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Talleyrand Le privilège d’être l’image scintillante du mal

Ecrit par Luce Caggini le 19 septembre 2015. dans La une, Ecrits

Talleyrand Le privilège d’être l’image scintillante du mal

Un oiseau de mer : « C’est toi qui me vois, toi qui peins, tu t’es prise pour un écrivain ?

– Madame Polony dirait « un écrivant » et elle aurait raison.

– Mais qu’est-ce qui t’a pris ? Tu te fais un roman ? Tu as telle­ment lu ?

– Non, de mémoire de la Rome ancienne j’utilisais seulement un jeu de dais avec quelques artistes qui ornaient les murs de superbes couleurs de mon invention et nous étions heureux.

– Depuis quand peut-on se dire écrivain ou artiste quand on est presque nue, animée par le génie de Talleyrand puisé dans ta folle imagination ?

– J’essaie d’obéir aux règles de la société, je suis claustrophobe, je ne sais toujours pas si je serai au même endroit dans cent jours, et pour ramifier les vides au comble de leurs ronds et de leurs carrés ma pauvre tête régit mal mes pulsions de mort dans les fonds baptismaux de la cathédrale d’Ajacciu. J’ai à peine cent ans, autour de moi ça s’agite ça brasse les vagues, ça parle toutes les langues et ma mémoire de romaine est saturée de rêves d’évasion ; je surfe sur les crêtes des vagues et de temps en temps je reçois une salve de plomb.

– Tu es un oiseau ?

– Dans ma cage on me donne toutes sortes de noms d’oiseau.

– Congrégation ou compassion doivent réaliser vie et mort des oiseaux de mer joyeux mais réglés sur des grands principes, muer et nager dans un ciel avec trois choses en tête, le sens du vent, suivre les vents uniquement marginaux comme des vents de bénédiction pour les cerfs-volants, enfin unifier deux dons en une seule entité, l’art de ne jamais donner aux chasseurs trois centièmes de chances pour te permettre de pourrir sur place car même un marquis de croisades n’a jamais pu rentrer dans ses terres sans porter un rameau d’olivier béni soit par le roi, soit par Dieu, soit par ses pairs.

Retour des îles Kerguelen

Ecrit par Luce Caggini le 12 septembre 2015. dans La une, Ecrits

Retour des îles Kerguelen

Amendement n°1 de ma constitution, c’est être toujours prête à recommencer un autre moi-même sans toutefois me départir de mes vieilles guenilles entre deux perfides moitiés de vue ayant chacune deux mondes farcis d’évidences moches et douloureuses dansant les mardis et mercredis entre deux pla­nètes, deux créateurs de virulences et de cruautés ondulant entre deux certitudes, la nui­sante et la bienfaisante.

Entre de merveilleux bonds de vies me menant de matérialité en rêves, danses, rondes, mues et modalités promptement idéali­sées par deux mémoires noyées dans le même cerveau, je pus enfin montrer au monde entier le mode harmonique de ma vie.

Reine ou démocrate, même la mariée la plus belle adoucie par les mots les plus charmeurs mit les voiles quand harmonie et royaume du malheur des hommes mirent un point d’orgue à son bonheur.

Un Ut mineur peut être un martyr pour une oreille initiée uniquement à l’art des roues de moteur de chars de marine de guerre.

Un état de punition s’installa quand un jour ma vie prit un coup de gong dans cette même oreille. Des nuées d’ondes liées uniquement aux réalités géographiques chinoises, américaines, européennes provoquèrent un arrêt momentané des sons avec perte de mémoire dans une vie évidée, un corps perdu, une aven­ture gérant un mourant en laisse avant de le rendre à un autre corps.

Ondes redites, relues, redistribuées avec angélisme, vindicte, vingt mille fois surmultipliées par des millions de Chinois, ondes vite dissipées par la marginalité de leur corpuscule.

Indéniable réalisation muselée par le phénomène Tianjin-Beijing-Jing-Jin-Ji dans la menaçante tentative de mettre cent trente millions de gens dans cent trente millions de rêves dans un conditionnement rageusement musicalement vide agité par des millions de gens muraillés intégralement manipulés par un seul maître : le mythe du Grand Empire du Milieu.

Une rame humaine, un déferlement vital reliant trois villes, en un délire pariétal, éliminant toute pos­sibilité de reposoir de 130 millions de personnes mendiant un espoir de naître dans un moule unique celui du nouveau maître du monde.

C’est dans ce monde sans fin et sans commencement que ma mini-immensité, nue, perdue, voyagea entre Réalité et Rêve pen­dant qu’une centaine de millions de paires d’yeux derrière leur vitre me menaçaient de disparaître.

Je viens de me réveiller, tu es mon premier geste de survie, je t’appelle, j’ai besoin de ces fils de soie qui nous appartiennent ; je reviens d’un lieu où il n’y avait pas de rues, pas de maisons, je n’avais plus un seul moyen pour t’atteindre toi le seul à pouvoir éteindre cette émotion incandescente.

J’étais une mémoire effacée, un état de non-lieu, l’état de mémoire d’une sonatine de Mozart sans le génie de ce compositeur divin.

Matisse ouvre la voie aux fauves, Nietzsche mène les ânes à la fête

Ecrit par Luce Caggini le 05 septembre 2015. dans La une, Ecrits

Matisse ouvre la voie aux fauves, Nietzsche mène les ânes à la fête

Initiation d’un croisé

Royauté d’un réfugié improbable en collant de danseur

Danses de monstres médiatiques

Bourrée des ânes

Roman inoubliable d’un crieur de la caravane sur les chemins erratiques de la foi.

Il était une fois un montreur d’hommes jurant comme un charretier, hurlant comme un loup, menaçant comme une bête sauvage, priant comme un artiste paniqué à l’idée de vendre sa musique aux briseurs de rêves, car il devait rendre leur liberté à des ânes jouant à être des croyants…

Ce magicien à tête de clown triste leur dit en les montrant du doigt : « vous êtes des géniteurs de miroirs d’ânes, vous qui adorez un Dieu masqué sous une tête d’âne. Mais un Dieu démasqué pourrait peut-être arriver à donner à votre pauvre condition un visage d’artiste honorant un commencement de partage entre l’Homme et la Bête ».

Un imitateur de roi, paré des ailes de la grâce se détacha du groupe et se mit à danser. Il avait la jeunesse, la vigueur qui bondissait en ligne directe depuis les steppes de l’Asie Centrale, Rudolf Khametovitch Noureev. Seigneurial, nu, intrigué par le spectacle du troupeau des maîtres de la médiocrité, anémiés, il pirouettait sans jamais montrer son visage  tandis qu’il dansait le long des rives du fleuve.

Les ânes de la plaine qui ne savaient que gémir et marcher la tête baissée le persiflaient et continuaient à prononcer des prières réglées comme des formules mathématiques.

Ingénieux comme peut l’être un réfugié, avec une autorité naturelle, lumineux, conditionné, amoureux de son corps, il jeta un regard de dédain sur les ânes qui mouraient de honte dans leur peau de bête, pitoyables, défigurés.

L’étranger virevolta, les bénit comme des numéros, un par un et disparut dans les chemins menant au monde de la chrétienté.

L’omerta prit fin quand Matisse le magicien des nus et des rois de la musique prit à bras le corps cinq messagers parmi ânes et hommes jouant de toutes leurs facultés dont seul un modèle avait une beauté exceptionnelle miroitant de tous ses feux et quatre monades toutes rondeurs, en perdition dans un lieu indescriptible mi-céleste mi-terrestre, images en quête de règles nouvelles pour accompagner le merveilleux Rudolf.

Mais lui seul est en état de grâce, les autres s’efforcent, balancés par un vent de lourdeur, rythme désaccordé, autre sphère, autre musique, autre monde.

Écho rompu

Chenapans

Clef de sol

Détournement ou Retournement ?

Matisse jeu du réel, Nietzsche jeu des croix migratrices

Matisse ouvre la voie aux fauves, Nietzsche mène les ânes à la fête

La mort c’est un arraché au ventre

Ecrit par Luce Caggini le 29 août 2015. dans La une, Ecrits

La mort c’est un arraché au ventre

La monade est la mort du rodage de la pensée.

Le génie de la vie, c’est la vie elle-même.

Rarement mes doutes ont eu autant de succès avec mon titre d’artiste, mais en toute conscience rien de plus inquiétant que de coller une étiquette sur un être humain. Donc gérer sa vie et son patrimoine c’est à peu près mondialiser les monades et les organes génitaux du Roi des Prétentieux et indexer les mirages et les dorures du palais des nougatines avec le savoir du Penseur de Rodage.

Quand mon corps ose prendre la mer comme sa matrice la tête envahie par son emprise sa légèreté sa maternité sa force, oui je sais la vie.

Quand un peintre écrit, il ne rédige pas seulement.

Il largue une masse d’électrons de couleurs inconnues, celles de son intime, filtrées depuis les pièces détachées de son âme.

Couleurs transmises dans les paroles que père, et mère ont inscrit sur le marbre béni de l’enfance.

Les toiles ne mentent pas, seul mon œil peut en témoigner ; les autres peut-être aussi mais seulement les fragiles, les non-savants, les simples, les touchés.

J’ai cent ans, lecteurs, faites vite, accordez-moi votre attention sans m’interrompre car transmettre exige une grande dénaturation de la part d’un geste esquissé entre deux réalités faussées par le vrai, le non vrai et l’état qui est entre les deux punitions de la pensée pure.

Dans la peur de être je me croyais la plus atteinte réunissant et l’effroi et le risque de l’effroi.

Mémoire d’une Reine Morte

Ecrit par Luce Caggini le 24 août 2015. dans La une, Ecrits

Mémoire d’une Reine Morte

Poème d’une petite culotte mouillée parfumée

Soyez simple cher amant

Soyez simplement le baiseur d’un moment

Soyez l’homme qui me ment

Soyez l’homme qui me manque

 

Tes silences pétochards, je m’en tape.

Le sacré ?…

Ce que je comprends du sacré ?

Je ne peux le saisir dans ma chair seulement quand les mots se sont dérobés à leur sens pour se dévoiler à d’autres sens.

Sans ce détournement, que resterait-il de cet acte profond, intime caché, de ces vibrations solaires comme le bitume surchauffé qui trouble la vue, comme le geste qui rend une femme haletante dans l’attente du long processus de l’effroi du désir.

« Effroi fait peur » mais c’est une peur fe­melle, lui, il en est bien conscient. C’est cet instant pré­cis qui donne vie à ce Dieu dont on ne sait que ce que l’on ressent venir de lui. Vrai ou périlleux, ouvert ou mécanisé, inaudible ou muet dans l’attente d’une belle réalité. Il me brisa le ventre en deux. Ma joie eut l’existence de la durée d’un batte­ment de cils.

Nous n’avions vécu que quelques nuits en­semble, quelques échappées sur des côtes ensoleillées qui auraient pu être macédoniennes ou javanaises… un trompe l’œil de vie, comme un clignotant que personne ne s’avi­sait d’éteindre.

La petite lumière et les termites avaient transformé sa terre en vomissures de den­telles.

Mais comment savoir si les dentelles viennent en ligne directe de Calais, auquel cas elles donnent un prix sans comparaison à un corps de femme, ou si elles sont le pro­duit de voies paral­lèles habilement religieusement cachées par un mot de passe comme cela se fait si souvent de nos jours quand terre, terre, mer et mère se confondent par la grâce de quelque savoir charitablement magouillé.

Après Gaza… un champ de marguerites… le monde enchanté du pays de mon père

Ecrit par Luce Caggini le 15 août 2015. dans La une, Ecrits

Après Gaza… un champ de marguerites… le monde enchanté du pays de mon père

Imitation vivante de trois montagnes du Nord au Sud de la Rive Gauche du Jourdain :

Mont réalité des morts

Mont du Entre deux vies

Mont des bénis de la terre.

Dans la plus belle île du monde, je suis.

Paix et Beauté, ces deux joyaux du monde unis et disparates quand l’homme de l’écrasante réalité du maquis de Crésus ruine ce domaine enchanté.

Les lignes sont sinueuses, les routes aussi mais il serait incohé­rent de ne pas s’y soumettre.

Je ne parlerai pas de terre mais de glaise, de roc, de myrte, de cimes avec cet outil carabiné qui sert à briser les chaînes de la ré­signation des rachitiques de la pensée : « ils ne sont pas libres d’être raisonnables ».

Quand enracinement sous-entend danger, bouger c’est le re­mède.

Mais quand on creuse dans le mot, quand on l’exhume de son sens folklorique on met la main dans la mort, dans l’enseveli, dans la condition pour renaître nu et frais des putréfactions d’un monde dit civilisé. C’est le sine qua non du générer dans le monde des rois, dans les images des anciens nourris de leurs folies, empreints de leurs peines aussi.

Ton nom devient ton passeport qui garantit ton appartenance, c’est le « pass », la protection, la carte d’identité que tu es allé puiser là où la terre t’a délivré ton permis d’exister parmi les tiens.

Francis Bacon Le Magnifique Côté muet de la vie de deux labels : Vat 69 et Velasquez

Ecrit par Luce Caggini le 10 juillet 2015. dans La une, Arts graphiques

Francis Bacon Le Magnifique Côté muet de la vie de deux labels : Vat 69 et Velasquez

Un jour je rencontrai un homme. Il était très beau.

Nous avons pris nos pinceaux nos tubes et nos pigments et nous sommes partis bras-dessus bras-dessous. Je ne savais rien de lui il ne saura jamais rien de moi.

Nous ne parlions pas la même langue ; l’une venait du nord et l’autre du sud.

Lui était naturellement homosexuel et moi je pensais : si tu pouvais être un homosexuel-hétérosexuel tu serais le parfait maître de nos parentissimes pigments pareils à nos magistrales images de la vie.

Même Michel-Ange unissait sa voix aux nôtres : « Bacon dépeint le bénévolat de la vie et de la mort pendant le moment même où il peint un homme en pleine intimité avec sa chair vivante juste avant de passer dans l’ombre du tableau. Même Marie réaliserait aventureux de marier le rouge et le noir avec autant d’art et autant d’omerta que dans ce Triptych où la vie commence entre deux parois, brutale à peine engagée dans le monde des humains comme écrasée par un rocher de granit pour finir en plein emploi de temps dans le réglementaire mariage du sempiternel mirage des imitations de la variété des arpenteurs de l’immensité de la planète Art ».

Ce Triptych est manufacturé comme on dirait rué hors des parois vaginales d’un muet nudifié par une variété de femme sans imagination mais centralisée sur une méthode de modèle rare pour mettre bas. Même Michel-Ange murmurerait, mais de qui Dieu s’est-il moqué ?

Dans ce management entre charme et rugissement, entre image et tuerie de l’image, entre mutisme, magnétisme du tableau et aptitude à émulsionner le rudimentaire et l’immense complexité de la créativité, mon imagination de compagne de la monstrueuse et magnifique toile de 1951 riante du sang versé narquois mystique virginal nordique musclé veineux, vit cette veine animée par la vie quand elle atteint le sublime de l’image de la voracité de la vie.

En cheminant nous arrivâmes à la moitié du chemin, « nel mezzo del camin », répugnant à nous dire au-revoir malgré le magnifique moment partagé dans les méandres d’un corps naturellement harmonisé dans le monde des pigments et des pinceaux en soie astiqués comme une argenterie usée depuis belle lurette mais encore en état de faire semblant de briller.

«Cette décapitation Un défi civilisationnel »

Ecrit par Luce Caggini le 04 juillet 2015. dans La une, France, Religions, Politique, Actualité

«Cette décapitation Un défi civilisationnel »

Y a-t-il un pas, entre foudroyant conflit de conduite insurrectionnelle et mutation vers un acte barbare ?

Et quel est le nom de ce pas ?

Entre l’acte ignoble d’un membre d’une organisation dépendante d’un empire voué à la destruction, et la magistrale inanité d’une culture muette brisée par la compréhension d’un péril sans couleur, immergé dans une communauté sommeillant dans le sein d’une République pétrie de saines, centenaires et romanesques visions de la mémorable mugissante « Liberté chérie » ?

Dans ce pays où être juif ou arabe ou bien ni juif ni arabe mais citoyen est devenu un pendant de détonation, même un tableau de Francis Bacon est marginal dans le miroir d’un jeu de cartes des horreurs où monstruosité et sang donnent un reflet des mammifères de la civilisation du 21è siècle puant des canalisations des eaux usées d’une foi musulmane indigne du Prophète.

Nietzsche : « Sur de vastes mers je veux voyager, jusqu’à ce que je trouve les Îles Fortunées où demeurent mes amis »

Ecrit par Luce Caggini le 27 juin 2015. dans La une, Ecrits

Nietzsche : « Sur de vastes mers je veux voyager, jusqu’à ce que je trouve les Îles Fortunées où demeurent mes amis »

Un galet naïf et vertueux sorti du ventre de la Méditerra­née surgit à l’aube d’un jour du mois des glaces du fond des rires de tous les petits grains de sable, ses amis de­puis toujours.

Après plusieurs ricochets sur du bleu, il arrive tout neuf sur les rives du Nord de la côte africaine, « un des lieux les plus délicieux à habiter ».

Épanoui, marié à la terre, enivré par la fréquentation de ruines romaines de Cirta jusqu’au Tombeau de la Chré­tienne, il fait serment de n’en jamais partir.

Mais un vent de mots prirent un jour les habits de la sou­veraineté, un de ces vents chargés de contradictions, qui partent dans un sens et prennent brusquement le sens contraire. De quoi faire perdre la tête à un jeune galet in­achevé.

Soulevé d’étonnements, entraîné dans un amalgame, noyé entre le cœur et la raison, il confondit Bienvenue et Sor­tie de secours menant à l’exil.

C’est en classe touriste, sur le pont des artistes inattendus, indésirables sur les pelouses des Jardins de Versailles qu’il posa les pieds, bouche bée devant le piège artistique tendu aux visiteurs par Anish Kapoor.

Perdu et retrouvé dans le « Grand dérangement » comme un roc berné par une mémoire rédemptrice, il débarqua sur une île, justement celle qui était au-dessus de sa tête avant sa naissance.

Il venait d’un continent où en tournant seulement la tête il embrassait huit mille km sans se mouiller les pieds, d’une part, d’autre part l’insularité n’existe pas au fond des mers.

Il fut démoralisé, coincé rocher sur rocher ; cela fit cha­virer son âme. Il tomba en dépression car il appartenait à une race de galet voyageur.

« Si je reste un jour de plus ici, je meurs »

Mers et continents agitèrent sa vie et ses aspirations.

De galet il devint marbre puis pierre précieuse.

J’avais mené les amertumes et les mentalités les plus différentes depuis des siècles ; je m’étais argilé dans un contente­ment des plus réglo, ils furent même mes frères de compassion pour les arts. Entre eux et la mer ils m’avaient empoté en trois complets veston.

Un matin, réalisant que je m’étais immolé par la laideur du marécage dans lequel je m’étais complètement inséré, grâce à ma mère généreuse vertueuse je pus enfin mémo­riser les romances des marbres de Carrare, les moments di­vins du Marais Poitevin, les musiciens de la Messe de mort de Mozart, de la joie de la Reine Hortense punie d’avoir été reine de la monarchie d’un minable époux de roi, du Monte Renozzo, de la Place du Diamant à Ajaccio pour enfin unir ma destinée à mon ultime unique destin, la Mer méditerranée.

Napoléon, on a été mené en bateau par l’État !

Ecrit par Luce Caggini le 20 juin 2015. dans Ecrits, La une, Histoire

Napoléon, on a été mené en bateau par l’État !

Souveraine Ghiuventù Indipendentista

Un moment paradoxal ce samedi 13 juin 2015. Dans une conférence à l’Espace Diamant à Ajaccio, deux cents ans après Waterloo…

Au jour et à l’heure où la Ghjuventù indipendentis­ta a rassemblé tous les mouvements des nationalistes et des élus de la majorité territoriale. Tous ont défilé. Trois mille personnes pour le « res­pect de l’État » sur le Cours Napoléon derrière une grande ban­derole « soluzione politica ». Maria Giudicelli, que j’avais soutenue récemment dans son action civique, en tête de la manifestation.

Dans mon fauteuil du troisième rang, l’assistance est très clairsemée, je comprends que je suis en état de manquement poli­tique mais je veux savoir « L’histoire des Corses face aux chutes de Napoléon ».L’historien Raphael Lahloul’évoque prodigieuse­ment mêlant un talent de conteur à un art du fait historique avec humour et bonne humeur.

En fin de séance une experte savante sur Les îles prison de Napo­léon « de l’île d’Elbe à l’île de Sainte-Hélène » nous balade dans des statistiques et des zones concentrationnaires sans jamais pro­noncer le mot insularité. Experte sur Tristan da Cunha au Nord des Quarantièmes rugissants elle noie notre intérêt dans une chute fadasse. Ennuyeuse avec un savoir particulièrement dé­faillant quand il s’agit de parler des Corses : Vous vouliez dire que la Corse n’est pas une île véritable « pour n’avoir pas de volcan » Ma­dame la Docteur d’État ? Mais l’île de beauté est peuplée de volcans, petits moyens et grands, tous en état d’activité !

Corsicotante engagée, je demande en aparté au souverain maître des lieux son avis sur la question : « Mon empire fut mené impé­tueusement mais en musardant de temps en temps dans ma chère ville d’Ajaccio. Ma crucifixion fut l’amateurisme de la poli­tique des corses de mon époque exception faite du génie de Pascal Paoli. Laetitia, ma mère, eut un rôle particulièrement éminent. Ce fut une meneuse de combat empreinte de vision, avec une juste unicité de vue depuis le début de ma vie jusqu’à la fin de mon règne. A mamma qui fait naître avec la vertu et le bon sens d’une mère corse la marche ardente d’une République en gestation, mère vulnérable et menaçante à la fois, mais mon soutien éternel.

« Le fermier fut étonné par l’exactitude du calcul et, revenu en ville avec Napoléon, il me dit que si Dieu accordait longue vie au petit monsieur, il ne manquerait pas de devenir le premier homme du monde » écrivait Laetitia dans ses mémoires.

Et à bien y penser, il a fallu un sacré coup de pouce divin pour unir trois îles, un trône, quatre frères de la même famille à parcou­rir les pays de l’Europe dans les plus grandes parures de la royauté.

Dans cette île captivante, beauté et réalité des jeux du monde poli­tique sont pareils à une prison et un exil mais virtuel car rien n’est plus rare que la liberté dans les montagnes du Kyrie Eleison.

Enhardie par le souffle napoléonien, je risque un petite question : « Nicolas Sarkozy est-il plus dans la filiation politique de Bona­parte, premier consul » ? Réaction rapide comme un boulet : Sarkozy un petit amateur de pouvoir.

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