Articles taggés avec: Khalid EL Morabethi

La triazolokosbeviensohainezodiazépines

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 05 mai 2018. dans La une, Ecrits

La triazolokosbeviensohainezodiazépines

/ pardon/ je persiste/ je peux créer le néant si facilement/ là/ action/ turfu/ feu d’artifice/je suis en train de créer une image/ arc en ciel/ produit/je suis en train de regarder mes yeux/ le mouvement des veines/ à l’intérieur/ le cœur/ c’est-à-dire/ le visage/ nul/ comme un animal/ j’ignore la question/ je suis curieux/ la triazolokosbeviensohainezodiazépines/ la haine dans l’oreille/ habite le corps/ j’appuie sur mon visage/ la tête rasée comme/ derrière les cheveux/ une plante/ et derrière la mâchoire/ j’insiste quand je mâche un insecte/ la tête/ je parle/ qui n’est pas vraiment la mienne/ le rouge/ qui est logiquement/ absurde/

Simple comme Van Gogh

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 13 janvier 2018. dans La une, Ecrits

Simple comme Van Gogh

Bonjour, c’est simple comme Van Gogh.

Au nom du fils du taureau en or et de la chatte à la voisine, il faut que ça soit original.

Bonjour, vous voulez que ça soit beau, donc ça ne sera pas du tout orignal.

Bonjour, vous voulez que ça soit fort mais la faiblesse d’un texte est toujours originale.

Bonjour, vous voulez un thème, malheureusement il existe, et un jour ça ne sera pas du tout orignal.

Bonjour, voilà, vous comprenez maintenant pourquoi.

Au nom du fils du premier gorille et de la chatte de madame, il faut un premier problème.

Bonjour, je suis un singe sage et le sourire c’est la rage, voilà, vous comprenez maintenant pourquoi tout ça se passe dans une cage… personne ne sait si c’est à cause de moi ou juste comme ça… ne cherchez surtout pas à comprendre car ça ne sera pas du tout original, c’est la nature.

Au nom du fils de quelqu’un et la chatte originale, je cache le soleil dans mon dos et je dis que je m’appelle Bélial.

Bonjour, je suis comme une fleur, celle qui ne ressemble à rien, celle qui ressemble à un fantôme dont on sent la présence, dont on entend la voix mais dont on ne comprend pas le sens.

Bonjour, pour que ça soit original, il faut que j’assassine l’idée d’être… c’est le premier problème, il faut que j’assassine mes pensées.

Bonjour, pour que ça soit original, j’étais là, il y avait du bruit et chaque jour c’était à cause de… et je ne savais pas que j’étais toujours là.

Bonjour, si je meurs, ça sera original, vous comprenez maintenant comment ça va se passer et une fois que j’ordonne aux sens de ne rien dire et de partir apprendre à danser, ça ne sera pas du tout original.

C’est simple comme Van Gogh, c’était moi depuis le début.

Ismaël

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 30 août 2017. dans La une, Ecrits

Ismaël

 

 

J’ai tes yeux.

Avant que je le prononce. Invisible.

Je vois un fantôme dans une veine invisible.

J’ai tes yeux.

On ne se souvient pas. Invisible.

Je vois un fantôme dans une graine invisible.

Je ne sais pas rire. J’ai tes yeux et tes dents.

Noires au fond mais blanches. Invisible.

La pluie tombera dans ma bassine invisible.

Ismaël invisible.

Fils invisible.

Sans voix invisible.

La petite maison dans la prairie

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 19 août 2017. dans La une, Ecrits

La petite maison dans la prairie

Dans la petite maison dans la prairie le vieil enfant trouve que Moby Dick pourrait se trouver dans un autre univers ou une autre partie de l’univers

Dans la petite maison dans la prairie trois papillons font trois papillons font des rats font des hiboux font un herbivore adopté

 

Dans la petite maison dans la prairie le vieil enfant joue avec une minuscule ombre et pense que le cosmos est dans l’estomac d’une grande vache jaune et que tous les grands-pères tous les autres ombres tous les anciens soldats revenus du Vietnam le savent

 

Dans la petite maison dans la prairie

Il voit un fantôme, le fantôme d’Ismaël

Il dit bonne chance

 

Dans la petite maison dans la prairie

On l’a tué

Il y a mille ans

 

Dans la petite maison dans la prairie

Nous sommes quelque part

Où nous allons ? Où ?

H

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 15 avril 2017. dans La une, Ecrits

H

Vingt-trois, zéro deux. Les yeux de la daronne de quelqu’un et du hibou aux yeux bleus. Vingt-trois, zéro deux. Les yeux de H, habillé en noir et du hibou aux yeux bleus. Vingt-trois, zéro deux. Quelqu’un vit dans un carton, il respire, il n’a pas le droit de parler, il est en train de penser.

Vingt-trois, zéro deux. Mon hibou est assis dans mon propre canapé, en train d’improviser, en train de créer une image, en train de regarder mes yeux, il les trouve beaux, ça lui rappelle, ça lui rappelle, ça lui rappelle sa soif, son visage, son enfance, ça lui rappelle ses marches, son prénom, ça lui rappelle, ça lui rappelle une porte, ça lui rappelle la cuisine, ça lui rappelle un sourire, ça lui rappelle les yeux d’un ange, ça lui rappelle une tombe ou y a écrit « à Dieu mon ange ». Ça lui rappelle.

Vingt-trois, zéro deux. Un H qui brule les neurones, qui pèse des tonnes, qui dessine un Satan, qui dessine un bâton et des maudites fleurs de merde au jardin, juste pour ne pas dire que c’est beau. Un H qui brûle, H voudrait brûler le jardin, il voudrait brûler le carton, brûler l’air dans le carton, brûler ce qui est collé au crâne pour laisser vivre ce qui est à l’intérieur.

Vingt-trois, zéro deux. Mon hibou me regarde, parfois on passe une soirée tout entière à se regarder dans les yeux, sans rien dire, juste un sourire. H aime mon sourire, ça lui rappelle un hall de gare, ça lui rappelle une phrase de sa daronne « J’aurais dû te tuer, mais c’était trop tard ». H avait un cœur blanc.

Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle les frappes, ça lui rappelle le soleil rouge, ça lui rappelle le sang rouge, ça lui rappelle, ça lui rappelle des fleurs rouges, ils en avaient partout, ça lui rappelle ses larmes, elles en avaient partout. Ça lui rappelle.

Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle la réponse de sa question « Tu es un monstre ».

Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle la réponse de sa question « brûle tout ».

Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle sa fatigue.

H, s’assoit, il a faim, je vais lui faire à manger.

H, Haine, Hibou, J’aime la Haine.

Verbe

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 12 novembre 2016. dans La une, Ecrits

Verbe

Verbe être

Herbe verte

Le verbe dévertébré

L’herbe vertueuse

Le horla me regarde sous la paupière

Une sorte d’horla hors de moi

Neurones ne me dis pas que tu n’en as pas envie

Un verbe qui sort des neurones hors de moi les fioritures

Verbe déconjugué

Les nerfs avides

Un verbe avidifié qui coule des nerfs

Un verbe minuscule

Le verbe, minuscule enrobe verbe, un microbe

Robe un verbe dont on se vêt

Terre vernissage

Poussière et bouts de ficelles

Un microbe en parade

Le verbe, le crâne le verbe qui crâne

Un minuscule verbe qui sort du crâne jette un œil à l’arrière ne non surtout ne regarde pas ne

Minuscule accouchement

Mouche accouchement d’une mouche

M

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 01 octobre 2016. dans La une

M

Miroir, miroir, miroir regarde l’animal à trois têtes et qui a 5 doigts,

Il mange avec ses doigts, l’animal fait du bruit quand il mange avec ses doigts,

Des doigts qui bougent, des doigts qui avalent les mouches, des doigts qui avalent peu à peu la lune,

La lumière part

Une autre histoire du monstre voleur de dents et du sommeil chaque soir

Le cœur devient noir

Les ongles salissent les mouchoirs

Il entre

Il sort

Putain de merde, de bordel, de saloperie de conard

Il fume trois cigares

Et il mange…

Il mange avec ses doigts

Doigts, doigts, doigts, doigts, foi, choix, quoi, doigts de monstre

Monstre, monstre, monstre qui chauffe les poumons et qui entre…

Qui entre tout au fond du ventre,

Et ça chauffe

M, ça chauffe

M

Mon porc gris regarde le ciel

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 20 août 2016. dans La une, Ecrits

Mon porc gris regarde le ciel

Mon porc gris regarde le ciel

Il pleut

Il pleut sur la ville, sur l’individu, sur un taureau en or, sur un arbre, sur le poids des points qui attendent, sur les syndromes allongés les uns sur les autres, sur Œdipe, sur la foi, sur un cannibale qui mange son foie, sur une figure gourd,

Il pleut sur le poids d’une sensation sourde

Et il pleut…

Et il pleut sur une répétition lourde.

Mon porc gris regarde le ciel

Il se passe quelques choses

Il existe une cause

Une cause

La cause qui ressemble à une vieille dame

La cause qui a faim… la cause, la cause normale, la cause du grand mal, la cause du diable, la cause d’une vieille dame, la cause…  la grande cause du mangeur d’âmes

Il existe une cause

Il se passe quelques choses

Il existe une rose

Il y’aura une pause

Une minute

Une seconde

Une cause, une grande cause, la cause, la cause de la pluie

Il pleut.

Une virgule et un point

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 11 juin 2016. dans La une, Ecrits

Une virgule et un point

Une virgule et un point, un point et une virgule, point-virgule et un point, une virgule et un point d’honneur.

Une virgule à l’inverse, puis des mensonges mélangés avec de l’eau et des paroles d’honneur,

Un regard, une lumière qui murmure que c’est trop tard et des acteurs ringards,

Un autre regard, la lumière part et un bon acteur qui se lève, déchire ses vêtements et lance son doigt d’honneur,

C’est beau, c’est fort et ça sent les fleurs,

C’est beau, c’est fort et ça mérite une médaille d’honneur,

C’est beau.

C’est un oui !…

Un doigt d’honneur qui dit oui, oui, oui en inspirant, il est plus doux, plus beau, linéaire et différent,

Un doigt d’honneur qui fait battre le cœur et crée un sentiment différent,

Un sentiment d’angoisse souriant,

Un sentiment d’une pluie qui tombe dans la gorge du poisson,

Tout au fond de la sombre gorge du poisson… rouge,

Tout au fond de l’œil… rouge,

Tout au fond de la couleur rouge,

Rouge…

Une virgule à l’envers, un point rêveur et un doigt d’honneur,

Une virgule, les nerfs se forment, un point nageur et un doigt d’honneur,

Une virgule, les nerfs se forment, un monstre ça forme, un point sans sens, sans but, sans couleur et qui lance son magnifique doigt d’honneur,

Rouge…

C’est rouge

Un doigt rouge, indiscutable et qui porte un nom, un visage,

Un doigt rouge, au-dessus de la table, écrivant une fin au milieu de la page,

Alzheimer fait le tour de la table

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 02 avril 2016. dans La une, Ecrits

Alzheimer fait le tour de la table

Alzheimer fait le tour de la table

Entièrement nu et avant de se laver le visage,

Car il hait sa nature, ses vêtements et les anniversaires, il ne voudrait pas savoir son âge,

Alzheimer veut être piano,

Non pas un vieil homme méchant mais piano,

Non pas un grand-père qui attend son petit déjeuner mais piano,

Non pas un grand-père qui attend un coup de fil de sa fille mais piano,

Non pas le chaos mais piano,

Juste pour savoir ce qui se passera quand monsieur noir jouera la première note,

Juste pour savoir si la mort l’aime,

Juste pour savoir s’il est proche de l’idéal,

Juste pour savoir s’il peut encore avoir mal.

Alzheimer fait le tour de la table,

Sa femme lui dit qu’elle peut le laisser comme un sac,

Qu’elle peut le jeter comme une pierre au bord du lac,

Si elle le tue, elle serait seule, pensait-elle,

Si elle se tue, il serait seul, pensait-elle.

[12 3 4 5  >>