quels en sont les résultats ? Non seulement ceux-ci ne sont pas positifs mais la motivation des élèves paraît inversement proportionnelle à l’amélioration de leur condition de travail ! Les nouvelles méthodes, seraient-elles en cause ? Celles-ci sont certainement perfectibles mais sont sûrement bien meilleures que celles utilisées autrefois. Elles devraient donc apporter, au moins, un petit progrès, mais ce n’est pas le cas ! Ne serait-il pas alors nécessaire d’oser franchir le pas et de se demander s’il n’y aurait pas d’autres causes au malaise scolaire.

Il se pourrait effectivement que les réformes aient des effets pernicieux et que ceux-ci ne se trouvent pas dans les méthodes elles-mêmes mais dans les motivations et l’attitude de ceux qui tiennent à les mettre en pratique !

A force de vouloir changer, en invoquant le fait que les conditions de travail sont toujours mauvaises, que les méthodes d’enseignement sont toujours inadaptées, que les enseignants sont mal formés, les élèves (alors très attentifs) trouvent en effet dans ces réquisitoires de bonnes raisons de ne pas être motivés et ainsi d’attendre pour faire l’effort de travailler. Comment, d’ailleurs, pourraient-ils en avoir envie  quand ce qu’ils entendent à la maison, dans les médias et même parfois dans la bouche de responsables de l’Education Nationale, est soit une critique des enseignants qui ne seraient pas assez compétents, intéressants, modernes, attentifs, aimants, soit une dénonciation de l’école elle-même qui serait trop ennuyeuse, trop ou pas assez exigeante, trop inefficace, trop injuste, trop inégalitaire et même sexiste… L’échec de certains élèves à l’école n’est d’ailleurs plus leur échec mais devient l’échec de l’école, comme si le fait de s’inscrire à l’école, qui rappelons-le n’est pas une obligation mais un service, donnait le droit aux diplômes.

Egalité hommes/femmes : une revendication sexiste !!!

Ecrit par Jean Gabard le 02 novembre 2013. dans La une, Société

Egalité hommes/femmes : une revendication sexiste !!!

L’égalité hommes/femmes semble tellement évidente aujourd’hui dans des pays qui se veulent démocratiques, qu’être encore obligé de la revendiquer procure un sentiment de honte. Qui oserait, aujourd’hui, s’opposer à ce qui apparaît comme la plus élémentaire des justices ?… Et pourtant, il se pourrait que ce mot d’ordre, partant d’une très belle intention, ne soit pas seulement un malentendu mais cache un nouveau sexisme !

Les inégalités créées par des discriminations sexistes, au cours de notre histoire ou encore aujourd’hui, rebutent le citoyen d’un pays moderne. Elles sont les traces d’une époque que nous souhaiterions révolue. Nous n’en voulons plus !

La culpabilité qu’elles engendrent encore chez tout démocrate a cependant tendance à nous aveugler et à faire rimer nos réactions, où la passion n’est pas absente, avec précipitation et confusion. Le caractère exaspérant de certaines distorsions rend en effet tout manque de parité totalement injuste et ce ne sont plus simplement les lois et les comportements sexistes que nous condamnons mais toute différence. Parce que les plus grands abus étaient souvent justifiés par la nature, toute inégalité dans les résultats ou dans les comportements devient aujourd’hui la conséquence du sexisme de l’homme dominant. Celle-ci devient alors inacceptable et toute personne éprise de progrès et de démocratie se doit de la combattre s’il ne veut pas être traité de machiste et réactionnaire.

Il y a effectivement de très nombreuses injustices à éradiquer. De nombreuses inégalités dans les comportements et les résultats peuvent venir d’une construction sociale et de discriminations sexistes mais ce n’est pas toujours le cas, même si les conclusions des Etudes de genre, que nous avons souvent intégrées et qui se veulent scientifiques, sont catégoriques. Ce que l’on appelle à tort la « Théorie du genre » n’est en fait qu’un postulat. S’il est en effet évident que la nature ne suffit pas à expliquer les différences de comportements et de résultats, celle-ci n’est cependant pas neutre. Les sciences permettent aujourd’hui de mettre à jour l’influence des incontournables différences biologiques sur nos motivations et nos réactions. Inversement, il est totalement impossible de prouver que celles-ci ne dépendraient que de l’environnement social. Celui-ci joue certainement un rôle important mais il faut même ajouter, à l’influence indéniable du biologique, la structuration différente du psychisme qui intervient après la naissance mais qui est indépendante de la culture. Elle est certes difficile à prouver mais il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas la concevoir. En effet comment pourrait-il y avoir la même structuration du psychisme chez une petite fille née d’une personne du même sexe et ayant un corps de femme et chez un petit garçon né d’une personne du sexe opposé, et ayant un corps d’homme, quand nous savons très bien que tout petit enfant, qu’il soit garçon ou fille, a pour référence première sa maman et que cette empreinte le marque toute sa vie ? Ce que certains semblent prendre pour un détail, aurait-il moins d’importance que le fait de proposer comme jouet une poupée ou un camion ?

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