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Les deux potées

Ecrit par Martine L. Petauton le 04 avril 2011. dans Recettes du monde, La une, Gastronomie

Les deux potées

Pour Luce Caggini, en voisine…

Je suis bourbonnaise ; le Cher est ma rivière. J’avais deux grands-mères. L’une, Berrichonne, là où l’eau prend son temps entre les grands peupliers. Celle-là était exactement du pays du « Grand Meaulnes » – et vous voudriez qu’avec ça, je n’aime pas écrire ! Pas loin, encore, il y avait George Sand et Nohant… l’auteur… bon…, mais la femme ! L’autre grand-mère tirait du côté du Limousin et de la Haute Marche. Le Cher est plus sauvage, tout en gorges noires …


La première, fine cuisinière – elle avait, dans son jeune temps, « servi » chez des aristocrates russes, « blancs », évidemment – reste, pour moi, liée aux odeurs, si particulières, du civet de lapin, de l’omelette aux mousserons, et d’une certaine charlotte aux fraises qui gardait –  descendue au fond du puits – sa fraîcheur.


"Après nous vivez" de Didier Bazy

Ecrit par Martine L. Petauton le 17 mars 2011. dans La une, Histoire, Littérature


Tout petit livre serti, comme un bijou étrange, mais ô combien précieux. Il fallait ça. On n'écrit pas sur un tel sujet avec un support banal. Il faut en remercier l'éditeur qui a trouvé l'écrin qu'il fallait : papier épais, soigné, comme une édition d'art ; quelques pages dessinées, à la fois sobres et prenantes ; un ton grège / gris noirci  panaché de bronze. Vous entrez dans l'univers unique des Sonderkommandos, ceux qui, dans le camp d'Auschwitz-Birkenau, déshumanisés parmi tous les déshumanisés, doivent vider les chambres à gaz, puis les crématoires …

« Je n'ai plus d'âge. Et, déjà la tête dans les cendres » dit l'anonyme sous sa cagoule. «  Mine de rien, on ne sait jamais … il enterre ses bouts de papier griffonnés à la mine » ...

Tout petit livre aux couleurs de là - bas ; neige grise sur les barbelés - dessinés, ça et là dans le texte, à moins que ce ne soient aussi les silhouettes furtives de ceux qui vont partir, qui n'existent déjà plus, flocons salis, fumée, cendre à venir -

Agapes ...

Ecrit par Martine L. Petauton le 14 janvier 2011. dans La une, Gastronomie

Agapes ...

 

La porte s'est refermée sur le sapin, les souhaits - mi figue, mi raisin - ; il fait froid glacé, il fait givre si ce n'est neige ; on est un peu saoulé, on a réveillonné ...

Et ce fut le foie gras et son confit d'oignons, les huitres et la vinaigrette d'échalotes, le chapon, ses marrons, les macarons et la glace au miel et aux amandes... Repas de fin d'année, moment qui semble d'éternité ; immuabilité du partage des goûts et des saveurs ? Mais, s'il est bien un domaine où l'adage «  des goûts et des couleurs » prend tout son sens, c'est  en gastronomie ; et, l'Historienne qui ne dort jamais en moi, de rêver !

A propos de "Désirs d'Iles" de Jean-François Joubert

Ecrit par Martine L. Petauton le 13 décembre 2010. dans La une, Littérature

A propos de

Il y avait eu le « Bleu terre » ; ses petits textes ciselés, parfumés aux embruns ; voilà que Jean-François Joubert nous offre maintenant un roman ? Un récit autobiographique ? Un mystérieux mélange ? Le titre «  désirs d'îles », couleur océan, dit presque tout de ce petit livre réussi.

C'est un périple d'île en île, de pays lointain en littoral exotique, presqu'une errance, dans laquelle la mer, le fleuve, l'eau, en tous cas sont l'élément phare ; voyage au sens antique du mot, initiatique, un peu halluciné, dans l'imaginaire bien autant que dans le réel.

Rien dans tout ça, d'une litanie de catalogue touristique.

Pourtant, que ceux qui sont sur le point de partir, le glissent impérativement entre tee-shirt, crème solaire (anti moustiques aussi) et guide vert. Ne pas envisager d'aborder Antilles, Guyane, Madagascar, Maghreb sans ce petit « livre vert et bleu », puisque tout voyage digne de ce nom est bien une île, unique et son désir -  peut-être le plus fort -  se tapit en soi !

Karen Blixen, échec à la dame

Ecrit par Martine L. Petauton le 03 décembre 2010. dans La une, Histoire, Littérature

Karen Blixen, échec à la dame

 

«  J'avais une ferme en Afrique, au pied des collines du Ngong ». Et le charme unique de Meryl Streep, sa voix rauque, le sourire de Robert Redford, les images magiques du film de Sidney Pollack, l'envoûtement de la musique de John Barry,  défilent, d'un coup, dans ma mémoire ; Karen l'Africaine,  peut revenir !

Comme vous, peut-être, j'ai noué des liens forts, mais tardifs avec Karen Blixen - cet auteur majeur, écrivant en danois et en anglais - et le film aux 6 oscars de Sidney Pollack : « Out of Africa », n'y est pas pour rien !

C'est quand même rare, qu'un film, puisse - tout ensemble - vous donner un pays (deux voyages dans l'Afrique des hauts plateaux, odeurs, couleurs, langues, bruits de bêtes, font désormais partie de moi), une musique, un auteur de première importance qui m'était inconnu, et surtout une femme et sa drôle d'histoire.

"La Vieille au buisson de roses"

Ecrit par Martine L. Petauton le 03 novembre 2010. dans La une, Littérature


Au début des beaux jours, alors qu'elle plumait sa poule, tuée dans les règles de l'art, sous le rosier « Scarlet » qui ombrageait sa porte, s'est trouvée, tout soudain, en capacité  de parler toutes les langues ! (du grec au chinois) ; ah ! J'oubliais : la regardait son chien qui, lui, chante la messe en latin d'église !

Lionel Edouard Martin signe là un de ces petits livres bien serrés - comme on dit d'un café, à la fois dense, amer, qui étonne et trouble, pour finir par nous enchanter -.

On nous offre ainsi quelques heures étranges avec guère (la vieille qui parle une langue poitevine patoisante dirait : « guière »), plus de trois personnages :

Le Temps des champignons

Ecrit par Martine L. Petauton le 11 octobre 2010. dans Vie quotidienne, La une, Environnement, Gastronomie

Le Temps des champignons

Pour Gérard, évidemment, pour 40 ans de passion partagée autour des cèpes de Corrèze!

Il est de ces « pays », tellement à part, où un mot banal, comme champignon, est une culture ; pas seulement quelques tranches odorantes qui mijotent ou qui frisent au fond du poêlon.

Une culture, vous dis-je, mieux, une légende, un savoir, un objet de fantasme, d'écriture, de chanson … de rêve !

En Corrèze, ce pays où vous pouvez compter plusieurs dizaines de « verts », à la saison, se mélangeant, comme dans un tableau de Monet, aux infinis bleus et gris de tous ses ruisseaux et rivières ; dans ce coin du Limousin, donc, le champignon, ce ne sont pas « les » mousserons de mon enfance Bourbonnaise, « les » gracieuses girolles, «  les » duveteux pieds-de-mouton ; ça, ce ne sont que « des » champignons ; « le » champignon, en Corrèze, c'est le cèpe !

La ville, les Clampes, la rumeur...

Ecrit par Martine L. Petauton le 04 octobre 2010. dans La une, Humour, Société, Histoire

La ville, les Clampes, la rumeur...

A la fin du marché si coloré de T. on les voit, s'attardant, affairées, se rapprochant à la façon de certaines grues, à l'arrivée des "petits jours" ; non, elles ne négocient pas quelque fin de cageot (" vous en ferez  bien une compote, de ces pommes ! Et, tiens ! Je vous mets aussi un coing !")…

Elles démarrent, (finissent, en reprennent une cuillère pour la route ?) un ragot. Ici, dans ce Limousin, vert, bleu, gris, - selon le ciel - on dit joliment : "une clampade"…

C'est un mot presque poétique, consacré uniquement aux agissements féminins ; le ragot s'accorde - et, de tous temps - à la lavandière (une langue de laveuse), à la marchande, à la concierge ; tiens, on pourrait se demander si les Juifs, les Rroms ne seraient pas, de bons suspects ? On pourrait peut-être ajouter ça à leur besace déjà chargée, au motif, que "ça" vend et bouge !

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