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François Hollande et les primaires

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 25 juin 2016. dans France, La une, Politique, Actualité

François Hollande et les primaires

Après avoir, il y a quelques semaines, annoncé qu’il n’y aurait pas de primaires pour la gauche, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, vient de changer complètement sa position, et l’on peut douter que cette décision n’ait été prise sans une consultation préalable auprès du chef de l’État François Hollande. Dans ce papier, je vais tenter de cerner les éléments de cette affaire qui fait les choux gras des grands médias, ce « Léviathan » toujours avide de nouvelles nourritures, quitte à se comporter comme le Saturne de notre démocratie ! Quelles sont donc les bases de réflexion que l’on pourrait envisager pour ce nouveau « grain à moudre » médiatique ?
D’abord, il convient de relever le côté exceptionnel de ce qui est, en l’occurrence, décidé. En effet, ce sera la première fois qu’un président sortant – se présentant donc pour un second mandat – ne sera pas automatiquement le candidat naturel de son parti. Même aux États-Unis, où les primaires sont une très ancienne tradition, l’intronisation du président Démocrate ou Républicain est automatique ; on ne fait que respecter certaines formes, mais il n’y a pas d’exemple de candidat à la candidature et à sa propre succession qui se soit produit dans le cadre des traditions de la grande nation américaine.
Ensuite, n’oublions pas de signaler que ces primaires ne vont concerner que la « gauche de gouvernement », c’est-à-dire le PS, le PRG (Parti Radical De Gauche) et les Écologistes favorables à la participation à l’action du gouvernement dirigé par Manuel Valls. En effet, « la gauche de la gauche » a refusé il y a déjà longtemps d’envisager des primaires de toutes les gauches : Jean-Luc Mélenchon, bien sûr, qui s’est déjà déclaré candidat, prenant à contre-pied ses amis du FDG (Front De Gauche), et le PC – qui tente actuellement la mise en place d’une « candidature citoyenne » pour les présidentielles à venir.
Puis, mais alors pourquoi, ce revirement de Jean-Christophe Cambadélis ? L’explication la plus probable réside dans deux points. En premier lieu, faire sortir un vainqueur des primaires de « la gauche de gouvernement » qui serait, une fois élu, un candidat globalement incontestable, religitimé. Soit une façon de remettre de l’ordre « dans la maison », tout en calmant les ardeurs critiques des « frondeurs » du PS, plutôt satisfaits de cette annonce des primaires. Remarquons au passage que ce procédé, qui apparaît à certains comme « politicien », me semble au contraire indéniablement démocratique. En second lieu, l’espoir, pour François Hollande, qui est donné actuellement dans les sondages au coude à coude avec Jean-Luc Mélenchon (même si nous sommes à un an environ des futures présidentielles et que la situation économique semble s’améliorer assez nettement), de ne pas être humilié. Je rappelle en effet que ces derniers jours 4 à 5% seulement des Français souhaitaient qu’il se représente… Il y aurait donc là comme une sorte de pari, voire de politique – comme on dit – du va tout, si c’est bien François Hollande qui s’est mis d’accord avec l’actuel premier secrétaire du PS pour organiser ces primaires de « la gauche de gouvernement » – qui auraient lieu en janvier 2017, un moment où l’on connaîtra le candidat de la droite classique (dont les primaires se dérouleront en novembre) ; soit un atout important pour l’actuel président de la République, surtout si Nicolas Sarkozy gagne les primaires en question (on sait qu’en effet celui-ci est un excellent catalyseur des gauches par détestation à la fois de sa personne et de sa reprise des thèmes d’extrême droite).

La critique du Front populaire par les Gauches

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 21 mai 2016. dans La une, Histoire

La critique du Front populaire par les Gauches

Comme annoncé dans ma précédente chronique, je vais maintenant passer à une présentation globale de la critique du Front populaire par les gauches – essentiellement le Parti Communiste et le Parti Radical –, après avoir vu celles issues des droites, et ceci toujours à la fois à l’époque contemporaine des faits et encore de nos jours. Il convient de préciser tout de suite une première chose, même si elle semble aller de soi : la critique faite par les communistes fut diamétralement opposée à celle distillée par les radicaux, ce qui ne doit pas nous étonner, dans la mesure où les premiers, malgré une modération certaine dans certains domaines (nous y reviendrons), attendaient plus des gouvernements de Léon Blum au moins dans les domaines liés à la politique étrangère, c’est-à-dire surtout face à l’attitude à avoir par rapport à l’intervention militaire éventuelle dans la Guerre d’Espagne.

En politique intérieure, à l’époque du Front populaire, les critiques restèrent limitées, surtout de la part du Parti Communiste. Pourquoi ? Tout simplement en raison de l’ordre qui avait été donné au « Parti » par Staline (dirigeant d’une main de fer la IIIème Internationale) : celui de tout faire afin d’éviter une attaque de l’Allemagne nazie contre l’URSS et donc de prêcher la modération dans les demandes économiques et sociales afin d’obtenir une « alliance antifasciste » avec la France et la Grande-Bretagne. C’est d’ailleurs en 1935 que le dictateur soviétique envoya son fameux « télégramme » intimant l’ordre au Parti Communiste de faire alliance avec les socialistes et même les radicaux, en rupture totale avec la période de « bolchévisation » des années 1920 et de la tactique d’avant 1934 (dite de « classe contre classe »). Le Parti Communiste, alors que ses partenaires socialistes étaient prêts à le voir participer au gouvernement, refusa de le faire, dans le but de ne pas faire peur aux classes moyennes (qui avaient très souvent basculé – avec la crise – dans le totalitarisme fasciste et nazi en Italie et en Allemagne). En réalité, seuls les « pivertistes » (l’aile gauche de la SFIO) poussaient à des mesures intérieures vraiment radicales… On pourra remarquer qu’il y a quelques semaines Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti De Gauche et porte-voix du Front De Gauche, déclara que le Front populaire, malgré des mesures sociales conséquentes, n’avait pas transformé profondément notre pays, notamment sur le plan du « fonctionnement politique ». Pour en revenir à l’époque du Front populaire, les radicaux n’eurent absolument pas (comme on peut s’en douter) le comportement des communistes sur le plan de la politique intérieure. En effet, le groupe radical du Sénat – élément politique classique fondé sur un conservatisme assez traditionnel au niveau économique et social – tenta souvent de limiter les hardiesses de Léon Blum. En fait, il faut dire que le Parti Radical comportait une tendance située un peu plus « à gauche » et une autre davantage « au centre » ; et cela recoupait nettement les députés radicaux d’un côté et de l’autre le groupe sénatorial du parti.

La critique du Front populaire par les Droites

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 14 mai 2016. dans La une, Histoire

La critique du Front populaire par les Droites

En ces mois d’avril à juin 2016, les médias et les réseaux sociaux ont commencé à parler de l’expérience socialiste démocratique du Front populaire, qui se déroula en France pendant deux ans, entre 1936 et 1938, à la suite de la victoire électorale d’un bloc des gauches (regroupant les socialistes SFIO, les radicaux et le Parti communiste) lors des élections législatives d’avril-mai 1936. Il est même probable que des articles, voire de nouveaux ouvrages d’historiens suivront. Mais, ce que je vous propose ici, ce n’est pas une présentation globale de l’arrivée au pouvoir du Front populaire ou bien le fait (largement connu) d’égrener les mesures qui furent prises – notamment dans le cadre de l’action gouvernementale menée, à la surprise générale, sous direction socialiste (et non radicale) par Léon Blum. Je vais plutôt cibler mon propos  (en deux chroniques) sur  les critiques qui ont été faites contre le Front populaire – et qui le sont toujours aujourd’hui –, une venant de droite (contemporaine des faits ou relayée de nos jours par des polémistes non-historiens comme par exemple Eric Zemmour) et une autre de gauche. La première de ces chroniques va être consacrée aux différentes accusations provenant des  droites.

Le Front populaire, à travers les grèves des mois de mai-juin 1936 – soit avant les accords Matignon – aurait été organisé, à la base (dans les usines), par un « chef d’orchestre clandestin » dont l’objectif se serait fixé comme étant l’instauration de « soviets » en France ; en l’occurrence le Parti communiste, appuyé notamment par l’aile gauche de la SFIO regroupée autour de Marceau Pivert (les « pivertistes » et leur célèbre « Tout est possible, droit devant nous, en avant camarades ! »). En réalité, les études historiques qui ont été faites ont montré depuis longtemps que ces grèves furent, à l’annonce de la victoire électorale, des « grèves de la joie » (à partir d’une formule employée à l’époque par la philosophe Simone Weil) ; la victoire de la gauche étant célébrée par un élan essentiellement festif. La seule chose que la grande masse des travailleurs voulaient, bien loin d’être « révolutionnaire », consistait à affirmer leur dignité et à montrer qu’au sein des usines ils étaient au moins autant « chez eux » que les patrons. En somme, il y eut seulement, dans la plupart des cas, le  désir d’une vie meilleure – bien résumée par l’expression employée par Léon Blum avec « une embellie » ou encore « une éclaircie dans des vies difficiles et obscures »

  D’ailleurs, ce qui fut frappant, c’est le fait que, tout en restant sur leurs lieux de travail, les ouvriers et les employés maintinrent les machines en état impeccable de fonctionnement, sachant pertinemment qu’ils devraient reprendre le travail dans les semaines suivantes.

Racines d’actu : le Premier Mai ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 30 avril 2016. dans La une, Actualité, Histoire

Racines d’actu : le Premier Mai ?

Lorsqu’on pense « 1er mai » aujourd’hui, cela évoque bien sûr pour nous au moins deux choses. D’abord, les débuts potentiels de l’affirmation (plus ou moins nette) du printemps, avec ses marchands de muguet souvent à la sauvette. Ajoutons à ce niveau que le 1er mai était célébré par les coutumes de l’arbre de mai (un rite de fécondité lié au retour de la frondaison et jadis répandu dans toute l’Europe occidentale). Ensuite, la « Fête du Travail », débouchant à la fois vers un jour de congé (et même souvent à la possibilité de « faire le pont » grâce à l’arrivée d’un week-end ou à la prise d’un ou plusieurs jours de RTT) et le maintien d’une « tradition », avec les défilés des syndicats. Et puis, il y a aussi ce Front National, qui célèbre, lui aussi, et ceci depuis les années 1980, son « 1er mai », en l’honneur de « Jeanne d’Arc », comme « protectrice » de la « patrie », et – en fait – en tant qu’affirmation (récupérée) du patriotisme, voire du nationalisme. Par rapport à tout ce que je viens d’écrire, quel serait le % de jeunes (notamment) qui connaîtrait vraiment les origines du 1er mai en rapport avec l’histoire du mouvement ouvrier  français et surtout sur le plan international ?

C’est aux États-Unis qu’apparut pour la première fois l’idée d’une journée de lutte des ouvriers, et ceci n’avait rien d’une fête chômée. Il s’agissait prioritairement d’une exigence de la réduction du temps de travail par jour. C’est à la fin du XIXe siècle que les syndicats américains, dans le cadre de leur congrès de l’année 1884, se donnèrent pour objectif d’imposer au patronat une journée de travail à huit heures. Et ils choisirent justement de lancer leur lutte pour cette revendication un 1er mai… En effet, la première grande action de ce type eut lieu le 1er mai 1886, sous l’influence des courants syndicalistes anarchistes ; et elle fut d’ailleurs assez largement suivie. Des morts étant tombés le 3 mai parmi les travailleurs, à Chicago, une marche de protestation se produisit à Haymarket Square, suivie de graves troubles entre manifestants et forces de l’ordre, aboutissant à un massacre. Puis, cinq syndicalistes anarchistes furent condamnés à mort et trois à l’emprisonnement à perpétuité.

En France, trois hommes furent à l’origine du 1er mai conçu comme journée de lutte, en hommage aux terribles événements de Haymarket Square. Il y eut d’abord le rôle de Jean Dormoy, socialiste et syndicaliste (qui devint maire de la ville de Montluçon dans l’Allier, l’une des premières municipalités socialistes de l’Histoire). Jean Dormoy, ami de Paul Lafargue (gendre de Karl Marx) et de Jules Guesde, fut d’ailleurs surnommé « Le forgeron du premier mai ». C’est en effet durant l’année 1888 qu’il lança – au niveau syndical – le projet d’organiser une grande manifestation populaire des travailleurs sur le plan international. Il y eut aussi l’action de Raymond Lavigne, un autre militant socialiste et syndicaliste, d’origine bordelaise, également ami de Jules Guesde, qui proposa à la IIème Internationale socialiste, en 1889 (dans le contexte du centenaire de la Révolution française et de l’exposition universelle), de faire désormais de chaque 1er mai une grande journée de manifestation destinée à obtenir les 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé. Il y eut enfin le rôle d’impulsion que joua le leader du POF (Parti Ouvrier Français), Jules Guesde, marxiste orthodoxe, qui poussa la IIème Internationale à entériner cette proposition, le 20 juillet 1889 ; c’est par ailleurs Jules Guesde qui, le premier, inventa le terme de « fêtes du travail », en 1890. Le 1er mai 1890 fut ainsi célébré pour la première fois internationalement, mais avec des niveaux de participation très divers. Comment ne pas signaler au passage les terribles événements qui se déroulèrent le 1er mai 1891 lorsqu’à Fourmies (commune du département du Nord) la manifestation aboutit à un drame, avec une fusillade, la troupe ayant tiré sur la foule, ce qui occasionna la mort de dix personnes.

Bachar el-Assad complice de Daech ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 16 avril 2016. dans Monde, La une, Politique

Bachar el-Assad complice de Daech ?

On insiste souvent, notamment dans certains milieux politiques, ainsi que chez des experts en ce qui concerne les questions de l’essor du djihadisme terroriste sunnite et plus généralement de la géopolitique du Proche et du Moyen-Orient, sur les très importantes responsabilités de l’Arabie Saoudite (le salafisme et le wahhabisme) et de la présidence de Bush fils (en rapport avec la Seconde guerre d’Irak) ; et l’on a raison. Mais il est non moins incontestable que le régime de Bachar el-Assad, et la personne même du dictateur syrien, portent également une énorme responsabilité dans la naissance et l’essor de la secte totalitaire « théo-fasciste » (expression de plus en plus utilisée par nombre d’observateurs et d’historiens français) qu’est Daesh. C’est de cette question que je vais essayer de traiter dans cette chronique.

La guerre civile organisée à l’origine par le régime syrien dictatorial de Bachar el-Assad fut l’une des bases des recrutements de combattants pour Daesh, beaucoup de jeunes qui voulaient seulement à l’origine une libéralisation du régime et ayant subi une répression aveugle passèrent en effet dans les rangs de l’opposition qui leur apparut assez rapidement comme la plus active et virulente, celle des djihadistes sunnites, au détriment des opposants laïcs et potentiellement démocrates – favorables à une « transition » aboutissant à la disparition du régime d’Assad.

Lorsque les troupes de Daesh prirent le contrôle de la cité antique de Palmyre, surtout symbolique, mais aussi – ne l’oublions pas – assez stratégique, non seulement Assad ne fit rien contre elles, mais il favorisa leur progression, car il savait que les djihadistes sunnites étaient moins dangereux pour lui – en termes d’image et pour son régime – que les autres tendances démocratiques de l’opposition. Il n’ignorait pas non plus que la peur que suscitait cette secte totalitaire lui amènerait des soutiens de la part d’un certain nombre de groupes ethniques et religieux (comme celui des Alaouites, qui sont des chiites, ou les chrétiens), la Syrie ayant pratiqué un incontestable mélange des cultures et des religions d’une manière multiséculaire, mais, avec Assad, à la condition expresse de soutenir son système.

Pendant très longtemps, et pour les mêmes raisons, Assad combattit très mollement les troupes de Daesh dans le nord de la Syrie (au niveau du « sanctuaire » de la secte sunnite), ainsi que les djihadistes présents vers « la Syrie utile » (celle qui borde la mer Méditerranée avec le bassin Levantin). Par contre, il frappa avec une brutalité inouïe les autres oppositions à son régime qui est fondé sur le Parti Baas (le même que celui de l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein). On sait qu’Assad est responsable au total – directement ou indirectement – du massacre de 300.000 à 400.000 syriens, dans la droite ligne de ce qu’avait commis anciennement son père Hafez el-Assad, avec surtout l’écrasement du soulèvement dans la ville de Hama en 1982, qui correspondit à une terrible répression ! C’est dans le contexte du régime dictatorial de Bachar el-Assad qu’il existait une grande prison vers Palmyre, au sein de laquelle on torturait tous ceux qui s’opposaient au régime.

La communication présidentielle depuis 1958

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 26 mars 2016. dans France, La une, Politique, Histoire

La communication présidentielle depuis 1958

De nos jours, la communication politique, notamment auprès des chefs d’État, est devenue un métier à part entière, les présidents s’entourant de conseillers très particuliers et ayant pris une importance extrême pour mettre en valeur leur « image » auprès de l’opinion publique. Il n’en fut pourtant pas toujours ainsi, tout au moins par rapport au niveau où nous en sommes arrivés depuis quelques décennies. En se limitant à l’exemple de la France depuis 1958, c’est-à-dire depuis les débuts de la Vème République, nous allons voir comment et pourquoi la façon de communiquer de nos différents présidents depuis l’époque du Général de Gaulle a évolué, voire s’est révolutionnée – tout en ayant conscience du fait que ce phénomène a concerné un nombre considérable de pays dans le monde, et pas seulement en ce qui concerne les systèmes démocratiques occidentaux.

Le Général de Gaulle, entre 1958 et 1969, avait une communication très personnelle, de type quasi « bonapartiste » – notamment au moment des référendums qu’il proposait aux Français (tradition de « l’appel au peuple »). Il intervint souvent, dans ce cadre, à la télévision (une seule chaîne en noir et blanc, à l’origine). Pour ses discours télévisés, il apprenait ses propres textes par cœur, mais sans que cela ne puisse apparaître comme non naturel (il se les appropriait). Il ne faudrait pas oublier ses entretiens télévisés avec le journaliste Michel Droit, en direct du palais de l’Élysée (en 1965, 1968 et 1969). A côté de la télévision, le Général de Gaulle continua d’utiliser la radio, comme à l’époque de la Résistance : ainsi en 1961 (pendant la fin de la crise algérienne) et en 1968, au moment crucial des « événements » de mai. Jérôme Bourdon, historien et sociologue des médias français, n’hésite pas à qualifier De Gaulle de « 1ère star politique de la télévision française » ; il relève même une sorte « d’harmonie presque naturelle » entre le Général et la télévision. Il y avait aussi ses célèbres « conférences de presse », pendant lesquelles il se trouvait juché sur un grand bureau, avec les ministres de son gouvernement dans la salle devant sur la droite et les journalistes – dont il sélectionnait soigneusement à la fois les noms et le contenu (au préalable) des questions. Pensons aussi, lors de ses voyages présidentiels à l’étranger, à ses formules à l’emporte-pièce, qui, parfois, posèrent des problèmes à son propre parti (l’UNR, puis UD-Vème, et enfin UDR) ; deux exemples, avec son « Marchemos la mano en la mano » – marcher « la main dans la main » (prononcé lors de son voyage officiel au Mexique, le 16 mars 1963) – et le « Vive le Québec libre ! » (lancé lors d’un discours public à Montréal le 24 juillet 1967 alors qu’il était en visite officielle au Canada).

Avec Georges Pompidou, de 1969 à 1974, ces aspects personnels de type quasi bonapartiste s’atténuèrent et furent très largement remplacés par une autre vision, que le nouveau président instaura très vite afin de bien montrer que son « néo-gaullisme » ne tolérerait pas plus que le Général l’accès de (ou des) opposition(s) aux médias publics. Sa formule fut très claire lorsqu’il affirma que la radio et la télévision françaises seraient (ou plutôt continueraient d’être) « la voix de la France ». Contre son premier ministre réformateur Jacques Chaban-Delmas, qui souhaitait une certaine libéralisation de l’ORTF (créée en 1964 pour remplacer la RTF, instituée en 1949), il n’était pas question que la « petite lucarne » permette la présence de journalistes ayant une sensibilité proche de celle des opposants dans le service public de l’audiovisuel. A côté de cela, la tradition des « conférences de presse » continua, avec un verrouillage relativement comparable à celui qui existait à l’époque du Général de Gaulle, mais avec un style plus décontracté.

Salon de l’Agriculture, la honte !

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 05 mars 2016. dans France, La une, Politique, Actualité

Salon de l’Agriculture, la honte !

Pendant que la gauche de gouvernement, et – depuis longtemps déjà – les gauches, toutes tendances confondues, se tirent des balles dans le pied, en rapport avec les sur-interprétations ou les sous-interprétations concernant la déchéance de la nationalité pour les bi-nationaux et la réforme du Code du travail, le salon de l’agriculture de samedi dernier a vu se passer des choses inadmissibles. En effet, des excités (je ne vois pas d’autre mot à utiliser !) s’en sont pris au chef de l’État (et non à sa seule politique, chose qui aurait été certes normale dans une démocratie), et ceci d’une manière lamentable et qui n’est pas sans poser de graves problèmes et des questions sur la France d’aujourd’hui – et pas seulement au niveau des agriculteurs.

Rappelons d’abord les faits. Le président de la République François Hollande – et je n’en suis pas ici l’avocat… – fut insulté notamment par des agriculteurs de la FNSEA (dont des éleveurs de porcs, certes en difficulté, mais peut-on justifier n’importe quoi par ce fait… ?!), et l’on connaît les liens de cette organisation ou d’une partie importante de la base des agriculteurs avec la droite classique (souvent la plus dure), et, de plus en plus, l’extrême droite… Je retiens, lors de cette affaire, les formules suivantes : « Dégage, toi ! »… ! « Connard ! »… ! « Pourri ! »… ! « T’as-vu la gueule que t’as ? »… ! « Vive Marine »… ! Et j’en passe… Je peux bien sûr comprendre que des difficultés de vente d’un produit puissent mettre des gens en colère, mais certainement pas des comportements de ce type ! J’ajoute au passage qu’en plus il y avait dans la foule un discours anti-fonctionnaires réellement scandaleux, comme quoi ceux-ci seraient tous des « feignants »… !

Soit une attitude de « populace », qui serait prête à suivre n’importe quel « char césariste », voire pire… Au fait, il paraît que la FNSEA serait un « syndicat »… ?! Eh bien, en réalité, non… ! car aucun syndicat (en tout cas une organisation syndicale digne de ce nom) ne pourrait (traditionnellement) se comporter de cette façon… ! Et que l’on ne me dise pas que Nicolas Sarkozy avait été lui aussi traité de « connard », car l’énorme différence, c’est que l’actuel chef de l’État, dans une démarche quasi « sacrificielle », n’a pas répondu, lui, à ces incroyables invectives, par un « Casse-toi, po’v con ! » et est resté longtemps sur place en compagnie du ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll. Et comment ne pas rappeler au passage que le domicile personnel de Stéphane Le Foll avait été « attaqué » par une sorte de « commando » il n’y a pas si longtemps ! Il y a là une confusion totale entre individu et fonction qui peut vraiment faire peur, car c’est un phénomène qui se généralise – y compris, par exemple, au sein de l’Éducation Nationale !

Voici maintenant les conclusions que je tire de cette « affaire de la honte » ! Elle traduit bien sûr le malaise des campagnes, et avant tout celle des éleveurs de porcs. Mais, sur ce plan, la droite avait-elle mieux réussi que la gauche modérée actuellement aux affaires (avec les efforts indéniables accomplis par Stéphane Le Foll) ?! Nicolas Sarkozy vient d’annoncer aujourd’hui (2 mars) « un plan Marshall pour l’agriculture » qu’il va essayer de « vendre » lors de sa visite à ce même salon de l’agriculture. Laissez-moi rire (ou plutôt pleurer…), car qu’avait-il fait, lui qui était une véritable « girouette » sans aucune ligne directrice au niveau de sa politique économique (entre autres). Des fois qu’il nous proposerait un « New Deal », se prenant ainsi quasiment pour une sorte de « Roosevelt » de droite (!), que je n’en serais pas surpris ! L’autre aspect de la question posée par cette affaire tourne autour de la montée de plus en plus inquiétante du populisme dans notre pays, puisqu’en fait le samedi 27 février ce sont des embryons de « jacqueries » qui se sont produits et les invectives auraient pu déboucher sur des incidents plus graves. Si le « Vive Marine » fut un slogan politique inquiétant, les cris qui fusèrent avec le « T’as vu la gueule que t’as ! » – résultat entre autres du travail de sape d’un certain nombre de soi-disant « humoristes », ayant créé une « représentation » de l’image de François Hollande – sont catastrophiques pour les bases même de nos institutions démocratiques, même s’il semble plus qu’évident qu’il convient de les refonder.

Quel que soit, dans les crises multiformes que nous connaissons, le désarroi des gens, faut-il rappeler que les Institutions d’une République font cette République – « la chose de tous », on le sait – et que le respect des fonctions est une condition in-négociable pour qu’une architecture résiste à la tempête.

Racines d'Actu : Février 1934

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 13 février 2016. dans La une, Histoire

Racines d'Actu : Février 1934

Février, ce moment où la France connut – les 6 et 7 février 1934 –, à la suite de l’affaire Stavisky et d’un contexte de crise globale, des émeutes d’extrême droite très violentes faites d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. C’est avant tout une occasion de faire le point sur ces événements importants de notre histoire politique. Cela dit, je vais aussi vous proposer ici d’ajouter à cet aspect purement historique des éléments liés à l’actualité que nous vivons, puisqu’un certain nombre d’observateurs ont pu comparer les années 1930 à des caractères actuels, avec certes de très grandes différences, mais aussi des points communs.

Le contexte général de ce qui se passa en France en février 1934 se situa dans le cadre d’une crise multiforme. D’abord, bien sûr, celui d’une crise économique et sociale, puisqu’à partir de la « Grande Dépression » qui frappa les États-Unis dès octobre 1929 notre pays fut touché en 1932, soit un an après l’Autriche et l’Allemagne, et également en fonction du rapatriement des capitaux américains par les grands organismes financiers étasuniens. Ensuite, celui d’une crise morale, qui fut révélée par des scandales politico-financiers, et notamment « l’affaire Stavisky », cet escroc de haut vol, particulièrement doué pour la mise en place de montages complexes, et qui, en ayant créé par exemple le Crédit Municipal de Bayonne, « au service de » différents types d’épargnants (y compris de petits porteurs), provoqua un scandale retentissant lorsque l’on sut que des hommes politiques de la IIIème République avaient trempé dans ses combines plus que louches. J’ajoute qu’étant juif (d’origine ukrainienne), donc considéré par l’extrême-droite comme pas réellement « français », Stavisky devint un symbole de ce qu’il fallait exécrer dans la « Finance ». Le fait qu’il se suicida, ou qu’il fut assassiné (afin d’éviter les révélations qu’il aurait pu faire), jeta une suspicion sur le régime. Enfin, par voie de conséquence, celui d’une grave crise politique, dans la mesure où, malgré la victoire électorale des gauches lors des élections législatives de 1932, aucun gouvernement stable ne put se mettre en place, bien que le radical Édouard Daladier fût investi comme Président du Conseil le jour même du 6 février 1934. En effet, les gauches étaient profondément divisées depuis 1920, avec la rupture entre socialistes et communistes à Tours.

En ce qui concerne les événements des 6 et 7 février eux-mêmes, on assista à Paris, Place de la Concorde, à de très importantes manifestations de rues suivies d’une répression, cela tournant à l’émeute après l’annonce par le gouvernement Daladier du départ du préfet de police Jean Chiappe qui avait les sympathies de la droite et de l’extrême-droite. Ces troubles furent organisés par les différentes ligues et partis d’extrême droite nationalistes, antiparlementaires et souvent antisémites, tels que L’Action Française (de Charles Maurras) avec ses Camelots du roi, les Jeunesses Patriotes (de Pierre Taittinger), les Croix-de-Feu (du colonel de La Rocque), etc. De violents heurts eurent lieu avec les cavaliers de la garde républicaine mobile. Ces ligues allaient-elles marcher sur le Palais Bourbon, bâtiment abritant l’Assemblée nationale ?! On compta de nombreux morts et blessés parmi les manifestants, et pratiquement pas au sein des forces de l’ordre. La République vacilla puisque le gouvernement de centre-gauche dirigé par le radical Édouard Daladier dut immédiatement démissionner. Un nouveau président du conseil considéré comme ayant plus d’autorité fut alors nommé par l’Assemblée des députés, Gaston Doumergue, qui prit la tête d’un gouvernement d’union nationale pour faire face à cette crise de février. Cela dit, et après la manifestation isolée du Parti Communiste Français dès les jours suivants – le 9 février –, une contre-manifestation eut lieu le 12 février. Deux cortèges de gauche se faisaient face, celui du Parti Communiste Français et des syndicalistes de la Confédération Générale Unitaire du Travail d’un côté, et celui de la Section Française de l’Internationale Ouvrière (les socialistes) accompagnée de la Confédération Générale du Travail ; on pouvait craindre des affrontements, car les communistes et les socialistes avaient alors des relations extrêmement conflictuelles. Et pourtant, les deux foules se mêlèrent d’un coup, au cri de « Unité ! Unité ! », les militants se jetant dans les bras les uns des autres… ! Le catalyseur de « l’antifascisme » (le « fascisme » étant d’ailleurs un terme impropre pour les ligues d’extrême-droite françaises à ce moment-là, sauf pour le francisme de Marcel Bucard et Solidarité française du riche parfumeur François Coty) avait fonctionné pour les anciens frères ennemis. Et tout ceci allait déboucher progressivement sur les étapes qui mèneraient à la constitution du Front Populaire, encouragé, pour les communistes français, par le célèbre « télégramme » qui leur fut envoyé par Staline en 1935 leur intimant l’ordre de constituer des fronts populaires étant donné la menace que faisait peser Hitler en rapport avec une attaque possible des nazis contre l’Union Soviétique…

Les Etrusques : écriture et société dans l'Italie antique

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 30 janvier 2016. dans La une, Histoire

Musée Henri Prades – Lattes – 34

Les Etrusques : écriture et société dans l'Italie antique

Le Site archéologique Lattara, Musée Henri Prades de Montpellier Méditerranée, nous a habitués depuis des années, à côté de son exposition permanente – en rapport avec le site de la cité antique de Lattara –, à présenter de très belles expositions temporaires.

 La dernière, qui commença le 17 octobre 2015 et se terminera le 29 février 2016, est consacrée à l’une des plus énigmatiques civilisations de l’Antiquité : celle des Étrusques, dont le cœur historique se situait en Italie centrale. Il s’agissait précisément de la Toscane, autour des cités telles que Véies, Vulci, Volterra, Cortone, etc. La visite que je viens de faire m’a incité à rédiger cette chronique afin de préciser un peu où l’on en est actuellement en ce qui concerne la civilisation étrusque, concurrente de celle des Romains des premiers siècles et des Grecs installés en Italie du Sud et en Sicile. L’exposition est ciblée sur l’écriture étrusque et la société de l’Italie antique. Ajoutons que cette leçon d’archéologie et d’Histoire est co-produite par le Musée de Lattes et le Musée archéologique étrusque de Cortone, avec le partenariat – pour l’épigraphie – d’institutions telles que le Musée du Louvre et les Musées archéologiques de Florence et de Zagreb.

L’écriture étrusque (plus de 12.000 inscriptions, en général courtes et fragmentaires), orientée généralement de droite à gauche, fut pendant longtemps une sorte de mystère, en dehors du fait que l’on savait qu’elle correspondait à une adaptation de l’alphabet grec et qu’elle fit son apparition vers 700 avant J-C à partir des cités helléniques d’Italie du Sud Cumes et Ischia (colons grecs venus de Chalcis et d’Erétrie). Les Étrusques n’étant pas un peuple utilisant une langue indo-européenne, ce qui rajoute un élément à l’énigme qui les entoure, on pouvait certes déchiffrer leur langue, mais elle restait – et demeure encore au moins en partie – largement incompréhensible. Cela dit, des progrès ont été accomplis dans le domaine de la langue étrusque. On arrive ainsi à identifier, sur des inscriptions, des noms d’artisans et d’artistes, précisant « untel a fait ceci », soit l’affirmation d’une sorte de possession, ou bien des dons du type « untel à donné à telle personne ». On a aussi des documents exceptionnels comme celui de Cortone, datant du IIe siècle avant notre ère, se présentant sous la forme d’une plaque en bronze faite de plusieurs parties, et toutes sortes d’écrits en rapport avec le culte des morts (dans les tombes, les Étrusques mentionnèrent de plus en plus l’identité du défunt), et même la vie quotidienne. Il se produisit donc une réelle démocratisation de l’utilisation de l’écriture, et ceci à partir des VIe-Ve siècles. Mais, il faut dire que tout cela ne nous permet pas d’avancer énormément – malgré la grande quantité d’inscriptions en notre possession – dans la connaissance du fonctionnement en profondeur de la civilisation de ce peuple. En fait, on sait juste un peu plus se repérer dans cette écriture que pour celle des minoens utilisant le linéaire A, restant toujours impossible à déchiffrer et à comprendre – contrairement au linéaire B mycénien. Il faut signaler au passage que, pour l’aristocratie étrusque, l’écriture revêtait un aspect fondamental en tant que signe de culture et de pouvoir, surtout au cours du VIIe siècle de notre ère.

Le Front National, quelles extrêmes-droites ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 23 janvier 2016. dans France, La une, Politique, Histoire

Le Front National, quelles extrêmes-droites ?

De nombreux historiens et politologues se sont penchés sur ce que serait censé représenter le Front National aujourd’hui en tant que phénomène politique, sachant que nous sommes en 2016 et que tout le monde sait – parmi ces experts – que Marine Le Pen n’est pas une sorte d’Hitler en jupons ! Cela dit, même si l’essor de ce parti d’extrême-droite en France (comme pour ses équivalents extrémistes ou populistes en Europe) correspond bien à un phénomène nouveau, il ne s’en rattache pas moins à des racines historiques très profondes, qui ont connu des résurgences à plusieurs époques de notre Histoire, dans des contextes économiques, sociaux et autres, bien particuliers.

Un préalable : quels sont les ingrédients pérennes de la montée de l’extrême-droite dans notre pays ? Depuis le Boulangisme, ce sont en fait toujours les mêmes : un contexte de crise multiforme, une coupure entre le peuple et les élites, une volonté de « renverser la table » (comme on dit), des slogans de type démagogique, la prétention à aller au-delà de l’opposition droite/gauche (dans une situation de brouillage des repères) et un leader (ou une cheffe) charismatique.

Même si le Front National n’est pas structuré – à la différence des partis politiques démocratiques traditionnels – en tendances, on peut toutefois y trouver plus que des sensibilités illustrant des fondements brassant toute l’Histoire de l’extrême-droite française depuis la période contre-révolutionnaire des années 1815-1830 – lorsque le régime de la Restauration se mit en place (le légitimisme). Au sein du parti d’extrême-droite français actuel on trouve des monarchistes autoritaires, des bonapartistes et des néo-gaullistes également autoritaires, des boulangistes (au sens de ce que fut la célèbre tentative du Général Boulanger vers la fin du XIXe siècle), des souverainistes, des intégristes catholiques, des antisémites et des islamophobes (avant tout), des néo-fascistes et des néo-nazis, etc…

Marine Le Pen elle-même, tout en concentrant son ciblage contre l’islam (pas seulement face au djihadisme), m’apparaît comme devant être rattachée historiquement (au moins indirectement) à ce que j’appellerais un boulangisme mâtiné de néo-mussolinisme. En effet, à la dénonciation de l’immigration, qu’elle lie à l’insécurité, elle a ajouté, contrairement à son père (qui était économiquement un ultra-libéral), des thèmes venus de la gauche et même de la gauche de la gauche : « l’État Providence », mais réservé aux seuls nationaux. Nous savons que cette technique de manipulation et de communication est appelée « triangulation » par les « spin doctors » américains, conseillers en marketing politique. En liaison avec ce que Marine Le Pen nomme la « dédiabolisation », il est certain qu’un homme tel que Florian Philippot – venu du chevènementisme, puis des périphéries du Front De Gauche – lui apporte beaucoup comme « gourou social » et inspirateur d’un parti qui voudrait réellement transcender l’opposition traditionnelle droite/gauche. Par ses slogans beaucoup plus nationaux et sociaux que ceux employés par son père (qui savait par ailleurs qu’il ne pourrait jamais gouverner et n’envisageait donc qu’une augmentation de sa capacité de nuisance pour « l’establishment » ou « le système de l’UMPS »), la cheffe du Front National se rapproche nettement plus sur le plan historique d’un certain fascisme italien – comme annoncé déjà plus haut.

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