Articles taggés avec: Lilou

Deputatus erectus (homme, moins souvent femme), 1871-2017

Ecrit par Lilou le 17 juin 2017. dans France, La une, Politique, Actualité, Histoire

Deputatus erectus (homme, moins souvent femme), 1871-2017

Généralités :

Le Dronte de Bourbon (deputatus erectus), plus connu sous le nom de député françaisest une espèce d’homme politique endémique d’Europe de l’Ouest ayant beaucoup sévi en France de 1871 à 2017. Apparenté aux seigneurs et appartenant à la famille des dominants, ce dronte vivait dans les villes, et beaucoup moins souvent dans les champs ou les forêts quoique son rythme reproductif l’y conduisit de temps à autre une fois tous les 5 ans. Sortant peu la nuit, ce dronte de Bourbon était surtout un homme de paroles très variées cachant sous des allures d’Homme de bien des habitudes de vieux garçon à la retraite. Il mesurait environ un mètre et soixante-dix centimètres et pesait bien souvent aux alentours du poids de forme à l’intronisation pour osciller ensuite en cours de mandat au-dessus du quintal. Découvert par hasard après que des armées eurent labouré dans la déroute de Sedan la nécessité d’installer en France un régime parlementaire en 1871, le deputatus de Bourbon a bataillé pendant plus de 73 ans pour ne pas que lui soit associé dans ses niches des bords de Seine La Dronte de Bourbon, sa femelle, qui ne lui a quasiment jamais ressemblé et dont l’espèce frisa la disparition pendant les dernières années de son règne. Dès ses premières observations, la plupart sont décrits comme intéressés, lents à la détente et aimant peu tous ceux qui ne lui ressemblent pas. Son plumage foncé, cravaté de gris et chaussé de cuir, était pourvu de bras le plus souvent très longs qu’il savait utiliser pour ménager aussi bien les uns que les autres. Certains étaient armés de dents aussi crochues que leurs bras, qui avaient la particularité de rayer les lambourdes de leurs couches tapissées des grandes largeurs des deniers publics. « Ménager » était du reste son activité principale, les rares exemples des drontes de Bourbon qui passèrent à l’action en minorité ont égayé les moqueries d’improbables majorités d’autres drontes (1). L’archéologie a permis ces dernières années d’exhumer des critiques endogamiques à leur groupe. Citons par exemple le dronte Clémenceau : Un traître est celui qui quitte son parti pour s’inscrire à un autre, et un converti celui qui quitte cet autre pour s’inscrire au vôtre. Citons aussi cet autre dronte de Westminster, Churchill, apparenté de l’autre côté de la Manche aux rares Bourbons qui s’inscrivirent dans l’action : Après la guerre, deux choix s’offraient à moi : finir ma vie comme député, ou la finir comme alcoolique. Je remercie Dieu d’avoir si bien guidé mon choix, je ne suis plus député ! Plus grave, 80 drontes de Bourbons furent pourchassés et massacrés en 1940 par des drontes fascisticus à plumage noir, pour avoir voulu protéger de leurs vies la qualité des choses que les Hommes, les autres, aiment…

Le Deputatus erectus s’est éteint par une brûlante soirée de juin 2017 un siècle et demi après son avènement. Il se murmure dans les milieux autorisés (Coluche tu nous manques) que le souffle du renouveau a balayé en une seule fois la colonie des joyeux drilles des bords de Seine sans qu’elle n’ait rien vu venir. De très récentes théories s’orientent vers un caractère physique supposé mais jamais démontré faisant état d’une cécité devenue totale de tous les drontes ayant vécu durant les dernières décennies du règne du deputatus erectus. Cette disparition soudaine serait en effet directement issue de la propension extrême de cette espèce à vivre en troupeau et à suivre l’instinct des plus gueulards d’entre eux. L’histoire raconte que cette nuit du 11 juin 2017, quelques-uns se seraient trompés de direction et auraient englouti dans la Seine les centaines d’autres. Il est beaucoup plus probable, des chercheurs du monde entier planchent sur la question, que tentés par la modernité, les électeurs leur aient fait croire qu’ils pouvaient enfin marcher sur l’eau et qu’y croyant comme un seul homme, on aurait pu dire par une franche camaraderie de tranchée, ils coulèrent d’un seul bloc en ne laissant aucun regret. Ce grand chambardement fera l’objet d’un traitement à part dans la dernière partie de cette fiche conçue pour les refletsdutempspedia.

Grandeur et décadence :

Les traces de la vie du deputatus erectus sont immenses. Elles se conjuguent encore jusqu’à aujourd’hui au rythme de chacun des battements de nos cœurs d’hommes, et de femmes libres et égales (2) en droit, éduquées, soignées et protégées par une république laïque. Chargé de fabriquer La Loi de la République balbutiante et conquérante, et donc de consolider une certaine idée de pouvoir changer la Chose Publique dans la concorde du suffrage universel, le deputatus erectus y mit tout son courage et sa capacité à écouter et à suivre de savants tribunus deputatus electus comme Victor Hugo, Jules Ferry, Léon Gambetta, Jean Jaurès, Léon Blum, Léo Lagrange… Les deputatus erectus des dernières années de règne ont beaucoup aimé se convaincre qu’ils en étaient eux aussi, il suffisait d’agiter leurs noms sacrificiels, mais sans trop prendre à leur compte le poids de ces héritages moraux. L’éducation de tous les hommes sans différence de sexe, de couleur, de potentiel, de richesse, c’est eux ! Les libertés publiques et individuelles dans leurs plus grandes largeurs, c’est eux aussi. La rupture définitive avec l’ordre ancien qui faisait qu’on pouvait être légalement puissant et intouchable, c’est eux ! La reconnaissance de droits pour tous les hommes et toutes les femmes et que le monde nous envie, c’est aussi la tribu des deputatus erectus qui l’a fait. L’affirmation légale (sic !!!) que les femmes sont la moitié des hommes et que leur droit de vote n’est que la première marche de cet Everest culturel et social vers la parité totale et affirmée, c’est aussi eux, ou plutôt c’est enfin elles !

Manu, tu déconnes

Ecrit par Lilou le 13 mai 2017. dans France, La une, Politique, Actualité

Manu, tu déconnes

Pas compris mon cher Manu ce que tu mijotes avec ton pas de deux visant avant tout à prendre la tangente parce que le combat à mener te semble aujourd’hui devenu hors de portée. Tu serais vexé, rancunier façon revanchard, que ça m’étonnerait pas. C’est quoi cette idée de déserter la place quand ça va devenir intéressant ?

Tu sais que je me suis fait couper en deux et parfois en quatre pour te défendre quand pieds et poings liés dans la genèse d’une sociale démocratie à moderniser, d’autres égos te contestaient le droit de le faire ? Tu sais aussi que j’ai juré par avance (en disant « croix de bois croix de fer » en plus) que jamais tu n’abandonnerais ce combat-là. Je m’imaginais qu’un jour tu marcherais sur Solferino assis sur ton cheval blanc et que dans les intervalles je serais devenu ton chambellan et que je me serais occupé de tes photocopies, de 3 lignes et demi de discours et aussi de porter tes flingues de concours.

Bref, mon Manu le Catalan, parce que j’aimais l’idée à ce qu’on ferraille ensemble dans la mitraille d’une certaine idée de la gauche à reconstruire et que là tu te barres avant le chant du coq, je n’irai donc pas par 4 chemins. En partant du PS et refusant ainsi le combat âpre qu’aurait été un congrès de la refondation (avec baffes en guise de viennoiseries et mêlées relevées dès les premières prises de parole), tu déçois mon cœur qui imaginait que le vent viendrait de ton histoire d’homme debout pouvant refaire à défaut de Jarnac un coup d’Epinay !

Le vent ne viendra pas. En alimentant savamment ton investiture auprès de La République en Marche, tu fais en sorte de te faire virer du PS. Ils te vireront comme d’autres se libèrent d’une excroissance au milieu du visage et qui sur les photos de famille fait tache. Tu me fais penser à cet époux volage qui laisse traîner un zeste de parfum sur sa veste parce qu’il n’a pas le courage d’affirmer que 2+2 ne font plus 4 et qu’assumant sa lâcheté, il se rêve davantage dans les bras du martyr de la cause matrimoniale que dans celle de la vérité assumée. Ils te vireront, j’espère que tu n’en doutes pas.

Tu sais je suis allé au meeting de Benoît qui m’a dit entre les lignes de voter pour lui parce que l’histoire de la gauche était belle et que j’en étais devenu un obligé, pour ne pas dire un prisonnier. J’ai compris à ce moment-là que je ne voterai pas pour un parti ne regardant de son futur que les racines de ses plus beaux arbres. Il m’a semblé que dans l’esprit que j’avais pu voir de près pendant tes Primaires à Tournefeuille (31170), résidait la force de poursuivre l’aventure de la sociale démocratie solidement scellée et animée par la volonté farouche de l’adapter au monde dans lequel nous filons à la vitesse de la jeunesse flamboyante et culotée qui, elle, sait comment aller d’un point A à un point B sans passer par les autorisations bridant les émancipations. Bref mon Manu, je ne comprends pas où tu veux en venir à donner le sentiment que tu pars frayer avec les truites voisines parce que les saumons ne sont plus à ton goût. Il me semblait que dans ton attitude à venir, tu resterais le Danton jusqu’au-boutiste qui, les défaites et branlées consommées, deviendrait cet homme que célèbre si justement Rudyard Kipling.

Lourdes, l’autre miracle

Ecrit par Lilou le 25 mars 2017. dans La une, Ecrits

Lourdes, l’autre miracle

Quelques pas au hasard de chemins de traverse quadrillant le Sud-Ouest m’ont conduit ces jours derniers à Lourdes plantée depuis la nuit des temps au milieu de la Bigorre sous le regard fraternel du Pic du Midi. On y raconte bien des légendes à Lourdes. La moins épique, probablement, fut celle qui amena de vieux peuples colériques à se soumettre à Crassus, lieutenant de devoir de Jules César. Soumis, conquis, vaincus et concassés, ce fût-là et certainement pour la dernière fois que des Lourdais vivraient sans Lourdes. Des centaines de lunes plus tard, en 1858 exactement, c’est à une autre colère légendaire qu’eurent à faire face trois jeunes filles lourdaises. Pensez-donc ! Parties ramasser du bois mort le long du Gave furibard de ses flots de février, l’une d’elles aperçut sous la grotte de Massabielle un beau visage blanc cintré de bleu lui déclarant sans autre échappatoire qu’elle était « l’immaculée conception ». Ursule, la mère supérieure très tôt informée de la lumineuse rencontre, en avala sa cornette et toutes les perles de son chapelet, fermoir compris raconte-ton encore sous la basilique les jours de grand vent quand le vin de messe coule davantage qu’à l’ordinaire ! Peu importe finalement, 15 apparitions et 160 ans plus tard, la vie de Bernadette Soubirous reste célébrée dans le monde entier, et la sainte femme bercée de la si sainte apparition reste un mythe plus vivant que jamais. La colère ne sert donc pas à grand-chose, quand bien même divine elle serait…

Mais ce n’est pas vers la grotte éclairée que mes pérégrinations me conduisirent. Presque par accident, par confusion de route plutôt, ma voiture s’arrêta au pied du stade de Rugby, l’autre basilique de Lourdes, plus païenne que jamais dans ses habits bleu et rouge et dont on distingue de toutes les bordées aux alentours les poteaux de sa terre promise. Stade Antoine Beguere, c’est écrit dessus ! On y entre avec les pas comptés de celui qui vient voir un ami alité et que d’aucuns, la perfidie en bandoulière, anticipent comme étant parvenu au soir de sa vie. Nul chapelet ou crucifix n’y accueille le pèlerin égaré. Dans ce stade, le bois mort de Bernadette a la forme ovale du ballon de rugby et ses stalles contiennent près de 3000 places assises. On dit même que le 13 mars 1955, le stade avait tellement enflé que 20.000 fidèles lourdais et montois rivalisèrent de cantiques de bienheureux pour se recueillir auprès des 2 équipes en tête du championnat de France de rugby. Il y eut dans ce monument beaucoup de rivalité sportive, sans aucun doute. Il y eut surtout beaucoup de cœur à afficher urbi et orbi, la supériorité d’un terroir sur un autre… Je n’ai aucun doute là-dessus non plus, le vent de Bigorre et des Landes souffle en effet toujours ces curieux messages nous venant du fond des âges. C’était ainsi, et ce le sera toujours dans d’autres milliers de lunes.

Le stade est aussi vide que la grotte de Massabielle la veille de la première apparition. Tout y est pourtant en place, et si l’on tend l’oreille du côté du romantisme le plus assumé et surtout dans les pages d’histoire de ce jeu, on croit pourtant percevoir la ferveur en forme de clameurs vieilles de plus de 60 ans pour s’enthousiasmer des exploits de l’un des plus prestigieux clubs de rugby de France et de Navarre. Je ne jurerai d’ailleurs pas ne pas les avoir entendues, moi qui, cherchant l’air du temps glorieux du FCL, entrepris de traverser le terrain hanté par ses plus fameux exploits. Ma pélerinade commence par les quelques pas qui amènent au seul angle mort du stade, la sortie de ses vestiaires à l’ombre maintenant muette d’une foule si souvent heureuse. On sent dès la sortie de cet escalier bétonné de vieux les maints tumultes qui continuent d’y vivre dans le secret des souvenirs, on le sait, ça ne s’explique pas. C’est là que ça a débuté y aurait même pensé Louis Ferdinand de passage dans le coin avant de se raviser et d’écrire le Voyage au bout de la nuit en commençant autrement avec ça a débuté comme ça. Vingt mètres plus loin – il faut traverser la piste d’athlétisme – on se retrouve sur la ligne de touche, puis sur le rectangle vert qui pour de si nombreuses équipes mesura bien plus que 100 mètres sur 50.

Bien cher François,

Ecrit par Lilou le 04 mars 2017. dans France, La une, Politique, Actualité

Bien cher François,

Bien entendu ton discours de Paris confirmant davantage la permanence de l’hiver des Républicains à défaut du printemps qui tarde à leur pointer le bout de son museau. Si j’ai bien tout compris, la parole sera donnée au peuple, surtout pas à la justice. Au fait, étant du peuple qui ira voter, je me permets de te tutoyer, je n’ai pas l’éducation de la bienséance, ni celle des courbettes d’ailleurs, et puis je sais que ça t’énerve aussi. Alors à moi ça me plaît.

Bon, dans ton discours, tu détruis la justice ! Pour son calendrier, si je comprends bien, c’est jamais le bon moment. C’est vrai qu’avec la somme astronomique des mandats que toi et tes collègues vous vous coltinez dans votre besace à géométrie invariable, vous avez toujours qui traîne soit une élection, soit une primaire, soit un conseil d’administration, soit un dîner de ceci ou de cela, soit un discours à la Castro, soit un comité de pilotage, soit un comité directeur, soit un bridge en famille. Y en a qui disent tous les soirs qu’elles ont mal à la tête, y en a d’autres, comme toi, qui disent tout le temps que c’est pas le moment. C’est certain que dans ce cadre-là aussi, le calendrier de la justice tamponne toujours tes autres calendriers et que même je sais pas comment tu fais pour faire tant de trucs à la fois aussi intelligents. Au fait, la dernière fois que j’ai fêté mon anniversaire, j’ai pris une prune pour excès de vitesse ! La gendarmette, à qui j’ai imploré la clémence eu égard à ce jour si spécial, doit encore en rire… François, c’est jamais le moment quand on se fait prendre les doigts dans le pot de confiture. Tu es né vieux ? Tu n’as jamais été enfant ?

A propos du calendrier de la justice, j’ai pas compris que tu critiques sa vitesse de la lumière, toi qui pour Sarko l’ancien voulais accélérer les procédures et te plaignais sans cesse de son temps démesurément long ! Faudrait savoir !!! C’est jamais le bon timing pour toi, soit c’est trop long, soit c’est trop rapide ! Je crois avoir entendu exploser de rigolade Nicolas sur le coup de 12h30 quand t’en as presque parlé du temps judiciaire. Dirais-tu qu’en ce moment la justice se comporte comme un éjaculateur précoce que ça m’étonnerait pas et qu’à toi ça te plaît pas ! T’as jamais entendu parler de la séparation des pouvoirs qui fait que tu t’émoustilles dans un monde séparé du monde judiciaire ? Bon, je te comprends aussi, toute la famille de Sablé aux prises avec des arpenteurs de bonnes mœurs du travail et de la loi, ça gonfle un peu ta taulière quand même. Et pis t’aurais pu dire plutôt ce que tu en penses vraiment de la justice ! Et que de cette pensée savamment cultivée le long de tes usages, y a plutôt des gens qui ne devraient pas devoir être obligés de passer devant des hermines pas rigolotes parce qu’elle te regardent comme si tu leur devais de l’argent. Des comptes plutôt, et au nom de la loi en plus…

Mais bon, ça fait un peu lourdingue tes explications parce que si c’est tout à fait légal que d’utiliser le flouze de l’assemblée Nationale pour payer tes petites mains pour tous tes milliards de boulots, ça fait quand même cher le bulletin de salaire pour sa Pénélope (même quand on s’appelle pas Ulysse) et ses chérubins. Surtout quand on dit que dans ta France de demain, faudra que tout le monde fasse des efforts… Au fait François, où t’as donc mis le grisbi ? Parce que 1 million d’euros de salaire pour Madame, probablement autant pour toi, mille dieux que ça t’en fait une de cagnotte ! T’es sûr que tu as tout planqué sous ton matelas de Sablé (sur Sarthe hein, pas de Nançay malheureusement…). T’es sûr que t’as pas du cousinage avec Le Cahuzac quand même… ? Nous, quand on vit tout en bas de l’échelle, on se dit que quand on va exploser le loto et qu’on va repartir avec 1 million d’€ en pogne, on va pouvoir vivre toute une vie confortablement installés sur ce matelas. J’arrive pas à imaginer de pouvoir dépenser tout ça en une quinzaine d’années ! Avec ta leçon de pouvoir le faire dans ce temps-là, on voit quand on en a du fric, ça part aussi vite qu’une convocation chez les juges. Autant rester pauvres alors ! Et riches de plein d’autres trucs.

Populiste, avez-vous dit ?

Ecrit par Lilou le 25 février 2017. dans France, La une, Politique

Populiste, avez-vous dit ?

Mais qu’est-il passé par la tête de ce si prometteur Macron qu’en ces mêmes lignes j’avais baptisé le Giscard de Gauche ? La colonisation est un crime contre l’humanité… Pour éclaircir la chose, plus familiale que jamais avec mon pied noir que je préfère plus à gauche qu’à droite, j’ai donc invité mon criminel contre l’humanité de père pour le passer à la moulinette de mon tribunal.

Midi ce samedi, je piaffais d’impatience ! Le visage lacéré par des nuits sans sommeil à ressasser mon nom et mon sang de « là-bas », pour ne pas dire cette descendance que je ne me connaissais pas de si cruelles intentions, j’attendais à la porte de chez moi que la cloche sonne l’entrée du condamné macronisé en direct d’Alger. Espérant ce criminel découvert à la vitesse d’un tombeau ouvert, je pourrais enfin me comporter en juge de Nuremberg, la larme à l’œil du plaisir non feint d’agir pour l’humanité. Je n’attendais qu’une seule chose de ces longues minutes précédant sa présentation devant ma toge rouge flanquée d’Hermine : que le criminel pointe le bout de son crime et que forcément il en expie son bulletin de naissance et tant qu’on y était aussi, ses parents, ses grands-parents et tous les chiens qui avaient été les leurs. Planqués sous la table basse, mes couteaux étaient aiguisés de la pierre de l’inquisiteur, j’y avais mis du reste toute mon âme de bras vengeurs et macroniquement guidés. Pour faire passer la dernière anisette comme Bernard Gui aurait fait passer la sainte huile sur des bras pelés, mes goutes de curare et de cyanure attendaient calmement auprès de mon jugement dernier. Ce serait froid, rapide et sans concession. Un criminel contre l’humanité, ça se boit très frais et vite.

Midi et quelques brouettes ce samedi… La première anisette ne servit qu’à amener la seconde qui ne servit quant à elle finalement que de prétexte à la dernière devant ouvrir les agapes nappées de Cumin, de Piment rouge et de Cannelle. Sur la table était posé simplement un bouquet de Jasmin venant du jardin de mon grand-père, criminel de guerre lui aussi mais bon, disparu dans les affres du grand âge il y a quelques années, et surtout totalement ignorant de son statut épique de criminel contre l’humanité. Nous sommes en tout cas certains, mon père et moi, que de là où il est, et en digne héritier de la 1ère armée d’Afrique qui lui fit traverser l’Italie nazie entre 1942 et 1945, il doit en donner des louches et des calbotes à ses « confrères » pendus de Nuremberg… Il doit en donner tellement même, et tous les jours en plus (en fait le connaissant très bien, aussi souvent que possible plutôt), qu’il doit en avoir des crevasses à ses péniches de menottes trempées dans l’acier des gens de bien.

Elève Macron Emmanuel… Savez-vous qu’à un oral d’histoire du bac et concernant une question sur la colonisation, si vous m’aviez répondu que la colonisation était un crime contre l’humanité, je vous aurais renvoyé vers une plus vaste réflexion sur de l’anachronisme en histoire ? Je vous y aurais renvoyé parce qu’au-delà de répondre totalement à côté de la question, je n’ose vous rappeler que la discussion historique doit avant tout ouvrir son sujet et ne pas le refermer à son seul jugement, votre réponse nous entraîne une fois de plus dans les actes de la contrition sans fin. Alors oui, je vois bien que dans les phrases qui ont suivi et pour tenter de limiter la casse, votre concept (votre buzz plutôt) a glissé et que de colonisation/crime contre l’humanité on passe à Guerre d’Algérie/crime contre l’humain… Mais trop tard, en tout cas en ce qui me concerne. Brillant vous êtes, politicard du système vous restez. Et hélas, c’est bien là qu’est l’os.

28 janvier 2017 - Rouge

Ecrit par Lilou le 28 janvier 2017. dans France, La une, Politique, Actualité

28 janvier 2017 - Rouge

C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases… Oui et par ces temps qui lassent on se mettrait presque la tripe à l’air à se demander pourquoi les Socialistes hésitent toujours entre le rouge et le rose. L’histoire n’est pas nouvelle, elle pourrait même être belle mais on ne reviendra pas sur le congrès de Tours de 1920 qui déjà confirmait que dans cette famille-là, l’amertume à la Borgia se conjuguerait dorénavant à tous les temps de la création… tout en préférant principalement ceux qui servent les minuscules intérêts. Les temps que traverse le PS d’aujourd’hui ramènent au temps médiéval de ses aspirations sociales et de ses choix directionnels. La nouveauté si je puis dire, c’est qu’en plus que de ne pas savoir compter quelques bataillons clairsemés de votants courageux, ce PS-là assume totalement ses élucubrations visant à déconstruire avec application le vieux contrat social donnant à la valeur du travail le rôle de mamelle de l’insertion dans la Nation.

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour un programme construit avant tout dans l’objet d’attirer le chaland dans un délire plus rougeoyant que jamais et qui continue d’user jusqu’à la couenne les idées rances des fuyards de 1920.

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour ces quarterons d’opportunistes misant des carrières entières sur un cheval de bon galop plutôt que de construire un projet de course à long terme dusse-t-il l’être dans l’ambiance feutrée des très faibles comités sentant la sueur plutôt que dans les grands messes cathodiques à vent dans le dos. Le socle ne manque pas pourtant, l’histoire de la gauche de gouvernement nous l’enseigne tous les jours dans nos droits et nos valeurs. Mais ses idées meurent plus fermées que jamais dans les anathèmes en 150 caractères. Qu’adviendra-t-il très bientôt quand ce Giscard de gauche pourra compter dans sa besace parlementaire les ralliements de ceux qui aujourd’hui sont rouges de plaisir mais qui demain seront verts de rage d’aller lui demander la charge, au sens monarchique du terme, bottes en caoutchouc aux pieds et sourires de circonstance sur les photos, de défendre le contraire de ce que jour après jour ils pérorent sous les gelées de janvier derrière Benoit Hamon ?

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour tous ceux qui dès le 6 mai 2012 savaient que le quinquennat qui arrivait sur la pointe des pieds (et les pistons du scooter) serait avant tout celui de François le mal aimé. A la Concorde ce soir-là, pendant que le vaincu s’apprêtait à ne jamais quitter la politique devenue spectacle, de petits cortèges rougis d’ambition se demandaient comment ils pourraient faire de leurs ministères et autres prébendes surdorées les chambres d’écho de leurs rancœurs de mauvais augure. Se jouait alors bien plus que la mise en place d’une politique hésitante et surtout née du glissement glauque du Sofitel de New York… Se jouaient déjà les affres de la Primaire actuelle qui n’a de belle que le sourire de Léa Salamé. Ne nous y trompons pas… Hollande était déjà perdu, trop de couteaux s’aiguisaient sur les flonflons de la victoire de celui ayant tous les attributs de l’enfant pas vraiment désiré et sur le tard venu…

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour ces héritiers flamboyants des arrière-cours florentines ayant confondu la loyauté envers le sens commun et le contrat de gouvernement avec les étincelles de leurs commisérations médiatiques offrant 15 secondes de gloriole plus phalliques qu’aimantes. Que de crimes et châtiments avons-nous entendu pendant ces années, pas si perdues que cela du reste, afin d’enfoncer des clous sur le cercueil des ambitions gouvernementales de 2012 condamnées avant que d’avoir vécu.

POESIE - Mon cadeau de Noël

Ecrit par Lilou le 17 décembre 2016. dans La une, Ecrits

POESIE - Mon cadeau de Noël

Demain soir, je couvrirai toutes mes pensées

Du jour, des nuits et de mes espoirs sans sommeil,

De la plus majuscule envolée dessinée

Une fois l’an comme une virgule dans le ciel

 

La longue attente auscultant l’ultime seconde,

Il sera temps d’écouter tous tes battements

De l’aurore venue, de ta bouche toute ronde

Des papiers froissés et des jouets étourdissants

 

Sur mes pas habillés du projet de te plaire

Te faire sourire ou jouer à n’en jamais finir

Je prends et je soupèse ce qu’à ce dromadaire

Ce livre ou cette odeur, tu pourrais agrandir

 

Ficelé par mon sourire et mon utopie,

Complètement entouré de tous mes paquets

Je musarde et m’impatiente à tes rêveries

Qui toujours s’additionnent à nos yeux retrouvés

Trois coups pour un hoquet de l’histoire ?

Ecrit par Lilou le 26 novembre 2016. dans La une, France, Ecrits, Politique

Trois coups pour un hoquet de l’histoire ?

On a coutume de penser que le 10 juillet 1940 fut le 3ème coup d’une stratégie politique visant à faire glisser l’opinion publique dans la certitude que seul un pouvoir autoritaire pourrait remettre de l’ordre dans la maison France. Faut bien le dire sans autre discours, le 10 juillet 1940 la gouvernance de l’Etat trouvait dans la conclusion de ce cheminement très théâtral le lever de rideau sur une nouvelle France, autoritaire, antidémocratique, raciste et se délectant à l’avance des pires compromissions.

Le premier coup fut celui qui se joua devant l’assemblée nationale le 6 février 1934. Disons seulement que se jouèrent ce jour-là les premiers coups de boutoir imprimant dans l’opinion publique les cabales nauséabondes fondant les mythes de l’extrême-droite française : un pouvoir en déliquescence et violemment brocardé (ne confondons pas, nous ne parlons pas des Flamby et autres Ali Juppé), la corruption institutionnalisée à tous les étages (là non plus pas de parallèle avec ces « pourris de socialos » et ces « collabos de l’establishment »), une démocratie ivre de ses dérives savamment mises en scène (vous avez vu, je ne cite même pas la rose bleue ou le projet de loi du jour exigeant que la République demande pardon pour le… saccage de la basilique Saint Denis en 1793/94), des affaires financières fermant les débats plus politiciens que politiques sur le devenir des uns et des autres (non, non et non, je ne citerai pas ici les outrances généralisées en ce sens faites à tous nos élus parce que quelques-uns se sont fait prendre les doigts dans la confiote. Je suis historien, et même si je me délecte de ses recommencements, je parlais ici des années Trente…).

Le second coup fut frappé le 10 avril 1938 avec la chute du second gouvernement du Front Populaire. Cette explosion de la gauche de compromis (non plus, ne me faites pas aller dans les railleries actuelles autour de la gauche plurielle ou de celle des grands écarts si proches des motions de congrès du PS) sonna la fin des illusions pour une certaine idée de l’idéalisme socialiste au pouvoir. Elle ouvrit le champ pour les opposants de tout poil. Ils furent nombreux, concurrents classiques et parfois surprenants (non et encore non, vous me voyez moi, jamais moqueur et toujours objectif à faire un pont avec tous ces frondeurs actuels et ces pisse solitaire prêts à tenter l’aventure du chemin des élections sur le seul orgueil !). Oui, ils furent nombreux à rendre l’idéal jauressien de justice sociale et d’égalité de tous et TOUTES, aussi abscons, illégal et vulgaire que possible. Jugés de Vichy et condamnés à mort par les opportunistes de l’Hôtel du Parc, préparez-vous dès 1938 à payer les rancœurs personnelles pendant que ceux qui gouvernent baissent leurs pantalons à Munich pour éviter la guerre dans leur idée si particulière de l’honneur. Et puis vint le 10 juillet 1940 avec l’extinction pour 4 ans des Lumières du 18ème siècle, la France devenait noire en combattant au passage tout ce qui n’était pas blanc de souche.

Rentrée des claques

Ecrit par Lilou le 17 septembre 2016. dans La une, France, Ecrits, Politique

Rentrée des claques

Ce matin, le président a pété en se levant à 6h42. Pas d’inquiétude donc, la France est en très grande forme et vous présente ses vœux les plus sincères pour cette journée radieuse dominée par les coutumières entrées maritimes d’Ouest.

J’espère qu’une fois la bise de mai 2017 venue, ce ne sera pas en ces termes que le bulletin matinal des radios me réveillera. Mais bon, plus on va et plus il me semble qu’on se dirige davantage vers une gouvernance quinquennale du verbe fustigeant au pilori du roman national celle de l’action quotidienne. On a coupé la tête en 1793 du souper du roi et de ses effets de selle en public, on y glisse de nouveau doucement… Ça meuble le fil des jours au moins !

Les hommes (une femme seulement et encore s’est-elle qualifiée dans les arrêts de jeu ! Mesdames quand prendrez-vous notre pouvoir ?) sont entrés en campagne électorale. Ça s’annonce passionnant, ne changez rien ! Sarko entre en saison 2. On se demande malgré tout si son public ne finira pas par le laisser tomber espérant en vain depuis toujours que la belle Carlita n’intervienne pas plus souvent dans son barnum.

Le making-of est pourtant prometteur, mais les dialogues de 2012 sont usés. Il se murmure dans les milieux autorisés (Coluche je t’embrasse sur les 4 joues) qu’une séance photo instrumentalisera le bonheur des tourtereaux entre les deux tours des primaires. A défaut de programme ça fournira du papier glacé aux coiffeurs comme aux électeurs et ce sera du temps qu’on ne tuera plus sans rien penser. Juppé, le meilleur d’entre nous (Monsieur Jacques, même votre immobilisme nous manque, c’est dire !), s’apprête à tourner comme une star des années folles. Pourquoi n’a-t-il pas suivi Fafa au conseil constitutionnel. Retraite assurée, l’éternité devant lui et un bon fauteuil pour les lombaires !!! Bruno le long, si on y fait pas gaffe y rétablira les octrois à l’entrée des villes et privatisera les toilettes des écoles primaires, fait des débuts prometteurs pour sa première saison. Tenue irréprochable, même le pli de la chemise est calculé au plus photoshopisé. Pas de cravate aussi pour trancher avec les autres apparaissant trop rigoristes (il n’est pas loin du procès en jeunisme d’ailleurs). Ce Nono le long est un bon, ça se voit du premier coup d’œil. Bon on oublie ses lacunes, sur l’école c’est quand même à mourir de rire (PTDR pour faire djeun). Que voulez-vous, on entend mais on n’écoute plus rien ma po’ve dame… Les autres de la primaire de droite, ce serait du reste assez court d’en parler longuement, sont anecdotiques. Je sais juste qu’à les entendre égrener les milliards de solutions, je pense qu’en les élisant chacun leur tour pendant une semaine, ils finiraient par vaincre la fatigue – des ouvriers – les lendemains de jours de repos ! Je ne suis quand même pas certain qu’ils sachent monter un meuble IKEA. Mais bon, c’est anecdotique vous disais-je… Ah si, y a quand même le délicieux Claude, divorcé de frais avec l’ex et qui, après avoir consommé son inutilité dans la modernité, finira par proposer sa candidature au Saint Siège pour succéder à François. Bref, à droite des claques de septembre !

A gauche pas mieux ! Pas trop la peine de s’appesantir sur ses extrêmes, notre gauche ainsi devenue en a plusieurs, et elle est devenue un carré polymorphe qui se déplace en rond avec en son dedans des ersatz de pensée et de cris. Les communistes ont oublié la commune et n’espèrent plus qu’en un exploit des calculettes, les révolutionnaires ne révolutionnent plus du tout (nuit debout est au lit et les anarchistes ont amené leurs oreillers), et les écolos ont oublié l’écologie avalés entièrement par les huuuurlements stridents de Cécile qui démagogise plus qu’elle ne crée.

Dear British brothers,

Ecrit par Lilou le 09 juillet 2016. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Dear British brothers,

Mais que vous est-il arrivé dans cette volonté affirmée de nous quitter ? Je réécoute en boucle depuis l’annonce du Brexit The Green Fields of France et ne vous comprends toujours pas… Me reviennent en mémoire nos batailles passées et nos arcs-en-ciel par tous les temps, overseas, dans notre si beau village du monde rien qu’à nous. Je nous revois souriant de nous tous aux 4 coins du monde où nous avons ferraillé d’amour, de bières et de rêves. Je vous revois amis de Bombay et de Curitiba, frère et sœur de burnt oak, compagnons de fortune de Twickenham ou d’Anfield Road, je ris éternellement de ces barriques de Stellenbosh descendues méthodiquement sous l’air diaboliquement bon de Don’t take me home et de celui si doux de Will Grigg’s on fire. Je songe à nos moqueries de Covent Garden et de Stonehenge où nous n’avions pas encore atteint l’âge de ne surtout pas rire de tout avant que de commencer à vieillir. Vous me l’avez toujours dit, je suis parfois plus Anglais que vous. Votre vote me confond dans une infinie rage de vous perdre dans nos communautés de valeurs.

1er juillet 1916, il y a un siècle exactement ou tout juste hier plus sûrement, à 7h28, commençait l’assaut furieux de la Somme. Je repense souvent à nos pèlerinages ensemble à Albert, à Thiepval, dans le Bois de Delville, puis le lendemain sur le Mort Homme et la Côte 304. Je me sens aujourd’hui bien seul de vous voir nous quitter au milieu de ces ruines et ces champs de souvenir qui me rappellent que nos ancêtres ont construit ensemble notre Europe. Je me sens très seul de constater que l’individualisme nationaliste béat, de ce contre quoi vos ancêtres ont combattu il y a 1 siècle, vient de triompher. Vous êtes partis en claquant la porte avec vos vociférations d’un autre âge et votre haleine pleine de haine contemplative. Je n’aime pas les portes qui se ferment, ni votre souffle à méchante haleine, cela me fait trop penser à des cœurs qui se brisent et à des marins de passage préférant Macao à Singapour…

Britons et frères vous fûtes, Britons et frères vous resterez. Mais bon, comprendrez-vous toujours que ce qui vous entoure, nous l’avons construit ensemble et que vous refusez d’en faire plus ? Et que cela m’est insupportable ?

With love, and forever yours… Deeply…

<<  1 [23 4 5  >>