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Vertiges mortels

Ecrit par Patryck Froissart le 27 octobre 2012. dans La une, Culture, Littérature

(Kill switch), Neal Baer et Jonathan Greene, traduit de l’anglais par Pascal Aubin, MA Editions, Collection Pôle Noir, septembre 2012, 369 pages, 20 €

Vertiges mortels

Il y a thriller et thriller.

Celui-ci a pour originalité le milieu dans lequel il se déroule.

Claire Waters est une jeune psychiatre spécialisée en médecine légale, qui entreprend d’étudier au cas par cas la psychologie des criminels considérés comme malades mentaux.

Le premier sujet qui lui est confié, Todd Quimby, bénéficie d’une mise en liberté conditionnelle et sort du service psychiatrique de la prison peu après leur premier entretien.

A peine libre, Todd disparaît dans la nature, puis devient le suspect principal du meurtre d’une jeune femme blonde ressemblant physiquement à Claire.

La jeune psychiatre, en tandem avec l’inspecteur Nick Lawler, se trouve dès lors lancée dans une hallucinante course contre la montre à la poursuite du présumé meurtrier qui jalonne sa piste de multiples assassinats de femmes blondes aux cheveux courts.

La Tencin

Ecrit par Patryck Froissart le 29 septembre 2012. dans La une, Culture, Histoire, Littérature

(La scandaleuse baronne du Siècle des Lumières), Daniel Bernard, Editions L’Harmattan, 2012, 196 pages, 19 €

La Tencin

Quel destin! Quel personnage!

Placée au couvent dès l’âge de huit ans par ses parents, Alexandrine de Tencin y découvre, très précocement, le charme qu’exercent sur les hommes et les femmes qui l’approchent sa beauté et sa grâce naturelle, y expérimente et y développe la puissance de son pouvoir de séduction, et s’y imprègne des vertus du libertinage que prônent, dès la fin du XVIIe siècle, les philosophes qui commencent à projeter leurs lumières sur le siècle qui suit.

Elle en usera et en abusera pour effectuer une ascension fulgurante, de sa lointaine province jusqu’à la chambre, jusqu’au lit même du dauphin, le futur Louis XV, pour ouvrir un premier salon parisien, puis un second qui sera considéré, durant plusieurs décades, comme un des cercles littéraires des plus brillants de l’époque, fréquenté, tenez-vous bien, par Crébillon, Fontenelle, Marivaux, Montesquieu, qui constituent ce qu’elle appelle sans vergogne sa « Ménagerie »…

En multipliant les liaisons amoureuses, les intrigues politiques et les montages financiers douteux, Alexandrine placera ses amants et les membres de sa famille à de prestigieuses positions, fera d’un de ses frères, par exemple, rien de moins qu’un cardinal, fera élire Marivaux à l’Académie, entretiendra une relation épistolaire amicale avec le pape en personne, et finira, en se livrant à d’habiles manigances plus ou moins malhonnêtes, par hériter de la baronnie de l’île de Ré.

Déraison d'état, Fabrice Tassel

Ecrit par Patryck Froissart le 23 juin 2012. dans La une, Politique

Déraison d'état, Fabrice Tassel

 

Eminences grises, conseillers spéciaux, rédacteurs anonymes et sans visage des discours des ministres et du président… qui sont ces personnages occultes, grassement rémunérés sur des fonds hors de contrôle, qui se terrent dans d’obscurs recoins des grands cabinets ?

Seuls les initiés, ceux qui constituent les « réseaux » complexes de la toile d’araignée de la gouvernance connaissent leur existence, parfois leur nom, plus rarement leur visage.

« J’en suis ! », dévoile pourtant Paul, le narrateur, qui gravit lestement les échelons de l’Intérieur à l’Elysée en passant par Matignon.

S’il s’agit là d’une confession, elle se fait sans contrition.

Paul est atypique.

Foncièrement, le personnage est un humaniste, un homme de gauche qui en est venu à rédiger articles, programmes et discours au service de l’idéologie d’une droite dérivant peu à peu vers l’extrême-droite.