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Populiste, avez-vous dit ?

Ecrit par Lilou le 25 février 2017. dans France, La une, Politique

Populiste, avez-vous dit ?

Mais qu’est-il passé par la tête de ce si prometteur Macron qu’en ces mêmes lignes j’avais baptisé le Giscard de Gauche ? La colonisation est un crime contre l’humanité… Pour éclaircir la chose, plus familiale que jamais avec mon pied noir que je préfère plus à gauche qu’à droite, j’ai donc invité mon criminel contre l’humanité de père pour le passer à la moulinette de mon tribunal.

Midi ce samedi, je piaffais d’impatience ! Le visage lacéré par des nuits sans sommeil à ressasser mon nom et mon sang de « là-bas », pour ne pas dire cette descendance que je ne me connaissais pas de si cruelles intentions, j’attendais à la porte de chez moi que la cloche sonne l’entrée du condamné macronisé en direct d’Alger. Espérant ce criminel découvert à la vitesse d’un tombeau ouvert, je pourrais enfin me comporter en juge de Nuremberg, la larme à l’œil du plaisir non feint d’agir pour l’humanité. Je n’attendais qu’une seule chose de ces longues minutes précédant sa présentation devant ma toge rouge flanquée d’Hermine : que le criminel pointe le bout de son crime et que forcément il en expie son bulletin de naissance et tant qu’on y était aussi, ses parents, ses grands-parents et tous les chiens qui avaient été les leurs. Planqués sous la table basse, mes couteaux étaient aiguisés de la pierre de l’inquisiteur, j’y avais mis du reste toute mon âme de bras vengeurs et macroniquement guidés. Pour faire passer la dernière anisette comme Bernard Gui aurait fait passer la sainte huile sur des bras pelés, mes goutes de curare et de cyanure attendaient calmement auprès de mon jugement dernier. Ce serait froid, rapide et sans concession. Un criminel contre l’humanité, ça se boit très frais et vite.

Midi et quelques brouettes ce samedi… La première anisette ne servit qu’à amener la seconde qui ne servit quant à elle finalement que de prétexte à la dernière devant ouvrir les agapes nappées de Cumin, de Piment rouge et de Cannelle. Sur la table était posé simplement un bouquet de Jasmin venant du jardin de mon grand-père, criminel de guerre lui aussi mais bon, disparu dans les affres du grand âge il y a quelques années, et surtout totalement ignorant de son statut épique de criminel contre l’humanité. Nous sommes en tout cas certains, mon père et moi, que de là où il est, et en digne héritier de la 1ère armée d’Afrique qui lui fit traverser l’Italie nazie entre 1942 et 1945, il doit en donner des louches et des calbotes à ses « confrères » pendus de Nuremberg… Il doit en donner tellement même, et tous les jours en plus (en fait le connaissant très bien, aussi souvent que possible plutôt), qu’il doit en avoir des crevasses à ses péniches de menottes trempées dans l’acier des gens de bien.

Elève Macron Emmanuel… Savez-vous qu’à un oral d’histoire du bac et concernant une question sur la colonisation, si vous m’aviez répondu que la colonisation était un crime contre l’humanité, je vous aurais renvoyé vers une plus vaste réflexion sur de l’anachronisme en histoire ? Je vous y aurais renvoyé parce qu’au-delà de répondre totalement à côté de la question, je n’ose vous rappeler que la discussion historique doit avant tout ouvrir son sujet et ne pas le refermer à son seul jugement, votre réponse nous entraîne une fois de plus dans les actes de la contrition sans fin. Alors oui, je vois bien que dans les phrases qui ont suivi et pour tenter de limiter la casse, votre concept (votre buzz plutôt) a glissé et que de colonisation/crime contre l’humanité on passe à Guerre d’Algérie/crime contre l’humain… Mais trop tard, en tout cas en ce qui me concerne. Brillant vous êtes, politicard du système vous restez. Et hélas, c’est bien là qu’est l’os.

28 janvier 2017 - Rouge

Ecrit par Lilou le 28 janvier 2017. dans France, La une, Politique, Actualité

28 janvier 2017 - Rouge

C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases… Oui et par ces temps qui lassent on se mettrait presque la tripe à l’air à se demander pourquoi les Socialistes hésitent toujours entre le rouge et le rose. L’histoire n’est pas nouvelle, elle pourrait même être belle mais on ne reviendra pas sur le congrès de Tours de 1920 qui déjà confirmait que dans cette famille-là, l’amertume à la Borgia se conjuguerait dorénavant à tous les temps de la création… tout en préférant principalement ceux qui servent les minuscules intérêts. Les temps que traverse le PS d’aujourd’hui ramènent au temps médiéval de ses aspirations sociales et de ses choix directionnels. La nouveauté si je puis dire, c’est qu’en plus que de ne pas savoir compter quelques bataillons clairsemés de votants courageux, ce PS-là assume totalement ses élucubrations visant à déconstruire avec application le vieux contrat social donnant à la valeur du travail le rôle de mamelle de l’insertion dans la Nation.

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour un programme construit avant tout dans l’objet d’attirer le chaland dans un délire plus rougeoyant que jamais et qui continue d’user jusqu’à la couenne les idées rances des fuyards de 1920.

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour ces quarterons d’opportunistes misant des carrières entières sur un cheval de bon galop plutôt que de construire un projet de course à long terme dusse-t-il l’être dans l’ambiance feutrée des très faibles comités sentant la sueur plutôt que dans les grands messes cathodiques à vent dans le dos. Le socle ne manque pas pourtant, l’histoire de la gauche de gouvernement nous l’enseigne tous les jours dans nos droits et nos valeurs. Mais ses idées meurent plus fermées que jamais dans les anathèmes en 150 caractères. Qu’adviendra-t-il très bientôt quand ce Giscard de gauche pourra compter dans sa besace parlementaire les ralliements de ceux qui aujourd’hui sont rouges de plaisir mais qui demain seront verts de rage d’aller lui demander la charge, au sens monarchique du terme, bottes en caoutchouc aux pieds et sourires de circonstance sur les photos, de défendre le contraire de ce que jour après jour ils pérorent sous les gelées de janvier derrière Benoit Hamon ?

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour tous ceux qui dès le 6 mai 2012 savaient que le quinquennat qui arrivait sur la pointe des pieds (et les pistons du scooter) serait avant tout celui de François le mal aimé. A la Concorde ce soir-là, pendant que le vaincu s’apprêtait à ne jamais quitter la politique devenue spectacle, de petits cortèges rougis d’ambition se demandaient comment ils pourraient faire de leurs ministères et autres prébendes surdorées les chambres d’écho de leurs rancœurs de mauvais augure. Se jouait alors bien plus que la mise en place d’une politique hésitante et surtout née du glissement glauque du Sofitel de New York… Se jouaient déjà les affres de la Primaire actuelle qui n’a de belle que le sourire de Léa Salamé. Ne nous y trompons pas… Hollande était déjà perdu, trop de couteaux s’aiguisaient sur les flonflons de la victoire de celui ayant tous les attributs de l’enfant pas vraiment désiré et sur le tard venu…

Je ne mettrai jamais mon bulletin de vote pour ces héritiers flamboyants des arrière-cours florentines ayant confondu la loyauté envers le sens commun et le contrat de gouvernement avec les étincelles de leurs commisérations médiatiques offrant 15 secondes de gloriole plus phalliques qu’aimantes. Que de crimes et châtiments avons-nous entendu pendant ces années, pas si perdues que cela du reste, afin d’enfoncer des clous sur le cercueil des ambitions gouvernementales de 2012 condamnées avant que d’avoir vécu.

POESIE - Mon cadeau de Noël

Ecrit par Lilou le 17 décembre 2016. dans La une, Ecrits

POESIE - Mon cadeau de Noël

Demain soir, je couvrirai toutes mes pensées

Du jour, des nuits et de mes espoirs sans sommeil,

De la plus majuscule envolée dessinée

Une fois l’an comme une virgule dans le ciel

 

La longue attente auscultant l’ultime seconde,

Il sera temps d’écouter tous tes battements

De l’aurore venue, de ta bouche toute ronde

Des papiers froissés et des jouets étourdissants

 

Sur mes pas habillés du projet de te plaire

Te faire sourire ou jouer à n’en jamais finir

Je prends et je soupèse ce qu’à ce dromadaire

Ce livre ou cette odeur, tu pourrais agrandir

 

Ficelé par mon sourire et mon utopie,

Complètement entouré de tous mes paquets

Je musarde et m’impatiente à tes rêveries

Qui toujours s’additionnent à nos yeux retrouvés

Trois coups pour un hoquet de l’histoire ?

Ecrit par Lilou le 26 novembre 2016. dans La une, France, Ecrits, Politique

Trois coups pour un hoquet de l’histoire ?

On a coutume de penser que le 10 juillet 1940 fut le 3ème coup d’une stratégie politique visant à faire glisser l’opinion publique dans la certitude que seul un pouvoir autoritaire pourrait remettre de l’ordre dans la maison France. Faut bien le dire sans autre discours, le 10 juillet 1940 la gouvernance de l’Etat trouvait dans la conclusion de ce cheminement très théâtral le lever de rideau sur une nouvelle France, autoritaire, antidémocratique, raciste et se délectant à l’avance des pires compromissions.

Le premier coup fut celui qui se joua devant l’assemblée nationale le 6 février 1934. Disons seulement que se jouèrent ce jour-là les premiers coups de boutoir imprimant dans l’opinion publique les cabales nauséabondes fondant les mythes de l’extrême-droite française : un pouvoir en déliquescence et violemment brocardé (ne confondons pas, nous ne parlons pas des Flamby et autres Ali Juppé), la corruption institutionnalisée à tous les étages (là non plus pas de parallèle avec ces « pourris de socialos » et ces « collabos de l’establishment »), une démocratie ivre de ses dérives savamment mises en scène (vous avez vu, je ne cite même pas la rose bleue ou le projet de loi du jour exigeant que la République demande pardon pour le… saccage de la basilique Saint Denis en 1793/94), des affaires financières fermant les débats plus politiciens que politiques sur le devenir des uns et des autres (non, non et non, je ne citerai pas ici les outrances généralisées en ce sens faites à tous nos élus parce que quelques-uns se sont fait prendre les doigts dans la confiote. Je suis historien, et même si je me délecte de ses recommencements, je parlais ici des années Trente…).

Le second coup fut frappé le 10 avril 1938 avec la chute du second gouvernement du Front Populaire. Cette explosion de la gauche de compromis (non plus, ne me faites pas aller dans les railleries actuelles autour de la gauche plurielle ou de celle des grands écarts si proches des motions de congrès du PS) sonna la fin des illusions pour une certaine idée de l’idéalisme socialiste au pouvoir. Elle ouvrit le champ pour les opposants de tout poil. Ils furent nombreux, concurrents classiques et parfois surprenants (non et encore non, vous me voyez moi, jamais moqueur et toujours objectif à faire un pont avec tous ces frondeurs actuels et ces pisse solitaire prêts à tenter l’aventure du chemin des élections sur le seul orgueil !). Oui, ils furent nombreux à rendre l’idéal jauressien de justice sociale et d’égalité de tous et TOUTES, aussi abscons, illégal et vulgaire que possible. Jugés de Vichy et condamnés à mort par les opportunistes de l’Hôtel du Parc, préparez-vous dès 1938 à payer les rancœurs personnelles pendant que ceux qui gouvernent baissent leurs pantalons à Munich pour éviter la guerre dans leur idée si particulière de l’honneur. Et puis vint le 10 juillet 1940 avec l’extinction pour 4 ans des Lumières du 18ème siècle, la France devenait noire en combattant au passage tout ce qui n’était pas blanc de souche.

Rentrée des claques

Ecrit par Lilou le 17 septembre 2016. dans La une, France, Ecrits, Politique

Rentrée des claques

Ce matin, le président a pété en se levant à 6h42. Pas d’inquiétude donc, la France est en très grande forme et vous présente ses vœux les plus sincères pour cette journée radieuse dominée par les coutumières entrées maritimes d’Ouest.

J’espère qu’une fois la bise de mai 2017 venue, ce ne sera pas en ces termes que le bulletin matinal des radios me réveillera. Mais bon, plus on va et plus il me semble qu’on se dirige davantage vers une gouvernance quinquennale du verbe fustigeant au pilori du roman national celle de l’action quotidienne. On a coupé la tête en 1793 du souper du roi et de ses effets de selle en public, on y glisse de nouveau doucement… Ça meuble le fil des jours au moins !

Les hommes (une femme seulement et encore s’est-elle qualifiée dans les arrêts de jeu ! Mesdames quand prendrez-vous notre pouvoir ?) sont entrés en campagne électorale. Ça s’annonce passionnant, ne changez rien ! Sarko entre en saison 2. On se demande malgré tout si son public ne finira pas par le laisser tomber espérant en vain depuis toujours que la belle Carlita n’intervienne pas plus souvent dans son barnum.

Le making-of est pourtant prometteur, mais les dialogues de 2012 sont usés. Il se murmure dans les milieux autorisés (Coluche je t’embrasse sur les 4 joues) qu’une séance photo instrumentalisera le bonheur des tourtereaux entre les deux tours des primaires. A défaut de programme ça fournira du papier glacé aux coiffeurs comme aux électeurs et ce sera du temps qu’on ne tuera plus sans rien penser. Juppé, le meilleur d’entre nous (Monsieur Jacques, même votre immobilisme nous manque, c’est dire !), s’apprête à tourner comme une star des années folles. Pourquoi n’a-t-il pas suivi Fafa au conseil constitutionnel. Retraite assurée, l’éternité devant lui et un bon fauteuil pour les lombaires !!! Bruno le long, si on y fait pas gaffe y rétablira les octrois à l’entrée des villes et privatisera les toilettes des écoles primaires, fait des débuts prometteurs pour sa première saison. Tenue irréprochable, même le pli de la chemise est calculé au plus photoshopisé. Pas de cravate aussi pour trancher avec les autres apparaissant trop rigoristes (il n’est pas loin du procès en jeunisme d’ailleurs). Ce Nono le long est un bon, ça se voit du premier coup d’œil. Bon on oublie ses lacunes, sur l’école c’est quand même à mourir de rire (PTDR pour faire djeun). Que voulez-vous, on entend mais on n’écoute plus rien ma po’ve dame… Les autres de la primaire de droite, ce serait du reste assez court d’en parler longuement, sont anecdotiques. Je sais juste qu’à les entendre égrener les milliards de solutions, je pense qu’en les élisant chacun leur tour pendant une semaine, ils finiraient par vaincre la fatigue – des ouvriers – les lendemains de jours de repos ! Je ne suis quand même pas certain qu’ils sachent monter un meuble IKEA. Mais bon, c’est anecdotique vous disais-je… Ah si, y a quand même le délicieux Claude, divorcé de frais avec l’ex et qui, après avoir consommé son inutilité dans la modernité, finira par proposer sa candidature au Saint Siège pour succéder à François. Bref, à droite des claques de septembre !

A gauche pas mieux ! Pas trop la peine de s’appesantir sur ses extrêmes, notre gauche ainsi devenue en a plusieurs, et elle est devenue un carré polymorphe qui se déplace en rond avec en son dedans des ersatz de pensée et de cris. Les communistes ont oublié la commune et n’espèrent plus qu’en un exploit des calculettes, les révolutionnaires ne révolutionnent plus du tout (nuit debout est au lit et les anarchistes ont amené leurs oreillers), et les écolos ont oublié l’écologie avalés entièrement par les huuuurlements stridents de Cécile qui démagogise plus qu’elle ne crée.

Dear British brothers,

Ecrit par Lilou le 09 juillet 2016. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Dear British brothers,

Mais que vous est-il arrivé dans cette volonté affirmée de nous quitter ? Je réécoute en boucle depuis l’annonce du Brexit The Green Fields of France et ne vous comprends toujours pas… Me reviennent en mémoire nos batailles passées et nos arcs-en-ciel par tous les temps, overseas, dans notre si beau village du monde rien qu’à nous. Je nous revois souriant de nous tous aux 4 coins du monde où nous avons ferraillé d’amour, de bières et de rêves. Je vous revois amis de Bombay et de Curitiba, frère et sœur de burnt oak, compagnons de fortune de Twickenham ou d’Anfield Road, je ris éternellement de ces barriques de Stellenbosh descendues méthodiquement sous l’air diaboliquement bon de Don’t take me home et de celui si doux de Will Grigg’s on fire. Je songe à nos moqueries de Covent Garden et de Stonehenge où nous n’avions pas encore atteint l’âge de ne surtout pas rire de tout avant que de commencer à vieillir. Vous me l’avez toujours dit, je suis parfois plus Anglais que vous. Votre vote me confond dans une infinie rage de vous perdre dans nos communautés de valeurs.

1er juillet 1916, il y a un siècle exactement ou tout juste hier plus sûrement, à 7h28, commençait l’assaut furieux de la Somme. Je repense souvent à nos pèlerinages ensemble à Albert, à Thiepval, dans le Bois de Delville, puis le lendemain sur le Mort Homme et la Côte 304. Je me sens aujourd’hui bien seul de vous voir nous quitter au milieu de ces ruines et ces champs de souvenir qui me rappellent que nos ancêtres ont construit ensemble notre Europe. Je me sens très seul de constater que l’individualisme nationaliste béat, de ce contre quoi vos ancêtres ont combattu il y a 1 siècle, vient de triompher. Vous êtes partis en claquant la porte avec vos vociférations d’un autre âge et votre haleine pleine de haine contemplative. Je n’aime pas les portes qui se ferment, ni votre souffle à méchante haleine, cela me fait trop penser à des cœurs qui se brisent et à des marins de passage préférant Macao à Singapour…

Britons et frères vous fûtes, Britons et frères vous resterez. Mais bon, comprendrez-vous toujours que ce qui vous entoure, nous l’avons construit ensemble et que vous refusez d’en faire plus ? Et que cela m’est insupportable ?

With love, and forever yours… Deeply…

Pour un autre 18 juin

Ecrit par Lilou le 18 juin 2016. dans France, La une, Politique, Actualité, Société

Pour un autre 18 juin

Nous ne récoltons dans nos rues que ce que nous avons semé en laissant les loups rentrer dans nos villes, nos idéologies et nos âmes. Le problème idéologique que connaît la gauche est ancien. En 1933 déjà, Léon Blum prévenait la SFIO de ce qu’il adviendrait en cas de fracture au sein de la SFIO par ces mots célèbres « je suis épouvanté » prolongés par un dernier murmure « c’est du fascisme ». On sait ce qu’il se passa ensuite dans ces dogmatiques des gauches devenus après 1936 nationaux et autoritaires (Déat, Doriot, Bergery sortez de vos tombes avec vos uniformes de la Wehrmacht et vos silences d’aout 1939). Manu, tu passeras dans l’histoire comme Blum, ton procès se déroulera comme les loups de 2016 le prévoient. Toi, moi et beaucoup d’autres ripaillerons toute une nuit attendant comme les Girondins que l’aube se lève, à la manière de celle du 30 octobre 1793. Comme en 1793 ou en 1933, ce qui est en question aujourd’hui n’est pas le cœur de la pensée mais plutôt la traduction de leurs quêtes du pouvoir avec tout son cortège habillé des fantasmes virils du parrain en fin de route.

Il ne faut pas se tromper sur ce qui se déroule en ce moment même si le sentiment qui domine est qu’il est trop tard parce que le fruit est méchamment corrompu ! Je n’aurais pas dû voyager dans le monde entier et ainsi pouvoir comparer les systèmes sociaux des autres pays avec le nôtre. Je ne me serais ainsi pas insurgé avec autant de force aujourd’hui contre vos faux semblants et vos mensonges permanents dont vous nous abreuvez sur la grande misère sociale française. La grande misère de mon si beau pays, c’est vous et votre quête permanente du pouvoir, c’est ce personnel politique de plus en plus fascisant et nourrissant les haines et les peurs, c’est votre silence assourdissant quand justement il faudrait faire preuve de la parole fondée sur le respect d’autrui et la justice sociale mesurée non pas à l’aune de son minuscule avenir d’élu politique ou syndical mais à l’échelle d’un monde qui rigole de vos privilèges de riches et qui crève de la vraie faim des misères les plus noires.

La CGT et Sud agitent en ce moment le bocal du grand soir. Comme toutes les officines de l’autre extrême du reste… Toutes les ficelles y passent à commencer par une propagande des plus nauséabondes comme aux meilleures heures d’un Thorez rentrant de Moscou et fonçant vers Boulogne Billancourt donner à ceux qui travaillent un peu du gros rouge qui tache pour leur apprendre à se révolter. Ce qui est en question pour les joyeux drilles aux drapeaux rouges (et noirs) n’est pas l’article 2 de la loi. Surtout pas ! Chacun convient en effet qu’il est préférable de taper à la porte de son entreprise pour agir et négocier, à la manière d’un syndicalisme allemand s’étant enfin débarrassé de sa paternité avec l’inénarrable Marx, plutôt que de taper aux portes dorées (n’est-ce pas Monsieur Lepaon) d’une centrale aux 14 mots de vocabulaire et qui semble ne pas comprendre les urgences humaines et humanistes du 21ème siècle. Non, ce qui est en question ce sont les élections syndicales de l’année prochaine et votre gestion prévisible des dégâts à la fois d’une abstention record (nous, gens de France, on vous emmerde à vouloir nous faire dire que vous êtes notre force de pensée et d’action, regardez vos taux de syndiqués), et d’une tannée historique car à nous, ceux qui travaillent pour de vrai et qui ne passons pas nos journées emmurés dans les cellules syndicales ou avachis sur les feuilles jaunies des pamphlets racistes de l’action française et du Manifeste de 1848, vous nous broutez menu. Vous rappelez-vous que toutes vos expériences de pouvoir se sont terminées dans le sang (toujours celui des autres du reste) ? Vous alimentez des bataillons exsangues chargés d’interdire aux autres de travailler avec des peurs et des haines et en utilisant des réflexes idéologiques que le grand soleil débile de Corée du Nord vous envie. Vous manipulez ces travailleurs qui ne comprennent pas que leur combat n’est pas le vôtre, vilement électoraliste. Vous utilisez les différences entre les uns et les autres pour construire des murs que d’autres nomment aussi des communautarismes. Agissant de la sorte, vous comptez et fixez vos troupes…

Comme du reste, Bruxelles...

Ecrit par Lilou le 26 mars 2016. dans Monde, La une, Ecrits, Politique, Actualité

Comme du reste, Bruxelles...

Frappés comme les Français le 13 novembre dernier à Paris avec ses 130 hectolitres de larmes (comme du reste le 12 janvier à Charlie Hebdo et à l’hyper Cacher et ses 17 morts, je suis Charliiiiiiie, comme du reste le 27 janvier 2015 et ses 9 morts de l’hôtel Corinthia de Tripoli, comme du reste le 30 janvier 2015 au Pakistan et ses 61 morts, comme du reste les 11 et 12 février 2015 à Copenhague et ses deux morts par fusillades, comme du reste le 24 février 2015 et ses 34 morts de la gare routière de Kano, comme du reste le 18 mars 2015 et ses 24 morts du musée du Bardo, comme du reste le 2 avril 2015 et ses 148 étudiants morts debout dans les allées de l’université de Garissa, comme du reste le 22 mai 2015 et ses 21 morts de la mosquée chiite de Koudeih, comme du reste le 17 juin 2015 et ses 37 morts de N’Djamena, comme du reste le 26 juin 2015 et ses 38 morts sur la plage de Port El Kantaoui, comme du reste le 16 juillet 2015 et ses 5 morts de Chattanooga au cœur de la Caroline du Mort, comme du reste le 7 aout 2015 et ses 20 morts de Kaboul, comme du reste le 17 aout 2015 et ses 20 morts de Bangkok, comme du reste le 4 septembre 2015 et ses 30 morts du Cameroun, comme du reste le 20 septembre 2015 et ses 117 morts de Maiduguri, comme du reste le 10 octobre 2015 et ses 102 morts d’Ankara, comme du reste le 31 octobre 2015 et ses 224 russes vaporisés dans leur avion au-dessus du Sinaï, comme du reste le 12 novembre 2015 et ses 43 morts de Beyrouth, comme du reste le 24 novembre 2015 et ses 12 morts de Tunis, comme du reste le 2 décembre 2015 et ses 14 morts de San Bernardino, comme du reste le 8 décembre 2015 et ses 50 morts pour la plupart dans une école de Kandahar, comme du reste le 19 décembre 2015 et ses 4 morts de Mogadiscio…), je me permets de vous envoyer, chers amis belges, tout plein d’amour et de tendresses sans aucune ombre ni nuance.

C’est idiot, je le sais et j’adore à l’avance votre délicieux sens du verbe et de sa mise en bouche qui me le dira, de commencer une gentille lettre dans laquelle je vous glisse aussi toute la compassion d’un quidam de Toulouse (putaingggggg on célèbre chez nous ces jours derniers la 4ème année sans voir le sourire vivant et joyeux des enfants d’Ozar Hatorah et de celui de Imad Ibn Ziaten, j’aime me souvenir de ton nom comme ceux de Jonathan, Yaakov et des autres…), pour vous offrir bien malgré moi quelques augures de réconfort surmontés d’une pincée de « courage, on les aura ». C’est idiot aussi parce qu’au lieu de vous dire simplement les choses, j’ajoute une parenthèse longue comme un dimanche d’hiver 1943 à Ravensbrück. Professeur d’Histoire que je suis, il n’était pas question que j’oublie les autres violences aveugles de ces abrutis opposés au genre humain. Je ne me suis pourtant contenté que de 2 attentats par mois dans le temps long de la souffrance, que de 2 crimes contre l’humanité pour moi dans le temps court des gens heureux. J’aurais trop étiré mes peines sinon et nous aurions trop pleuré et cultivé à notre tour la haine. Et puis je me suis arrêté à 2015. En 2014 il y a eu 32658 morts dans des attentats de part le monde… Reflets du Temps quand tu me tiens…

Je l’ai décrété en fin de matinée à mon travail. Aujourd’hui 22 mars 2015 est instituée par la vox personae une journée mondiale sans blague belge. Ni blague tout court (du reste…) Les images sont malheureusement connues et célèbres depuis des années dans notre monde hyper médiatisé et coutumièrement violenté : des cohortes affolées d’autres quidams que moi parcourent des rues tremblantes pendant que des sirènes de pompiers déchirent Itélé, BFM et CNN alors que les pâtes au fromage vont refroidir sur la table familiale. Pendant ce temps là, des agences de pubs se creusent la tête pour trouver le bon mot espérant percer la gloire médiatique avec le prochain je suis tartempion (cette idée-là était géniale pour Charlie, après on rentre dans le matraquage publicitaire façon TF1 le dimanche soir).

Verdun, où est ta victoire ?

Ecrit par Lilou le 20 février 2016. dans Ecrits, La une, Histoire

Verdun, où est ta victoire ?

Le 21 février 1916, il y a tout juste un siècle, commençait l’affrontement le plus emblématique de la première guerre mondiale : la bataille de Verdun. Qu’avons-nous retenu de ses quelques 300.000 morts et de ses centaines de milliers de brouettes remplies d’amputés de la vie ?

La guerre de ce début de 1916 s’est enlisée depuis plus d’une année. Dans les boues de l’Artois et les craies de Champagne, nulle armée n’a réussi en 1915 à colmater la longue balafre du front qui serpente vilainement les champs de blé et les forêts de la mer du Nord aux frontières de la Suisse.

L’espoir de la Marne des premières semaines est déjà un lointain souvenir à l’image des promesses des plus anciens soldats de l’été 14 de fêter le début des vendanges depuis Berlin. Le compteur des morts français s’affole chaque jour de plus de 800 soldats qui ont tout juste le temps d’étrenner leur nouvelle tenue bleu horizon… Dans la campagne de Lacarre, plus personne ne chante les bonheurs à boire de ce pays basque, y a plus d’hommes mon bon Monsieur, y sont tous partis au front et ceux qui sont revn’us sont devenus branques, Jean Baptiste Lartigau, 37 ans et plus aucune illusion, ne sait pas encore qu’il ne reverra ni Noël et ni les siens. Sur l’autre rive de la Méditerranée, c’est un hiver doux mais pluvieux. Vincent Ambit, ouvrier agricole de Mers El Kebir et 36 ans de soleil dans ses artères stationne à Verdun avec son régiment de tirailleurs algériens. Il a bien écrit à ses parents comme tous les jours, ne t’inquiète pas maman, un jour calme de plus, les Boches n’ont aucun courage. Mais comment peut-on rassurer une mère qui sait parce que seule une maman sent ces choses-là que son fils est plongé dans la géhenne ? Comment peut-on rassurer une mère dont le cœur ne bat plus qu’un coup d’amour sur deux et qui sait combien les combats en Artois avaient été aléatoires parce que là-bas aussi, à cours de munitions, les soldats pour ne pas dire son fils, avaient terminé la sale besogne de la guerre à coups de pioches, de cailloux et probablement aussi de poings décharnés et guidés par l’énergie de la haine et de la survivance.

21 février 1916. Il est 7h15 dans le petit matin gelé des forêts des hauts de Meuse. Un peu plus bas, à une poignée de battements d’ailes de corbeaux, c’est une ville de garnison vieille comme la France qui se réveille en gardant jalousement le passé fondateur de son traité de 843 scellant au passage les premières affaires de familles entre ces peuples des deux côtés du Rhin. Les petits-fils de Charlemagne se disputent les bijoux de la couronne… Et l’avenir appartient à ceux qui luttent, qui futuri sunt moliti. En 843, qu’importe l’avenir, il est si lointain… Le 21 février 1916 à 7h15, 1200 canons allemands rassemblés derrière les crêtes à une petite vingtaine de kilomètres pilonnent pour faire mal tout ce qui bouge. 1200 canons de 77 mm, de 150, de 210, de 305 ou de 420. Cette autre version de l’apocalypse traduit la tactique du Kronprinz allemand qui croit plus que tout dans les valeurs du trommelfeuer, le feu roulant ! On dit qu’au même moment, à Mers El Kébir, Madame Ambit perdit l’équilibre sur ses épluchures de pommes de terre qui étaient pourtant posées sur la table, et qu’au pays basque un vol de palombes, les larmes aux yeux, s’enfuit d’un coup d’ailes tout droit vers l’Espagne… 2 millions d’obus s’écrasent en une longue journée sur une poche de France d’à peine 10 kilomètres de long, un obus de gros calibre toutes les deux secondes, les autres plus petits empêchant de compter le temps suspendu à l’effroi. On a entendu la canonnade jusque dans les Vosges à 150 kilomètres de là. Et le pire reste à venir. A 16h45, 60.000 fantassins allemands, abrutis par cette incroyable fureur et gorgés de mitrailleuses lancent l’assaut sur 6 kilomètres de large. Et ce n’est pas tout… Dans son génie absolu, l’armée allemande teste ce jour-là et à grande échelle le petit nouveau de ses inventions : le flammenwerfer, les lance-flammes qui brûlent tout, souvenirs et corbeaux compris.

Cher Père Noel

Ecrit par Lilou le 19 décembre 2015. dans La une, Ecrits

Cher Père Noel

L’année dernière, je n’ai pas tout compris dans tes cadeaux. Je me demande finalement si je ne nourris pas une fâcheuse tendance à te confondre avec un conclave réunissant tous les bons dieux qui font des miracles. Mais bon je te renouvelle quand même mes remerciements pour toutes les grosses choses que tu m’avais apportées sous le sapin en plastique. La dernière fois que j’ai pris un sapin en vrai de vrai, j’ai failli crever l’œil de la caissière, j’ai recouvert les fauteuils de ma voiture de ses épines avant d’arriver à la maison et j’ai ramené le sapin chez le marchand pour participer à une œuvre humanitaire mais comme je n’avais pas le bon emballage, il m’a gentiment demandé d’en faire un barbecue. Alors maintenant c’est plastique, et barbecue aussi !

J’avais commandé entre autres un ventre plat de jeune homme et un compte en banque bien rempli. C’est bien que tu y aies pensé tout au long de l’année et pas seulement au sortir des congés d’hiver, mais pour 2016, essaie de ne plus confondre les deux ! Aussi, je te renouvelle cette commande-là !

Je me suis bien servi tout au long de l’année de ta cocotte en fonte arrivée sous le sapin. Elle peut servir aussi bien en été qu’en hiver. Je pense y avoir déjà cuit des troupeaux entiers de bêtes à poils et à plumes. Les murs de la cuisine peuvent en témoigner, et si cette année je pouvais compter sur une hotte aspirante de compétition, genre cuisine de Master chef, je pense que je pourrais envisager de moins parfumer la maison d’effluves aux mille et une épices. Ça ne serait pas trop mal et du meilleur effet parce que même quand les pompiers viennent chez moi avec les calendriers, ils déposent sans mots dire sur mon joli porte-manteau leurs armes et bagages en me demandant de les accompagner à leur table. C’est bien et bon pour le moral, mais du coup avec tout ce qu’on a goûté de saveurs diverses et variées, ils ont oublié de me laisser le calendrier en repartant.

Les bouteilles de rouge aussi étaient merveilleuses. Mais je remarque de plus en plus qu’on nous ment quant au contenu. Il était annoncé sur la caisse en bois que chacune faisait 75 cl, je me permets d’en douter et de m’en ouvrir à ton jugement. Je parvenais il y a quelque temps encore à dégonfler ces breuvages de Bourgogne, de Stellenbosch ou de Madiran en deux fois, c’est-à-dire en une petite journée d’agapes. Là, j’ai l’impression en écoutant le bouchon chanter son bonheur de m’attaquer à une partie d’échecs où le mat sera atteint en 3 coups et dans le regret de la défaite consommée avant même que d’avoir réfléchi. C’est en une seule expression le coup du berger pour mes boutanches. Je me permets très modestement de contester cet état des choses. A quoi ça sert que d’éteindre en 3 fois et assez sèchement le soleil de Hidden Valley ou de Corton Charlemagne ? Donc pour cette année, si tu pouvais plutôt penser à faire rectifier le contenu des rouges qui célèbrent l’amour des bonnes choses, quitte à mettre ta barbe dans les machines à remplir les flacons, ce serait bien. Cela étant dit, je pense que pour aller plus vite, tu as beaucoup de boulot en ce moment, tu ferais mieux de changer le format des caisses. Tu sais, il existe ce que l’on nomme des magnums. C’est aussi bien et, paraît-il, ça se dégonfle moins vite.

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