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Un bonheur de livre...

Ecrit par Martine L. Petauton le 05 octobre 2013. dans La une, Littérature

« La cravate », Milena Michiko Flasar, L’Olivier, août 2013.

Un bonheur de livre...

Une de mes lectures préférées de Septembre...

D’où vient qu’un livre, on l’ouvre, un peu par hasard, presque en faisant autre chose, et, qu’on marque un temps d’arrêt – on s’arrête en fait presque physiquement ; certains diront : on est scotché.

D’où vient la magie d’un livre ?

On l’avale, mais pas goulument ; on retarde la venue de la dernière page, on lèche, on lape encore quelques lignes ; la fin d’une assiette d’un dessert sublime… bête à dire, on goûte ce passage, et cette fin de chapitre ; un peu comme au marché, quand on grappille une cerise là, un abricot joufflu de ce panier là-bas. Il y a de la gastronomie dans l’élan vers un livre ; autant d’avis que de consommateurs – papilles obligent, mais des étoiles qui font consensus. Ce livre en est ; pour sûr !

Ce n’est pas l’auteur qui m’a accrochée. Parfaitement inconnue de moi, mais, du coup, combien de fois dans mon voyage me suis-je interrogée sur cette Milena, au nom qui sonnait Europe Centrale (elle est jeune, et vit à Vienne), doublé, il est vrai, d’une Michiko, au son parfaitement nippon (on devine en elle une formidable culture japonaise bien au-delà des savoirs intellectuels). Un mystère de plus dans la magie du livre : qui se cache derrière l’imaginaire de son géniteur ?

L’histoire semble contemporaine, mais pourrait ne pas l’être ; elle est géographiquement située, bien que vaguement, mais pourrait habiter la Mongolie des yourtes ou l’altiplano américain du sud… l’enchantement d’un livre n’est-il pas aussi là ? Quoique, à y regarder de près, ne faudrait-il pas plutôt l’anonymat des grandes métropoles… J’ai aimé pourtant l’idée que chacun de nous puisse rencontrer quelque part « la cravate » d’un des héros, le plus âgé, ou penser un jour prendre un avion pour croiser l’autre, le jeune.

C’est qu’ils nous cramponnent, ces deux-là, de l’entrée à la fin de leur danse pourtant presque immobile. Ils s’installent, fiers et silencieux dans notre hotte littéraire ; vous savez, les livres de l’Ile déserte…

Purement japonais, le sujet, le décor, la précision… une estampe moderne ; un brin de quotidien haché à la plume et à l’encre noire… une extrême finesse. Tout tient dans un dé à coudre ; il y a là du parfum de l’art concis et dense de la nouvelle : il suffit à la fin de fermer les yeux ; tout se redessine au trait près.

Eloge des serpillières…

Ecrit par Martine L. Petauton le 28 septembre 2013. dans La une, Ecrits

Eloge des serpillières…

Elles ont cette couleur apparemment sans charme aucun, tissée de brun-gris, s’accordant, parfois, comme en s’en excusant, un filet de bleu qui fait soudain presque « classe ».

Il y a quelque chose en elles, de ces petites perdrix discrètes à n’en plus finir, qui trouent parfois le ciel d’automne, certains matins. Elles ne décorent pas, elles « servent ».

 D’identité, elles n’en ont pour ainsi dire pas. On les disait simple « guena » dans mon Bourbonnais frisant le Cher du Grand Meaulnes.

Serpillière… celle qui travaille sous cette petite fuite, au tournant du couloir de la cave ; celle qui ramasse à grands gloups, l’affaire du lave-linge en mal de « Calgon » ; cette autre qui traîne, attendant le grand soir des inondations. Qui peut dire connaître ses serpillières, combien ? Lesquelles ? Et même où ? Qui oserait prétendre à une once de reconnaissance pour leur labeur d’épongement silencieux… Pire qu’un essuie-pied, une serpillière, moins incarnée ; une esclave aux yeux morts…

Des filles, des femmes (peut-être plus celles-là) – serpillières… ça fait mal d’en croiser ; cette amie, cette collègue, et aussi celle dont on chuchote, que « pour sûr, on ne l’aurait pas cru… ».

Elles sont passe-partout, mais pas toujours, ont pour certaines le goût suri de ces poires naïves, qu’on ne ramassera pas, parce qu’elles ne sont pas assez décoratives dans le compotier… elles traînent de si loin, du fond de l’enfance sans doute comme une vague maladie de peau : « tu n’es pas née jolie, faudra que tu le deviennes… » leur a dit un jour, Goldman (mais c’était sans doute trop tard). Elles en ont entendu des amabilités, ramassé des rires comme autant de crachats… les soirs de peine, elles rentraient chez elles avec cette impression étrange que peut-être, elles seraient « de trop »… ni princesse, ni reine du bal, les chéries. Les « surpats » où les attendaient de noires tapisseries les terrorisaient d’avance. Faisaient plus dans la petite belette glissante que dans la queue froufroutante du paon ; sûr !

La fille-serpillière a  probablement ramé, à l’école, au collège, gagné à grands efforts des galons d’élève sérieuse, voire bonne ; brillante ? pas sûr. En tous cas, elle, elle n'en était pas convaincue ; la confiance en soi, c'était pas son millésimé de base. Elle a du coup tenté de passer par la fumeuse et trompeuse transaction du « don » ; et que je te passe mon exo de maths, que je te rédige ta rédac, signée de ton nom, bien entendu… un nègre à tout faire, la serpillière. Sauf, que, pan ! pas payée de retour, car une serpillière, ça se renifle, ça se recommande aux autres ; une fille facile en somme dans son domaine.

Syrie or not Syrie…

Ecrit par Martine L. Petauton le 21 septembre 2013. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Syrie or not Syrie…

Une sorte de feuilleton, de jour en jour, puis d’heure en heure, pour finir de dépêche alarmiste en brève attentiste… Le champ médiatique – le nôtre, à RDT, modestement, aussi, face à l’Évènement en gestation, en « live », comme il sied à notre temps hyper médiatisé, reflétant à l’infini les bruits du monde – les fondamentaux, les infimes…

Curieusement, le battage fut moindre pour le sinistre jour des bombardements chimiques, en Août. J’ai mis, quant à moi, un peu de temps avant de « caler » les 1500 morts, et de quelle façon ! de l’avalanche Damasquine. J’ai peu vu, dans la devanture des marchands de journaux, éclater les Une le lendemain. La Syrie et ses morts, encore ? Un massacre de plus ? Et l’été qui continue… le Sarin, faisant, c’est vrai, mauvais ménage avec le sable.

Mais, dès qu’Obama, puis Hollande – à moins que ce ne fut finalement le contraire – ont annoncé l’imminence des sanctions (la « punition » a dit la France – langage humain avant d’être diplomatique) ; sonnerie des buccins. Le temps de la guerre – chouchou médiatique entre tous – était (peut-on dire, enfin !) là.

Les affaires sérieuses pouvaient commencer, de « 20 h », en éditos, de chronique-opinion de Reflets, en analyse – fine, comme toujours, du Nouvel Obs. Facebook, ses petits commentaires bondissant comme autant de galets de torrent pyrénéen, ses likes, du coup, plus incongrus que jamais, Tweeter, sa vitesse de la lumière démultipliée, étaient de la partie, et nous devant, même ceux qui ne sont pas abonnés du sport en clics : – « non, là, je ne peux laisser passer ça ! »… et de partager nos fortes pensées, de relayer ou de résumer ce qu’en avait dit Guetta sur France Inter, avec l’impression bonne pour l’égo, que, ma foi, on s’exprimait sur un réel d’importance.

On aurait pu s’attendre – grille structurale du Mali de l’hiver en mémoire – à une bonne lampée d’adhésions – enthousiastes, peut-être pas, mais raisonnablement acquiesçantes. Une Europe enfin unie sous la bannière des Droits de l’Homme, chevauchant – naturellement – aux côtés d’une Amérique enfin sortie de l’éternelle posture isolationniste, si fréquente en temps de crises. Hollande ne présentait-il pas le conflit Syrien comme majeur en ce début du XXIème siècle ? Il y allait tout simplement de l’Homme ; partir allait de soi, et se révélait vital pour toute démocratie.

La mer à Palavas…

Ecrit par Martine L. Petauton le 14 septembre 2013. dans La une, Arts graphiques

La mer à Palavas…

Il avait quel âge, l’ami Courbet – le génial et unique en son genre manieur de couleurs et de mouvements, et de bruits – quand de sa toile a surgi cette Mer à Palavas, qui est un de mes tableaux préférés du musée Fabre ?

1854. Ça lui faisait 35 ans ; la maturité d’une œuvre déjà riche et inventive, tellement à part dans la peinture du XIXème siècle. Le visage halluciné de son Désespéré était fraîchement fini ; ses Baigneuses, les « plus belles fesses de toute la peinture », au dire de Signac, honoré cette année à Fabre, faisaient jaser de ci de là, depuis quelques mois, mais, son Origine du monde ne sera posé que plus de 10 ans après… Un des plus grands du siècle n’avait pas fini de surprendre, choquer, chercher, de se voir refuser les toiles de salon impérial en salon bien-pensant.

Est-ce que c’était alors « tendance » les marines ? Il s’en moquait sans doute pas mal, lui, l’homme des terres sans mer, natif du Doubs, et d’Ornans où l’attendra un jour un Enterrement. Lui, c’était la sensualité brute, et l’œil captant – ordinateur avant l’heure – toute la scène de théâtre, l’infinité des couleurs, les odeurs sans doute, et les sons aussi ; l’homme Courbet est romantique d’abord, au sens littéraire du mot. Il est dans « l’être » opinerait doctement un bobo…

Le tableau – celui de Fabre – un autre un peu plus grand est au musée du Havre – est tout petit (27/46 cm ; ce n’est certes pas le Ornans d’Orsay !), tiendrait presque dans la main, et c’est pourtant l’immensité ! Rien que la mer, un bout de sable, pas mal de ciel ; devant, un gars qui s’agite et lance son chapeau en guise de salut. Banal.

Diplomatie : les choix d’Obama II

Ecrit par Martine L. Petauton le 07 septembre 2013. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Revue de politique étrangère de l’IFRI, été 2013

Diplomatie : les choix d’Obama II

Sujet de rêve, au moment où la chronique est rédigée, que ce regard sur la politique extérieure de Barack. Dans les starting-blocks, face à l’innommable Syrien, la diplomatie américaine consulte, en grande démocratie qu’elle veut être, le Congrès, avant de lancer une intervention d’importance, et, par là, même, de résumer le dossier de l’IFRI, écrit juste avant l’été. Or, on trouve aujourd’hui toutes les composantes de l’extérieur d’Obama II ; rien du va-t’en guerre, beaucoup de préparations, une certaine crainte (ou réticence) à intervenir au Moyen Orient, le poids des contingences économiques et financières propres à l’intérieur américain… Ces structures que mettent largement en évidence les articles de la Revue de Politique Etrangère seront-elles modifiées ou validées par les évènements qu’on suit heure après heure, actuellement ?

Cinq articles nourris se partagent le sujet, dans le dossier que dirige Laurence Nardon. Deux d’entre eux se trouvent au cœur des problématiques en gestation actuellement ; on comprendra donc qu’on en fasse un usage appuyé.

« Quel avenir pour l’alliance transatlantique ? » s’interroge Robin Niblett. L’Europe et les USA sont, certes, préoccupés par leurs situations internes (dette, relance économique, stress social, interactions territoriales) – le contexte de la Crise restant prégnant – mais le deuxième mandat d’Obama pourrait « offrir une opportunité de relance de la relation transatlantique », face au terrorisme international, à la situation du Moyen Orient, au poids de la Chine ; ainsi, « négocier une ligne rouge vérifiable sur le nucléaire iranien » ; être très vigilant sur les suites heurtées des Révolutions arabes – terrain instable et mouvant –, redevenir actifs dans les relations israélo-palestiniennes. Tout pousse à réinventer l’OTAN, en instituant notamment un contrat nouveau entre Europe et USA, au service de la sécurité collective. Niveau réduit de la présence militaire américaine, impliquant pour le vieux continent d’assumer davantage sa sécurité, de façon plus « adulte ». Approche mise en œuvre en Libye et au Mali, dans « la guerre des trois mois » (autre excellent article de Michel Goya, dans la même revue). Une meilleure coopération – un réchauffement – avec les alliés européens s’impose, et Obama, a, derechef, ces derniers jours, battu le rappel des vieilles troupes, pour acter le refus face à Bachar El Assad et ses armes chimiques. On aura remarqué, du reste, des « nouveautés » par rapport aux rituels historiques : le positionnement de repli anglais, et l’acceptation ferme de la France.

Tu sais quoi !!!

Ecrit par Martine L. Petauton le 07 septembre 2013. dans La une, Média/Web, Société

Tu sais quoi !!!

Ragot, potin, clampade, clabaudage, parfum de médisance, ce joli mot qui sent pas bon… Vieux comme le monde, sans doute aussi ancien que les premières cités antiques, ce – besoin ? – « dire sur l’autre », le voisin, le cousin, et la troupe bénie des collègues… Exercice maîtrisé au millimètre, sans aucune preuve en vue, mais raconté d’une telle façon, qu’il sent mieux que la vérité, qu’il enchante au bas mot. Un mien ami appelait ça, joliment, un « bonjour les copines ! » quand il nous voyait à quelques unes, rapprocher les têtes, avec ce discret rire de gorge, qui marquait l’entrée dans l’infinie jouissance.

Sans doute, la sociabilité des femmes restant à la caverne, puis ensuite au lavoir, sans compter la fontaine ou le puits, celui d’Afrique, celui d’ici – entre elles, a-t-elle définitivement accordé aux filles la prérogative en ces « récits » particuliers… l’agora des femmes ! dans les imaginaires, quoi qu’on dise, quoi qu’on redise, c’est la femme qui clampe, en un bavardage aigre doux ; l’homme, lui, parle, mais au pied de l’arbre à palabres africain, là où se décide l’avenir du village, à la barbe blanche des « msé ». C’est encore lui, et les siens qui s’exclament (de quoi ? de choses sérieuses et politiques, ou, d’histoires grivoises) au café où passe le Marius de Pagnol, ou les mécréants des villages de mon enfance, qui ne rentraient pas à l’église. Il y a un espace masculin, loin de celui des femmes… Tout ça cause, mais pas pareil. Bavardage, là, parole, ici ; rien à faire, le statut n’a pas la même valeur ! « heureux peuple que celui des cigales où les femelles restent muettes », raconte à satiété quelqu’un de chez moi, en jurant, la main sur le cœur, que « pour sûr, il n’est pas machiste ! »…

Il y a donc, le potin « dit », et le « lu » ; ça, c’est le domaine des « Paris Match », oublieux qu’à l’origine, ces gens-là furent l’honneur de la presse, des « Voici », et autres « Gala », peuplant les tables des coiffeurs ou dentistes… on y apprend tout et le reste des us et coutumes des Princes – de ce qu’il en demeure – des gens du Show biz – ah ! Johnny et sa longue kyrielle de femmes – en gros, des People, mot dont on sait que les Britanniques ont fait comme un drapeau pas toujours propre. Le problème – pensez-vous comme moi – c’est qu’il faut se risquer dans ces récits, avec la « culture » pré-requise. Je ne connais plus grand monde, quant à moi, dans les frimousses copié collé qui s’affichent sur le « Voici » du moment ; intérêt moindre, du coup.

La planche à voile de Mélenchon…

Ecrit par Martine L. Petauton le 31 août 2013. dans France, La une, Politique

La planche à voile de Mélenchon…

Cela vous est-il, comme moi, resté dans l’oreille ? cette phrase rigolarde traînant à la gouaille sur la fin, comme il sait faire, le Jean-Luc ; cette friandise à destination de ses « ennemis » de jeu – les journalistes… – « Hollande, ce capitaine de pédalo… ». Novembre 2011, François postulait pour le poste présidentiel ; dans la cour de récré des progressistes, Mélenchon montait à la tribune, au nom d’un Front de Gauche flamboyant, prêt à en découdre contre l’ex-camarade et son PS qu’avait trop d’heures de vol et – surtout – à trop basse altitude… On allait bien voir !!

On a vu. Campagne colorée comme un – parfois excellent – feuilleton américain ; foules, banderoles, liesses ; La Bastille et le « lit de la rivière », les discours à la Victor Hugo ; ce qu’il faut dire, à qui… la politique a eu – pourquoi ne pas le reconnaître – quelques bons frissons, là, avec ce type et son foulard rouge, de l’hiver entrant en printemps finissant, de l’autre année… déjà l’Histoire.

Mélenchon, haut le front, et les cœurs ; la Gauche était encore sonorisée-rêves en bandoulière. Ça sentait quand même son réchauffé, mi Front Popu, mi 68, un zeste de Commune (mais, si !) et là-dessus, le parfum du rhum des Caraïbes ; salsa cubaine ou vénézuélienne, les meilleurs soirs. Bref, la campagne de Jean-Luc, y avait pas que ma cousine Paulette pour succomber. La musique était bonne… mais… il y a eu, à gauche, des mauvais coucheurs, des gars de mauvais augure pour seriner que, non, on n’était plus dans ça ; on n’avait plus les moyens, qu’il fallait atterrir, vite, et suivre le fanion « tous, Hollande » rond comme un p’tit ballon de gosse, même s’il était un rien tristounet. Il y a eu des copains, à gauche – y compris ma Paulette – pour s’arrimer au sol. Et, le 6 Mai – sans doute – le « on s’y met tous » y fût-il pour quelque chose, la haute teneur du discours de Jean-Luc n’accoucha au pied de La Bastille et sa colonne que de 11% des rêves de la France citoyenne… Las déjà ! tandis que la blondasse comptait bien plus en sa sinistre escarcelle.

Valls, aux créneaux de la République ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 24 août 2013. dans France, La une, Politique

L’Intérieur… prestigieux portefeuille – un des premiers de l’État. Cela sonne droit, rangé, organisé ; rien du sympathique foutoir où tournent les robes à fleurs, la porte toujours ouverte, la discussion – pagaille à l’écoute du premier passant venu… Le ministère de l’Intérieur, c’est l’Ordre de la République, les flics, et la sécurité… forcément, les risques de répression un jour ou l’autre, à tout le moins, le rappel à la loi ; la « dura lex, sed lex » aux mâles accents.

Rien à faire ; la Place Beauvau est un costume qui, a priori, habille, sans presque aucune retouche, beaucoup mieux la Droite que la Gauche. Probablement, parce que justement, la Droite, c’est l’Ordre, la Gauche, le Mouvement, et que, dans nos imaginaires construits par l’Histoire et nos chansons engagées, sur la photo celui qui tient la matraque ne peut appartenir au même camp que celui qui lance le pavé… 68 for ever…

Dans le passé, celui qui a tenu l’Intérieur, connote… en noir et blanc – on s’en doute, pas de pastels. Durs contrastes. : rien, mais rien de la douceur de la maman, supposée comprendre. Tout, vraiment tout de la voix coléreuse, de la main du pater qui se lève, et, pan, privé de sorties avec les copains ; mitard dans la chambre ; ordi et les j’aime de FB confisqués…

Et de revoir les faciès engageants de ces hommes de Droite, parfois extrême, de trique, pour le moins. Un Thiers, un Laval, en son temps, des icônes du genre ; le must du Marcellin, le Raymond, tête d’affiche soixante-huitarde, partageant avec notre Dany ; Ponia ; enfin ! Pasqua, fait pour le rôle, et Sarko, l’idole de la police, ou prétendant l’être, et Guéant, excellent d’un bout à l’autre du film… et tant, et tant ; dans le poste de l’Intérieur, the winner is…

Le goût des hommes d’honneur…

Ecrit par Martine L. Petauton le 17 août 2013. dans La une, Education, Littérature

Je suis… Léon Blum, Didier Bazy, Jacques André Editeur, 2013, 10 €

Le goût des hommes d’honneur…

Riche idée que celle de cette collection – les « Je suis », à destination de ces collégiens (et de leurs parents !) que j’ai, comme on dit, « pratiqués » en ma vie récente de professeur. A cet âge, ils aiment – énormément – l’Histoire, comme s’ils savaient intuitivement, à quel point elle, et elle, surtout, les aide à monter les marches, à savoir d’où ils viennent, bref, à se construire. Au mur de ma classe, il y avait écrit : « l’Histoire étudie le Passé, pour comprendre le Présent et aménager l’Avenir ». Tous aimaient, tout au long de l’année où nous voyagions ensemble, s’y reporter, l’interroger – la « maxime », comme ils disaient. Ils aimaient, avant tout, je crois, que cette science humaine ait une utilité palpable. La liste infinie des grands Croisés ne les intéressait pas, pas plus que les usages, un rien exotiques, des façons de tenir sa fourchette récente au temps de Versailles ; ce dépaysement-là était peanuts à côté de l’outil-histoire, qu’on ouvrait, tel le parapluie automatique, interrogeant l’actu ; quelque chose d’interactif qui allait bien avec leur âge impatient.

Alors, le grand homme, celui qui a « fait » l’Histoire et résonne encore si fortement chaque matin du monde, ici, et maintenant, qui vous parle et dit « je », voilà un succès garanti, en classe de pré-ados. Que Didier Bazy, et son travail qui sonne si juste, en soit, et convaincu, et remercié.

Mais, pour entrer au Panthéon des 14/15, il faut, en classe, comme dans la vraie vie, une bonne dose d’honneur à présenter, en patte blanche – ces gamins, filles comme garçons, ayant par-dessus le tee-shirt à la mode, et le jean troué, la panoplie complète du chevalier médiéval, son sens aigu et chatouilleux de l’honneur, le cheval en moins… quoique…

Or, s’il y a bien une période dans le Contemporain, qui rime avec honneur – pour le Républicain et démocrate de base, s’entend – c’est le Front Populaire.

Si peu de temps pour tant de joies et de choses à engranger au chaud des cœurs de citoyen, au son de l’accordéon, et des poèmes d’Aragon. Je peux en témoigner ; quand arrive le moment du Front dans une classe de 3ème – fût-elle boutonneuse –, s’installe une écoute, une atmosphère, quelquefois une « grâce » même auprès du plus démotivé, du plus éloigné de nous, scolairement : les Congés payés, les grèves joyeuses, les « acquis » – ils apprennent là, le mot, le parfum unique de cette embellie, à coups de tandems au bord des auberges de jeunesse ; tous, ils tendent alors la main… Pour parler comme eux : « ça leur cause ; ça les branche ».

[BestOf] Gastronomie : Foires d'hiver...

Ecrit par Martine L. Petauton le 13 juillet 2013. dans La une, Gastronomie

[BestOf] Gastronomie : Foires d'hiver...

Froid vif et coupant sur Brive ; on sent le vent aigre descendu des Monédières. En fermant les yeux on a, sur les lèvres, un goût glacé, blanc-givre tout droit sorti de la Vézère ; celle qui se prend, la folle, pour un « torrent montagnard » bas-limousin.

Sous la halle « Georges Brassens », bruits et rumeurs. Pas celles, lettrées, de l’automne – « cette Foire du livre » qui fait vibrer le monde littéraire. Cette fois, c’est sonnailles rimant avec ripailles : en avant pour les « Foires grasses », de l’Avent à la veille de Carnaval… canards, oies, foies et truffes… au cœur du Limousin le plus riche : le festival du bien-manger…

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