Articles taggés avec: Jean Gabard

Refondation de l’école ou éducation des élèves ?

Ecrit par Jean Gabard le 04 janvier 2014. dans La une, Education, Société

Refondation de l’école ou éducation des élèves ?

Depuis quarante ans l’Ecole a connu des bouleversements et s’est considérablement améliorée. La question de la rentabilité de l’école occupe pourtant le devant de la scène. Ses résultats semblent en effet en baisse et l’échec scolaire, loin de diminuer, s’accroît. Après les multiples réformes à l’école, il est toujours possible d’en proposer d’autres et même de procéder à « une refondation de l’Ecole », mais ne faudrait-il pas plutôt changer l’angle d’attaque ? Ne serait-il pas primordial, pour pouvoir les instruire, de s’intéresser à l’éducation de ceux qui deviennent des élèves à l’Ecole ?

Il est peu probable que l’élève, de milieu aisé ou défavorisé, soit moins intelligent que ses prédécesseurs. Devenu le centre du système scolaire, il se peut, par contre, qu’il soit de moins en moins motivé. De multiples réformes ont pourtant été adoptées pour rendre plus intéressants et plus efficaces les apprentissages. Et quels en sont les résultats ? Non seulement ceux-ci ne sont pas positifs mais la motivation des élèves paraît inversement proportionnelle à l’amélioration de leur condition de travail ! Les nouvelles méthodes, seraient-elles en cause ? Celles-ci sont certainement perfectibles mais sont sûrement bien meilleures que celles utilisées autrefois. Elles devraient donc apporter, au moins, un petit progrès, mais ce n’est pas le cas ! Ne serait-il pas alors nécessaire d’oser franchir le pas et de se demander s’il n’y aurait pas d’autres causes au malaise scolaire.

Il se pourrait effectivement que les réformes aient des effets pernicieux et que ceux-ci ne se trouvent pas dans les méthodes elles-mêmes mais dans les motivations et l’attitude de ceux qui tiennent à les mettre en pratique !

A force de vouloir changer, en invoquant le fait que les conditions de travail sont toujours mauvaises, que les méthodes d’enseignement sont toujours inadaptées, que les enseignants sont mal formés, les élèves (alors très attentifs) trouvent en effet dans ces réquisitoires de bonnes raisons de ne pas être motivés et ainsi d’attendre pour faire l’effort de travailler. Comment, d’ailleurs, pourraient-ils en avoir envie  quand ce qu’ils entendent à la maison, dans les médias et même parfois dans la bouche de responsables de l’Education Nationale, est soit une critique des enseignants qui ne seraient pas assez compétents, intéressants, modernes, attentifs, aimants, soit une dénonciation de l’école elle-même qui serait trop ennuyeuse, trop ou pas assez exigeante, trop inefficace, trop injuste, trop inégalitaire et même sexiste… L’échec de certains élèves à l’école n’est d’ailleurs plus leur échec mais devient l’échec de l’école, comme si le fait de s’inscrire à l’école, qui rappelons-le n’est pas une obligation mais un service, donnait le droit aux diplômes.

Egalité hommes/femmes : une revendication sexiste !!!

Ecrit par Jean Gabard le 02 novembre 2013. dans La une, Société

Egalité hommes/femmes : une revendication sexiste !!!

L’égalité hommes/femmes semble tellement évidente aujourd’hui dans des pays qui se veulent démocratiques, qu’être encore obligé de la revendiquer procure un sentiment de honte. Qui oserait, aujourd’hui, s’opposer à ce qui apparaît comme la plus élémentaire des justices ?… Et pourtant, il se pourrait que ce mot d’ordre, partant d’une très belle intention, ne soit pas seulement un malentendu mais cache un nouveau sexisme !

Les inégalités créées par des discriminations sexistes, au cours de notre histoire ou encore aujourd’hui, rebutent le citoyen d’un pays moderne. Elles sont les traces d’une époque que nous souhaiterions révolue. Nous n’en voulons plus !

La culpabilité qu’elles engendrent encore chez tout démocrate a cependant tendance à nous aveugler et à faire rimer nos réactions, où la passion n’est pas absente, avec précipitation et confusion. Le caractère exaspérant de certaines distorsions rend en effet tout manque de parité totalement injuste et ce ne sont plus simplement les lois et les comportements sexistes que nous condamnons mais toute différence. Parce que les plus grands abus étaient souvent justifiés par la nature, toute inégalité dans les résultats ou dans les comportements devient aujourd’hui la conséquence du sexisme de l’homme dominant. Celle-ci devient alors inacceptable et toute personne éprise de progrès et de démocratie se doit de la combattre s’il ne veut pas être traité de machiste et réactionnaire.

Il y a effectivement de très nombreuses injustices à éradiquer. De nombreuses inégalités dans les comportements et les résultats peuvent venir d’une construction sociale et de discriminations sexistes mais ce n’est pas toujours le cas, même si les conclusions des Etudes de genre, que nous avons souvent intégrées et qui se veulent scientifiques, sont catégoriques. Ce que l’on appelle à tort la « Théorie du genre » n’est en fait qu’un postulat. S’il est en effet évident que la nature ne suffit pas à expliquer les différences de comportements et de résultats, celle-ci n’est cependant pas neutre. Les sciences permettent aujourd’hui de mettre à jour l’influence des incontournables différences biologiques sur nos motivations et nos réactions. Inversement, il est totalement impossible de prouver que celles-ci ne dépendraient que de l’environnement social. Celui-ci joue certainement un rôle important mais il faut même ajouter, à l’influence indéniable du biologique, la structuration différente du psychisme qui intervient après la naissance mais qui est indépendante de la culture. Elle est certes difficile à prouver mais il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas la concevoir. En effet comment pourrait-il y avoir la même structuration du psychisme chez une petite fille née d’une personne du même sexe et ayant un corps de femme et chez un petit garçon né d’une personne du sexe opposé, et ayant un corps d’homme, quand nous savons très bien que tout petit enfant, qu’il soit garçon ou fille, a pour référence première sa maman et que cette empreinte le marque toute sa vie ? Ce que certains semblent prendre pour un détail, aurait-il moins d’importance que le fait de proposer comme jouet une poupée ou un camion ?

La « théorie du genre » et ses conséquences…

Ecrit par Jean Gabard le 17 août 2013. dans La une, Société

La « théorie du genre » et ses conséquences…

Les « Etudes de genre », trop vite appelées « théorie du genre » imprègnent profondément les esprits modernes. Elles sont aujourd’hui entérinées par les directives européennes comme outil de lutte et d’action contre les discriminations. Elles font même partie des programmes officiels des universités et entrent maintenant dans les livres scolaires.

Comment expliquer, aujourd’hui, le succès de cette nouvelle vision du monde ? Quelles en sont les conséquences sur les relations hommes / femmes et l’éducation des enfants ?

Les Etudes de genre sont la suite logique du grand mouvement de remise en cause de la société patriarcale qui a commencé à se manifester vers le XVème siècle, au nom de la liberté et de l’égalité. Elles reprennent les travaux, entre autres, de Margaret Mead et de Simone de Beauvoir (« on ne naît pas femme on le devient ») et se développent d’abord aux Etats-Unis. Elles rencontrent ensuite un très large écho dans le mouvement des jeunes contestataires pour une contre culture, dans les années soixante. Elles apparaissent aujourd’hui incontestables face aux théories naturalistes dépassées.

Alors que les hommes au pouvoir, incapables d’assumer la différence des sexes, avaient fait de la différence féminine une infériorité justifiée par la nature, les études de genre s’en prennent, en réaction, non seulement aux lois, aux paroles et aux actes discriminants mais à toutes les différences autres que biologiques, qui seraient dues à la culture. Celles-ci seraient construites : c’est la société qui nous assignerait des rôles, des comportements, des motivations suivant que l’on est garçon ou fille. Etant le résultat d’une éducation sexiste, ces différences seraient elles-mêmes des injustices contre lesquelles il faut lutter.

Mais est-ce aussi simple ?

Le progrès est-il dans l’oubli d’un « détail » ?

Ecrit par Jean Gabard le 08 juin 2013. dans La une, Actualité, Société

Le progrès est-il dans l’oubli d’un « détail » ?

Les partisans du mariage et de l’adoption pour tous se rangeraient dans le camp de la démocratie et du progrès et feraient des opposants, des traditionnalistes et des réactionnaires. Il y a pourtant parmi les opposants des personnes qui ne sont ni catholiques, ni même chrétiennes, ni même croyantes, ni conservatrices, ni de droite et encore moins d’extrême-droite… Alors, où est le progrès ?

Prôner le mariage et l’adoption pour tous suppose que l’on croit l’homme et la femme, le père et la mère, identiques et donc que l’un peut remplacer l’autre. Croire à cette égalité c’est être persuadé que la « théorie du genre » est une vérité scientifique qui ne souffre aucune contestation.

La « théorie du genre » a constitué une avancée lorsqu’elle est apparue pour contester les théories naturalistes qui justifiaient les hiérarchies et les discriminations sexistes. Cette contestation reste toujours valable mais ce qui l’est moins est le fait de confondre l’égalité en droits, légitime en démocratie, avec le droit à l’égalité, utopique et peu souhaitable. Parce que la différence des sexes a permis aux hommes de la société patriarcale d’inférioriser la femme pour imposer leur type de société, il faudrait non seulement changer le type de société (ce qui est en partie fait dans le monde occidental), mais supprimer la différence des sexes. Le progrès consisterait à prendre l’inverse de ce que l’on condamne et à opposer aux inégalités injustes, une égalité totale. Il pouvait être en effet utile, pour être plus efficace, d’avoir un discours radical pour balayer ce qui est devenu inacceptable. Cette réaction adolescente est tout à fait compréhensible et elle était peut-être même nécessaire. Mais doit-elle durer pour autant ? N’est-ce pas devenir conservateur que de se complaire dans cette révolte et refuser, après la crise d’adolescence, de devenir adulte ?

Etre père aujourd’hui ?

Ecrit par Jean Gabard le 04 mai 2013. dans La une, Actualité, Société

Jean Gabard, auteur de Le féminisme et ses dérives - Rendre un père à l’enfant-roi, Les Editions de Paris, novembre 2011

Etre père aujourd’hui ?

Dans la société patriarcale traditionnelle le père était le chef de la famille. Son rôle apparemment déterminé et indiscutable a été remis en cause radicalement par la « révolte contre le père » des années 1960. Un nouveau père est né. Après un demi-siècle d’expériences diverses, pourtant, nombreux sont ceux qui s’interrogent encore sur la nouvelle place à donner à ce père dans la famille…

Pendant des millénaires et pratiquement dans l’ensemble des sociétés, alors même que le géniteur restait « incertus », le statut de père était connu et reconnu. L’homme identifié comme tel savait parfaitement le comportement qu’il devait adopter. Il lui suffisait d’appliquer ce qui lui avait été appris par ses parents et qui se transmettait de générations en générations. Les rôles de chacun étaient fixés et les règles nécessaires à la survie du groupe ne souffraient aucune discussion.

Avec la contestation de son autorité dite d’origine divine, la société toute entière a été transformée. L’autorité paternelle devenue insupportable a disparu au profit de l’autorité parentale : une autorité exercée par les pères et les mères dans l’intérêt de l’enfant ayant acquis des droits. Si cette définition paraît claire, il est cependant encore nécessaire de préciser ce que les mots père et mère contiennent et comment cette autorité peut fonctionner dans des rapports démocratiques.

Le mot père qui semble si simple revêt pourtant une grande complexité. Il y a en effet dans le mot père trois dimensions différentes.

Le père désigne tout d’abord le géniteur qui fut longtemps incertain. Des règles strictes étaient imposées aux épouses pour éviter autant que possible les doutes.

Rendre un père à l'enfant-roi

Ecrit par Jean Gabard le 10 novembre 2012. dans La une, Actualité, Société

Rendre un père à l'enfant-roi

La remise en cause des sociétés patriarcales a permis, dans les pays occidentaux, d’inscrire dans la loi, et avec l’approbation d’une grande majorité des populations, l’égalité entre les hommes et les femmes. Ces conquêtes féministes qui devaient mettre fin à une guerre millénaire des sexes créent pourtant le trouble. Elles interpellent les féministes qui trouvent les progrès encore très insuffisants et craignent de perdre certains acquis. Elles suscitent aussi les interventions d’hommes et de femmes qui leur reprochent d’être allés trop loin ou même d’avoir fait « fausse route » !

Si ces réactions peuvent parfois favoriser le manichéisme ambiant, elles peuvent pourtant faire avancer la réflexion et permettre aux hommes et aux femmes de mieux vivre ensemble avec leurs différences. Ce dialogue est d’autant plus nécessaire qu’il conditionne l’éducation que les parents ont le devoir de donner aux enfants.

Pendant des siècles, les rôles des hommes et des femmes ont été cadrés avec rigueur par la société patriarcale. Depuis le XVème siècle, celle-ci a été contestée par une vision du monde que l’on peut appeler « féministe » dans la mesure où elle est totalement opposée à l’autoritarisme et au sexisme des hommes au pouvoir. Elle a favorisé la montée des idées libérales et avec elles des idées démocratiques.

L'échec scolaire ou l'école en question

Ecrit par Jean Gabard le 26 mai 2012. dans La une, Education, Actualité

L'échec scolaire ou l'école en question

 

En réponse au texte de Thierry Ledru sur l’Ecole

 

Alors que la question de l’échec scolaire occupe le devant de la scène et que de multiples solutions sont proposées ou ont déjà été adoptées sans beaucoup de résultats, ne serait-il pas nécessaire de se demander si les « nouvelles » méthodes pédagogiques sont vraiment adaptées à la situation et si le véritable problème ne se trouve pas ailleurs ?

Les propositions actuelles sur l’école découlent d’une vision du monde progressiste qui peut être appelée « féministe » dans la mesure où elle s’oppose radicalement à l’idéologie de la société patriarcale traditionnelle, autoritaire et machiste. Celle-ci s’est développée avec l’Humanisme et les Lumières. Elle a été à l’origine des mouvements d’abord libéraux, puis démocratiques, puis féministes. Aujourd’hui, alors que ses défenseurs se battent à juste titre contre des mouvements réactionnaires, elle dérive cependant, au point de devenir parfois, chez certains hommes et certaines femmes, une idéologie qui n’accepte aucune remise en cause.

Parité, justice ou théorie du genre ?

Ecrit par Jean Gabard le 27 janvier 2012. dans La une, Société

Parité, justice ou théorie du genre ?

 

Le sujet de la parité semble de plus en plus poser problème dans les relations hommes/femmes alors qu’il n’y a pourtant jamais eu autant de personnes qui y soient favorables. Alors pourquoi ces difficultés ?

Qui ne crie pas à l’injustice et qui peut oser contester les revendications de parité quand sont donnés les chiffres de la sous-représentation des femmes en politique et dans les conseils d’administration, les écarts de salaire pour le même travail avec le même diplôme etc… ? Les positions quasi unanimes face à de telles aberrations devraient normalement permettre d’arriver rapidement à des solutions et pourtant il n’en est rien. Le problème est-il abordé comme il le faudrait ?

Ne faudrait-il pas avant de demander la parité, qui n’est autre que le résultat escompté, procéder par étape et réclamer d’abord des moyens de justice pour régler ce qui peut l’être ? Ne pourrait-on pas commencer par se demander pourquoi les hommes politiques n’arrivent pas à trouver un moyen pour que les hommes politiques respectent la loi que les hommes politiques ont votée ?

Et peut-être aussi pourquoi la loi sur l’égalité salariale connaît-elle autant de difficultés à être appliquée ?

La théorie du genre en question ?

Ecrit par Jean Gabard le 16 décembre 2011. dans La une, Société

La théorie du genre en question ?

 

La théorie du genre semble aujourd’hui s’imposer dans la société moderne. L’introduction de celle-ci dans les manuels scolaires de SVT de classe de première ES et L des lycées a cependant entraîné une vague de contestation. Qu’en est-il alors de cette théorie ? Et quelles en sont les répercussions dans les relations hommes/femmes et l’éducation des enfants ?

La « théorie du genre » affirme que toute différence de comportement et de résultat entre les hommes et les femmes est la conséquence de la construction sociale. Cette idéologie s’est développée dans les années 1970, surtout aux Etats-Unis, et se retrouve aujourd’hui dans l’actualité. Elle commence cependant à inquiéter et a entraîné récemment de vives réactions.

Les études sociologiques faites par les féministes du « genre » permettent de constater des conséquences de l’éducation mais ne peuvent cependant absolument pas démontrer que les inégalités de comportement et de résultats entre les hommes et les femmes ne s’expliquent que par la culture.

 

<<  1 [2