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Ecce Homo, l’odyssée de l’aventure humaine

Ecrit par Mélisande le 28 octobre 2017. dans La une, Littérature

Michel Petit, chez L’Harmattan, octobre 201

Ecce Homo, l’odyssée de l’aventure humaine

A certains égards le monde d’aujourd’hui peut paraître monstrueux.

Mais comment en est-on arrivé là ? Pourquoi l’être humain, l’homo sapiens sapiens, tout au sommet de la pyramide de la création, a-t-il engagé une telle guerre de destruction du vivant, pourquoi cette maltraitance généralisée, et surtout avec quels outils conceptuels aborder l’ensemble, pour permettre une vision claire et synthétique de l’histoire de l’humanité aujourd’hui ?

Avec Ecce homo, l’odyssée de l’aventure humaine, Michel Petit, philosophe né à Lyon en 1944, et qui a travaillé comme psychothérapeute, explore l’histoire du psychisme humain depuis la création du monde. Il s’attarde particulièrement sur l’ère paléolithique, lorsque hommes et bêtes parlaient le même langage, et que l’homme se sentait comme un humble invité sur cette terre, pourvu dans ses besoins vitaux par la mère universelle, cette matrice cosmique à laquelle il s’identifiait de façon vibratoire, vénérant la femme, et la mère, comme le montre la fameuse et émouvante Dame de Brassempouy. L’empathie née de son identification à la mère cosmique lui permet alors d’organiser sa vie sociale par des relations mutuelles d’aide. Mais aussi, des relations d’amour et de respect, nourries par un grand sens de l’esthétisme, comme l’expriment les peintures rupestres de l’époque.

L’homme du Paléolithique est un individu animé principalement par la pulsion de vie, et par une éthique naturelle. Ethique qui s’exprime notamment dans la façon de tuer l’animal, meurtre perpétré ici pour les besoins de sa nourriture, participant d’un cycle vie-mort. Animal auquel, comme le faisaient les peuples autochtones étudiés par les ethnologues, était demandé pardon. C’est-à-dire que les hommes tuaient par nécessité vitale, mais sans la jouissance sadique du meurtre, une dérive qui a pris le pas aujourd’hui. On tue et on jouit de le faire, le sentiment de toute-puissance est accru, l’individu se sent l’égal du démiurge, dans une forme d’ivresse de pouvoir.

Voilà, nous apprend l’auteur, une rupture magistrale qui apparaît au Néolithique il y a 12000 ans, provoquant une forme de distorsion du psychisme humain, et de la maltraitance. Ce schisme, apparu avec la sédentarisation, la propriété, l’envie de posséder toujours plus, et l’instauration de l’inégalité entre les hommes, a fait naître un très fort sentiment d’injustice.

Puis à leur tour, la rancœur, la haine, l’établissement de la relation dominant-dominé dans la brutalité et la violence, et de façon perverse, instaurant dans l’individu sa propre instance sadique, comme une seconde peau qui l’habite, l’empêchent de vivre bien, et le font souffrir, comme en témoigne l’actualité aujourd’hui. Ces mécanismes ont perverti l’homme, lui faisant perdre, en quelque sorte, le fil de sa destinée. Il s’est égaré dans un matérialisme mortifère, il n’utilise que 5% des capacités de son cerveau, et est agi par des pulsions et des compulsions qui le coupent d’une direction consciente de son existence, qui pourrait l’amener à un questionnement légitime : Qui je suis ? D’où je viens ? Pourquoi je ressens tel sentiment ? Quelle est mon aliénation spécifique ? Et comment m’accomplir dans ma spécificité pour bien vivre ?

Rendez-vous au ciel

Ecrit par Mélisande le 03 octobre 2017. dans La une, Ecrits

Rendez-vous au ciel

Il existe un endroit où nul n’aura crainte d’être mal reçu ou pas désiré.

C’est une porte, que chacun devra franchir, quoi qu’il advienne dans sa vie terrestre, qu’il soit nu ou vêtu d’habits dorés, que les femmes soient aimées comme des princesses régnant sans rivales par la grâce d’un dieu séduit, délaissant ceux qui lui sont fidèles, semant par là-même le plus grand doute par rapport à l’amour terrestre et céleste. Où qu’elles soient vouées au plus aride des déserts, bref, il existe un passage qui rétablira sans révolution une égalité absolue entre tous : c’est la mort. Le grand silence dans l’infini, et ceux qui n’ont rien vont faire sans trop de tremblements le déménagement terre-ciel, en désirant ardemment que le voyage soit plus heureux. Les autres vont rechigner, pleurer, s’accrocher mais il faudra quand même y aller prêts, pas prêts, mains jointes ou poing levé, amour ici-bas, ou silence pesant sur toute la ligne de vie, solitude âpre, ou cœur comblé par les affres de désir de l’autre, qui comme un souffle puissant et chaud a permis à la vie et à l’espoir de perdurer : comme lorsque des mains puissantes vous extirpent entre tous, et vous insufflent la légèreté bénie d’une dualité enfin réunie et non plus blessée la bienheureuse unité éprouvée par certains, à même la terre.

Cette ingratitude des dieux dès la naissance, cette disproportion entre ceux qui sont quelqu’un et ceux qui sont transparents pour autrui, laissent dans les cœurs une sombre amertume : qui peut accepter de côtoyer une telle injustice ? Qui peut l’appréhender dans toute sa profondeur et rester calme et serein devant un tel gouffre ? Penser un seul instant qu’une grande Intelligence est de toute façon à l’œuvre, et que tout est, de toute éternité, malgré les inégalités devant le bonheur ? Sans doute faut-il pour cela se pencher en hauteur vers le ciel et le questionner sans tarder, y déceler un probable grand mystère aspirant le pauvre hère qui hoquète un destin mal digéré, ciel qui semble dans son majestueux silence nous prier, justement, de faire silence.

J’ai beau me dire que je pourrais mourir demain et qu’il faudrait mesurer à chaque heure, la profondeur infinie de la joie et du miracle absolu de la vie, j’ai beau sentir et savoir tout cela, je gâche, je gâche je gâche. Je vais rarement à l’essentiel dès le réveil, et j’ai toujours l’impression d’un voyage à répétition dans les mêmes lieux, portes ouvertes puis fermées sur des désirs qui s’essoufflent, exil profond, étrangère à ce monde où chaque être me semble comme moi un îlot perdu dans l’immensité du temps, aux mains ouvertes sur un néant froid, cœur battant battu des vents, psalmodiant sans fin la belle phrase d’Apollinaire : « Comme la vie est lente et comme l’espérance est violente ! »

Mais l’amour est plus fort, il irradie la terre malgré sa jalousie tellurique, il la transperce et lui fait abjurer tous ses doutes. Dès qu’elle le voit, son cœur bat à tout rompre et c’est la vie au plus intime du feu qu’elle lui souhaite, à lui son Amour de tout temps devant l’Eternel, qu’elle passe sa vie à détruire et qu’elle ne voudrait que pour elle seule.

Mais il échappe, c’est ce qui fait son esseité.

Les grèves alanguies

Ecrit par Mélisande le 19 août 2017. dans La une, Ecrits

Chéri, c’est l’été : prépare les grèves alanguies et muettes de nos rêves

Les grèves alanguies

« Le monde de l’homme heureux est un autre que celui malheureux. De même dans la mort, le monde ne change pas, mais finit », Wittgenstein.

A tous les êtres qui se sentent étrangers à ce monde, afin que la liberté transforme leurs os souffrant en ailes légères, je dénonce tous les avatars touristiques qui vantent un lieu donné, dont on voudrait, contre écus sonnants et trébuchants, s’approprier l’exotisme, tout en restant propriétaires-de-tout, c’est-à-dire être autorisés à jouir dans l’espace et dans le temps, sans prendre le risque de se dématérialiser.

Mais à quoi bon faire plusieurs milliers de kilomètres et voler du sud au nord et du nord au sud quand on est un oiseau de quelques grammes, je vous le demande ????

Je comprends leur désarroi : la mémoire émotionnelle qu’un lieu réveille est couleurs et sons, voix et amour, intensité… Elle est souvent deuil et chagrin ineffable. C’est l’exil de l’âme qui souffre sous la violence des décharnés de l’esprit, ceux qui vous repoussent comme hôtes indésirables, poussières aimantés du capitalisme triomphant, oubliés sur la grève. C’est le vol effréné, celui des êtres en marche contre la mort, qui s’éreintent sur le rivage d’un dieu sévère et froid qui compte, d’un dieu qui n’en veut pas de l’humanité blessée…

Le voyage est comme une mort, celle de nos possessions, de nos amours, de nos liens si gras qu’ils en suintent une humanité si fermée, si terre à terre que la seule réponse est la mort ou le ciel. Ce qui équivaut, sans doute : mais de quelle mort s’agit-il ?

Des villages tristes en plein été, pourquoi Seigneur ?

Il y a une indicible et profonde fermeture, dans ce chacun chez soi qui s’illusionne : cette facilité à s’encastrer dans la maison, à épouser ses murs, à devenir les murs, même pas chauds, contours empreints de l’émotion : celle qui se confond avec les strates profondes du temps, celle qui blesse par sa dévotion à sédimentariser les habitudes turpitudes. C’est une terre haletante qui vocalise dans le néant, la fameuse nuit d’été. Mais il n’y a personne, Bon Dieu, vraiment personne ! Alors « Vos Gueules les penseurs ! »Je marche dans la nuit, Seigneur, je marche dans la nuit : elle ne s’ouvre pas, me blesse au plus profond.Alors sur le chemin de l’été, la voix glacée, le silence sec de cette nuit me tuent : « Pitié » dit la femme qui aime, dans l’oubli, dans ces strates du temps silencieux cruels, lames acérées sur le cœur.

Comme c’est triste ces villages ces boulistes qui s’enferment à coup de boules, sur le parvis des villages déserts et froids ! Ces cars camping pleins de bouffe, et qui cherchent, non pas la liberté claire et vive, mais l’affranchissement financier, en cumulant dans leurs soutes la nourriture les boites les occasions, les cartes de fidélité… L’éternel retour au même épicier qui a dressé alentour des barbelés pour l’esclave : il est mort mais il ne le sait pas ! Pas encore : c’est l’absence de souffle, qui lui fera savoir, cette absence au front des risques, cette légère lancinance du soir, au moment du coucher, quand les lumières s’en vont vivre leur vie, loin du jour…

Les tongs pointent vers l’étranger un regard formaté, l’apéro est limité, il y a l’identité nationale en recours contre ce vide abyssal de mon être qui cherche, seigneur, qui cherche à en pleurer, sans trouver vraiment le jour, mais c’est sûr, il s’y emploie… Alors pitié !

Quitter cette intelligibilité sombre et sournoise de la terre, ces regards entendus, ces voix qui vous repoussent, c’est heureux car là-haut, on sent qu’il se passe quelque chose, quelque chose de sérieux dans le silence des étoiles, c’est pas comme chez nous, ici-bas !

C’est vrai, on aime être le roi la reine on intime on pousse on roule vite dans notre va et vient stupide. On rugit on écrase, et seules comptent les sombres brutalités infligées à l’univers du vivant car il est muet et nous pas ! On l’ouvre, c’est bruyant, tonitruant, c’est l’humain moderne. Il s’oppose au silence, c’est sa cécité à lui, son monde triste. C’est la litanie profonde des gens qui essaient d’oublier qu’ils sont quand même animés par la longue vocalise de l’esprit.

Elle monte, elle monte, dans l’acuité du désespoir, elle est celle qui ne veut pas mourir.

Au sujet du bonheur de Lady Chatterley

Ecrit par Mélisande le 11 février 2017. dans France, La une, Politique, Société

Au sujet du bonheur de Lady Chatterley

Comment ne pas songer au film de Sofia Coppola Marie-Antoinette lorsqu’on écoute certains hommes politiques, et que l’on mesure avec effroi leur coupure absolue d’avec la base : le quotidien des gens, la paupérisation qui gagne toutes les couches de la société ? L’humiliation et les accusations dont « le peuple » fait l’objet dans les discours de certains, comme s’il n’était qu’une grande putain naïve, manipulable, sollicitée et corvéable à merci, que l’on peut flatter, culpabiliser, humilier, au gré de ses stratégies ?

Comment ne pas avoir en tête notre feue-reine, dégustant avec sa cour petits fours et champagnes, essayant chapeaux et toilettes, dans une bulle psychotique qui lui coûta la vie, alors qu’aux portes de Versailles arrivait en saccades le peuple affamé…

Cette méconnaissance absolue du quotidien et de la réalité économique difficile de la majorité des gens, tout âge et classe sociale confondus, nous arrive en pleine face avec le « Pénélopegate », où de façon pathétique et dérisoire, devant les regards médusés et sidérés par un tel affront du mensonge, le peuple, comme on dit, se tait mais n’en pense pas moins…

Un dieu facétieux est aux commandes aujourd’hui, il descend tout droit du principe de vérité ; vérité, étymologiquement « ce qui est », et provoque le retour en pleine face des accusations pour celui qui se sert de la Parole, instance sacrée, pour mentir… Aujourd’hui, il y a un retour de bâton, mais pour combien de jours et combien d’années d’impunité ???

Voir François Fillon, qui a accepté en tant que premier Ministre l’humiliation que lui infligeait Sarkozy, défendre sa cantine, son petit moi, en le confondant derechef avec l’universel, tient de la pathologie schizophrénique.

Le putsch dont il clame être la victime n’est en réalité que le rappel douloureux d’une forme de justice immanente qui finit par tomber, un jour ou un autre, quand le mensonge s’est construit son propre édifice bancal et qu’il monte toujours plus haut, sorte de monstre qui n’a d’assise que la folie narcissique de ses auteurs…

Un jour cela s’effondre, un peu comme la tour de Babel. Mais le mensonge semble ici s’être construit un tel paysage, de tels quartiers, qu’il y a fort à faire pour revenir au principe de réalité. Fort à faire dans le ciel pour faire réfléchir ces petits ambitieux qui ne songent qu’à leur statut terrestre, sans autre programme que régler un compte au rival, se présenter au suffrage universel pour résoudre une problématique personnelle d’aliénation, c’est de l’infantilisme dangereux.

Citer ceux des hommes politiques qui avaient un projet de transcendance et de service vis à vis de leur pays, alors qu’ils sont silencieux pour toujours, pour cause de disparition terrestre, c’est encore plus criminel !

Accuser le Canard enchaîné qui ne perd jamais (ou rarement) les procès dont il est l’objet depuis un siècle, l’accuser de façon péremptoire, notamment de misogynie et le faire en guise de discours politique devant des milliers de personnes prises en otage, relève de la pathologie mentale !

Il serait bon que François Fillon ne se serve pas du peuple et ne confonde pas la conduite sérieuse et grave d’un pays pour répandre sa névrose narcissique. Lui qui ne laisse pas parler sa femme… D’ailleurs que dit Pénélope ? Au service de son grand homme ? Ne devine-t-on pas dans son regard triste qu’elle a loupé un rendez-vous décisif ? A Sablé, loin des rillettes et des notaires, un rendez-vous avec un garde-chasse. Il l’aurait menée benoitement, tout droit au paradis… Loin de la clique des menteurs professionnels que sont devenus certains élus installés dans leurs pantoufles de l’Ancien Régime… Tout droit au paradis des femmes amoureuses, avec des étoiles dans les yeux et dans la voix…

Ah ! La vie, ça tient à si peu de choses !

Saint Michel a bien terrassé le dragon

Ecrit par Mélisande le 04 février 2017. dans La une

Saint Michel a bien terrassé le dragon

Quel drôle de monde, que celui dans lequel on vit, n’est-ce pas ? Un peu déstabilisant quand on est encore animé, comme chacun de nous, par l’amour inhérent à l’Etre…

Si on fait un petit tour vite fait du locataire, que voit-on ?

Regardons Trump par exemple, élu quand même, et par un certain nombre de personnes aux USA. On ne leur a pas mis un pistolet sur la tempe pour aller voter, même si l’arme la plus efficace est de renoncer à sa conscience et à son origine divine. Car pourquoi élire un malade mental à la tête d’un pays comme les USA ? Que se passe-t-il dans la tête des Américains qui ont été séduits par un type inculte et limité sur le plan de l’intelligence ? Un type dangereux, qui a placé sa guérison d’être – conscient de sa médiocrité et habité par un non-être historique – dans l’érection sidérale que représentent la possession, la notion de pouvoir, et dans la richesse matérielle, à en avoir une indigestion. Peut-on en effet  manger-tout-ça quand on est un simple être humain ? Avec un seul trou de balle et une seule bouche ? Nan… !

Les gens faux qui l’entourent sur la scène du crime de lèse-vérité, femme et filles, poupées à la plastique Barbie, carton pâte sans expression humaine sinon celle placée clairement au niveau de la dentition, d’une soif éperdue de pouvoir à défaut d’amour, ou fils, petits mâles estampillés « vides sous tous les rapports », semblent incarner une forme de théâtre d’ombres cravatées, fantoches qui auraient perdu leur âme, ou alors âmes errantes qui auraient pris le pouvoir, sur lesquels certains électeurs vont projeter leur manque d’être à hurler, jusqu’à les laisser vivre à leur place, car eux sont déjà des morts-vivants. Mais dans le tableau du clan, il y a quelqu’un de différent : c’est le jeune fils de Trump, Barron. En effet, il semble se rendre compte de façon aiguë du  cauchemar dont il est prisonnier. Il est lucide, et cela semble traverser son être de façon inconsciente, il le paye par une solitude éperdue ce qui représente le mal le plus terrible pour un enfant. Mais le petit Barron a vite été catalogué d’« autiste » par les hyènes du web, celles qui traquent leurs proies sans relâche dans le seul but de détruire la dignité en l’homme. Mais j’y reviendrai.

Mettre des rideaux en or à la Maison Blanche dès son arrivée par exemple… Pas mal non ? Insulter infliger contraindre. Certes, il a le profil d’un malade mental, mais il a été élu quand même, oui élu ! Pourrait-on se dire que ces électeurs-là sont saucissonnés dans un non-sens existentiel tellement abyssal qu’ils en ont perdu leur esseité ? Qu’ils vivent dans une forme de néant redondant, celui du matérialisme et de l’idéologie US Maître du monde, de la puissance liée au pouvoir, du pouvoir lié à l’intimidation et à l’exploitation, outils régulièrement employés par des présidents successifs décérébrés, ici et là sur la terre ? Pourrait-on dire que ces gens sont malades d’être vides, sans espoir, sans dignité, et qu’ils ont perdu en route le sens du divin en l’homme ? Oui, on peut le dire…

Allons donc un peu voir chez Dostoïevski dont Poutine n’est évidemment pas l’héritier direct, certes. Les muscles de Poutine, ça plaît en France chez certains philosophes autoproclamés, comme Alexandre Adler par exemple, qui pontifie sur France-Culture, ou d’autres que je n’écoute plus tant ils me dégoûtent. Parce qu’il sont sans arrêt dans la projection de leur ego souffreteux malmené, de ce masculin plus moins castré alors qu’il étaient programmés pour être quelqu’un, et ça, ils ne l’ont vraiment mais alors vraiment pas digéré ! Prendre du recul, sortir de sa problématique personnelle avant d’évaluer une personnalité, ils ne connaissent pas, et de fait, ils n’ont jamais la vision objective d’une personne. Cela ne les empêche pas d’avoir une parole sur les ondes publiques… En tout cas Adler défend Poutine (enfant de la balle, le pauvre !). Et les meurtres dont il est soupçonné être le commanditaire, de journalistes femmes, une balle dans le dos, ne semblent pas l’empêcher de dormir… Mais peut-être que Alexandre Adler a eu une sœur… Aimée du père… Allez savoir !… Quand on fait de la géopolitique on essaie de sortir de sa problématique personnelle. Ou alors on se tait.

Pas joyeux tout cela ? Alors regardons à nouveau la merveilleuse série sur Arte : 7 épisodes d’une fiction inspirée de la vie de Dostoïevski, et retrouvons notre souffle, notre beauté intérieure, bref notre âme ainsi guérie…

 

(A suivre)

Pénélope et François sont dans le bateau mais plus pour longtemps…

Ecrit par Mélisande le 28 janvier 2017. dans France, La une, Politique, Actualité

Pénélope et François sont dans le bateau mais plus pour longtemps…

« Quand on voit ce qu’on voit, disait Coluche, et quand on sait ce qu’on sait, on a raison de penser ce qu’on pense… ». Oui, François Fillon par exemple prend la parole, mais on pourrait se dire de quel droit lui comme tous ces députés, dont certains sont mis en examen comme Balkany par exemple, sont encore dans les rangs de l’Assemblée ?… Guéant et ses 10.000 euros en plus par mois, non déclarés… Condamné à un an ferme, mais il ne va même pas être affronté à la réalité de la prison… On rêve… Ceux qui arrachent une chemise, volent une chaise dans une banque, risquent la prison par contre, et ferme… Ah ! Ça ira, ça ira !!

C’est-à-dire qu’il n’y a aucune limite : non seulement ils ne représentent plus du tout le peuple, ils s’en servent pour s’enrichir et flouer la parole politique, éthique, notion de service volant en éclats glauques sur les murs de notre histoire, mais en plus, ils sont toujours là. François et Pénélope, leur manoir de quelques 16 pièces dans la Sarthe, résidence secondaire, façon Ancien Régime… Et nous le peuple ??

Prenons mes amis et moi par exemple, ici en Ardèche : entre 800 et 1000 euros de retraite. Pas d’aide de la CAF. Pigiste, psychothérapeute, esthéticienne, ayant cotisé, ou plutôt ayant été dépouillés par l’URSSAF, pas possible de se payer les prothèses dentaires, ni même de prendre une mutuelle… Un loyer de 190 euros pour moi, qui suis considérée comme « profession intellectuelle supérieure… ». Alors, il y a tous les copains, les jeunes aussi, les étrangers comme on dit, loin du sens spirituel du terme : ceux qui arrivent, poursuivis par la guerre, et dont on ne veut pas… François dans ton manoir sur les 15 chambres, une ou deux pour des familles syriennes ? Allez encore un effort…

Le peuple est sans doute naïf, enfantin, mais ce qui est sûr c’est que ça commence à faire beaucoup ! Je propose comme examen politique que l’on mette Fillon au RSA pendant un an, on verra s’il ne change pas de programme politique. Je propose qu’on envoie Balkany et son épouse vivre dans une aire où l’on parque les Roms, pendant un an, qu’on les mette dans la rue avec 400 euros par mois… Je propose que l’on préfère l’expérience de l’altérité plutôt qu’un programme politique.

De quel droit cette parole ? On leur retire le droit de l’ouvrir en notre nom.

Mais ce qu’il y a d’incompréhensible, c’est que tout le monde défende son ego, son pré carré, son petit moi : ceux qui s’imaginent qu’ils pensent et courent les plateaux de TV, ceux qui excluent, ceux qui détestent, les hystériques (Yann Moix qui fait son fonds de commerce de petit émasculé en étant violent verbalement contre les femmes), les grands malades auxquels on propose des patins pour rentrer sur les plateaux de TV et déverser leur pathologie exhibitionniste, leur violence, conchier, salir, mépriser, être dans une médiocrité crasse telle, que c’en est humiliant pour tous ceux qui vivent encore dans la dignité. Il n’y a plus aucun souci de service de sens du devoir, et du don, dans les discours mensongers des politiques. Un ou deux journalistes font encore leur travail comme des guerriers, parce qu’il faut quand même être un samouraï pour continuer : François Ruffin, Elise Lucet, Edwy Plenel… Le Canard, merci à lui, le Volatile…

Alors qu’est-ce qu’on attend pour mettre dehors ces faussaires ? Ah oui ! « Nuit Debout » c’était pas mal, mais pas organisé, « spontex », genre pas habilité par les institutionnels ceux qui s’arrogent le droit de parler… Juste une respiration, un cri, des musiciens qui viennent à trois cents, c’est pas mal ça quand même non ? La musique !!! Voilà une parole qui parle d’elle-même.

Réfléchissons camarade, quelle place laissons-nous à l’Autre ? Dans quelle mesure sommes-nous prêts à nous effacer pour laisser être l’autre ? En face et en nous. Il faut instituer : Matin debout, jour debout, nuit debout, ne plus jamais se coucher devant tant de vulgarité… Hasta la victoria siempre.

« … Un peu avant midi nous revenions par les ruines… » (Albert Camus, Noces)

Ecrit par Mélisande le 27 août 2016. dans La une, Ecrits

« … Un peu avant midi nous revenions par les ruines… » (Albert Camus, Noces)

Dans ce village riche et bruyant des campagnes de l’Ardèche, entre deux coups de canons guerriers, se glissant prudemment dans la nuit bleutée des Perséides, la caravane-maison des gitans est arrivée.

Comme un oiseau résigné blessé elle s’est tue, malgré le chant profond qui montait de ses entrailles. Discrète quant à ses rêves d’absolu vis-à-vis du quidam qui jouait ses boules sur le parvis des platanes massacrés par un élagage, le jour même de l’équinoxe, quand les oiseaux migrateurs s’étaient donné rendez-vous dans leur vaste feuillage pour partir, elle s’est figée à l’endroit même du délit, bien à même de saisir le crime des tronçonneuses et de ceux qui les avaient brandies.

Splendide dans sa rondeur romane, avec ses chevaux qui défiaient la beauté, et dans le regard d’ambre de ses occupants, un silence altier, une fierté sombre fatiguée du mensonge et de la cruauté. C’était ce matin suivi d’un soir ordinaire d’été : un temps mort où il ne s’est rien passé de sérieux, rien de divin s’entend.

Flouée, mais fidèle, dans le lit des âmes fortes, le cœur haletant sur le long chemin de la vie, alors que la mort serait délivrance et que chaque aube est une prouesse, honneur au noble voyage. La caravane a déployé son silence sur la place des hommes.

Lovée muette dans le mouvement des astres et de Dieu, assignant au monde diurne la présence du voyage et de la liberté, cris puissants, et la trace en l’homme qu’il ne cédera en rien, alors que les eaux dévalent après l’orage sur la terre sèche des femmes, et que dans la nuit bleutée, la voix se voue aux dieux de l’amour, et clairement si il le faut, mourra ci-devant en cas de non retour. La roulotte, la caravane des Gitans est amarrée près de moi, elle roule en même temps que les étoiles pas dans le temps humain, mais dans celui céleste qui définit et le jour et la nuit, et la vie et la mort, avec le souffle de l’onagre qui s’ouvre au crépuscule dans le silence d’été, offrant son calice au dieu de l’amour.

Gitans auprès de Dieu compagnons de silence, agneaux devenus loups par « le-sang-versé », en fraternité avec le galop effréné d’une biche, la roulotte est arrivée. C’était la nuit.

Dans le bruit des humains inquiets qui ont oublié le langage, posée entre deux arbres, elle s’arc-boute volutes en toiles, chevaux, enfants-voyants, et les chiens aussi, qui sont là près du feu dans le silence. Ciel léger d’été quand il n’y a plus personne pour la guerre. Gens du voyage à la fois sur l’arbre mais aussi chassés de la terre qui leur offre des racines, dans votre maison profonde et silencieuse, vous êtes entre deux mondes, celui du chant céleste et celui terrestre où s’affrontent ceux qui possèdent la terre : maudits, ils ne veulent plus bouger et ont laissé derrière eux le vent, les chants, et l’océan qui va qui vient, dans le silence souffrant du monde. Ne devenez jamais comme eux malgré les regards lourds derrière les vitres de leurs maisons basses. Soyez les bienvenus, ô mes frères d’espoir et de vie.

Liberté harnachée parée apprêtée pour un jour de gloire. Il viendra.

Forêts

Ecrit par Mélisande le 04 juin 2016. dans La une, Ecrits

Forêts

J’ai vu un chevreuil vers Rochepaule dans les bois.

Il a dévalé la pente de hêtres, et traversé telle une apparition, un chemin forestier évité par les engins à moteur. Puis un autre au retour, mais celui-là m’a regardée fixement dans les yeux, le temps de compter jusqu’à trois. Yeux cernés de noir, pour mieux souligner l’intensité de sa vision, et sans doute, tentait-il de lire mes intentions, car j’ai senti dans ce regard une forme de sonde venue de l’invisible, une interrogation profonde posée en silence sur la vraie nature de mon être.

Mais il faut aller loin pour fuir les rafales offensives des « Attila du dimanche », ceux qui flouent la belle forêt-cathédrale, avec du bruit et de la puanteur. Il faut s’éloigner des hommes pour que le silence déploie son amplitude « orchestrale », et verse en nous d’intimes messages. Il sont cachés dans le bruit du vent, le parfum des lilas et des genêts, qui nous adressent un réconfort subtil, avec cet espèce de souffle océanique puissant, quand la forêt se cherche des parentés maritimes… Ramures et feuillages s’unissent alors pour apaiser le cœur blessé du pèlerin, qui tente de passer à gué le feu vif de ses saisons. Il suffit d’observer les hêtres pour que le monde retrouve sa vraie architecture : patiente, silencieuse, ascensionnelle, bienveillante belle et solidaire aussi ! Regardons l’amoureuse façon qu’adoptent les arbres pour prendre, parfois, appui sur leur « voisin », afin d’être aidés dans leur démarche d’élévation vers la lumière. Puis de s’en séparer pour vivre en solitaire leur trajectoire, sans pour autant le quitter « du feuillage ». Il paraît que les végétaux communiquent, se préviennent d’un danger, s’organisent en chœur, dans un merveilleux silence habité, connecté, ignoré des humains patauds !

Il faut se hâter d’admirer le cœur battant ce que nous avons perdu, prisonniers d’un monde imaginaire et mort, otages d’une coupure dramatique. Mais il suffit de percevoir l’épuisement des citadins et le sourire enfantin des promeneurs en forêt pour sentir que tout n’est pas perdu : car nous sommes tous un peu « arbre » nous qui cherchons en secret l’enracinement loin dans la terre, puis la lumière, désir puissant commun à l’humanité, et qui souffre de ne pouvoir se dire à haute voix.

La mort aujourd’hui

Ecrit par Mélisande le 21 mai 2016. dans La une, Ecrits

La mort aujourd’hui

« La mort aujourd’hui devant moi, comme un chemin après la pluie… »

Je vais mourir demain, dans quelques jours, quelques saisons et quel soulagement ! Accéder enfin au ciel sans rester dans la case « terre », quel bonheur ineffable ! Quitter tous ces langages, ces abandons, ces rendez-vous manqués, les croche-pied du diable au pauvre hère qui prie et demande grâce ! Enfin ! Le silence, la paix, la beauté à l’infini ! Quelle guérison ! La mort on en réchappe de justesse par quelque grâce du ciel, puis on la souhaite ardemment après avoir lutté contre elle, alors que l’on a été aidée, aimée par des voix puissantes qui nous exhortaient : « Reviens ! » Mais aujourd’hui, elles ne sont plus là, elles disent : « Va t’en ! Si tu veux, je vais te donner mon avis sur ta future adresse ! » Poliment, gentiment certes, mais personne n’ouvre plus les bras pour accueillir ton martyr ton calvaire, et les mains s’atrophient à force de ne pas serrer quelqu’un sur le cœur épuisé du nageur ! La mort est feu follet, elle circule de l’un à l’autre sans état d’âme comme si elle prenait possession, d’un corps d’un cœur, puis s’en allait, s’en revenait ! La politesse quand il y a eu l’amour quel crève-cœur ! L’amour est cruel quand il est absent d’un cœur, il dessèche sur pied celui qui en face attend… Il tue sans flèche sans curare, juste avec son absence. Il tue proprement l’amour absent, simplement en n’émettant pas.

Voir l’homme que l’on aime plus que sa vie, en aimer une autre, est une forme de sadisme de Dieu tout à fait irrespirable. Parce qu’infiniment, indéfiniment, on va le chercher, le rejoindre contre son gré, le chercher encore et malheureusement le trouver, comme si un labyrinthe sadique nous proposait l’exact chemin qui va tout droit vers notre calvaire.

Alors « La mort, aujourd’hui devant moi, comme la guérison d’une maladie, comme un retour à la maison après une longue absence ».

Jette un regard froid sur la vie sur la mort

Ecrit par Mélisande le 14 mai 2016. dans La une, Ecrits

Jette un regard froid sur la vie sur la mort

« Jette un regard froid sur la vie sur la mort, cavalier, passe ton chemin »,William Butler Yeats

Que nous soyons voyageurs impénitents dans le temps ou dans l’espace, en guerre ou en paix, nous nous demandons toujours si l’espérance et la force de la vie vont, malgré la fatigue, en découdre avec ce brutal chagrin né de l’époque : l’homme répudiant Dieu, comme un parjure blême qui aurait trahi tristement mais fermement le nuage d’or léger de la vie, cette facétie céleste inutile au regard du vacarme ici-bas, s’est ridiculisé, dans l’avoir, la possession, il a voulu s’installer, perdurer, et s’est engoncé dans l’ennui absolu, la lourdeur et le bruit des corps, l’odeur surtout… Pas vraiment l’épiphanie !

Alors l’hésitation, comme une pluie fine de mai choisit avec résignation de devenir déluge pour nettoyer le mensonge en l’homme, car il faut s’éprouver, et se perdre sur le chemin âpre pour revenir en vainqueur, ressentir l’écorce et le cœur des arbres dans ce monde blessé, délaissé. Chez ceux qui malgré leur nuit torve, ont su en ce monde semer quelque chose de vrai, dans la transparence de l’intention, solitude rêche, larmes vives au creux des reins, verticalité des êtres, accrochant comme une lumière dans la maison sombre, un cri d’amour, il y a du rouge, il y a des arcs-en-ciel déployés dans l’azur, c’est sûr ! Mais c’est peu, mais c’est rare.

Voyage en Irlande

Ici les cimetières sont des lieux vivants : collines douceâtres entre ciel et mer où tous les amours aliénés réduits au statut terrestre d’esclaves semblent parfums éthérés, existences évanouies sur la route, car il pleut toujours sur les âmes des forçats qu’ils soient amoureux, répudiés ou errants comme des fantômes. Les herbes folles, les fleurs, même si elles ne se sont jamais senties aimées, donnent du col et se jettent dans l’azur comme des pythies. Elles disent leur bonheur d’être à la racine des pierres, entre la vie la mort, en équilibre précaire sur la frontière du temps, blessante comme le mensonge. Qui dira l’indignité dans laquelle se maintiennent les êtres humains, oublieux des vœux célestes les plus chers dont ils sont issus ?

L’Irlande c’est la terre des damnés, la terre des victimes, bourreaux d’eux-mêmes, dans une démarche paroxystique de « Sortie au jour ». Ces grévistes de la faim, qui sous l’ère Thatcher s’enduisaient d’excréments ! Si loin de Dieu, si loin du Dieu de l’Irlande qui est esprit bleuté, verdoiement de la vie et de la lumière, si loin du ciel ! Se croisent ici la haine du dominant qui était incarnée pour l’heure en femme : « Dame de fer », mais aussi la soumission tragique à ce même dominant, incorporé dans leur chair, au mépris d’eux-mêmes et de leur être divin, jardin céleste, où Dieu nous a fait naître dans la perfection de son amour.

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