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[BestOf] Humour : Le latin, parce que vous le valez bien ! (1/2)

Ecrit par Sandrine Campese le 13 juillet 2013. dans La une, Humour

[BestOf] Humour : Le latin, parce que vous le valez bien ! (1/2)

Ce n’est pas un scoop : 80% de notre vocabulaire français provient du latin. Mais ce n’est pas tout ! Bon nombre de marques de produits ou de services que nous utilisons au quotidien portent des noms latins ou fortement inspirés du latin. Tout au long de la journée, nous lisons, nous prononçons ces mots latins sans toujours nous en rendre compte. La preuve heure par heure.

7h00 – Comme chaque matin, je n’entends pas mon réveil sonner. Normal, depuis que les nouveaux voisins ont emménagé avec leur bébé, je dors avec des boules QUIES (quies, quietis « repos, calme ») [1].

7h42 – Enfin levée, je file à la cuisine pour prendre mon petit-déjeuner. J’ouvre une brique deCANDIA (candidus, « blanc ») mais comme je suis toujours dans le coaltar, je m’entaille le doigt en attrapant un couteau. Vite, un URGO (urgeo, « s’occuper avec insistance de quelque chose ») !

8h05 – Direction la salle de bain. Après m’être douchée avec SANEX (sanus, « sain »), je me tartine le corps de crème NIVEA (nix, nivis, « neige ») puis je brosse mes dents avec du dentifrice aux plantes de chez VADEMECUM (vade mecum, « va avec moi »).

8h23 – Je n’ai plus aucune chemise propre depuis que la lessive BONUX(bonus, « bon ») n’est plus commercialisée ! Heureusement, j’en retrouve une (complètement froissée) au fond du placard. Et c’est parti pour 15 min de repassage avec mon nouveau fer CALOR (calor, « chaleur » (ça vous saviez !)).

8h40 – J’enfile mes bottines GEOX (geo, « terre ») qui laissent respirer mes pieds (oui, c’est important) puis je cours dans les escaliers.

Et plus si affinité

Ecrit par Sandrine Campese le 06 juillet 2013. dans La une, Humour, Linguistique

Et plus si affinité

Copain, camarade, collègue… bien souvent on utilise ces mots indifféremment, comme s’ils étaient plus ou moins synonymes d’« amis ». Pourtant, leur étymologie renvoie à une signification bien précise.

D’origine latine, ils sont presque tous formés par la préposition cum, « avec » (devenue co- dans la plupart des cas) et d’un radical dérivé d’un verbe, d’un nom ou d’un adjectif.

Pour saisir le sens premier de chacun de ces mots, imaginons que je rencontre un parfait inconnu…

Si je partage un morceau de pain avec lui, il devient mon compagnon (cum+panis, pain) ou, plus familièrement, mon copain.

Je l’invite à ma table ? Il est mon commensal (cum+mensa, table).

À ce stade-là, bien sûr, il n’est encore qu’une connaissance (cum + noscere, apprendre à connaître).

Mais voici que nous partageons la même chambre. Je l’appelle donc camarade ! (cámara, chambre en espagnol).

Pourquoi y a-t-il autant de coups dans le foot ?

Ecrit par Sandrine Campese le 21 juin 2013. dans La une, Humour, Sports, Linguistique

Pourquoi y a-t-il autant de coups dans le foot ?

Si un match (pardon, une partie) de football n’a rien à voir avec un combat de boxe (un combat de coqs à la rigueur !), le terme coup revient à de très nombreuses reprises. Or l’étymologie renvoie bien au coup de poing, et même au coup de poing à la tempe, pouvant être mortel (brrr !). Mais comment est-on passé du poing au pied, et surtout, quel est le sens exact du mot appliqué au football ?

Difficile d’envisager de jouer au foot si on ne sait pas donner de coup de pied dans le ballon pour le faire rouler. Dans ce cas, le sens est bien celui d’un « mouvement par lequel un corps en heurte un autre ». C’est cette première frappe qui est à l’origine du coup d’envoi, marquant le commencement du match.

Mais c’est avec le coup du chapeau et le coup du sombrero que coup prend le sens de tour : « tour de force » voire « tour de magie ». Mais que viennent faire ces histoires de couvre-chefs dans notre affaire de « balle au pied » ?

En football, il y a « coup du chapeau » lorsqu’un joueur marque trois buts consécutifs au cours de la même partie, hors tirs au but bien sûr [1]. Il semblerait que le terme ait été employé pour la première fois en 1858 pour saluer l’exploit du joueur de cricket H.H. Stephenson. Au cours de la partie, celui-ci parvint à éliminer trois batteurs en trois coups (tricks) d’affilée et se vit remettre un chapeau (hat) en guise de récompense (quelle chance !). D’où l’expression hat-trick en anglais, « coup du chapeau » [2].

Le latin, parce que vous le valez bien ! 2/2

Ecrit par Sandrine Campese le 08 juin 2013. dans La une, Humour, Linguistique

Le latin, parce que vous le valez bien ! 2/2

Souvenez-vous, dans un précédent billet, je faisais l’inventaire des marques aux noms latins ou dérivés du latin. Et Dieu sait si elles étaient nombreuses ! Pour autant, il ne faudrait pas tomber dans l’excès inverse et croire que toutes les marques finissant en -us ou en -ex sont d’origine latine ! Il était donc indispensable de dresser la liste de ces faux-amis, c’est-à-dire ces mots qui ont tout l’air d’être latins, mais qui ne sont pas latins…

9h30 – Le réveil de Caroline sonne (elle est en RTT aujourd’hui). Une fois levée, elle se prend les pieds dans les LEGO (contraction du danois leg godt, « joue bien » [1]) de son fils qui jonchent le tapis.

10h30 – Après avoir pris son petit déjeuner, Caroline fait la vaisselle à l’aide de son éponge SPONTEX (contraction de spongieux et textile), puis fait tourner une machine avec OMO (acronyme anglais de Old Mother Owl, « vieille maman chouette ») [2].

11h45 – Caroline a la flemme de préparer le repas. Ce sera des bâtonnets de poisson FINDUS (contraction du suédois Frukt-Industrin, société de conserves de fruits et légumes) pour tout le monde !

15h – Après déjeuner, Caroline s’habille, met saROLEX (anagramme partiel d’horlogerie exquise) et chausse ses escarpins ERAM (composé des deux premières lettres inversées de René et Marie, prénoms du fondateur et de son épouse) [3].

Le latin, parce que vous le valez bien ! (1/2)

Ecrit par Sandrine Campese le 01 juin 2013. dans La une, Humour, Linguistique

Le latin, parce que vous le valez bien ! (1/2)

Ce n’est pas un scoop : 80% de notre vocabulaire français provient du latin. Mais ce n’est pas tout ! Bon nombre de marques de produits ou de services que nous utilisons au quotidien portent des noms latins ou fortement inspirés du latin. Tout au long de la journée, nous lisons, nous prononçons ces mots latins sans toujours nous en rendre compte. La preuve heure par heure.

7h00 – Comme chaque matin, je n’entends pas mon réveil sonner. Normal, depuis que les nouveaux voisins ont emménagé avec leur bébé, je dors avec des boules QUIES (quies, quietis « repos, calme ») [1].

7h42 – Enfin levée, je file à la cuisine pour prendre mon petit-déjeuner. J’ouvre une brique deCANDIA (candidus, « blanc ») mais comme je suis toujours dans le coaltar, je m’entaille le doigt en attrapant un couteau. Vite, un URGO (urgeo, « s’occuper avec insistance de quelque chose ») !

8h05 – Direction la salle de bain. Après m’être douchée avec SANEX (sanus, « sain »), je me tartine le corps de crème NIVEA (nix, nivis, « neige ») puis je brosse mes dents avec du dentifrice aux plantes de chez VADEMECUM (vade mecum, « va avec moi »).

8h23 – Je n’ai plus aucune chemise propre depuis que la lessive BONUX(bonus, « bon ») n’est plus commercialisée ! Heureusement, j’en retrouve une (complètement froissée) au fond du placard. Et c’est parti pour 15 min de repassage avec mon nouveau fer CALOR (calor, « chaleur » (ça vous saviez !)).

« Je t’emmerde avec un grand A » : du bon usage de l’alphabet

Ecrit par Sandrine Campese le 25 mai 2013. dans Ecrits, La une, Humour

« Je t’emmerde avec un grand A » : du bon usage de l’alphabet

On la connaît tous, cette tournure emphatique qui consiste à épeler la première lettre d’un mot tout en la faisant précéder de l’adjectif « grand ». La plus courante semble être « l’amour avec un grand A » qui qualifie l’amour absolu, unique, sincère auquel nous aspirons tous (sans doute par opposition à l’amour moche-mesquin-menteur que nous connaissons tous).

Jusque-là rien de bien compliqué, c’est du niveau CP ! Sauf que depuis quelque temps, l’expression – comme la langue française dans son ensemble – est maltraitée. En cause, la télé-réalité, mais aussi la publicité. Retour sur quelques maladresses plus ou moins volontaires… et plus ou moins pardonnables !

Tout a commencé en 2002, lorsque David, le beau gosse de Loft Story 2, adresse à un autre candidat (Kamel ?) cette phrase assassine : « je t’emmerde avec un grand A ». Hilarité de la presse (ça aurait balancé sur Twitter !). Humiliation du principal intéressé qui n’apprécie pas d’être pris pour un « teubé ». Malheureusement, c’est tout ce que l’on retiendra de son passage dans l’émission.

Même combat pour Didier de l’Amour est aveugle, qui déclare en 2011 : « l’expérience aura réussi si jamais je rencontre la femme avec un grand A ». A-ïe ! Que s’est-il passé ?

Dans les deux cas, les candidats ont cru qu’« avec un grand A » était une expression à part entière que l’on pouvait copier-coller après n’importe quel mot, alors que la lettre de l’alphabet représente au contraire la « variable » de l’équation. Errare humanum est [1]…

Chansons de notre enfance : ce qu’on ne nous a jamais dit !

Ecrit par Sandrine Campese le 18 mai 2013. dans Ecrits, La une, Humour, Linguistique

Chansons de notre enfance : ce qu’on ne nous a jamais dit !

Elles nous ont fait rire et danser, elles ont inspiré nos plus beaux dessins, elles nous ont aidés à trouver le sommeil : ce sont… les chansons de notre enfance ! À l’époque, nous apprenions sagement les paroles sans toujours bien les comprendre. Et pour cause : la plupart d’entre elles, à l’origine des marches militaires, datent du XVIIIe siècle et contiennent des mots d’ancien français qui ont depuis disparu ou dont le sens a évolué. Parce qu’il n’est jamais trop tard, voici la liste non exhaustive des principaux mots qui nous ont échappé !

Blonde : « Auprès de ma blonde, Qu’il fait bon, fait bon, fait bon, Auprès de ma blonde, Qu’il fait bon dormir ».

En 1704, date à laquelle a été composée la chanson, blonde signifiait « petite amie » ou « compagne », sens resté usuel au Québec. Ex : « Il va se marier avec sa blonde ».

 

Cadet : « Cadet Rousselle a trois maisons (bis) Qui n’ont ni poutres, ni chevrons (bis) ».

Héros (malgré lui) de cette chanson, Guillaume Rousselle est surnommé « cadet » car son frère aîné, Claude-Antoine, est né deux ans avant lui. La chanson ayant été reprise en 1792 par l’armée du Nord, le terme aurait aussi pu désigner le gentilhomme qui servait comme soldat. Mais Cadet Roussel était huissier à Auxerre et avait une maison biscornue.

8 tics de langage à faire taire d’urgence !

Ecrit par Sandrine Campese le 04 mai 2013. dans La une, Humour, Linguistique

8 tics de langage à faire taire d’urgence !

Ils servent à meubler notre discours, à nous détacher de notre propos, à conclure sans faire le moindre effort, à interpeller notre interlocuteur (qui n’a rien demandé). Ces mots parasites trahissent notre maladresse et notre manque de maîtrise. Mais pour parvenir à s’en débarrasser, encore faut-il savoir les identifier. D’abord chez autrui, puis dans notre propre langage. Florilège.

 

« J’avoue » :

« – Franchement, Justin Bieber, il est trop beau ! – J’avoue ».

Que vient faire l’aveu d’une culpabilité dans un échange aussi futile ? Un « oui, c’est vrai » ne ferait-il pas aussi bien l’affaire ?

Relevant du langage parlé et populaire, ce « J’avoue » est à comprendre au sens de « Ça m’embête de te le dire, mais oui » ou « Je dois bien reconnaître que tu as raison ».

Dans ce cas, on « avoue » pour confirmer une affirmation (positive ou négative) donnée avec force par autrui et sur laquelle on n’a pas envie de polémiquer.

« – Sérieux comment c’est galère de venir chez toi ! – J’avoue »

ou

« – Sérieux comment elle est relou ta mère ! – J’avoue ».

Cependant, tous les aveux ne se valent pas : « Chéri, tu m’as trompée ! – J’avoue ».

 

« Voilà » :

Pas facile de conclure, n’est-ce pas ? Pas facile de trouver une chute à nos propos, surtout quand ils sont improvisés…

Heureusement, les conclusiophobes ont trouvé leur meilleure amie, leur alliée, leur sauveuse… c’est la préposition « voilà » [1].

(T)rêve de bla bla !

Ecrit par Sandrine Campese le 20 avril 2013. dans La une, Humour, Linguistique

(T)rêve de bla bla !

Quelle différence y a-t-il entre volubile, bavard, prolixe, loquace, verbeux ou encore éloquent ?

Ces adjectifs sont souvent présentés comme étant synonymes car ils désignent presque tous une personne qui écrit ou qui parle beaucoup. Pourtant ils ont chacun leur nuance, car entre beaucoup et trop, entre beaucoup et mal, la frontière est vite franchie !

 

Les positifs

 

Éloquent

Du latin eloquens « qui parle bien »

 

L’adjectif éloquent s’attache plus à la qualité du discours qu’au débit de paroles. Il est très utile pour saluer l’aisance avec laquelle une personne s’exprime. Quelqu’un d’éloquent saura captiver son auditoire tant par le fond que par la forme. Ce n’est pas pour rien que l’adjectif est utilisé, par extension, dans le sens de « probant, convaincant » (ex : un témoignage éloquent).

 

Volubile

Du latin volubilis, « qui tourne »

 

À première vue, Karine Lemarchand s’est montrée très indulgente envers celle qui, d’après les téléspectateurs, parlait souvent pour ne rien dire, avec de nombreuses fautes de français en prime ! Car si l’on en croit la majorité des dictionnaires, quelqu’un de volubile s’exprime avec facilité et rapidité, ce qui est plutôt une qualité. Exception faite de Littré qui considère qu’on est volubile quand parle trop et trop vite (ex : un enfant volubile) !

Les impostures culinaires (ou comment votre assiette vous ment)

Ecrit par Sandrine Campese le 06 avril 2013. dans Ecrits, La une, Linguistique

Les impostures culinaires (ou comment votre assiette vous ment)

Raymond Devos, dans un excellent sketch, prenait son public à témoin : « Avez-vous remarqué qu’à table les mets que l’on vous sert vous mettent les mots à la bouche ? ». Et l’humoriste de se moquer, tout en maniant les subtilités de la langue française avec le talent qu’on lui connaît, de ces individus qui, littéralement, « alimentent la conversation », c’est-à-dire parlent la bouche pleine !

Pourtant, mettre des mots sur des mets (sans mastiquer en même temps !) est non seulement agréable pour nos sens et pour notre estomac, mais peut éviter bien des déconvenues. Car à l’oreille, l’appellation de certains aliments, qu’ils soient exotiques, rares ou raffinés, se révèle très équivoque…

Il y a d’abord les plats dont le nom semble « à l’envers », comme le curry d’agneau. Pourquoi ne dit-on pas tout simplement de l’agneau au curry ? Pourquoi diable l’épice est-elle placée avant la viande ?

Un rapide détour par l’étymologie s’impose. A l’origine, le mot anglais curry, introduit en Inde par les colons britanniques, désigne un condiment indien fait de piment, safran, poivre et autres épices pulvérisées. Il découle du tamoul kari, « sauce, condiment pour assaisonner le riz ».

Par métonymie, il a fini par désigner le mets composé de viande (ou poissons, légumes) préparé avec ce condiment, qu’il soit ou non accompagné de riz.

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