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Au cœur du problème

Ecrit par Thierry Ledru le 01 décembre 2012. dans Ecrits, La une, Actualité

Au cœur du problème

La définition du cœur est complexe.

Pendant longtemps, les scientifiques l’ont défini uniquement comme un muscle ; le cerveau contrôlant tout le corps et le cœur n’étant qu’une pompe faisant circuler le sang. Puis, tout en gardant les propriétés d’un muscle, le cœur a été considéré comme une glande secrétant des hormones. Récemment, de nouvelles fonctions lui ont été attribuées par la découverte de neurones à l’intérieur de celui-ci. Cette découverte pourrait permettre de mieux comprendre, sans pour autant chercher à en donner une nouvelle interprétation.


En effet, d’un point de vue scientifique, nous savons maintenant qu’il existe une communication entre le cœur et le cerveau. Elle est en fait un dialogue dynamique, continu et bidirectionnel, chaque organe influençant continuellement la fonction de l’autre.

Agressions sur les profs

Ecrit par Thierry Ledru le 13 octobre 2012. dans La une, France, Education, Actualité, Politique, Culture

02 octobre 2012

Agressions sur les profs

On ne les compte plus depuis le début de l’année, mais qu’en est-il envers les élèves ?…

Hier, un ancien élève vient me voir en classe. Il est dégoûté, désespéré, déprimé, au fond du trou. Un petit gars, dans une situation familiale très difficile, aucun soutien, non pas parce que les parents ne le souhaitent pas mais parce qu’ils ne peuvent pas, en survie constante, une maladie lourde pour le père, une maman qui gère comme elle peut. Et bien, ce petit gars a reçu cette appréciation sur un devoir d’Anglais : « Qu’est-ce que tu fais au collège, tu viens te chauffer près du radiateur ? »

Au CM2, il a bossé comme un mort de faim, il a progressé toute l’année, il était fier de lui, il avait retrouvé une estime, une envie d’apprendre, ses faiblesses n’étaient plus une condamnation mais une opportunité de se battre, de devenir meilleur. Et là, en un mois de classe, l’image qu’il a de lui, c’est celle d’un « nul ».

Tous les jours, en France, des enfants sont « poignardés » par des professeurs qui n’ont aucune conscience du mal qu’ils font, qui sont incapables de comprendre, de ressentir, de partager, d’avoir la moindre compassion, d’éprouver le moindre amour.

Et les médias vont hurler quand ils seront poignardés.

Qui se pose la question de ce que vivent les enfants ?

La perfection

Ecrit par Thierry Ledru le 29 septembre 2012. dans Psychologie, La une, Vie spirituelle

La perfection

« La perfection caractérise un être ou un objet idéal c’est-à-dire qui réunit toutes les qualités et n’a pas de défaut ».

« La perfection désigne aussi l’état d’accomplissement moral et spirituel auquel l’être humain serait destiné : un état de liberté totale et de félicité absolue auquel l’homme ne pourrait accéder que par un travail constant sur sa pensée, ses paroles et ses comportements ».

wikipédia

Convaincre

Ecrit par Thierry Ledru le 01 septembre 2012. dans La une, Société

Convaincre

Une discussion sur un forum laissait entrevoir l’impression que mes écrits portaient en eux un désir de convaincre mes lecteurs et qu’ils étaient trop complexes pour ne pas éviter un sentiment « sectaire » ou en tout cas l’impression que je détenais la « vérité » et que je ne laissais pas assez d’amplitude dans les réflexions.

Très troublant pour moi.

J’ai passé la journée à y réfléchir.

Bien entendu, un parallèle s’est fait avec les réponses des éditeurs qui considèrent que mes écrits ne sont pas assez accessibles.

J’ai essayé de remonter à la source du problème. Effectivement, je lutte contre un mouvement de pensées que je perçois comme une machinerie dont beaucoup n’ont pas conscience. La rupture en moi n’est pas de mon fait. Elle s’est imposée. Trois hernies discales et une paralysie de la jambe gauche, deux opérations similaires antérieures et ratées. Il y avait en moi un total désœuvrement, un désespoir absolu, l’impossibilité d’entrevoir la moindre issue étant donné que la science était impuissante à comprendre le phénomène d’un point de vue mécanique. Elle ne risquait pas de m’aider d’un point de vue existentiel.

La réalité signifiante et le réel

Ecrit par Thierry Ledru le 14 juillet 2012. dans La une, Ecrits

La réalité signifiante et le réel

 

Réalité matérielle

Réalité signifiante

Réel

 

L’ordinateur sur lequel je travaille existe. Je ne peux pas le nier, il est là, dans sa matérialité. Il disparaîtra d’ailleurs quand il ne fonctionnera plus, c’est-à-dire lorsque ce que pour quoi il a été créé ne lui concèdera plus ce statut de « réalité matérielle ».

Cette réalité matérielle est générée par nos besoins. Certains sont vraiment essentiels, d’autres très superficiels. Cette réalité matérielle a une telle incidence sur notre vie quotidienne qu’elle finit même par influer sur les phénomènes liés à la « réalité signifiante ».

Le choix de se croire libre

Ecrit par Thierry Ledru le 30 juin 2012. dans La une, Société

Le choix de se croire libre

 

Par cette expression, je ne parle pas de la liberté matérielle, professionnelle, familiale, sociétale mais de la liberté existentielle.

Pour ce qui est des situations précédentes, je ne crois pas un seul instant à une quelconque liberté. Tout est l’effet des causes initiales. Si je regarde les enchaînements de mon existence, je finis toujours par trouver une cause première. Mes choix n’ont été que des réactions et non des actions. Je sais pourquoi je suis devenu instituteur, je sais pourquoi j’aime la montagne, je sais pourquoi j’aime la solitude, pourquoi j’écris… Rien ne s’est fait « librement » mais parce qu’il y avait initialement un évènement qui m’amenait à réagir. Je pourrais convenir pour me rassurer qu’il y a tout de même une décision prise de ma part et qu’il y en avait sans doute une autre d’envisageable. Mais la source reste la même. Rien ne vient de rien.

Je pourrais choisir d’arrêter d’écrire cet article et de fermer l’ordinateur pour me prouver que j’ai un pouvoir décisionnel. Je regretterai certainement dans peu de temps ce caprice prétentieux et je reviendrai m’asseoir en me maudissant d’avoir perdu ce que j’avais déjà écrit. Je « dois » écrire ce que je porte. Je sais pourquoi je dois l’écrire, j’en ai déjà parlé.

une lutte inutile

Ecrit par Thierry Ledru le 16 juin 2012. dans Psychologie, La une, Société

une lutte inutile

 

Ne pas être dans le déni de la dualité, ni dans la quête immodérée d’un dépassement de l’individualité. La mise en confrontation des oppositions crée une dépense d’énergie qui entrave la complète absorption de la Vie. Comme si en se mettant à table, on désirait manger les plats et en même temps on ne pouvait s’empêcher de craindre l’empoisonnement avec des aliments dont on ne connaît pas l’origine exacte.

Dès lors qu’on entame une lutte interne, on crée un désir, un espoir, une intention : gagner.

Et aussitôt, l’observation des conditions de vie et des implications du Soi n’est plus possible. Un lutteur, au cœur d’un combat, ne passe pas son temps à s’observer, il agit et s’investit totalement dans le combat qu’il mène. Il observe par contre les mouvements de son adversaire et s’adapte afin de le contrer. Il n’est donc plus intégralement en lui mais dans une dimension extérieure qui influence ce qui se passe en lui. Le combat ne peut pas être favorable à une introspection parce qu’il impose une adaptation aux évènements. Le lutteur est sous la dépendance des flux extérieurs et même si cette adaptation lui permet d’affiner la connaissance qu’il a de ses qualités et l’exploitation de son potentiel, cette évolution est marquée par une intention précise : c’est toujours celle de gagner.

La désillusion

Ecrit par Thierry Ledru le 02 juin 2012. dans La une, Education, Société

La désillusion

 

Avec le temps, les années à travailler avec les enfants, j’ai fini par comprendre que je n’avais aucun espoir à avoir au regard de l’énergie que je dépense avec eux. C’est totalement inutile. Ça ne m’appartient pas. Il y a beaucoup trop de paramètres qui entrent en compte et qui m’échappent totalement, et même si je maîtrisais 99 % de la situation, il y aurait une pression ingérable qui s’installerait si je désirais obtenir des résultats conséquents. Ce qui importe et qui m’appartient totalement, c’est que je m’applique à faire ce qui me semble juste. L’intention ne doit pas faire partie de ce travail au risque de tomber dans la désillusion. Mais ce n’est pas la réalité qui crée cette désillusion. C’est moi parce que la réalité ne correspondra pas à ce que j’espérais atteindre. Dès lors, je vais renforcer ma pression sur les élèves étant donné que cette désillusion me renvoie une image négative de moi-même. Le piège est redoutable. Cette pression, je vais la transmettre et les enfants la recevront et la transformeront inconsciemment en peur. Leurs résultats en seront impactés parce qu’ils seront figés par mes attentes.

Dans ce métier, il ne faut avoir aucune attente, aucun espoir, aucune intention. Il faut juste se contenter de faire ce qui semble juste, utile, efficace, judicieux.

L'école

Ecrit par Thierry Ledru le 19 mai 2012. dans La une, Education, Société

L'école

Je récupère mon garçon, lycéen et j’écoute sa semaine pendant la route.

Et je m’entends parler à mes parents, il y a trente ans.

Comment est-ce possible ? Comment expliquer que ces rapports conflictuels, que cette incommunicabilité, que cette distance effroyable entre de jeunes individus et des personnes matures puissent encore exister ? Comment justifier que les programmes soient toujours entachés de connaissances inutiles, totalement abstraites pour des esprits qui sont à des années lumières de ce qui leur est imposé, comme si en trente ans les adolescents n’avaient pas changé, que ce monde technologique n’existait pas, que cette effervescence de communication n’était pas entrée dans les têtes des technocrates qui maintiennent sclérosés un monde scolaire terriblement isolé.

Des notes, des contrôles, des sanctions, des rapports de force, des humiliations, des menaces, des insultes parfois… Des examens, des concours, une course au métier, une compétition acharnée, exacerbée par ces professeurs qui usent de leur bulletin scolaire comme d’une guillotine. « Marche ou crève ». « Il faut maintenir les statistiques pour le BAC et puis je vais bientôt être inspecté ».

Quelles sont leurs motivations, quelles sont leurs raisons d’être là ?