Articles taggés avec: Rabâa Abdelkéfi

La révolution et après ?

le 22 septembre 2012. dans Monde, La une, Politique, Actualité

de Rabâa Ben Achour-Abdelkéfi, tunisienne

La révolution et après ?

Qui sont ces étranges personnages qui sillonnent nos rues, arborant à dessein une inélégance recherchée et une arrogante agressivité ? Sourcil froncé, barbe hirsute, front marqué du sceau de la dévotion, sûrs d’eux-mêmes comme de la mission qu’ils se sont assignée, ils jugent, menacent, corrigent, s’il le faut, par le bâton, le couteau et l’épée, ceux qui savent encore créer, penser et aimer.

« Ce sont des Tunisiens, nous apprend M. Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahdha. Ils ne viennent pas d’une autre planète ! » Certes. Je me frotte les yeux et je me dis : « Mais alors, viendrais-je, moi, d’une autre planète ? Mon pays, celui de mes parents et de mes aïeux, ne serait donc pas la Tunisie ? »

Atteinte au sacré ?

Ecrit par Rabâa Abdelkéfi le 23 juin 2012. dans Monde, La une, Politique

Atteinte au sacré ?

Atteinte au sacré ? Qu’est-ce qui est sacré ? Moi, je ne comprends pas. J’ai toujours pensé que la vie est sacrée, j’ai toujours cru que ceux qui s’érigent en juges et en prophètes, qui s’investissent d’un pouvoir divin ou se substituent carrément à Dieu, offensent les croyants, Dieu et ses prophètes.

On se réunit dans les mosquées – même lorsque le couvre-feu est décrété –, on y prône la haine, on y appelle au meurtre de certains intellectuels, artistes, syndicalistes, hommes politiques et des juifs, car le meurtre, comme chacun sait, n’est pas une atteinte au sacré !

Mais peindre une toile qui transforme la laideur en beauté, qui humanise les expressions menaçantes des djihadistes et qui donne un visage aux « niqabées » est considéré comme une faute abominable.

Critiquer les terroristes, en insistant sur leur fascination de la mort, c’est, d’après nos gouvernants, dépasser la ligne rouge, ligne qui, au demeurant, zigzague, change de direction, d’épaisseur et de couleur au gré des événements.

Que les barbus s’en prennent aux artistes est compréhensible, ce sont des ennemis de l’art et de la pensée, mais que le Ministre de la culture, M. Mabrouk, conforte ces fauteurs de trouble et aille jusqu’à incriminer les artistes et justifier par conséquent le terrorisme salafiste, par l’argument de l’atteinte au sacré, est un vrai scandale. Là est l’abomination.