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Une louche de « fonctionnaires-bashing » pour l’été ??

Ecrit par Martine L. Petauton le 06 juillet 2013. dans La une, Société

Une louche de « fonctionnaires-bashing » pour l’été ??

On comprend bien le mécanisme. Il a quelque chose de la bonne vieille pédagogie structurale : cause, conséquence, flèche rouge, flèche verte. Crise, chômage, insécurité économique et têtes en folie ; ajoutons l’inévitable dose de fantasmes courant la poste, et, en embuscade, le bouc-émissaire. Voilà, on y est.

Ces temps-ci, on renifle partout ce fumet qui vieillit mal et sent très vite fort, comme un gibier sorti trop tôt du frigo ; mieux – pire ! On en parle ouvertement ; débats abondants ici, et là ; comparaisons entre pays qui « en ont », et ceux qui font moins dans le produit. Alter-services publics passés à la loupe. Un ton nouveau, qui sonne comme une rengaine raciste et, parfois, peut même se colorer dans un début prometteur, de ces couplets antisémites des années 30. Dans la panoplie des anti, chaudement couvé par l’anti-parlementarisme et l’anti-intellectualisme, l’anti-fonction publique, pousse comme chiendent en jardin humide.

Pas plus tard qu’hier, notre France Inter national rendait compte, en un moment interactif, de l’affaire de la TV grecque censurée par le gouvernement conservateur. D’aucuns (au pluriel, s’il vous plaît) de réagir : mais, enfin ces gens « payés par nos impôts », chez nous, notre TV publique, faut-il continuer de les « engraisser » sans mesure ? Bref, un fonctionnaire a-t-il, au fond, une quelconque utilité, voire légitimité ? Question – visiblement, le journaliste en restait muet – décomplexée, brutale et inquiétante. Faut-il, par ailleurs, rappeler que la chanson « écrémer la fonction publique » continue de hanter les meetings de la Droite parlementaire, après avoir parfumé la campagne de N. Sarkozy, dans la partie grosse caisse de l’orchestre.

Homo Invictus…

Ecrit par Martine L. Petauton le 29 juin 2013. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Homo Invictus…

« Aussi étroit soit le chemin

Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme

Je suis le maître de mon destin

Et capitaine de mon âme ».

« Invictus », de William Ernest Henley

 

Il l’a raconté souvent, avec son sourire, prêt à escalader la Montagne de La Table, le capitaine ; c’est ce bout de poème qu’il s’est récité comme un drôle de mantra, tout au long des 25 années d’emprisonnement. Magnifique ode à la Résistance, à la liberté aussi, au point que dans ma classe de collégiens on avait ces vers affichés au mur, pour quand on doutait, pour tous les fléchissements et découragements des ados. C’était l’année du très beau film de Clint Eastwood (Invictus, 2009) et, dans notre région très rugby, Mandela et sa haute conscience, c’était beau comme marquer enfin l’essai du match…

Quand j’écris ces lignes, Mandela, le chêne qu’on voulait  indéracinable ; celui, comme une lumière à la fois douce et forte, que chacun avait fini par reconnaître de par le monde, est au bout du chemin. On dit que c’est la fin, à supposer que d’un tel homme, on puisse un jour l’imaginer… Étrange posture, du reste, d’écrire en ce moment suspendu, sur ce grand vent qui prend le large…

Hallyday, une passion française…

Ecrit par Martine L. Petauton le 21 juin 2013. dans La une, Actualité, Musique

Hallyday, une passion française…

Il ruisselait, sous des éclairages qui auraient tué plus d’un jeune, au milieu d’un son – impeccable, mais pas fait pour « nos » âges, et le sien… Hallyday, en concert. Pile 70 ans. Seigneur !

On se dit : et si on regardait un peu, en « souvenirs, souvenirs » de nos 15 ans, là-bas, à l’autre bout de l’Histoire, quand on avait des franges Beatles, collées de laque, un début de mini – le genre Cacharel, le lycée – de filles –, tous les jours, en 4ème, ou autour… Les 45 tours (les 33, quand on avait les sous) étaient colorés-pétants, comme les vieux films américains. On sortait à peine de nos poupées, pour embarquer dans la foire aux idoles. Le beau blond cranté du cheveu, habitait mon troupeau. Qu’est-ce qu’on lui trouvait, à Johnny ? Quelle question ! Qu’il était beau. Voyons ! pile comme il fallait pour notre âge de homard boutonneux attendant la mue (les photos qui défilaient au concert, d’ailleurs, le confirment), qu’il chantait – trop fort, disaient nos parents –, et qu’on en parlait sans fin avec les copines, collectionnant les « posters » de « Salut les cop ». Et puis, le temps aidant, on a bifurqué vers d’autres choix culturels, comme on dit dans Libé. Musique classique, ici, Rolling Stones, là. On a vibré ailleurs : Brel, Ferrat, et Goldman. Bref, on est parti, et on souriait avec condescendance attristée quand un sujet au J.T. nous montrait quelque pitre déguisé à pas d’âge, qui suivait encore le chapiteau de Johnny. Pourtant, un reste d’honnêteté intellectuelle nous faisait reconnaître qu’il valait tous les rites de passage générationnels, le Jean-Philippe ; on ne pouvait que s’insurger devant la marionnette des Guignols « ah que… », déplorable machine à démolir. Hallyday, un imbécile ? Avec la carrière qu’il faisait ! On sentait l’erreur. Tous les sociologues vous le diront : c’est pas un chanteur, c’est un lien social, un marqueur traversant les générations et le siècle ; un curieux trait d’union de Sylvie à Nathalie (avait mis ses lunettes dans les tribunes), jusqu’à la gamine Laetitia, toute en jeune blondeur de savonnette. C’est pas un simple chanteur, mais c’est peut-être bien un modèle de saltimbanque qui sait faire ses tours, un artiste, finalement.

Apaixonada…

Ecrit par Martine L. Petauton le 14 juin 2013. dans La une, Education, Voyages

Apaixonada…

Amoureuse… de quelqu’un ; ce serait si banal, et puis, ça ne vous regarderait pas, alors je n’en parlerais pas ici ! Mais d’un pays ! tout un pays, les gens, l’histoire et la culture, et même, sa cuisine…

Tout petit. Un Finistère européen ; il habite l’océan, et Césaria a chanté sa « saudade » dans les brumes du Capo Verde. Il est tout cousu d’ailleurs… Quand il parle, c’est un vin – un très grand. Couleur pamprée des berges du Douro, saveur râpeuse et douce à la fois. En bouche… une langue faite pour les mots tendres et les histoires au bord des feux de sarments, préparant les sardines. L’hiver, il y fait froid ; la Méditerranée est trop loin. Est-ce parce que la mer est glaciale, parfois, même au cœur de l’été, que les couleurs pètent partout, de la plus simple façade, aux barques des estuaires et aux azulejos anciens décorant les plus beaux cloîtres du monde ?

Portugal ! Ce beau nom, couleur de départ. Tous. Ceux qui, jadis, ont montré le chemin des grandes caravelles ; ceux de l’exil des maçons et des peintres, il y a moins longtemps. Ceux, qui, chez moi, m’ont dit fièrement : « Da Cunha, je viens de Porto ; ma famille est de Guimaraes »…

Nous, en Limousin, on en avait des toits de lauze qui prenaient l’eau ! et tant de vieilles pierres à remonter, qu’ils se sont installés, de cousin arrivé en beau-frère arrivant… Dans nos classes, des chapelets d’enfants de là-bas, qui, peu à peu, ont pris l’accent d’ici (entre gens de départ, on se comprenait, eux, et nos anciens, paysans partis jadis à Paris…). Un principal de mon collège, eut l’idée (il y en a qui en ont !) de « monter » un horaire d’histoire et géographie du Portugal, pour ces petits – entre deux cultures. Richesse d’une double identité culturelle ; séduisant ! Emballée, je me jetai alors dans un tacot qui me rendit folle « amante » d’un pays qui m’était alors inconnu. Intellectuellement, j’en étais pourtant familière, via mes études, les livres, mais ça ne dévoile pas l’intimité du bonhomme, ça !

Tous les noirs et blancs du Front Populaire...

Ecrit par Martine L. Petauton le 01 juin 2013. dans La une, Arts graphiques, Histoire

Tous les noirs et blancs du  Front Populaire...

Témoignages photographiques du Front Populaire : « la volonté de bonheur »

Exposition présentée au Pavillon populaire de Montpellier du 29 Mars au 9 Juin 2013 (et, ensuite à Clermont Ferrand)

 

« Perpétuel temps des cerises

C’était un grand bal bleu et blanc

Dans la ville en bras de chemise

Sous un ciel plein de cerfs volants

Prenaient de nous leur vol oblique

Les chansons de la République »

Aragon, Le roman inachevé

 

Que manque-t-il à ce voyage-expo, dans lequel on se balade avec un rare bonheur ? Ni la façon – remarquable – dont c’est organisé (chronologique et thématique), ni les documents eux-mêmes, éclairés, accessibles, même quand on a affaire à de très petites photos familiales ; agrandis – format plein mur, pour certains – où nous happe avec l’émotion qui va avec, le sourire de Blum, le poing de Thorez, et ces rires d’ouvriers, ces regards qui, tous, portent haut… alors, on regrettera peut-être l’absence de son, parce que le Front Popu, sans l’accordéon, ou les romances d’une Rina Ketty, tout de même !!

IFRI – Revue de Politique étrangère – La Russie au Moyen Orient

Ecrit par Martine L. Petauton le 25 mai 2013. dans Monde, La une, Politique

IFRI – Revue de Politique étrangère – La Russie au Moyen Orient

Deux dossiers, comme il se doit dans ce numéro de printemps de l’Ifri : un passionnant « Israël après les élections » : glissement au centre d’un électorat s’éloignant des difficultés de la Gauche à prendre la mesure de l’insécurité, ne voulant plus, aux prises avec les difficultés socio-économiques, créditer la Droite dure. Et, puis, un « Russie au Moyen Orient », riche en curiosités à satisfaire. C’est sur ce dernier qu’a choisi de porter l’éclairage – Reflets du Temps – car, il nous a semblé que les problématiques sonnaient là, d’une brûlante actualité ; Syrie, Iran, politique énergétique, place de l’« Occident », carrefours mouvants du monde à venir…

5 chapitres richement nourris, comme toujours à l’IFRI/PE, apportant chacun leurs problématiques, les contenus solides pour conduire le raisonnement au terme – références en bas de pages à l’appui –, utilisant les dernières recherches, n’assénant pas de vérités arrêtées, mais bien plutôt, des thèses proposées et ouvertes.

La Russie se pense – dans le droit fil de son histoire – comme une entité politico-culturelle à part, eurasienne, « intégrant à la fois des éléments occidentaux et orientaux, tout en préservant sa spécificité ». Les excès de l’Islam, qu’elle connaît bien – anciennes républiques musulmanes soviétiques, puis russes, obligent, avec, en contre-point, les menaces occidentales – ne sont, du coup, pas conformes à l’image qu’elle se fait de son rôle possible, celui d’un arbitre conservateur, craignant par dessus tout le mécanisme des dominos. Elle ne veut ni de l’Occidentalisme, largement critiqué, ni de l’Islamisme, craint et redouté. L’un et l’autre, semblant fauteurs d’instabilité et de guerre, dans un Moyen-Orient, mouvant, comme jamais, sis aux pieds du géant russe (article d’Andrei P Tsygankov).

« Présenté comme le seul et dernier soutien de poids au régime de Damas, Moscou se démarque par son intransigeance ». Certes, on le voit tous les jours sur la scène sanglante de la Syrie en guerre, dans un Moyen-Orient, dont les mouvements sont hélas organisés autour de ce sujet-central. Depuis l’Union Soviétique, des liens privilégiés existent entre Moscou et la Syrie ; Guerre Froide en fond sonore. La Russie a réactivé les liens dans le début des années 2000 « dans un contexte d’anti-américanisme dans le monde arabe, avec l’occupation de l’Irak ». Très attachés à la laïcité du régime de B. El Assad, se voulant, également, en tant que puissance chrétienne, les protecteurs des « grecs-orthodoxes », les Russes lisent l’affaire syrienne comme la révolte de courants islamistes contre un état moderne et laïc, autoritaire, certes. Les positions occidentales, américaine et européenne, sont dénoncées, comme armant, in fine, Al-Qaida, sous couvert de soutenir une révolution à prétention démocratique. L’intervention extérieure est assimilée au chaos, et la position diplomatique russe vise à « respecter la souveraineté de la Syrie et le principe de non-ingérence », en vue de s’affirmer dans le jeu moyen-oriental, et de proposer un rôle de médiateur « raisonnable » (article de Frédéric Pichon).

La souffrance et le chantier…

Ecrit par Martine L. Petauton le 11 mai 2013. dans France, La une, Politique, Actualité

La souffrance et le chantier…

Quand il a commencé, ce chantier – tout était à relever ou à faire, il pleuvait au mois de Mai de l’an passé… en Mai joli, on fait, paraît-il, « ce qu’il nous plaît » ; on l’a fait…

Il y avait des Bastilles à prendre. On le savait ; on le redoutait un peu, mais, bon ! On a remonté d’un cran, le sac sur l’épaule, et, en avant pour la traversée de la Crise, avec la Gauche – toujours, mieux qu’avec la Droite ; un slogan simple, sympa, réconfortant, comme le sourire de Bedos…

Un certain – Danton au très petit pied –, n’avait-il pas prédit qu’on élisait là un « capitaine de pédalo »… lequel, malgré la tempête incessante et tournante – un coup ici, un coup là-bas, et, encore un, plutôt bas, par là, pour la route – n’a, pour l’instant, toujours pas coulé… Faut, des fois, se méfier des « petits » qui n’ont pas l’air…

Dès Mai dernier, c’est vrai, la fête manquait de feux d’artifice ; le cœur n’y était qu’à moitié, pour tant de ces électeurs, déjà pas mal « ailleurs », n’ayant plus en poche grand-chose en termes de crédit à faire aux politiques, et à l’État. On sentait à la « messe » de La Bastille, qui voulait singer l’autre, la vraie, comme un parfum de ces anniversaires qu’on salue avec des cotillons auxquels on ne croit plus. Mais, baste ! La Gauche était là ; n’avait qu’à… N’avait qu’à quoi ? Redistribuer, tout de suite, pardi, à l’ancienne !!! et, plus vite que ça, disait-on à Hollande, dont le pied était encore sur la dernière marche du perron de l’Élysée… Peut-être que, dans les fanfares de la Campagne, l’oreille n’avait pas capté, quand le candidat du « changement » avait pourtant dit, fermement, que les réformes de structures passeraient avant l’aménagement des dons et avantages. Comme en grammaire, ou en Histoire, il y avait dans l’affaire des temps à respecter…

La mauvaise leçon du professeur Guéant…

Ecrit par Martine L. Petauton le 04 mai 2013. dans France, La une, Politique, Actualité

La mauvaise leçon du professeur Guéant…

C’est qu’il m’inspire, ce petit homme au menton levé, au sourire chiche, à l’œil prompt à la critique – façon paternel en bout de table dans une famille bourgeoise, à midi carillonnant d’un dimanche provincial… Monsieur Guéant, dit aussi « le cardinal », tant il fut l’ombre de son maître Nicolas… l’ancien ministre de l’intérieur, l’ancien chef craint de la police, l’ancien monsieur « je sais tout »,  « je vais vous donner la ligne, et prière que pas une tête… ». Il nous avait déjà captés, à Reflets du Temps - souvenez-vous, nostalgique du  temps  « béni des colonies », quand il expliquait – sans rire, que la Civilisation blanche et occidentale, quand même…

Le problème, quand on veut parler en « professeur », à l’ancienne, du bout de sa règle, c’est qu’il faut éviter que la leçon soit au bout donnée par l’élève… Or, là, en ce moment !! « pôvre » de lui !

Faut-il résumer la chose, ou, les médias vous ont-ils distillé l’info, mieux qu’en pays de bon cognac, prenant leur temps, goutte à goutte, humant « ce cru 2013 » de la fabrique de détestation de la gent politique ?

Le bonhomme, visité par l’enquête-financement libyen de la campagne de Sarko, dut ouvrir ses livres de compte (ignorés, l’a-t-on mesuré, par la hargne habituelle des services fiscaux)… On entre, il semblerait, tout droit dans un conte : j’hésite, l’ogre ? le panier du Chaperon ? Las ! pile, au milieu de la feuille, romantique, sur laquelle défilent les souuus… à la Devos ; 500.000 euros ; pas grand-chose, c’est vrai, au vu des danses de finances dans les paradis des uns et des autres, mais… Quoi, qu’est-ce ? Ne sait plus, le professeur Guéant ! Peut-être, deux tableaux – maîtres hollandais, quand même, qu’il aurait vendus à… A-t-il paru piteux ? un zeste de moment, le ministre – regard haut – quand il a « reconnu », eh bien, que les factures, savait plus où elles étaient… Délit de non-déclaration fiscale, pour le moins ! « menteur ou tricheur », susurre ici ou là, sa collègue Bachelot, qui n’a pas sa langue dans sa poche… Tiens, Guéant, comme « l’autre », il y a peu, dont il a – en plus – « constipé », la morgue à toute épreuve.

TAUBIRA-LA REPUBLIQUE

Ecrit par Martine L. Petauton le 27 avril 2013. dans France, La une, Politique, Actualité

TAUBIRA-LA REPUBLIQUE

Petite ; 3 pommes à la fois acides et sucrées grimpées l’une sur l’autre ; définitivement ferme et solide, ne vacillant, ni ne pliant sous aucun orage, comme on rêve que soit la République. Capable d’incroyables colères, mâtinées du plus savant – et maîtrisé – outil de séduction qui soit… voilà Taubira, la République incarnée. Celle qui porte nos exigences de citoyens. Celle dont on est fiers ! Qu’on aime, il faut bien le dire…

Heureux de l’avoir dans notre bateau, dès Mai 2012 ; ça oui ! La députée de Guyane, remuante sur tous les fronts, portant haut sa tête de femme libre, assumant son passé – années 70 – d’indépendantiste, ralliée au faisable (elle sait mieux que personne regarder le réel sans quitter le sac à dos de l’idéal). Du boulot, elle en a fait là-bas, à Cayenne, où à chaque élection, on lui renouvelle son bail, à Christiane-la rouspéteuse, celle qui, jamais, n’a eu froid aux yeux… On aime à l’imaginer ainsi, gamine, dans sa classe, brillante, évidemment, dans la cour, batailleuse et rieuse à la fois, même avec les garçons, surtout les grands, regardés depuis sa petite taille, avec un petit quelque chose de l’œil de Danny face à son CRS…

La république est déjà passée par ses compétences et ses convictions – les deux C de Taubira – lors de « sa » loi, en 2001 : « seront considérés comme crimes contre l’humanité, la Traite Négrière et son train d’Esclavages », et – souvenons-nous alors – des batailles drues à l’Assemblée, et déjà, de la haute teneur intellectuelle de son sac argumentaire, de son sérieux émaillé d’une gouaille de belle tenue. Déjà, « du Taubira », se levant, empoignant le micro – cette force qui en impose –, femme debout s’il en est, face à l’Hémicycle, les yeux dans les yeux, en remontrant à l’Opposition : « messieurs les députés… » tellement mieux que l’autre… comme une revanche.

Faire de l’histoire avec… un roman

Ecrit par Martine L. Petauton le 20 avril 2013. dans La une, Education, Littérature

Editions Belin jeunesse, à partir de 12 ans

Faire de l’histoire avec… un roman

L’ami de Magellan, Didier Bazy

 

Faire de l’Histoire, avec un livre d’Histoire, ses images, ses petits bouts de textes traduits pour nos petites têtes de 5ème. Mais, faire de l’Histoire avec, en plus, autre chose, un roman, par exemple, en compagnie de son écrivain et de sa formidable imagination, celle qui justement, plie le récit des faits aux odeurs, saveurs, couleurs et émotions de ce passé-là. Un ancien temps qui va dire « je », et qui, du coup, emportera tellement mieux, vers l’Histoire, les imaginaires si bouillants de ces débuts de Premier cycle de collège.

J’ai, pendant de longues années, pratiqué l’exercice, dans mes classes, souvent en interdisciplinarité, avec un rare bonheur… passant, selon l’heure et les caprices des programmes, de Germinal à La vie d’un simple, des Dieux ont soif, à Thibault, le petit chevalier limousin, quand – les temps étaient parfois si durs – mes minots, de cette classe-là, ne pouvaient pas – sûr – se caler dans la cervelle plus des 70 pages, écrites gros, du petit opus. Mais qu’importait ! La démarche était au bout la même, et, partout, elle aboutissait : le héros tenait son rôle de compagnon – on avait ses préférences et ses affects ; le récit touchait au plus près du quotidien, via la description, arme de poing du romancier. On partait avec ces personnages fictifs dans le creux d’un siècle, on croisait de « vrais personnages historiques », disaient fièrement mes petits ; on touchait une époque du doigt, avec émotion, vecteur essentiel de tout apprentissage. On sortait du livre d’Histoire, pour mieux y revenir…

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