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On a le Versailles qu’on peut…

Ecrit par Martine L. Petauton le 22 mars 2014. dans La une, Média/Web, Société

On a le Versailles qu’on peut…

Lycéenne passionnée d’Histoire, j’ai nourri en ce temps-là, une sorte de tourbillonnant intérêt, un peu obsessionnel, pour la Cour de Versailles de notre regretté Ancien Régime. A cette époque, la fille de Gauche qui murissait en moi, devait cohabiter – mais, c’est peut-être comme ça qu’on se construit brique après brique – avec l’admiratrice de ces parfums versaillais, disant après l’autre, ce diable de Talleyrand : « celui qui n’a pas connu la France d’avant 1789, n’a pas connu la douceur de vivre »… Je lisais tout – le bon, le moins bon, le vrai, l’à peu près ; je raffolais de ces chroniques coiffées par le talent ignoble de Saint Simon ; rien ne m’échappait des rites – ceux de l’hiver qui finissaient aux chandelles fumantes, ceux de l’été qui glissaient sur le Grand Canal ou « zyeutaient » sous les ombrages de l’Orangerie odorante… Ce n’est pas, alors, une, mais des myriades de chroniques pour Reflets du Temps que j’aurais pu aligner, tant ma science était réelle et surtout abondante, comme les fontaines de vins qui régalaient les courtisans… La Cour de France, c’était mon truc, à l’heure où mes copines oscillaient, perplexes, entre Antoine et Johnny, leurs idées, leurs cheveux…

Et puis, j’ai fait de longues et belles études d’Histoire. Est-ce parce que, juste avant mon arrivée, Albert Soboul (en personne ! une sorte d’icône) dirigeait le département contemporain de ma fac, et y faisait entrer, en symbiose avec 68, la grande Révolution Française, que mes choix se sont portés sur cette Histoire contemporaine, inépuisable, qui allait, de surcroît, façonner mes masses de granit en politique. Exit, du coup, la Cour et ses falbalas, pour un bon bout de temps…

Mais, vous n’êtes pas, je suppose, de ceux, naïfs, qui croient que les choses se passent et rentrent à la niche, pour ne plus jamais en sortir. La Cour m’a rattrapée, la Cour me rattrape, lorsque ma souris clique de temps à autre sur ce «  Bienvenue sur Facebook » dont vous êtes évidemment accro.

Foule il y a dans FB, probablement en proportion de celle de Versailles au temps de sa splendeur, lorsque s’y pressaient de 3000 à 10.000 de tout un peu. Donc, FB – un réseau, tout bêtement – a sa cour ; une flopée de cours, plutôt, à la façon de ces principautés allemandes des Temps modernes, qui se ressemblaient sans être identiques. Car, remarquez-le en tendant l’oreille, le ton, la musique, les sujets d’excitation sont tellement différents sur la page de cette princesse-là – très « air de la reine de la nuit » – ou sur celle de ce sombre Prince du soir – ah ! Celui-là… Et, comme il se veut à la Cour, s'entrechoquent céans, les visibles, les dans l'ombre, ceux qui regardent et s'apprêtent à ragoter dare-dare ; ceux, qui – plus bavards et bravaches, prennent de sacrés risques. Les cris et rires de quelques uns ; derrière, tapis, les yeux brillants d'une convoitise glauque de tous les autres. Passe le train royal. Respiration de la Cour...

Sa parole, à elle... et la meute.

Ecrit par Martine L. Petauton le 15 mars 2014. dans France, La une, Politique, Actualité

Sa parole, à elle... et la meute.

Droite, au Grand Journal de Canal, et tout en rose, le regard – mieux que fier, propre à nous donner de la fierté à tous ; Taubira - La justice en colère...

On sait le contenu du feuilleton qui a vibrionné, presque carillonné, d'un bout à l'autre de la semaine. Petit potin médiatique à l'aulne de ce qui finira – si l'on n'y prend garde, par remplacer la vie politique. Chiendent de chaque jour, en voie d'étouffer les salades...

 Des écoutes téléphoniques – conversations entre notre ancien président et son avocat. Sujets – excusez du peu - les  grandes affaires qui - casseroles tintinnabulantes - suivent – normal, un certain  Sarkozy, redevenu  citoyen, et donc,  justiciable, comme vous et moi. Car ce n'était pas de rendez-vous-golf, dont il s'agissait, et la procédure est légale. Élégante, non, mais  la loi se doit-elle d'être élégante... Agréable, pour les avocats, bien sûr que non ! Mais, les textes sont indiscutables. Pas de gangsters en vue, la loi ! « dura lex, sed lex ». Et, d'émission d'experts en JT, a couru toute la semaine, la classique bataille/rengaine des avocats opposés aux juges. Que dit la loi sur ces écoutes ? Qui a permis quoi ?  Qu'est-ce qu'on apprend de ces «  amoureuses conversations » ? Premier round. Pan sur le coin du bec de la Droite et de son grand chef revenu. Second round : Qui savait qu'on écoutait ?  Depuis quand ? Et la Droite de penser voir la faille ( canyon du  Verdon, pour le moins !) : cette insupportable Gauche au pouvoir, savait et ne veut pas en convenir ! Autant dire, le couteau entre leurs pauvres incisives, ils couraient au massacre de Sarkozy-l'en-devenir-terrible-bouteur-de-socialisme-hors-les-murs-du-pays-exsangue.  Meurtre avec préméditation. Dutroux, en presque pire... Dans le rôle des méchants : le sursitaire Ayrault, à la voix encore puissante, le Saint-Just de Valls, tueur de Dieudonné, et de la libertééé d'expression, et... la passionnaria des bananes, la chouchoute de tout bon citoyen de Droite ; le diable  : Christiane Taubira.

 La meute a commencé mezzo-voce, par l'œil frisant l'orgasme, d'un Copé, minaudant que mensonge, la vilaine Gauche chantait à nouveau. Il en  pleurait presque ; derrière, silencieux comme un juré de peine de mort, le rideau sinistre mené par Eric Ciotti, qui, en matière de justice, en connait un bout.

Les tableaux de Frédéric…

Ecrit par Martine L. Petauton le 15 mars 2014. dans La une, Arts graphiques

au musée Fabre de Montpellier

Les tableaux de Frédéric…

Bazille et l’absolue solarité de ses œuvres. Frédéric, « le » peintre d’ici – lumière, gens et paysages, odeurs et bruits… tout ce pays-ci, autour de Montpellier.

Quand on descend du Larzac austère et minéral, que la barre des Cévennes mystérieuses s’ouvre comme une promesse de Midi au « Pas de l’Escalette », que, passé Lodève enroulée sur ses vieux quartiers, la garrigue éclate de toutes ses senteurs, avec son chapeau de ciel bleu-labélisé Languedoc ; qu’on se demande à chaque tournant, si c’est Rome et son Latium, ou bien, un bout de Toscane qui s’annonce... Bref, quand on tombe amoureux – en se disant, que, mince, ça pourrait durer un brin – d’un paysage, d’un soir qui tombe « encigalé », de l’accent de la boulangère, là, dans ce vieux village ; quand Montpellier, la Région Languedoc-Roussillon – oui, rien que le nom, vous tourneboule un peu… – alors, il est temps d’entrer dans le musée Fabre, sur cette promenade douce et ses platanes au bord des fontaines, et de monter là-haut, dans les salles silencieuses, faire vos dévotions aux tableaux de Frédéric Bazille…

Tous les étés, dans cette vie de peintre si courte – arrêtée, comme un cri qui s’éteint, à 29 ans – il plantait son chevalet face à ces arbres, ce village, ce fleuve. Là, dans cette lumière. Bazille, c’était l’été, sa vie comme son œuvre. C'est pour toujours, l'été.

La peinture, il l’avait travaillée aux côtés de ces Renoir, Monnet et Manet – quand même ! Ils – dirait-on aujourd’hui – étaient de sa bande. L’ombre claire des jardins de celui-ci, et la robe de ces belles qui passe ; les reflets dans l’eau de celui-là, et ce vent léger dans l’olivier ; les murmures et les rires d’un temps qui nous semble perdu… quelque chose du bonheur, là-bas, au loin de la mémoire… Les tableaux de Frédéric sont partout dans le monde, mais ceux du musée Fabre sont – à mon avis – les plus émouvants, parce qu’ils vivent sous leur ciel, comme ces produits naturels précieux que voyager dérange. Le Lez et Méric – la maison de ses parents – ne sont-ils pas à deux pas, à trois grésillements de cigales…

Deux de ses toiles font partie de ces visites un rien rituelles, que je me plais à lui rendre. Plusieurs fois par an, je viens m’asseoir face à cette « Vue de village » qui fait face à « La toilette ». Un extérieur et un intérieur.

Le Tout bon des reflets : De l’huile d’Olive…

Ecrit par Martine L. Petauton le 15 mars 2014. dans La une, Gastronomie

Le Tout bon des reflets : De l’huile d’Olive…

Oliviers… Ils frissonnent en ce moment, partout, de la Durance de Giono, au moulin de Daudet ; chacun veut en planter, même en terrasse de ville, au soleil du midi. On peut du reste – mon cas – refuser d’emprisonner en pot, ce géant d’Homère ; vous viendrait-il à l’idée d’installer sur votre  chaise longue, non un chat, mais un guépard !

Depuis Nabuchodonosor – c’est vous dire ! – on a des tablettes nous parlant de cette huile  d’olive, « l’huile de Provence » dont Ronsard aimait déjà napper ses crudités… Partout, les rivages de Méditerranée, depuis la haute Antiquité étaient coiffés d’oliviers (dont le nombre valait l’assise de l’aisance d’une famille) et les amphores antiques – celles, par exemple qui échouèrent devant Lattes à deux pas de chez moi – étaient le principal objet transporté par les naves romaines…

Tout, dans le Sud était cuisiné d’olives, et, en face, on avait au Nord, « les gens de beurre ».

On sait que l’Olivade faite (le vent, disent les mauvaises langues, en étant le meilleur ouvrier), une simple tranche de pain de campagne revenue dans la première huile – celle qui ne voyage pas, frottée d’ail, ferait se régaler un roi, mais que penser d’un repas d’été sans la Tapenade ? On connaît cette mixture en pot – verte ou noire, qu’on étale sur des toasts à l’apéro.

Mais la tapenade, c’est tellement d’autres vies !

* La faire/maison est simple : des olives vertes dénoyautées / quelques filets d’anchois, et une cuillerée de câpres. On mixte à la main en faisant couler de l’huile d’olives. Poivre, un peu de citron. Mélange irrégulier, un peu épais.

* En plat chaud. Des tagliatelles fraîches, une fois cuites, recevront votre pâte – la verte, comme liant. Autre chose que le beurre ! Vous disposerez des rondelles d’olives, et disperserez des lamelles de saumon fumé. Je m’autorise quelques croutons aillés. Aneth. Mangez chaud, surtout.

N’en déplaise à mon sommelier préféré (rien, sans du Rouge) ! Un Rosé du Languedoc ; Faugères ou saint Chinian.

Et, une promenade dans les oliveraies, en pousse-café ?

Bon appétit messieurs, et mesdames aussi !

L'insupportable d'un Buisson...

Ecrit par Martine L. Petauton le 08 mars 2014. dans France, La une, Politique, Actualité

L'insupportable d'un Buisson...

L'insupportable, dans l'affaire Buisson qui tambourine à la porte d'une UMP-petite mine, en cette fin d'hiver, est-ce vraiment l'éclairage de ce sinistre personnage ? Pile mon contemporain, du reste, à quelques mois près – itinéraire intellectuel et politique à l'autre bout du mien. Buisson, le gars élevé dans l'amour de Maurras,  anticommuniste viscéral, qui refusa au lycée, de respecter une minute de silence en mémoire de victimes de l'OAS, sur laquelle plus tard, il écrivit son mémoire de maîtrise, sous la houlette d'un Raoul Girardet ( « le mouvement Algérie Française »), qui doit valoir son pesant.

 Personnage peu fréquent dans les amphis d'Histoire – ceux de son acabit, étaient plutôt en Droit -  qui, à peine arrivé en fac, fit le coup de poing contre le Mouvement du 22 Mars. J'en demeure songeuse ; un autre 68 !! Étonnant, ces trajectoires ;  jeune intello historien,  pro-OAS, Vichy au cœur ; « parachutiste!! » disait Maxime. Ca se peut donc ?  

L'insupportable, est-ce encore son itinéraire d'homme ? Très peu d'enseignement ( on imagine la perte pour les minots, notamment des quartiers difficiles, ou ceux du Nord où je commençais ma carrière !) ; du journalisme d'opinion, bien cassant, glauque, méchant à n'y pas croire ; de la haine en pages : «  Minute », qu'il dirigea un temps, avant  de bifurquer vers  des domaines plus calmes, comme «  Valeurs actuelles », et de devenir – pas toujours à visage découvert, un homme de média - TV, notamment. Mais,  de là, encore,  à diriger la chaîne Histoire !! comme une erreur noire reconduite par ricochets...

Incongrus ou parfaitement logiques après cette genèse, ses engagements politiques ?  Il aurait pu – dû, gagner les rangs, un peu trop, pour son goût, clairsemés, de l'extrême droite, remontant peu à peu les marches de la notoriété, dans les années 80/90. Mais l'homme – ça se sentirait presque en l'observant – les mimiques, la démarche, préfère être, un qui influence, plutôt qu'un qui marche avec.  Les arrière-scènes, les bars, resto, où on peut convaincre dans l'ombre, voilà son univers. Et, il s'y adonnera avec succès, d'un De Villiers, dont il conduira la campagne en 1995, autour de ces idées de souverainisme où il nage encore si bien aujourd'hui, jusqu'à N. Sarkosy qui l'approcha ( ou le contraire ?) dans ces années-là. Pot de soupe à tout mécontentement, un peu, où mijotait déjà le Populisme. Convaincre Sarkosy, s'en faire entendre, en exiger du respect, au tournant de sa campagne en gloire de 2007, n'était pas de la compétence du premier venu... est-ce ce projet, ce modèle, de syncrétisme des pensées de Droite – du FN au RPR, au PR ; ce goût des dénominateurs communs faciles à vendre, convoitables, qui a séduit Sarkosy ?   Peut-être. Cette magie du «  tous ensemble... », à droite aussi  ?

Femmes… quelques-unes des miennes…

Ecrit par Martine L. Petauton le 08 mars 2014. dans La une, Actualité, Société

Femmes… quelques-unes des miennes…

Non, ce n’est pas pour cette journée – des animaux, du miel-bio... des femmes. Journée des hommes, quand ? Je prépare ma gerbe ?

Horripilant « posé » sur le calendrier, comme pour s’en débarrasser, une fois l’an, pour repartir, armés – mieux peut-être – vers le mépris, l’utilisation, l’instrumentalisation, le rire gras, les coups bas, ou les coups tout court… On sait… Étrange son de commémoration, comme si le peuple des femmes était mort ! Non, ce n’est pas pour le 8 Mars, mais c’est quand même cette date qui s’affiche ce jour sur notre Reflets… Donc !

 Quelques-unes… les mêmes que toi ? Et, toi, qui dis : pourquoi a-t-elle oublié celle-ci ? Je n’oublie rien, je laisse venir… des prénoms en vrac, comme autant de pétales – rouges souvent – divaguant, surnageant, survivant, toujours.

Antoinette, particulièrement cette année… la constance de son combat presque institutionnel, vieillissant avec nous, mais d’abord, chez moi, Simone : un «Deuxième sexe  », dans ma bibliothèque, livre corné, souligné, presque abimé depuis ce 68, où il m’accompagna – viatique de chaque souffle… Simone, l’autre, et pour la contraception, et, surtout, pour la femme/conscience revenue d’Auschwitz… et j’en vois encore une autre, là-bas, celle d’Yves – yeux clairs de Casque d’or malgré la vie et les ravages.

Danielle, celle des camps, qui aurait pu entrer avec Germaine et Geneviève, au Panthéon dont je vous parlais la semaine dernière… l'autre Danielle, la militante,  celle de François, image vivante et claire des valeurs portées.

Quelque part, cette Olympe, qui voulut en ces temps de libération de l’homme, une Déclaration des Droits de la Femme, qu’on salue, pour le courage, mais en devinant que ce chemin de sexes séparés, comme espèces ennemies, ne mènerait pas loin…

Les 4 choix de F. Hollande

Ecrit par Martine L. Petauton le 01 mars 2014. dans La une, Actualité, Histoire

Les 4 choix de F. Hollande

Ils sont 4, ces mousquetaires de la mémoire, tous pour un, accrochés aux valeurs les plus hautes : la Résistance et les droits de l’homme…

Tous, ils ont vogué au plus fort des tempêtes sous le drapeau du chef, Charles de Gaulle, disant – et, on n’y revenait pas : « Résister, c’est savoir dire non ! ». Tous, absolues images – modèles, plus qu’icônes immobiles – pour servir au façonnement des petites têtes des écoles, ouvrant les yeux sur les valeurs. Des dieux, ces 4-là ? Vous n’y songez pas ! Des hommes et des femmes portant haut ce nom d’« humanité ». Celle qui chante le courage et le front fier. Celle qui ressemble à chacun, en idéal, et, qui du coup, nous donne à penser : ils l’ont fait ! On peut donc essayer, vouloir…

Deux hommes : Jean Zay, Pierre Brossolette. Deux femmes : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz.

Prérogative – magnifique outil – de la Présidence de la République, que de dire : ceux-là sont dignes d’entrer au Panthéon ; ils « sont » la France ; ils « sont » la République !

Mais, le choix, mais le tri ! Celui-là, et pas celui-ci ! Celle-ci plutôt que celle-là ! Un pesage d’orfèvre, où chaque once de « pourquoi lui » ajoute ou retranche les points qui, au bout, accouchent de l’élu.

On vous aura reconnu, monsieur le Président, derrière votre balance : l’Histoire, la Résistance, mais aussi l’intellectualité, et la liberté. Le goût et le besoin d’honorer la politique… le chemin, donc – François Mitterrand aurait apprécié. Et puis, bien sûr, la parité ! où, au Panthéon, elle murmure encore bas.

Sans doute, vous aura-t-il fallu battre d’autres cartes, avant de les abattre, celles-ci, sur notre table démocratique. On les devine : donner un portrait de la Résistance, sans laisser dans l’ombre trop de visages ; sans commettre d’erreur – d’oubli, fatals à l’équilibre de ce qu’elle fût ; faire ce devoir d’Histoire, en pensant à aujourd’hui, et, notamment aux forces politiques de votre majorité et bien sûr de l’opposition – démocratique, s’entend. Les Gaullistes, oui, lesquels ? les Socialistes ou radicaux, qui ? Les Communistes – fort contingent de résistants ; qui prendre dans le lot des méritants ? Pourquoi Jean Zay, et pas Georges Mandel ? ou Léon Blum ? ou Marx Dormoy ? et… côté femmes, pourquoi laisser à la porte une Lucie Aubrac, une Marie-Claude Vaillant-Couturier, ou une Danielle Casanova… Dans ce ballet des ombres, le courage, la vaillance et le marquage de route ne manquent certes pas, et je suppose – vous connaissant – que chaque nom « reposé » a dû vous coûter !!

Quand les peuples se lèvent...

Ecrit par Martine L. Petauton le 22 février 2014. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Quand les peuples se lèvent...

...Et, que du coup, se lèvent aussi l'émotionnel, et son doux cortège de compassionnel. Nous,  unanimes dans l'effroi, après l'avoir été dans le partage d'enthousiasmes, tout autant d'un seul bloc ! Un pour eux tous, et de ne pas y regarder de si près dans le pot où mijote telle ou telle révolution.

 Il est question de nous – pas sur les barricades, mais devant nos TV, dans le meilleur des cas, un vague journal en mains. Nous sommes ces jours-ci, ailleurs que dans le froid de Kiev ; nous ne sommes que des « citoyens-regardeurs ». Sachons ce que nous sommes, modestes et peu activés pour lors.  Trop tôt pour le recul ; l'analyse commence juste à se mettre en place ( les évènements d'Ukraine, dont les images frappent à notre porte, chaque JT que je ne sais qui fait, n'ont d'âge – face active du moins, que d'à peine 2 mois).

  Nous – notamment, Européens et Américains forcément moins bruyants – c'est où, l'Ukraine ? avons le nez sur la mitraille et sur ce nez, la poudre qui va avec. On n' y voit pas très clair ; c'est par où, la vérité ? Et le côté « définitivement  juste » ? ( les «  gentils », disait quelqu'un dans FB, il y a une pincée d'heures, avec un rien de brutalité, mais aussi la pertinence qu'il faut !),  va-t-on signer de suite et devant notaire, son identité ? Sera-t-elle validée, cette pseudo vérité, par les semaines qui vont suivre, et par l'Histoire, après ? Méfions nous toujours, cette Histoire, de la fabriquer trop tôt, de l'écrire, fumante. Méfions nous de ces élans – un peu toujours les mêmes – et viva Khomeiny ! Et en avant, toute et que pas un ne manque pour soutenir Lech Walesa … quelqu'un le signalait du reste via FB, là, aussi - «  faut voir comment il a tourné ! ». oui, parce que tout ça «  tourne », et souvent, vite. Loin de moi, pour autant, l'idée de dire : silence, et attendons la suite !  Nous nous positionnons, ici et maintenant, sur ces faits ou ces autres ; avoir en tête que la vérité sortant du puits ne mange pas de ce pain là, est, si nous sommes vaguement citoyens, vital.

Car – me direz-vous, ne rien dire ! aucun hourra ! Aucun encouragement – de la voix et de la plume, et même, modestement, par un like-FB,  pour ces peuples qui se lèvent – mélangés, c'est certain, mais dont la force, les cris, le sang ( encore un mot très «  facebooké » ces heures dernières) nous happent, nous interpellent, nous font pleurer, prier, que sais-je !

Et le chat claqua la porte…

Ecrit par Martine L. Petauton le 22 février 2014. dans La une, Ecrits

Et le chat claqua la porte…

… Mais, presque sans y toucher, en silence de chat. « He’s leaving home » auraient chanté les quatre de Liverpool, il y a longtemps. Il partit sur le chemin d’hiver – faisait pas chaud, quand même ! De ce pas chaloupé de promenade, qui – l’avez vous remarqué – est l’exact pendant du rythme du ronronnement.

Il avait peut-être fait le tour, pendant toutes ces saisons partagées, de mes gamelles, des croquettes -  pourtant bio de Leclerc, de nos rires, de nos jeux, que sais-je ! ses griffes (un éclair d’Afrique quand il les sortait), étaient-elles lasses de s’attaquer aux mêmes coussins ? À moins que… « l’habitude  nous joue des tours, moi qui croyais que notre amour avait une santé de fer… » (voix de mon Maxime préféré).

Désemparée, je suis, par ce vent de liberté, qui, en ouvrant la fenêtre, a fait entrer le froid… pleurs, angoisses primales ; je suis la mère qu’on quitte, et peut-être même juive. Déstabilisée – blessure narcissique sans fond – par ce refus qu’il a eu de jeter un regard en arrière. Il ne répond plus, ma voix l’indiffère ; il est en haute mer…

Mais pourquoi, aussi, je ne me suis pas « contentée » d’un chien ? Des yeux de merlan, qui font zozoter d’émotion la moindre grand-mère dans la rue, un air de gamin obéissant – ceux des premiers rangs, juste devant la maîtresse, un « giaulement », de main coincée par une porte, qui obtempère dès qu’on hausse un peu la voix, et cette façon, presque servile, de baisser l’arrière-train. Il y a la laisse du courtisan, cette fidélité à grandes louches étranges et un peu glauques. Facile, pourtant ! Oui, mais, l’autre campe, lui, sur l’indépendance de toute nation fière, et regarde de haut les pleurnicheries du toutou à mémère, comme ces routards, de nulle part, toujours sur le départ. Pas à dire, il y a dans la balance, le mari qui roupille et l’amant qui passe ! « Au commencement, Dieu créa le chat à son image… et, au bout de quelques millénaires, il créa l’homme ; uniquement dans le but de servir le chat … d’être un esclave jusqu’à la fin des temps » (Contes glacés, Jacques Sternberg). Le chien, pour la réassurance du petit enfant qui est en nous ; le chat, projection – idéal du moi, pour « l’homme libre, qui, toujours, chérira la mer » (tête de psy, passant l’œil…).

Le Tout bon des Reflets : ma bouillabaisse space

Ecrit par Martine L. Petauton le 22 février 2014. dans La une, Gastronomie

Le Tout bon des Reflets : ma bouillabaisse space

Est-ce parce que Montpellier est entre Marseille et Sète, que ma bouillabaisse n’est ni de là, ni de là. Et, qu’elle fait s’esclaffer mon poissonnier : – alors là, votre bouillabaisse, elle est space ! faudrait pas la montrer à mon tonton (il est de Marseille). Tout ça dit avec cet accent de Montpellier qui traîne un peu moins sur les finales que sur la Canebière, mais ricoche joliment, comme galets de Maguelone… Pour aller à la mer, ici, c’est trois tours de roue en suivant le Lez, et, du reste quelques mouettes se perchent l’été sur les toits de mon quartier.

Ma bouillabaisse partage avec les grandes sœurs ce « tout dans le pot » saveurs fortes et poissons, trempant dans le jus ocre avec les pommes de terre. Plat complet de toutes les saisons. La mienne est « space » parce qu’elle oublie des choses, en ajoute qu’il ne faudrait pas, et, surtout, est vite faite !

Il vous faut :

Quelques grondins rouges, des rougets si j’en trouve (récemment, la mer était trop mauvaise), un bon bout de queue de lotte, 2 sardines pour le peps, une grosse poignée de moules de l’étang de Thau, des poissons de roche, j’évite (aïe ! ça coince avec les Marseillais) car ils parfument mais on ne les mange pas. Deux gambas par personne ou grosses crevettes sauvages. Cher, le panier de poissons ! Mais, quoi !!

Légumes, tout aussi importants : un poireau, des tomates ou une boîte de pulpe, de l’ail (ne plaignez pas), quelques beaux oignons rouges de l’Aveyron, et vos pommes de terre.

Épices et aromates : thym laurier, safran !! poivre et sel, et… quelques gouttes de Pastis !

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