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Marie Lafarge, une coupable idéale pour le Limousin noir

Ecrit par Martine L. Petauton le 16 décembre 2011. dans La une, Société, Histoire

Marie Lafarge, une coupable idéale pour le Limousin noir

 

1840 ; Corrèze ; « l’affaire Lafarge », un véritable roman noir dans le siècle ; et la Restauration et la Monarchie de Juillet de renaître soudain, avec des couleurs actuelles qu’on n’aurait pas cru possibles. Tout est digne de ces feuilletons populaires qui émaillaient les bonnes feuilles de semaine en semaine : la belle jeune femme à qui on impose un mari – vieux et grossier ; le Limousin reculé, humide et noir, encore en prise avec les archaïsmes paysans ; l’arsenic et la mort ; le procès et ses débats houleux, dont les vagues aspergent bien au-delà de la province ; la condamnation puis le doute permanent sur la culpabilité de l’énigmatique héroïne… un roman, et des meilleurs.

Comme elle sonne « actuel » cette affaire ; on y retrouve les rubriques judiciaires de nos journaux TV du soir, les « faits » – ne manquent que nos chers micro trottoirs – la meute aboyant. On éprouve, du coup, le même malaise que pour tant d’entre elles !

Entretien RDT avec François Hollande : la jeunesse

Ecrit par Martine L. Petauton le 02 décembre 2011. dans France, La une, Politique

Entretien RDT avec François Hollande : la jeunesse

 

Etre jeune, dans la France d'aujourd'hui, c'est «  galère » ; rentrée scolaire désastreuse ; université en jachère, soulignant une société à plusieurs vitesses ; pour l'emploi, ce sont eux qui «  trinquent » ; menaces sur les droits sociaux … Les jeunes, et avec eux, leurs familles, vous disent, François Hollande : «  ça ne le fait pas ! » . Suffira-t-il, pour autant, de rétablir des acquis perdus ? Ne faut-il pas inventer, imaginer ? De beaux mots, d'ailleurs, pour un jeune !

 

 

 

RDT : Qui dit jeunesse, dit d'abord école et formation. La maladie est-elle grave ? Au point que le pronostic vital puisse être engagé ?

 

 

FH : certainement ! L'école a cessé d'être un sanctuaire, et le constat consternant dépasse, du reste, les frontières public / privé, comme le montre la récente journée de mobilisation – le 28 septembre – en invalidant aussi l'hypothèse du président de la république, selon laquelle, seuls, ceux qui sont privilégiés par leur statut, feraient grève !

Le mage du Rumorvan, Jean-François Joubert

Ecrit par Martine L. Petauton le 02 décembre 2011. dans La une, Littérature

Le mage du Rumorvan, Jean-François Joubert

 

Il y a eu – lectures à tout va et battage force 9 – le (regretté ??) Da Vinci code de Dan Brown. Thriller – jeu de piste caracolant de l’église Saint-Sulpice à l’Angleterre, autour d’une quête, et d’un pseudo complot religieux, sectaire, que sais je encore… passions déchaînées dans ce grand bol dégoulinant d’irrationnel particulièrement déjanté. A tel point, souvenez-vous, qu’ont fleuri – parallèlement au livre et à son film – des manuels pour mieux « décoder » l’histoire (grammaire pour analphabètes, en sorte) et – tenez-vous bien – des circuits touristiques pour mémères américaines ! Ouf !

On croyait en être sorti, mais on y revient ! Le mage du Rumorvan a – c’est tout le mal qu’on lui souhaite – en sa besace écolo-policière, les ingrédients qu’il faut pour mitonner un « Da Vinci code français, provincial, bretonnant », mais un artisanal, à la « chez nous » ; pas l’autre machine tonitruante et aveuglante du bouquin hollywoodien…

On peut faire confiance au poète discret et soigneusement présent, qu’est Jean-François Joubert, pour, en plus – j’allais dire : surtout – ne pas se prendre au sérieux. Pas de thèse ronflante, pas de message venu de l’au-delà ; un simple bon moment passé avec ce polar des embruns, juste mélancolique ce qu’il faut.

Mélomane, Bernard Pignero

Ecrit par Martine L. Petauton le 14 octobre 2011. dans La une, Littérature, Musique

Mélomane, Bernard Pignero

 

C’est une douce et belle promenade, parfois un peu mélancolique, au pays étrange et peu connu de beaucoup d’entre nous, l’opéra. Le héros – un Alain, un brin comme vous et moi, mais aussi complètement habité par sa passion – nous lance d’entrée sur la fausse piste de la Castafiore, façon Tintin de nos enfances, un poil caricature du « Faust » de Gounod, aussi : « je ris de me voir si belle… ». Piège habile, puisque, aussitôt, c’est pour mieux nous basculer dans le quotidien, tout ce qu’il y a de plus actuel d’une Aurora Bassani – ou bien dans votre imaginaire – Cecilia Bartoli ou Renée Fleming ; choix non exhaustif. Jeune, on a envie de dire, bien vivante « jeans, t-shirt, elle portait des baskets… et des cheveux courts » ; pour autant « elle est la dernière Prima Donna Assoluta de l’histoire de la musique ; des voix comme la sienne sont rarissimes, deux ou trois par siècle, tout au plus… race des Callas, Lotte Lehman ou Christa Ludwig »… et nous, du coup, de voyager dans cet univers qui intéresse, de même qu’on se passionne pour les us et coutumes des gnous et autres guépards des savanes africaines. Voyage en pays étranger ; regards curieux : Une diva, comment ça marche ?


"Vendre la peau du Sarko"

Ecrit par Martine L. Petauton le 07 octobre 2011. dans France, La une, Politique

Êtes-vous comme moi ? Déjà pas mal avancée en âge, ayant traversé toute une vie professionnelle et militante ; et, pourtant, jamais sondée ! Même pas sur la couleur de la dernière Twingo, ni sur la douceur du dernier yaourt bio ; quant à « pour qui allez-vous voter ? », ça, chez moi, c’est du jamais vu.

Définition du sondage, pesée à la façon d’un diamantaire, par Wikipedia : « l’application de la technique des sondages à une population, vise à déterminer opinion ou préférence probable de cette population, à partir d’un échantillon de la dite population » ; vous aurez de vous-même flashé sur ces 2 clignotants, « opinion » et « échantillon ». Nous ne sommes pas dans un résultat quantitatif brut ; il y a, du coup, en matière sondagière, du syllogisme rigolo dans l’affaire : Babar et Tartempion, tous deux de Limoges, se disent prêts à voter Aubry, aux Primaires du PS ; donc, tout Limoges va voter pour la maire de Lille…

Le plus beau sondage ne peut en effet donner que ce qu’il sait faire : une projection, la photographie d’une opinion à l’instant T, une tendance qui s’amorce ou qui recule ; quasi une atmosphère ; en aucun cas, la réalité tangible d’un vote, le quantitatif de résultats électoraux ; en aucun cas, non plus dans le domaine phare du sondagier, celui du markéting – la politique ne représentant guère plus de 1% des sondages – la certitude de la vente d’un produit que pourtant, nous sommes X à trouver doux !

Un aligot pour les "petits jours" à venir

Ecrit par Martine L. Petauton le 30 septembre 2011. dans Vie quotidienne, La une, Gastronomie

Un aligot pour les

Le parfum des grands plateaux à moutons de ce Massif Central qui n’en finit pas, quand on dévale vers le sud… Quelque chose qui musicalise avec les vents coulis qui vous happent, dès que vous descendez de voiture. Autour, il y a un Saint-Flour ou un Saint-Chely d’Apcher ; le Larzac, cher à nos vieilles banderoles « gardarem… » est là, pas loin.

L’Aligot est, avec la Potée, un de ces plats de pays pauvre – à tout le moins, « regardant » – on n’avait pas le sou ; on trimait dans une terre ingrate (il suffit de la regarder) ; on s’exilait aussi beaucoup, au pied des volcans endormis, et la fête, au retour, au son des vielles, avait besoin de quelque chose de pas cher – évident – mais aussi de revigorant !

Votre aligot des villes et du « j’ai pas le temps de cuisiner » se fait en deux coups de cuillère, et une cocotte.

Il vous faut :

Une saison de cousinades

Ecrit par Martine L. Petauton le 09 septembre 2011. dans Vie quotidienne, Souvenirs, La une, Voyages

Une saison de cousinades

Certes, il y a les « sardinades » du pays de l’étang de Thau, entre Sète et Bouzigue ; odeur de brazero ; sardines et huile d’olives ; lumière des grands tableaux de Philippe Pradalié à l’ombre noire des grands pins…

Ma « cousinade » à moi se niche plutôt en cœur de France, dans ces campagnes, vidées, en leur temps, par l’exode rural ; il lui faut le vert et l’air puissant des plateaux limousins, le bleu du soir auprès des tendres charolaises, dans les vallées bourbonnaises… La « cousinade » est une partie de campagne avec cousins. Il vous faut ratisser large, le but étant de rassembler en un seul pot le plus de collatéraux possibles ; vous ne les connaissez pas tous ! Tant mieux ! Ils sont de votre branche, de votre arbre… « tout cousin reconnaîtra les siens », comme a dit un féroce dans la lointaine nuit médiévale de Carcassonne…

L’arbre a perdu ses branches, il y a plusieurs générations de ça ; les campagnes surpeuplées des cartes postales anciennes – un charron, trois cafés rien qu’au coin de mon chemin – ont basculé dans quelque chose qui a bien dû sonner aussi triste en son temps que la mondialisation sauvage d’aujourd’hui.

Alexandre le malheureux

Ecrit par Martine L. Petauton le 15 août 2011. dans France, La une, Education, Société

Alexandre le malheureux

« Mais qu'est ce qu'on va faire, madame ! » disait-il, avec dans ses yeux noirs d'écureuil, intéressés - très - toute l'inquiétude du monde... Alexandre le passionné - « le bienheureux », on verrait plus tard - était, en 5ème, puis en 4ème, il y a déjà si longtemps,  le plus actif, mais aussi le plus déprimé de mes petits élèves.

Quand il venait en HG, lui, ce n'était pas pour s'entendre raconter les amours de Louis XIV, mais pour que ces «  petites matières » - au dire d'un collègue assis avec prétention sur «  sa grande littérature » -  lui donnent les clés de lecture d'un monde «  moderne, mais dangereux », comme il disait, Alexandre...

Faut voir que la famille était dans «  la fraise de Beaulieu », ces gariguettes un peu sucrées, un brin acides qui prospèrent sur notre Riviera Corrézienne, aux doux murmures de la Dordogne... L'entrée dans l'UE de l'Espagne et ses lourdes fraises rouges et pas chères à défaut d'être toujours savoureuses, avait produit illico, un premier tombé de «  qu'est ce qu'on va faire... ? » ; le raisonnement autour de : - on achètera leurs kiwis pas cher (il en raffolait, le 5ème) ; nos gariguettes sont différentes et se vendront quand même -  avait calmé l'affaire - un temps - jusqu'à ces TP de géo,  visant, avec des documents sur la Corée / petit dragon en plein essor, à tenter de comprendre «  un NPI, nouveau pays industriel, comment ça marche ? » ;

Fragile

Ecrit par Martine L. Petauton le 01 août 2011. dans France, La une, Politique, Cinéma

Fragile

A propos de « la conquête » de Xavier Durringer


Remboursé par la Sécu, le film «  la conquête » ? Et comment ! S'agissant même de débattre de quelle vignette sera porteur le médicament : confort ? Mieux, survie ! En tous cas, on a là - il y en a d'autres, mais pas tant - un filmicament, à se faire prescrire de toute urgence.

Je laisse à ceux dont c'est le métier - les redoutables critiques cinématographiques - le soin (ils l'ont fait) d'évaluer ce film : «  j'aime » dans Télérama ; le bonhomme sourit mais n'est pas dans l'extase ; nombre d'étoiles, là et ailleurs - «  c'est très bon, mais ... », «  un peu décevant, car inabouti ... », «  époustouflant jeu d'acteurs qui nous laisse sans voix, mais tiédit le message... ».

Non, mon propos dans ce petit billet est plus simplement politique ; ce film a le pouvoir de soigner, à l'ancienne, mais sûrement ; il sort au bon moment ; il nous parle de nous, de nos états d'âme de citoyens.

Le deuxième oeil

Ecrit par Martine L. Petauton le 01 juillet 2011. dans Vie quotidienne, La une, Ecrits, Santé

Le deuxième oeil

Je fus en un temps une primipare âgée ; me voilà devenue, sur le tard, une cataracte jeune… « c’est rien du tout ! Une pitchenette… tu sors de là rajeunie de vingt ans ! (seigneur !!) ». En avant donc pour une cataracte – œil droit.

Tant qu’à faire, j’investis (oui, c’est privé, il y a la ronde des sur-honoraires) dans la clinique B, la meilleure de France, LA spécialiste, me dit le classement Nouvel Observateur – journal sérieux qui, il y a longtemps, me disait le monde et la politique, mais qui a glissé vers un mixte / 60 millions de consommateurs / tout sur la grossesse présumée de la reine. Font maintenant ces gens dans le classement à tout va : le meilleur lycée pour nos gamins, le meilleur investissement immobilier et, bien sûr, le meilleur hôpital, avec sous-classements selon vos besoins…

La rigolade m’est proposée par une chaude matinée de Mai – qui se prend pour un mois d’Août, ce qui alimente les conversations dans la file d’attente, la carte vitale à la main. « Présentez-vous à jeun depuis la veille ; pas une goutte d’eau ; pas un chewing-gum ; pas de maquillage… êtes-vous toujours d’accord pour être opérée ? ». Je signe ; 3 exemplaires.

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