Articles taggés avec: Jean-Luc Lamouché

Debussy, "Claude de France"

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 06 octobre 2012. dans La une, Culture, Musique

Debussy,

En août dernier (plus précisément le 22 août), nous avons commémoré le 150ème anniversaire de la naissance de Claude Debussy (à Saint-Germain-en-Laye, non loin de Paris), grand compositeur français, parfois surnommé « Claude de France ». Bien sûr, il est très respecté et apprécié comme musicien, par exemple dans notre pays. Mais, il n’en reste pas moins qu’une partie du grand public, s’intéressant d’assez loin à la musique dite « classique », le considère presque comme un compositeur « difficile ». Et, il est vrai qu’il essaya de se démarquer un peu du postromantisme, et tout particulièrement de l’influence wagnérienne.

On trouve même, dans sa musique, des annonces de la future « modernité » du XXe siècle. Pensons ainsi à certains passages de La Mer, ou à son opéra Pelléas et Mélisande, dont la prosodie (inflexion, ton, accent, etc.) en langue française a fait fuir plus d’un amateur de musique lyrique (je veux parler ici à nouveau du grand public). La tendance globale de « Claude de France » resta pourtant assez largement liée au postromantisme wagnérien, par exemple, notamment au niveau de l’orchestration. On peut même dire qu’il voulut aller au-delà de Wagner, tout en s’appuyant immanquablement sur ce dernier (pour Pelléas et Mélisande avant tout).

Le Hollandisme, un Mendesisme ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 15 septembre 2012. dans France, La une, Politique, Actualité, Culture, Histoire

Le Hollandisme, un Mendesisme ?

Et si François Hollande s’inspirait des idées et des méthodes de Pierre Mendès-France ? On peut se poser légitimement la question, alors que nous nous situons à largement plus de 100 jours de son élection comme Président de la République, le 6 mai 2012.

On commencera par répondre à cette interrogation en insistant sur les différences, puis nous terminerons par les ressemblances, en tentant de fai.re – en conclusion – un bilan provisoire débouchant sur une certaine analyse de la société française dans ses fondements les plus essentiels.

Jules Massenet : le centenaire

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 28 juillet 2012. dans La une, Musique

Jules Massenet : le centenaire

 

Le compositeur postromantique français Jules Massenet, né près de Saint-Etienne le 12 mai 1842, mourut à Paris le 13 août 1912. En cette année 2012, nous commémorons donc le centenaire de sa disparition. Or, il se trouve qu’il y a encore un certain « problème Massenet »… En effet, celui qui fut un des plus grands créateurs d’opéras français de la dernière partie du XIXe siècle et des tout débuts du XXe (avec Charles Gounod, Georges Bizet et quelques autres), reste encore souvent décrié, voire méprisé, dans notre pays, par un certain public de mélomanes. Ceci, alors que ce n’est le cas nulle part ailleurs chez les autres publics européens (en Allemagne, en Italie, ou en Grande-Bretagne), ni aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique Latine, ou bien encore en Australie ou en Nouvelle-Zélande, voire au Japon et en Corée du Sud…

Quels sont donc les fondements de ces jugements négatifs, en France, pour le public en question ? En fait, deux points sont reprochés à Massenet : d’abord, de n’avoir su composer que des airs (on aurait dit des « arias » à l’époque baroque). Donc, à en croire ses contempteurs, il aurait été incapable de créer des ensembles et des chœurs intégrés à l’action de ses œuvres lyriques.

Une crise de la démocratie ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 09 juin 2012. dans Monde, La une, Politique, Société

Une crise de la démocratie ?

 

On nous parle, depuis longtemps déjà, d’une crise de la démocratie, en Europe ; crise qui ne concerne pas, en effet – globalement – l’Amérique latine, l’Asie, voire même une bonne partie de l’Afrique, comme l’ont montré, au premier chef, les processus de démocratisation engagés dans les pays musulmans du sud de la Méditerranée depuis janvier-février 2011. En effet, sur le « vieux continent », le système des démocraties représentatives semble ne plus vraiment bien fonctionner. Les critiques fusent contre les « politiciens » censés s’en mettre « plein les poches »… ! Une question cruciale se pose donc : qu’attendent les Français (et les Européens) de leurs « politiques » ? Comment les voient-ils et pourquoi ?

En fait, la situation de la citoyenneté est devenue (plus qu’avant) paradoxale. Avec d’abord le rejet des élites politiques, par le biais du « tous pourris » ; d’où le succès du populisme du FN en France (et de partis voisins, en Europe). Et, avec ensuite – en même temps… ! – une demande accrue du « notable-assistance », devant accorder des avantages, dans les régions, les départements et les communes ; sans oublier le député, « poubelle de la démocratie », puisqu’on le(la) considère de plus en plus souvent comme un moyen de piston personnel pour des interventions, et non avant tout comme un représentant de la nation, siégeant à l’Assemblée Nationale.

Législatives 2012 : la "Loi d'airain" ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 19 mai 2012. dans France, La une, Politique

Législatives 2012 : la

 

A la suite des élections Présidentielles de mai 2012 et de la victoire (le 6 mai) du candidat socialiste François Hollande, il va falloir élire – les 10 et 17 juin à venir – une nouvelle Assemblée Nationale. L’argument de la droite, qui a perdu les élections à la Présidence, est le suivant : ne pas laisser la gauche monopoliser « tous les pouvoirs » dans notre pays ; c’est-à-dire la Présidence, le Sénat, la plus grande partie des collectivités territoriales (régions, départements, communes), et – en plus – l’Assemblée, à élire à présent. Tout cela en fonction du vieil adage : « il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier… ». La gauche, au contraire, va insister – et insiste déjà, par la bouche de son nouveau Président François Hollande – sur la nécessaire cohérence du choix à faire par le peuple français : donner une majorité parlementaire au nouvel élu et à son gouvernement (avec Jean-Marc Ayrault, nommé Premier Ministre le 15 mai, jour de l’investiture du nouveau Président).

C’est cette même cohérence que la droite réclamait lorsqu’elle se trouvait politiquement quasiment dans la situation de la gauche : ainsi, par exemple, sous la Présidence de Jacques Chirac, lors de la fameuse dissolution ratée de la Chambre des Députés, en 1997.

La "triangulation" sarkozyste

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 05 mai 2012. dans France, La une, Politique

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La campagne des Présidentielles 2012 pose une question très intéressante, qui n’est pas seulement de la pure communication : qu’est-ce-que la « triangulation » en politique ? On sait que cette pratique moderne consiste à tenter de chasser sur les terres du programme d’autres forces politiques, quitte à prendre parfois position contre les thèmes traditionnels de son camp. Tous les partis politiques s’y livrent plus ou moins, ce qui peut sembler de bonne guerre, même si cela peut se révéler dangereux lorsqu’un candidat (ou un parti) veut vraiment garder une cohérence interne à son projet global.

Mais, ceux qui s’y sont livrés le plus durant cette campagne des Présidentielles, et même bien avant, sont le FN de Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy. Il faut dire qu’il y a une concurrence de clientèles électorales à séduire – au moins partielle – entre l’extrême-droite et l’UMP, sous l’influence de la « Droite Populaire », à la droite de la droite (plus de 40 députés à la Chambre actuelle), et de tous ceux qui sont tombés sous l’influence du principal conseiller présidentiel actuel : Patrick Buisson (nous y reviendrons).

Mais, remontons un peu le temps pour mieux cerner la particularité de la (voire des) triangulation(s) sarkozyste(s).

Présidentielles 2012 - Les espaces politiques (5)

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 16 mars 2012. dans France, La une, Politique

Présidentielles 2012 - Les espaces politiques (5)

 

Après l’analyse des espaces sarkozyste, centriste, hollandien, et Front National, voici celui de ce qu’on appelle souvent « la gauche de la gauche ». Le terme « d’extrême-gauche » ne lui convient pas, ni celui de « populiste de gauche » ou de « protestataire de gauche », car certaines de ses composantes peuvent être « gouvernementables ». Il y a en effet plusieurs familles de pensée à la gauche de la gauche – que nous allons traiter à présent.

Avant tout, celle du « Front de gauche », regroupant ce qui reste de l’appareil politique et des élus du PC, auquel il faut ajouter les militants du PG (Parti de Gauche) ; l’ensemble étant animé par l’ancien dirigeant socialiste (tendance de gauche), Jean-Luc Mélenchon. C’est la première fois – en dehors des Présidentielles de 1974 (voir François Mitterrand) – que le PC n’aura pas de candidat spécifique pour les élections à venir. Au moment où ces lignes sont écrites, le candidat Mélenchon flirte – dans les sondages – avec les 10 % (un score à deux chiffres serait plus que symbolique). La spécificité de ce « Front de gauche » réside dans le fait que, si François Hollande gagne les Présidentielles, il est probable que ce regroupement mènerait une politique de soutien critique (au niveau des députés obtenus lors des Législatives à suivre).

Présidentielles 2012 - Les espaces politiques (4)

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 17 février 2012. dans France, La une, Politique

Présidentielles 2012 - Les espaces politiques (4)

 

Après l'espace sarkozyste, puis centriste, et hollandien, sortons du cadre des espaces classiques (de gouvernement potentiel) pour aborder ceux que l'on qualifie souvent de "populistes", ou de "protestataires", et qui sont situés à l'extrême-droite et à la gauche de la gauche (1). Commençons par l'espace centré autour de la personnalité de Marine Le Pen et du FN.

Par rapport à son père, Marine Le Pen ne correspond plus tout à fait au même espace politique. Certes, il y a toujours le cercle d'extrême-droite traditionnel, que Jean-Marie Le Pen avait déjà débordé (notamment lors des Présidentielles de 2002). Mais, la fille Le Pen mord beaucoup plus que son père sur l'électorat protestataire populaire venant notamment de la gauche, en fonction de la crise financière et autre(s) - depuis 2007-2008. Elle concentre donc un cercle d'électeurs, surtout anciennement communistes, qui trouvaient dans le PC à la fois une fonction tribunicienne et une contre-société idéale ("Les lendemains qui chantent"). C'est la notion de "gaucho-lepénisme", phénomène politique déjà décrit par les historiens (d'Histoire immédiate), les politologues, et les journalistes spécialisés dans l'étude des comportements politiques (2).

Présidentielles 2012 - Les espaces politiques (3)

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 03 février 2012. dans France, La une, Politique

Présidentielles 2012 - Les espaces politiques (3)

 

Après l’analyse des espaces politiques sarkozyste (la droite, pour simplifier) et centriste (François Bayrou, etc.), voici une troisième chronique portant sur l’espace hollandien – ou « hollandais », comme disent les journalistes –, qui n’est absolument pas limité à la gauche, comme nous allons tenter de le démontrer.

En effet, François Hollande a repris très largement la stratégie mitterrandienne de 1981, voire même – en partie – celle de 1988 : d’abord rassembler les socialistes (« primaires citoyennes »), puis rassembler la gauche, et enfin rassembler les Français. Une recette qui a fait ses preuves… ! Soit un espace correspondant à plusieurs cercles, ayant vocation à s’étendre de la gauche jusqu’à une partie des électeurs du centre-droit déçus par le sarkozysme et n’acceptant pas le rapprochement tactique (dans le discours au moins) entre Nicolas Sarkozy et certains thèmes de base du FN – même si cette droitisation de l’UMP semble plus limitée aujourd’hui.

Présidentielles 2012 - Les espaces politiques (2)

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 20 janvier 2012. dans France, La une, Politique, Actualité

Présidentielles 2012 - Les espaces politiques (2)

 

Après avoir décrit l’espace politique sarkozyste dans une première chronique, voici une courte analyse de l’espace centriste, qui apparaît comme assez limité au niveau des appareils politiques, parce qu’il est extrêmement divisé. Il correspond, en effet, à un centre-droit – l’aile modérée de l’UMP – et un réel centre d’opposition organisé autour de la personnalité de François Bayrou (et du Modem). Il n’empêche que le centre a – en soi – vocation potentielle à gouverner. D’ailleurs, une majorité de français semble rêver d’un regroupement centriste allant de certains courants venant de la gauche à d’autres issus de la droite. Ceci étant à mettre en relation avec cette tradition (ou plutôt exception… ?) française, dite du « baiser Lamourette » – remontant à l’époque de la Révolution de 1789 (1).

Si l’on détaille les composantes de l’espace politique centriste, on peut citer : le Nouveau Centre (Hervé Morin), les Radicaux Valoisiens (Jean-Louis Borloo), le Parti Chrétien Démocrate (Christine Boutin), et surtout le Modem (François Bayrou). On doit mettre à part le mouvement République Solidaire (Dominique de Villepin), qui n’a rien à voir – idéologiquement – avec le centrisme politique traditionnel, à moins de considérer le néo-gaullisme comme le vrai centre entre gauche et droite.

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