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Un sourire de mon ami le Lion (7)

Ecrit par Luce Caggini le 27 octobre 2010. dans La une, Ecrits

Un sourire de mon ami le Lion (7)

Ma vie se disloque. Mon souvenir des jours heureux est encore régi par une passion venue du monde des paradis new-yorkais.

Il y a une image que je garde collée sur le cœur, celle de ma mère marchant sur Fifth Avenue où nous avons rendez-vous. C'est une  jeune femme de Monbasa qui donne la main à son fils, élégance à la française, légère, moi, je cours, je cours parce que  je n’ai jamais su marcher lentement, parce que je suis le fils bien-aimé. Cette femme là ne doit pas être celle qui m’attend, elle est trop jeune. Je suis un peu essoufflé, je viens de la perdre de vue. Ayant vécu seul si longtemps loin d'elle, mes mots sont ceux  du ramage d'un oiseau qui n’a pas encore tout son plumage.

Bientôt  je serai cendres,  mon  cœur est en pierres de feu, mon corps est en charpie. Je suffoque, vulnérable, transi, aliéné, par une secousse volcanique qui a éjecté  tous mes  amis. Soldé, abandonné sur le pavé, sans trace d’un passé vieux d’un jour. Un  électron discount, sans  positron.

Un sourire de mon ami le Lion (6)

Ecrit par Luce Caggini le 18 octobre 2010. dans La une, Ecrits

Un sourire de mon ami le Lion (6)

Chapitre VI


C’est dans l’état gazeux qui a suivi la première seconde après le big-bang que j’ouvre les paupières sur un jour qui ressemble au Japon le lendemain de la défaite de 1945.

Un morceau de ma vie a sauté en l’air, il m’en reste un lambeau entre les mains. Hier, côté caramel, juvénile, valeureux. Aujourd'hui, un clic, si on veut appeler clic un marron sur la tronche qui me transforme en trésorier d'un péril qui, hier encore, ne menaçait que les autres.

Comment ai-je pu quitter Moise ? Me retrouver devant l'arrêt du bus ? Mettre un pied devant l’autre avec ce bastringue qui cogne dans ma tête ?

Un sourire de mon ami le Lion (5)

Ecrit par Luce Caggini le 08 octobre 2010. dans La une, Ecrits

Un sourire de mon ami le Lion (5)

Dieu  lui-même est inconsolable

Je n’ai jamais envisagé l'existence sous un autre angle que celui de me laisser pétrir par un sens perfectible de raffinement, dans une suite de jours de grâces, de vieux messieurs et de moins vieux, une sorte de manège où la passion donnée, reçue, a fait de ma vie une longue et câline nuit de Chine. Mes jours se sont écoulés confortablement à l’abri de ce que ma mère appelait "les  pépins". Mes premières peines de cœur ne m’ayant pas terrassé, c’est sans grand fracas que  je me suis acheminé vers la quarantaine. Mes jours, mes années ont vite passé, à naviguer dans le “ village ”, souvent à  Long Island, plus souvent encore up-state New York, à Rheincliff, chez Victor, un ami  des Kennedy.

Les week-ends d'été sur la pelouse, les longues siestes, les amis arrivés dans la  nuit de la City qui  se jetaient dans leurs sacs de couchage pour partager le café du  matin avaient fait de ma vie un cortège d’instants exquis, et, vanité des vanités de moi, un maître de l'art  à la manœuvre.

Un sourire de mon ami le Lion (4)

Ecrit par Luce Caggini le 01 octobre 2010. dans La une, Ecrits

Un sourire de mon ami le Lion (4)

Nous étions convenus ma mère et moi de renouer avec Zabar sur Broadway entre la 80 et la 81ème rue pour un traditionnel brunch. Après avoir traversé Central Park, nous avons changé d’avis, plutôt, maman opta pour un restaurant indien de sa connaissance. J'osai à peine lui dire que les restaurants indiens comme le reste de New York, comme moi, tout avait changé.

Ma mère vivait en Italie depuis que mon père était mort. Elle avait continué à rêver très naturellement comme d’autres ont des dispositions pour faire la cuisine, se lamenter sur la condition humaine ou résoudre des équations. Quel que soit le pays où elle résidait, il ne lui offrait jamais qu’un chant mélodieux, où les gens lui sourient parce qu’elle est blonde et gentille, parlant anglais ou français aux italiens, allemand quelques fois, jamais suédois.

Un sourire de mon ami le Lion (3)

Ecrit par Luce Caggini le 27 septembre 2010. dans La une, Ecrits

Un sourire de mon ami le Lion (3)

Luiz est sculpteur, il est né à Asuncion. Il vit dans Mott Street, juste de l’autre coté de Trinity Church, une église à coté du petit cimetière qui date de1698. La porte de sa maison, maison de vertu s'il en fut, ne fut forte que dans ses manifs mises au point par la  parfaite organisation de nos parades  jardinières  mutilées  du  record  de  nos méandreuses parties de  rage sexuelle, sans vices et sans vertueuses orgies.

- « Viens  donc vivre  avec  nous et  tu verras Trinity  en chair et en orgasme dans la  maison du savetier »…

Vérité  et pérennité, pareilles, partielles, mortelles, magiciennes.

Sa façade longue de trois enjambées, a une vitrine de la dimension d’un placard où il montre ses œuvres quand elles ont la taille d’un pot de fleurs. Parfois, les gens s’arrêtent, il lui est même arrivé de vendre.

Un sourire de mon ami le Lion (2)

Ecrit par Luce Caggini le 20 septembre 2010. dans La une, Ecrits

Un sourire de mon ami le Lion (2)

Je suis resté longtemps imprégné des effluves du temps béni de mon enfance africaine encore tiède.

Les images des choses vécues n'ont jamais disparu, elles ont fait de moi un inconnu dans la famille. Je gardais toujours en réserve cet instinct de possession de ma terre de naissance, mais par dessus tout, c'est la douceur prodiguée par ma gardienne, Hessie, qui réchauffait ma mémoire.

Elle avait su aimer, protéger la vie du petit homme venu du paradis, ce qu'elle chantonnait en s'occupant d'une pièce à l 'autre.

Elle me jardinait.

J'avais besoin d'elle nuit et jour, besoin de sa main dans la mienne, de la sentir dans les parages.

Un sourire de mon ami le Lion (1)

Ecrit par Luce Caggini le 10 septembre 2010. dans La une, Ecrits

Un sourire de mon ami le Lion (1)

Reflets du Temps commence ici la publication d'un texte de Luce CAGGINI

 

Ce roman est né à New York,

à la faveur d'une  rencontre

inestimable entre l'auteur

et le jeune Cheanee.

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