Articles taggés avec: Sabine Aussenac

Je suis Charlie ou l’Invincible été

Ecrit par Sabine Aussenac le 10 janvier 2015. dans La une, Actualité

Je suis Charlie ou l’Invincible été

Il paraît que demain Notre-Dame sonnera le glas pour eux. Et que le Pape François lui-même aurait condamné l’attentat…

Le Pape, le glas !! Imaginez la tête de Wolinski et Cabu en voyant ça !! Avec la dernière Une de Charlie-Hebdo montrant l’accouchement très peu glamour de la Vierge…

Pas plus tard qu’avant-hier, fiston et moi avions repéré un attroupement de jeunes des Quartiers devant une colonne Morris. Ils riaient très fort, montraient un dessin, et, intrigués, nous sommes donc allés voir l’objet de leur hilarité : la Une de Charlie ! Visiblement, cette attaque-là ne « les » dérangeait pas…

Comme j’eusse aimé en voir, des amis des Quartiers, au Capitole, ce soir… Si tous les kébabs de Toulouse avaient fermé pour venir témoigner leur solidarité… Si tous les gamins de nos cités étaient « descendus en ville »…

Heureusement nous étions déjà très, très nombreux. Superbe slogan que celui que Charlie vient de publier sur les réseaux sociaux : « 12 morts, 66 millions de blessés ». Oui, le pays tout entier s’est relevé, au lieu de s’agenouiller devant la barbarie. Les gens se sont parlé, spontanément, au-delà même des milliers de relais et de partages sur les réseaux sociaux. Ce petit garçon qui m’a interrogée en déchiffrant ma pancarte « Je suis Charlie » dans le bus, à qui j’ai expliqué que des Méchants avaient tué des Gentils et que j’allais soutenir les Gentils ; ce jeune Manouche qui a attendu une heure devant la caméra de France 3, espérant passer aux infos, tout en m’expliquant les différences entre Roms et Manouches, prétendant être le cousin de Kenji machin et en avouant avoir peur d’une guerre ; des « contacts » Facebook ou Tweeter, que je n’avais jamais rencontrés « in real life », et qui m’ont reconnue…

Je me demandais, en entendant la foule frapper dans les mains lorsque des journalistes ont accroché une bannière au balcon de la Mairie, en découvrant ensuite, aux infos, les immenses rassemblements dans les autres villes, si les choses auraient été différentes si, après les atrocités innommables commises par Merah en 2012, le pays tout entier avait réagi avec une telle ampleur. Car je n’oublie pas que notre Ville Rose a déjà vu, hélas, des hommes et des enfants tués à bout portant par un barbare, et que nous sommes particulièrement sensibles à cette répétition de l’Histoire… Peut-être a-t-il fait défaut, cet élan de solidarité, après les attentats de Toulouse et Montauban, lorsque certains ont stigmatisé la « Communauté » en faisant de maladroits amalgames entre sionisme et judaïsme, en banalisant ces attaques qui pourtant, déjà, avaient frappé la République au cœur…

Opinion - Le Noël des personnels et autres crèches…

Ecrit par Sabine Aussenac le 13 décembre 2014. dans La une, France, Religions, Actualité, Politique, Société

Opinion - Le Noël des personnels et autres crèches…

Lorsque j’étais enfant, papa m’emmenait toujours au « Noël des personnels » de son lycée. Je possède encore cette photo où, inquiète, je lève les yeux vers un Père Noël qui visiblement m’impressionnait énormément. Mais je me souviens aussi des cadeaux au pied de l’immense sapin installé dans le hall, tout comme j’ai en mémoire les classes décorées d’étoiles de notre école primaire, et les beaux bricolages de mes enfants lorsqu’ils étaient en maternelle.

Et les crèches… Ma grand-mère française me prenant par la main pour me montrer les joues roses de l’enfançon couché devant l’église, et mon père, il y a quelques années encore, emmenant mes enfants en voiture faire le tour des crèches illuminant la petite ville paisiblement blottie dans les senteurs de Noël… D’aussi loin que je me souvienne, un immense sapin a aussi toujours dominé les places des nombreuses villes dans lesquelles j’ai habité : La Place Ducale de Charleville, le Vigan à Albi, la Place du Capitole dans ma Ville Rose, la place de Jaude à Clermont-Ferrand… Orné d’une étoile guidant les enfants vers leurs rêves, il veillait sur cette atmosphère souvent, c’est incontestable, trop commerciale, rappelant aux petits et aux grands l’origine sacrée de cette fête millénaire…

Ça, c’était avant.

Avant que des femmes ne viennent voiler nos libertés occidentales de leurs niquabs grillageant le soleil, avant que des petites filles de sixième ne refusent d’aller à la piscine sous prétexte que les garçons de leur classe iraient aussi, avant que la religion ne devienne un enjeu sociétal et n’obsède nos gouvernants, et, je le conçois, à juste titre, car je suis la première à m’inquiéter des multiples dérives qu’implique l’islamisation à outrance de nos sociétés, entre les cantines hallal et le petit guide du patient musulman, entre l’exportation du conflit judéo-palestinien et les souffrances extrêmes des jeunes filles issues de l’immigration, soumises à des mariages forcées, à l’interdiction de la jupe, etc, etc. Mais mon propos en ce deuxième Avent n’est PAS de hurler avec les loups du FN, non, je voudrais simplement mettre en garde le Législateur.

Car lorsque j’entends toutes ces polémiques autour des crèches qui n’auraient plus leur place dans l’espace public, je m’inquiète. Tout comme je ris sous cape en voyant fleurir, aux quatre coins de l’Hexagone, des manifestations autour de la Nativité qui, elles, ne semblent pourtant déranger personne…

On m’a volé le Mur de Berlin

Ecrit par Sabine Aussenac le 15 novembre 2014. dans La une, Souvenirs, Histoire

On m’a volé le Mur de Berlin

On m’a volé le Mur de Berlin.
Déjà à l’époque, je me sentais comme derrière un rideau de fer.
Car Berlin était bien the place to be…
Mais moi, toute jeune professeur d’allemand, j’étais bloquée, enceinte jusqu’aux dents, en Auvergne, dans Clermont la Noire, avec ma princesse de quatre ans et mon cher et tendre number one, lequel était cheminot, et avant tout syndicaliste. D’ultra-gauche, il aurait fait passer Mélenchon pour un membre de l’UMP ; je vivais sous une dictature des idées qui aurait fait pâlir Pol Pot : je n’avais même pas le droit de posséder un téléviseur, car de tels objets sataniques faisaient bien sûr partie de la société de consommation et du Grand Capital abhorré…
Parfois, je fuguais en douce, ma fille sous le bras, pour regarder Miami Vice chez les voisins, en rêvant d’un repas au Mac Do, avant de rentrer éplucher les légumes de notre potager…
Le jour où l’Histoire bascula, j’étais couchée, malade, mon petit transistor collé à l’oreille. Je me souviens avec précision de ma joie et de mes larmes.
Ma joie en pensant très fort à Iris, ma correspondante allemande ; des années durant, nous nous étions écrit et avions échangé pensées, coups de cœur et cadeaux… Je revoyais son visage radieux et les petites figurines en bois tourné fabriquées dans le Erzgebirge, ce massif montagneux où elle passait ses vacances ou partait en camp de « pionniers », qu’elle m’envoyait depuis la RDA, depuis Dresde… En échange, je lui avais offert son premier jean, et puis tous ces vinyles des Stones, de Abba… Nous avions, jeunes adolescentes, rêvé en vain notre improbable rencontre…
Mes larmes, car en tant qu’enfant de l’Europe, j’aurais tellement aimé en être, de cette fête autour de la Chute du Mur… Entre une mère de Rhénanie et un père né dans le Tarn, j’avais toujours navigué entre les forêts de sapins enneigés et d’immenses champs de tournesols, entre Heine et Hugo, Renoir et Klimt… J’avais quelques années auparavant rédigé mon mémoire de maîtrise sur « La révolte de la jeunesse en RFA », y évoquant les premiers mouvements alternatifs, les squats, la naissance du mouvement écolo, et j’eusse tant aimé, en cette semaine de 1989, moi aussi, devenir « le peuple »…
Mais non. Même les images de ce bouleversement du monde m’étaient refusées, et ce n’est que de loin que je les pressentis, en ce jour où le mur tomba : l’allégresse et la joie, qui se mêlaient en ce ciel enfin réunifié et qui m’atteignaient jusqu’au fin de ma solitude.

Les oiseaux se cachent Place Pinel pour mourir…

Ecrit par Sabine Aussenac le 25 octobre 2014. dans La une, Ecrits

Les oiseaux se cachent Place Pinel pour mourir…

Décidément, ces temps-ci, je vous parle beaucoup de la Place Pinel. Peut-être parce qu’elle est importante, cette place-cœur d’un monde, cette place qui m’accueillit dans mon nouveau quartier avant même que je ne m’y installasse, charmée par son kiosque unique au monde, à la coupole retentissante et aux piliers aux murmures… – un écho extraordinaire résonne lorsque vous vous trouvez au centre du kiosque, non perçu par l’extérieur, et donc antithèse de l’idée-même du « kiosque à musique », tandis que lorsque vous chuchotez devant un pilier, votre voix sera perçue devant le pilier d’en face, claire et aussi radieuse que les petits matins sur l’herbe aux platanes…

Hier, donc, essayant mes bâtons de Nordic Walking à l’heure où blanchit à nouveau la campagne (en fait, des faux bâtons, juste des bâtons de randonnée, mon escarcelle étant frileuse et Décathlon peu achalandé…), je marchais le long de nos allées, écoutant le vacarme gracieux des merles et des enfants perchés qui dans le faîte des tilleuls, qui en haut du toboggan, lorsqu’il vint vers moi, sautillant et blessé, vilainement amoché par quelque Raminagrobis ou Médor affamé… Il tremblait, mais pas de peur, juste de mal, de détresse, et j’ai eu envie de lui dire ce que le Maître dit à Jane Eyre : « – Venez, Jane, petit oiseau blessé, dans ma main… »

(« – Jane, be still ; don’t struggle so, like a wild frantic bird that is rending its own plumage in its desperation.

– I am no bird ; and no net ensnares me ; I am a free human being with an independent will, which I now exert to leave you »).

Je m’arrêtai, le regardai, incapable de l’aider. Lorsque je suis repassée par la place, plus tard, je vis un homme en vélo, distrait, lui rouler sur le bec, avant de stopper, et de courir, lui aussi, vers l’oiseau qui ne s’était pas écarté… Le crépuscule enveloppait les platanes de sa pénombre apaisante, mais nous pouvions encore lire cette étrange demande dans les yeux noirs de l’oiseau, qui venait vers nous, les hommes, vers ces grands prédateurs, en quémandant notre aide.

J’ai alors tenté en vain de joindre la LPO, tandis qu’une dame, accompagnée de trois chiens qui auraient pris un petit apéro, m’a dit que c’était inutile, que ce petit allait mourir.

Et ce matin, alors que j’allais vider mon verre, puisque je suis nantie d’un ado altermondialiste qui pratique la police du tri avec une main de fer, je le vis, dans le fourré, les pattes en l’air et l’âme disparue par-dessus nos millions de toits roses…

Sous la Place Pinel, la plage…

Ecrit par Sabine Aussenac le 11 octobre 2014. dans La une, Ecrits

Sous la Place Pinel, la plage…

C’est la nuit dernière que je l’ai entendue pour la première fois : la chouette de la Place Pinel.

Son cri déchirait tendrement la nuit. Une fois, deux fois, trois fois. Le doute ne m’était plus permis ; il y avait bien une chouette au cœur de notre Place Pinel. Effraie ou hulotte, je l’imaginai, perchée sur la canopée de nos platanes, ou peut-être sur une branche de tilleul, douce Pythie pinélienne, annonçant la lune à notre kiosque tout ému.

Me revinrent en mémoire mes chouettes, celle de ma bonne ville d’Auch, qui me parlait chaque soir, lorsque je fermais les volets donnant sur les collines, ou celles de ma campagne tarnaise, hululant au-dessus du ruisseau tout illuminé de lucioles.

Et là, une idée me vint : il conviendrait, au plus vite, d’ensauvager notre Place Pinel. Réintroduire le blaireau et l’hermine, le renard et l’écureuil. Et pourquoi pas le lynx, l’ours et le loup ? Il s’en donnerait à cœur joie, le loup, avec tous ces Chaperons perchés sur le toboggan… Il faudrait aller quérir Mère-Grand et son pot de miel sur un banc, et éloigner le chasseur-bouliste.

L’écureuil, ce serait simple. Pas la peine de courir à Hyde Park d’un coup de Channel, il suffirait de se servir au Jardin des Plantes… J’adore, déjà, ce mot d’écureuil. Il est magnifique dans toutes les langues, s’enroule en serpentin en anglais ou en occitan, « squirrel » ou « esquirol », se complique délicieusement en allemand, avec ce fameux « Eichhörnchen » qu’aucun élève n’arrive à prononcer, et l’un de mes ex-maris m’avait appris que l’on disait « viverukas » en lituanien, ce qui, vous en conviendrez, a un charme fou.

Je les imagine, nos écureuils, pinélisant les platanes de leurs queues rousses et touffues, sautillant tels feux-follets d’un bout à l’autre de la place, grimpant le long des piliers du kiosque au rythme des rayons du soleil…

Une hermine et son pelage de neige ferait de notre square un petit Trianon. Quant au blaireau, ne doutons pas qu’il ferait fuir tous ces contempteurs de calme que sont les chiens aux truffes folles et aux excréments délétères…

Nous sommes tous des Hervé Gourdel

Ecrit par Sabine Aussenac le 28 septembre 2014. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Nous sommes tous des Hervé Gourdel

J'ai demandé à la Rédaction de Reflets du temps de retirer mon texte mis en ligne cette semaine. Ceci, pour des raisons personnelles impérieuses qui ont à voir avec le climat actuel. Que mes lecteurs veuillent bien me comprendre.

 

« Et la peur... » 

 

La Rédaction de RDT

 

 Leur nourriture. Elle les habille, du noir des turbans ; elle est désagréablement piquante, comme les barbes. Elle glapit en un arabe qu'on imagine si  peu littéraire.

  Daesch fait un bruit de tonnerre !  « celui qui écrase » ; ses faits et gestes ressassés en boucle sordide et lassante sur les Facebook – outil de propagande, bien médiocre, si sommaire,  à tout-va...  Bateleur infernal de foire noire. Peur ? Bien sûr ! Comment pourrait-il en être autrement ?

  Peur. Elle s'insinue, brutale – et, pour cause ! Violente et bruyante de JT en manchette des journaux, gagne les petites pages FB de toi, de lui ; espace dit « amical » cachant des pièges de serpents... on a peur de ce que post celui-là, véhément, celui-ci, plus précis, presque glacial... et le mécanisme se met à turbiner : et si, on s'en prenait à ? et si...  Et, d'un coup, ça devient insupportable, immensément insupportable comme le harcèlement, comme la stigmatisation... ça s'arrête où, la chose ? 

On a un soir, écrit avec ses mots à soi, ce qu'on pensait de l’innommable du moment... et, eux, ces microscopiques agités s'abritant sous la sinistre bannière – sous courageux pseudo – ont semé comme gaz toxique au soir des batailles, la peur, partout... objectif atteint ? démission ? 

Pas sûr  ! recul stratégique, attendant les immensités des troupes fraîches de secours, en marche. Les entendez-vous ? elles arrivent ! parlant – elles – l'arabe presque littéraire venu du Moyen âge, de Grenade peut-être, ou bien de Cordoue... une langue fine et subtile faite pour l'art ou la médecine, tendant le manuscrit au juif lettré et au chrétien en recherche... roulant tous les galets de Méditerranée faiseuse de civilisation... elle ! Et la peur, soudain, de pâlir quelque peu ; floutage de fond d'écran.

 

Ce n’est pas grand-chose, 40 euros…

Ecrit par Sabine Aussenac le 20 septembre 2014. dans France, La une, Politique

Ce n’est pas grand-chose, 40 euros…

Ce n’est pas grand-chose, 40 euros.

Non, Monsieur Valls, ce n’est pas grand-chose, 40 euros. C’est le quart d’un manteau d’hiver, si on a un peu froid et que le nôtre est vraiment rapiécé de partout, même si on l’a soigneusement entretenu. C’est moins que le prix de la visite chez le spécialiste, vous savez, celui pour lequel on doit patienter six mois, et puis on ira à pied, ou en bus, même si on s’est cassé récemment le col du fémur, parce que la mutuelle ne prend pas en charge les taxis non conventionnés et puis qu’on ne va pas en plus revenir voir le docteur pour payer encore 23 euros et avoir cette autre prescription.

40 euros, ça nous fera un bon plein au LIDL ou chez Aldi, parce qu’on a pas vraiment la force de traverser la ville pour aller acheter les produits à 1 euro de chez Auchan, et puis si on habite à Paris, ce sera encore plus compliqué, parce que Franprix, ça reste rudement cher… 40 euros, c’est ce qu’on dépensait, il y a longtemps, quand on allait en vacances, avec Ginette, ou avec Roger. On s’en payait, du bon temps, c’est vrai, Monsieur Valls, ce n’était pas grand-chose, 40 euros, enfin nous, on comptait en francs, et avec cette somme, qu’on dépensait en une belle journée d’été, on se faisait un petit gueuleton en bord de mer, quand on allait voir la mer, avant d’acheter des petits souvenirs pour les enfants, des bols avec le prénom, ou peut-être un collier de nacre… Avec 40 euros, en francs, donc, on faisait de belles courses, on pouvait acheter une jolie robe pour les dimanches, quand on était de communion, ou de la bonne nourriture, du gigot d’agneau, des fraises de pays, un bon petit vin chez le caviste… Si vous saviez, Monsieur Valls, les beaux dimanches qu’on avait, dans le temps…

Oui, Monsieur Valls, vous avez raison. 40 euros, ce n’est vraiment pas grand-chose… La voisine, elle ne les a même pas, cet argent-là, elle en rêve, quand elle fait la queue, le mardi, dans la petite salle du Secours Populaire, celle où les visages couperosés des SDF côtoient la dignité de tous ces petits vieux courbés, à la peau douce et parcheminée, qui se penchent au-dessus de leur caddy, dans la vieille odeur de robusta, le robusta qu’on boira dans les verres en pyrex récupérés à la brocante, le robusta servi par cette autre vieille dame qui, pour ne pas rester dans son appartement sans chauffage, vient aider à la distribution.

Toulouse la Résistante

Ecrit par Sabine Aussenac le 30 août 2014. dans La une, Histoire

Toulouse la Résistante

(vidéo de Sabine Aussenac, avec des photos prises par Sabine Aussenac et par son fils Sylvan Hecht et des images de l'exposition)

Chou, hibou, caillou, GENOU…

Ecrit par Sabine Aussenac le 23 août 2014. dans La une, Ecrits

Chou, hibou, caillou, GENOU…

Bon, je sais, je n’écris pas dans The Lancet ; je ne suis même pas bloggeuse sur Doctissimo. Ni même interne à l’hôpital d’Auch, hôpital sur lequel je n’ai pas le même regard attendri que ce jeune bloggeur devenu écrivain, lui…

Baptiste :http://www.ladepeche.fr/article/2013/11/01/1743385-auch-alors-le-voila-ce-celebre-baptiste-blogueur-ecrivain.html...

Sabine : http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2014/04/18/la-chute/

 

Pourtant, aujourd’hui, ni poème, ni coup de tête contre les masculinismes, ni rêves culturels : je voudrais vous parler de mon genou.

Le droit, plus précisément. Et puis à tant qu’à faire, de tout le « membre inférieur droit ». Oh, rassurez-vous, je n’ai pas les chevilles qui enflent, je ne me prendrai pas pour une spécialiste en blouse blanche. Juste un petit récit, qui voudrait dénoncer certaines dérives des « hommes en blanc », justement, et des incompétences…

C’était, je crois, en février. Un samedi matin, me voilà à changer, dès potron-minet, le bac de mon ex-chat. En me baissant, soudain, je sentis comme un frémissement dans le genou. Comme si ma jambe avait, une fraction de seconde, lâché. Je n’y prêtai pas attention, plutôt préoccupée par mon dos de quinqua, toujours à rouspéter dès que je porte du poids…

La semaine qui suivit cet incident mineur fut marquée par une mémorable grève de Tisséo, le service de transport toulousain. Plus aucun bus, ou presque ! Hélas, je m’étais, comme chaque année, inscrite à l’agrégation. Et comme tout prof qui se respecte, même sans avoir lu la moindre œuvre au programme, je voulais y aller, pour me colleter aux traductions – l’espoir fait vivre… Me voilà à arpenter ma ville rose en tous sens, marchant plusieurs heures par jour pour attraper le métro, depuis mon quartier qui, sans bus, ressemble à quelque banlieue esseulée. C’est en fin de semaine que je ressentis les premières douleurs.

Une gêne, d’abord, à la marche. Dommage, car je venais de reprendre, presque un an après mon accident sus cité, le jogging, le yoga, le step… Une douleur, très vite, aussi, sourde, au départ, vaguement située autour du genou, et puis, de plus en plus lancinante, gagnant la cuisse, la hanche, le mollet, même, mon beau mollet d’ex-cycliste ayant fait l’Europe en vélo avec ex-mari number one, et, pire, le pied ! Me voilà à me tordre de douleur toutes les nuits, ne trouvant plus le sommeil. Me voilà à ne plus pouvoir me lever après être restée assise sans une grimace de souffrance. Me voilà à boiter, comme dans :

https://www.youtube.com/watch?v=GG6cN5Gnf7k

Nos voisins, ces inconnus : la famille Klemm

Ecrit par Sabine Aussenac le 16 août 2014. dans La une, Arts graphiques

Nos voisins, ces inconnus : la famille Klemm

À quelques encablures de la France, superbement ignorés par un certain obscurantisme franco-français et même par les lumières d’expositions récentes, notre voisine outre-rhénane recèle de véritables trésors artistiques…

Qui connaît, par exemple, la remarquable famille Klemm ?

En premier, je demande le père : Fritz Klemm, né le 14 août 1902 à Mannheim, mort le 17 mai 1990 à Karlsruhe, était un peintre reconnu, maintes fois primé, non seulement par la Croix du Mérite, mais dans d’innombrables expositions :

http://de.wikipedia.org/wiki/Fritz_Klemm#Preise_und_Ehrungen

Professeur à l’académie des Beaux-Arts de Karlsruhe, il s’est notamment distingué par une technique très maîtrisée de la peinture « Caparol », permettant une plasticité remarquable de la texture et une « patte » très assurée. L’exposition de la galerie Baumgarten, en 1996, avait ainsi repris dans son catalogue les œuvres premières de l’artiste, mais aussi ses derniers « murs », représentant les établis du peintre, dont les monochromies ne sont pas sans rappeler les « noirs » de Soulage…

http://www.bildkunst.uni-freiburg.de/bildkunst/AUSSTELL/GALERIEN/BAUMGART/aktbild.htm

« Je suis le matériau de base sur lequel je travaille », affirmait l’artiste, qui a aussi résumé son œuvre dans une interview conduite par Gert Reising en 1989 : « Mon réalisme non seulement me fonde, mais je le considère comme ma vision du monde. Là, je suis plutôt proche de Menzel ou de Pissaro. Cependant, l’essentiel n’est pas d’avoir un style. Mon réalisme se rapproche de la pensée de Schopenhauer : ancré dans la clarté, sec dans la réalisation, lapidaire dans la formule : vous savez comme il est pour moi difficile de faire ceci avec une légèreté enfantine ».

Une césure très nette se fera sentir lors de l’abandon de la chaire professionnelle de l’artiste, qui travaillera non plus dans les locaux de l’académie de peinture, mais dans un modeste atelier donnant sur un paysage urbain. Il peindra dès lors une sorte de monochromie thématique autour du « mur », exprimant l’environnement bétonné qui l’entoure sous une incroyable richesse de traits et de lignes géométriques.

https://www.zeitkunstverlag.de/wp-content/uploads/wpsc/downloadables/kuenstler-2007-03-077-klemm-fritz.pdf

<<  2 3 4 5 6 [78 9 10 11  >>