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Mon Père, je vous pardonne, Daniel Pittet

Ecrit par Valérie Debieux le 11 mars 2017. dans La une, Société, Littérature

éd. Philippe Rey, février 2017, avec la collaboration de Micheline Repond, 240 pages, 18 €

Mon Père, je vous pardonne, Daniel Pittet

Un titre qui interpelle.

Une préface percutante, celle du Pape François.

Prise de conscience de la souffrance endurée. Demande en pardon à toutes les victimes de pédophilie et à leurs familles. Message de compassion envers toutes celles et ceux qui ont souffert et souffrent encore de ces actes odieux.

Cri de colère lorsque le Successeur de Saint Pierre rapporte les paroles du Christ : « Celui qui est un scandale, une occasion de chute pour un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’il soit englouti en pleine mer » (Matthieu, 18,6).

Exigence absolue, celle de « faire preuve d’une grande sévérité pour ces prêtres qui trahissent leur mission, ainsi que pour leur hiérarchie, évêques ou cardinaux, qui les protégerait, comme cela été le cas dans le passé ».

Enfin, gratitude et soutien sans faille du Pape François à l’auteur, Daniel Pittet, qui, fort de l’amour des siens et de sa foi en Dieu et en l’Eglise, armé de son courage et de sa volonté, ose parler pour que les autres victimes qui ne veulent ou ne peuvent pas parler se sentent moins seules, pour que celles qui hésitent ou hésitaient, franchissent le rubicond du silence et que son témoignage soit le prolongement de sa lutte contre la pédophilie quels qu’en soient les auteurs.

Une autobiographie narrée en dix chapitres dont les éléments de vie, par les souffrances qu’ils comportent, s’apparentent au chemin de croix du Christ, le jour de la montée du Golgotha : Le chaos de l’enfance ; De famille en famille ; La descente aux Enfers ; Sauvé par des moines ; Je fonde ma famille ; Prier Témoigner ; La dénonciation ; Séquelles et fragilités ; Un homme debout ; Mon Père, je vous pardonne.

Une autobiographie qui se présente, après dix-huit ans de thérapie, comme un témoignage simple et direct, avec des mots « parfois crus », « parce qu’un viol c’est abject, sale ». Et l’auteur de se confier : « Le viol d’un enfant est la chose la plus perverse qui soit parce que le violeur est rarement méchant aux yeux de l’enfant. Joël Allaz était bon vivant et sympathique. Il bouffait comme quatre, il racontait des histoires intéressantes, il était intelligent. Tout le monde l’appréciait et il se démenait corps et âme dans toutes ses activités. En fait, il avait deux vies, la vie de prêtre et la vie de violeur. […] En apparence, tout semblait cohérent. Dans sa vie de prêtre, il me protégeait. Dans sa vie de violeur, il me détruisait. Sa protection avait un prix. Et ce prix, c’était le sexe, la perversion du sexe. Je pense qu’il ne souffrait pas d’être pédophile. Je n’ai jamais eu le sentiment qu’il se sentait mal après m’avoir violé. Il souffrait du fait qu’il ne pouvait pas violer à sa guise. Tant qu’il a eu des victimes à sa disposition sans risque d’être dénoncé, il a mené une vie agréable ».

Une autobiographie peu commune, avec une hotte emplie de souffrances et de difficultés, de joies également, d’aides inattendues ou encore de rencontres imprévues, soit un grand nombre d’événements bien singuliers pour un seul homme. Et pour n’en retenir que deux :

L’un qui le conduira, après quarante-quatre années, à rencontrer son violeur et à lui pardonner : « […] Le pardon n’efface ni la blessure ni la souffrance infligées. Le pardon signifie que je vois en mon bourreau un homme responsable. Grâce au pardon, je ne me sens plus attaché à lui, je ne suis plus sous sa dépendance. Le pardon m’a permis de rompre les chaînes qui me liaient à lui et qui m’auraient empêché de vivre. […] Le titre du livre, Mon Père, je vous pardonne, est à prendre au premier degré. Je n’éprouve ni respect ni compassion pour mon bourreau. Je lui ai pardonné. Aujourd’hui, je suis libre ».

L’autre qui verra le Pape François préfacer son ouvrage et conclure en ces mots : « Je prie pour Daniel et pour ceux qui, comme lui, ont été blessés dans leur innocence. Que Dieu les relève et les guérisse, qu’Il nous donne à tous Son pardon et Sa miséricorde ».

Ce livre bouleversant, traduit en quinze langues, accompagné de nombreuses photographies, constitue un témoignage émouvant et une mise en garde de tout un chacun contre la stratégie d’approche des pédophiles et abuseurs d’enfants. Il s’inscrit dans le combat mené non seulement par l’Eglise, mais également par l’ONU et son Comité sur les droits de l’enfant, ainsi que par de nombreux Etats qui entendent protéger l’enfant contre toutes les formes d’abus sexuels, i.e. l’inceste, la pédophilie, la pornographie impliquant des enfants et l’exhibitionnisme. Enfin, cet ouvrage est suivi en postface d’un entretien avec son bourreau, le père Joël Allaz. Un récit poignant.

Un air de liberté (13)

Ecrit par Valérie Debieux le 03 décembre 2016. dans La une, Littérature

Papillons du Jura, Jean-Claude Gerber, éd. Jean-Claude Gerber, novembre 2016, 368 pages, 69 CHF

Un air de liberté (13)

Chroniquer un ouvrage consacré aux papillons, voilà un exercice peu usuel qui, dans le milieu littéraire, ne devrait toutefois susciter aucune réserve, tant il est vrai que parmi les femmes et hommes de lettres, nombreux sont les amoureux de ces petites fleurs ailées, n’hésitant pas à les caresser du regard et les magnifier de la plume. Et de songer notamment à Lamartine, de Nerval, Carême ou Nabokov. Ma contribution – fort modeste – à ce petit monde unanimement admiré pour ses atours polychromiques et, pourtant, en phase de régressions géographique et numérique, est un envol au pays des lépidoptères du Jura.

Dans la lignée des magnifiques ouvrages à grand format des systématiciens naturalistes européens du XIXème siècle, tels Hübner, Herrich-Schäffer ou von Heinemann en Allemagne, Duponchel, Boisduval ou Lucas en France, Tibbats Stainton, Kirby ou Morris en Grande-Bretagne, Jean-Claude Gerber en entomologiste passionnant et passionné emmène le lecteur à effectuer une très belle balade didactique dans les forêts, les prairies, les pâturages et les zones rocheuses, au milieu des arbustes, des plantes, des fleurs, des lépidoptères et des parfums d’enfance.

Au cours de cette promenade entomologique, divisée en plusieurs étapes, le lecteur commence par découvrir quelques notions sur le papillon, sa morphologie, sa biologie et son cycle de vie, un monde à la fois méconnu et fascinant :

« Comment une banale chenille peut-elle engendrer un insecte aussi parfait orné de dessins multicolores ? Pour étudier ce phénomène, il fallait tuer, disséquer et examiner un insecte à chaque stade de sa transformation. Mais depuis peu, grâce aux techniques de l’imagerie médicale, des chercheurs ont ainsi pu scanner une chrysalide depuis sa formation jusqu’à la sortie de l’insecte. À l’intérieur, les organes se dissolvent en une sorte de bouillie, les tissus se reconstituent et vont se mettre en place selon des “plans” déjà inscrits dans le corps de la chenille. Et peu à peu, les nouvelles pièces du puzzle vont transparaître à travers l’enveloppe de la chrysalide : pattes, antennes, pièces buccales, ailes froissées… peu avant l’émergence du papillon »

Puis, après une visite de ses milieux naturels et aires de répartition, l’auteur expose les dangers que connaissent aujourd’hui ces frêles esquifs alifères et il expose conseils et mesures simples pour leur assurer quelques espaces de vie, afin que les générations futures puissent, elles aussi, connaître le bonheur de pouvoir admirer ces insectes pollinisateurs en train de voler d’un trèfle à l’autre ou de virevolter au milieu des massifs de fleurs, parmi les abeilles, les bourdons et autres insectes nectarivores.

« Le constat est alarmant : la biodiversité, base de notre vie, ne cesse de diminuer en Suisse et dans le monde. Pour compenser en partie cette perte, les milieux urbains peuvent offrir une alternative intéressante. Si chaque propriétaire laissait une partie de son terrain en friche pour constituer un réseau dense, de nombreuses espèces végétales et animales revivraient autour des habitations. On peut toujours rêver… ».

Souvenirs d’enfance

Ecrit par Valérie Debieux le 16 juillet 2016. dans La une, Ecrits

Souvenirs d’enfance

Fin juin, le parfum des vacances flottait dans l’air. Tous mes camarades et moi, nous nous réjouissions d’entendre, pour la dernière fois, la cloche de l’école, annonciatrice de notre libération. Tout était prêt : chaises posées sur les pupitres, livres rangés, tableau noir lavé, poubelle vidée, fenêtres fermées et stores baissés. Le carillon retentit et chacun se précipita vers la porte grande ouverte tout en saluant une dernière fois l’institutrice.

Le temps de troquer mes pantoufles contre des chaussures de sport, je traversai le préau et j’aperçus ma maman. Comme à la fin de chaque année scolaire, elle m’attendait près du grand portail d’entrée. Elle m’avait déjà repéré, un grand sourire aux lèvres. Je m’élançai à sa rencontre. Elle me prit tendrement dans ses bras, m’embrassa sur les joues et me félicita pour mon année accomplie.

Nous avons longuement discuté sur le chemin du retour. Ça fleurait bon l’été. L’exhalaison des fleurs, sublimée par la douce moiteur d’une fin de journée, me transportait dans un sentiment de joyeuse légèreté. Le parfum des lauriers roses et du jasmin me chatouillait les narines. Maman avait le ventre rond, elle attendait ma petite sœur. J’étais impatient qu’elle vienne au monde car je me réjouissais de partager avec elle les merveilles que la nature m’offrait sur le chemin de l’école.

La classe terminée, j’aimais toujours prendre le temps de flâner, là pour écouter le chant des oiseaux, ici pour admirer le vol des papillons ou là encore, pour respirer le parfum des fleurs. J’étais un enfant certes rêveur et, parfois même dissipé, mais j’aimais bien apprendre. C’était mon côté studieux… Par chance, la place près de la fenêtre était la mienne, personne d’autre ne la voulait et pourtant, c’était un lieu d’évasion extraordinaire pour qui aime rêver.

Maman était fatiguée, elle ne dormait plus beaucoup et la chaleur l’incommodait quelque peu. Alors que nous marchions tranquillement en direction de la maison, elle m’annonça que j’allais passer tout l’été en Normandie chez mes grands-parents et qu’elle me rejoindrait, avant la fin des vacances estivales, avec papa et ma nouvelle petite sœur.

Je me souviendrai toute ma vie de ces vacances en Normandie !

Peu après mon arrivée dans la demeure de mes grands-parents, à Clécy, surnommée la capitale de la Suisse Normande, je fus invité, après le départ de mes parents, à passer à table. Tous deux avaient mitonné un excellent repas, ils y avaient mis tout leur amour et tout leur savoir-faire. Ce soir-là, j’eus le bonheur de déguster des moules au cidre, de la salade de penne aux courgettes grillées, des tomates farcies et un clafoutis aux cerises. Je goûtai chaque plat, j’étais content, mes grands-parents l’étaient également, je parlais, ils m’écoutaient et s’échangeaient de temps à autre un regard complice. Puis arriva l’heure de regagner ma chambre. J’embrassai mes grands-parents et les remerciai pour leur gentillesse. Mamie m’accompagna jusqu’à ma chambre et ce soir-là, je m’endormis rapidement, emporté vers le pays des rêves.

Les jours qui suivirent, je les vécus comme des moments de doux bonheur. Ils nous permirent de nous découvrir les uns les autres et de nous aimer davantage encore.

Reflets des arts : « Arthémuse, Art Théâtre Musique »

Ecrit par Valérie Debieux le 09 juillet 2016. dans La une, Arts graphiques

en Normandie

Reflets des arts : « Arthémuse, Art Théâtre Musique »

« Architecture de charme et monuments spectaculaires, chefs-d’œuvre impressionnistes et monuments de la littérature, cuisine iodée ou pur jus de pomme et savoir-faire qui font dans la dentelle, la culture normande est un inépuisable terrain de découvertes »

Le Carnet de Normandie, Guide Michelin

 

C’est précisément en ces terres enchanteresses de Normandie que la Fondation Arthémuse a posé ses valises, il y a peu, dans le magnifique Manoir d’Etainnemare à Etoutteville.

Karin Müller navigue dans le monde de l’art dès son enfance. Fille d’un critique d’art et collectionneuse d’art contemporain, elle codirige la Galerie Gimpel & Müller sise dans le VIème arrondissement de Paris, avec son mari, Berthold Müller et leur fils aîné Gabriel. Au cours de l’entretien que j’ai lui ai consacré à la sortie de son ouvrage Lever de rideau sur Edward Hopper, Karin Müller a souligné l’importance du lien existant entre tous les arts : « Tous les arts ont des passerelles. J’ai du mal à comprendre qu’ils soient toujours aussi cloisonnés. Nous organisons dans notre galerie des concerts, des tables rondes… La peinture et la sculpture accueillent la poésie, la musique, la philosophie, la littérature, le théâtre… Les arts se donnent ainsi tous la main ! »

Comme le précise son site : Sa rencontre en 1998 avec la pianiste Madeleine Malraux, veuve de l’écrivain, a donné lieu à de nombreux concerts et récitals, notamment « Esot’Erik Satie » et une adaptation pour la scène des « Fulgurances » de Nicolas de Staël, avec le comédien François Marthouret. Madeleine est décédée en janvier 2014 dans sa centième année.

Ainsi, le 14 juillet prochain, Arthémuse lance sa saison au Manoir d’Etainnemarre et y présente au publicune grande exposition de peintures et sculptures intitulée « Hors les murs en pays de Caux » et ce, du 14 juillet au 29 août 2016 (sauf les 23-24-25 juillet), les samedi, dimanche, lundi de 14h00 à 18h30.Cette exposition est organisée en collaboration avec la Galerie Gimpel & Müller et la société d’artistes Réalités Nouvelles.

Durant tout l’été seront donnés des concerts de piano et de lectures théâtrales, sous la direction de Maria-Paz Santibanez, et ce, en partenariat avec l’OCI, le concours international de piano d’Orléans.

Karin Müller, la fondation Arthémuse, la Galerie Gimpel & Müller et la société d’artistes Réalités Nouvelles se feront un plaisir d’accueillir tous les amateurs d’art, de musique et de littérature au Manoir d’Etainnemarre situé au milieu d’un magnifique domaine pluriséculaire.

 

 

 

Tout le programme détaillé sur le site : http://www.arthemuse-normandie.fr

Si vous le dîtes : Petits dictionnaires insolites

Ecrit par Valérie Debieux le 07 mai 2016. dans La une, Littérature, Linguistique

Pascale Perrier – Nicolas Lisimachio – Larousse ( Janvier 2016 )

Si vous le dîtes : Petits dictionnaires insolites

Poursuivant son œuvre d’encyclopédiste née vers la seconde moitié du XIXè siècle, la Maison d’édition Larousse vient de publier deux petits ouvrages, accompagnés d’illustrations provenant du fonds Larousse, intitulés pour l’un Petit Dictionnaire Insolite des Expressions gourmandes, pour l’autre Petit Dictionnaire Insolite des Mots et Expressions hérités de l’Antiquité. Le premier porte la signature de Pascale Perrier, le second celle de Nicolas Lisimachio. Ils s’inscrivent dans le même esprit de diffusion du savoir que celui qui avait inspiré le dessin de la Semeuse soufflant une fleur de pissenlit, le célèbre logotype créé en 1890 par Eugène Grasset et figurant, aujourd’hui encore, au bas du quatrième de couverture de ces deux dictionnaires.

Le premier ouvrage cité présente par ordre alphabétique une succession de soixante-huit expressions en lien avec la nourriture et le monde de la cuisine, entrecoupée de devinettes intitulées Trouvez le bon sens et de Quiz dont la solution trouve place parmi les dernières pages. À titre d’exemple, histoire de désaltérer sa curiosité, en voici un exemple :« Quand le vin est tiré, il faut le boire. “Tirer le vin”, c’est le sortir du tonneau ou du contenant dans lequel il était entreposé. Au milieu du XVIe siècle, on disait simplement “le vin est tiré, il faut le boire”, non pas parce qu’on avait une irrésistible envie de se soûler, mais pour signaler qu’il était nécessaire de mener à bien une action déjà commencée. La conjonction “quand” a été introduite vers le XIXe siècle, sans changer le sens de l’expression ».

Le second ouvrage propose la découverte, par ordre alphabétique, lui aussi, de soixante-quatorze mythes et légendes tirés des civilisations grecque et romaine. Pour illustrer ce propos, voici un exemple en relation avec les jeux de loterie : si l’expression « toucher le pactole » est connue, il y a toutefois fort à parier que son origine l’est moins : « Le Pactole était un petit affluent du fleuve Hermos dans le Royaume de Lydie (actuelle Turquie), qui charriait des sables aurifères. Selon la légende, le Roi Midas, souverain légendaire de Lydie, offrit l’hospitalité à un compagnon de Dionysos […] alors qu’il s’était égaré. Pour le remercier, on lui offrit de faire un vœu. Il souhaita que tout ce qu’il touche se transformât en or. Lorsqu’il comprit que même sa nourriture serait de l’or, il voulut renoncer à son vœu et, pour cela, dut se purifier dans le fleuve Pactole qui charria par la suite des sables aurifères ».

Tourner les pages de ces deux petits dictionnaires est une source de plaisir : par le contenu, la forme et la présentation, ils privilégient une transmission du savoir énoncé en termes clairs, compréhensibles et abordables par chacun et perpétuent la célèbre devise de la Maison « Je sème à tous vents ». À parcourir pour la joie de découvrir et d’apprendre.

 

 

Pascale Perrier est documentaliste des mots et auteur de nombreux ouvrages jeunesse.

Nicolas Lisimachio est avocat d’affaires et passionné de langue française.

La Vérité sur Donald Trump ( de Dick Joekers)

Ecrit par Valérie Debieux le 30 avril 2016. dans Monde, La une, Politique, Littérature

Aux éditions Helis helas – Mai 2016 -

La Vérité sur Donald Trump ( de Dick Joekers)

Printemps 2016, Etats-Unis d’Amérique, la course à la Maison Blanche fait rage. Insultes, invectives, grossièretés, propos misogynes, sexistes ou racistes, tout est permis. Être prêt à tout dire et à tout entendre. L’essentiel, c’est de gagner, quel qu’en soit le prix. Il n’y a pas de règle, « the winner takes it all ». Mais, d’abord remporter les Primaires, puis obtenir l’investiture du Parti et, enfin, être le « winner » le jour de l’Election Day. Du côté démocrate, deux candidats : Hillary Clinton, ancienne secrétaire d’Etat, et Bernie Sanders, sénateur du Vermont. Du côté républicain, trois candidats : John Kasich, gouverneur de l’Ohio ; Ted Cruz, sénateur du Texas, et Donald Trump, magnat de l’immobilier. Or, celui dont les pontes du Parti républicain ne veulent pas est en train, semble-t-il, de gagner son pari, gagner l’investiture républicaine… Printemps 2016, Vevey (Suisse), un manuscrit est découvert dans la boîte aux lettres d’un éditeur. La note qu’il fait figurer à ce propos est exempte de toute ambiguïté : « Nous avons trouvé ce manuscrit dans notre boîte aux lettres au début du mois de mars 2016. Tel quel. Nous ne connaissons pas Dick Joekers. Nous n’avons jamais entendu parler de lui. Nous avons cherché dans les pages blanches, sur Google… rien. Dick Joekers a laissé un mot avec le manuscrit. Il nous autorisait à le publier. Vite. Il a écrit ces lignes : “Le temps presse et Donald Trump est toujours en vie”. Nous avons lu, nous avons aimé, nous avons publié ». L’ouvrage a pour titre La Vérité sur Donald Trump, et selon l’avertissement de l’auteur, il s’agit d’une fiction. Toutefois, la fiction semble s’être invitée à la table de la réalité. Le récit respire le reportage et fait découvrir un Trump de l’intérieur, celui que côtoient quotidiennement ses intimes et sa garde rapprochée. Un Trump au langage imagé, cru, voire outrancier. Un Trump dévoilant, pêle-mêle, ses ambitions, ses idées sur le monde et sa vision de la politique américaine, sans artifices ni retenue : « Moi, Donald Trump, l’un des hommes les plus riches de la terre, sur le point maintenant de devenir le gars le plus puissant… Obama n’a jamais eu le fric. […] Moi j’aurai les deux ! […] Mais l’Amérique, c’est pas mon but. Mon but, c’est le monde. Pourquoi s’arrêter aux frontières de l’Amérique ? Bien sûr que je dis que je vais construire un mur sur le long de cette putain de frontière mexicaine. Mais tout ça c’est des conneries. Pas abruti à ce point, moi. Je suis chrétien, bordel de Dieu, non ? Le pape avait foutrement raison quand il a dit que construire des murs, c’est pas chrétien… Au fond, il est exactement comme moi, il essaie juste d’engranger des votes. Je veux dire, ce gars-là a quand même bien un mur tout autour de son Vatican !… Sauf erreur. Bon, de toute façon, le pape et moi on est copains… Ben oui, c’est un type bien, je veux dire… Sa baraque est même plus grande que la mienne… […] Mais d’abord il me faut ces votes… Des paquets de votes. Qui dit votes dit pouvoir. Je veux dire, n’importe qui qui a lu Machiavel à la garderie sait très bien que le nom du jeu c’est le Pouvoir. […] Encore quelques Etats et c’est moi qu’ils vont nominer. Après on va se faire la peau de Barnyard Bernie ou de Halloween Hillary… On va les laminer en papier chiotte. Parfait pour m’essuyer le cul après avoir chié sur eux… Bon, à vrai dire, je les aime plutôt bien, ces deux-là. Je veux dire, prenons Hillary… Après tout ce qu’elle a morflé, celle-là… Car elle en a vu, du pays, comment ne pas l’aimer ? Bill qui enfilait n’importe quelle gonzesse… Le fiasco libyen… les e-mails. Et elle se tient toujours droite sur ses pattes ». La vérité sur Donald Trump, c’est aussi une présentation sans fard ni retenue de la vie politique américaine avec ses artifices, ses trahisons et sa cruauté. Un ouvrage au style peu conformiste, un récit où le politiquement correct a été botté en touche, un texte vivant, décapant, rythmé et empli d’humour, de cynisme et de causticité sur la vie d’un fils d’entrepreneur de New York qui n’avait et n’a qu’un seul rêve, devenir Président des Etats-Unis d’Amérique. Un regard drôle et inédit sur Donald Trump et les élections présidentielles américaines. Panem et circenses. Un vrai moment de bonheur, à découvrir absolument.

Reflets des arts : « Steps, Festival de danse »du 7 avril au 1er mai 2016

Ecrit par Valérie Debieux le 09 avril 2016. dans La une, Théâtre

Reflets des arts : « Steps, Festival de danse »du 7 avril au 1er mai 2016

« La danse est le premier-né des arts. La musique et la poésie s’écoulent dans le temps ; les arts plastiques et l’architecture modèlent l’espace. Mais la danse vit à la fois dans l’espace et le temps. Avant de confier ses émotions à la pierre, au verbe, au son, l’homme se sert de son propre corps pour organiser l’espace et pour rythmer le temps »

Curt Sachs

 

Le coup d’envoi de la 15e Edition de la biennale de danse « Steps » sera donné au Théâtre Equilibre à Fribourg, le 7 avril prochain avec la troupe anglaise « Candoco Dance Company » qui figure parmi les plus grands noms de la danse contemporaine en Europe. Première suisse et ouverture du Festival, « Set and Reset/Reset » de Trisha Brown, la Candoco revisite un chef-d’œuvre de la danse postmoderne américaine.

« Trisha Brown, danseuse et chorégraphe américaine, compte parmi les principales personnalités de l’avant-garde américaine. Bien que fortement influencée par Merce Cunningham, son œuvre s’entend surtout comme une réaction au cadre très formel et structuré du ballet classique. Trisha Brown improvise souvent avec les petits mouvements du quotidien qu’elle met ensuite bout à bout dans des séquences variées ».

Depuis 1988, le « Pour-cent culturel Migros » soutient ce festival consacré à la danse contemporaine en invitant, tous les deux ans, une douzaine de compagnies du monde entier à se produire sur scène dans toute la Suisse. Cette année, 11 compagnies participeront au « Steps, Festival de danse » et quelque 82 représentations seront données, dont 8 représentations scolaires, sur 40 scènes partenaires dans 36 localités (18 en Suisse alémanique, 16 en Suisse romande, 4 au Tessin, 1 en France et 1 en Allemagne). Près de 160 danseurs venus du monde entier seront présents pour cette nouvelle édition et certains d’entre eux participeront à des activités en marge du Festival.

Steps, Festival de danse propose au public, en collaboration avec diverses institutions culturelles et la Collection suisse de la danse, des introductions ou des discussions avec les artistes, des ateliers pour élèves, des ateliers pour professionnels ainsi qu’un colloque.

Compagnies présentes : Aakash Odedra (Grande-Bretagne), le Ballet Junior de Genève (Suisse), la Candoco Dance Company (Grande-Bretagne), la Cie Gilles Jobin (Suisse), la Company Wayne McGregor (Grande-Bretagne), Eastman/Sidi Larbi Cherkaoui (Belgique), Eun-Me Ahn (Corée du Sud), Huang Yi (Taïwan), Ramirez, Molina & Wang (France, Espagne, Allemange), la Sao Paulo Dance Company (Brésil) et la Sydney Dance Company (Australie).

 

Le programme complet est disponible sur www.steps.ch

Réservations pour tous les spectacles : www.starticket.ch

Reflets des arts : « Le Roi Lear », avec Michel Aumont, en tournée

Ecrit par Valérie Debieux le 02 avril 2016. dans La une, Théâtre

Reflets des arts : « Le Roi Lear », avec Michel Aumont, en tournée

Fin des années 20, les prémices du krach boursier créent des tensions électriques dans le ciel de la finance américaine et internationale. Octobre 29 approche, le monde économique n’est pas prêt, personne ne l’est ; le cataclysme boursier, lui, a tout prévu, les rôles sont déjà distribués, mais le monde l’ignore encore.

Patriarche imbu de sa réussite, vieillard cacochyme à l’humeur désagréable et fantasque, Lear a décidé de partager son empire cinématographique, mais le cœur n’y est pas. Abandonner le pouvoir à son âge, c’est prendre la mort par la main. Partager son royaume financier en trois, à parts égales. Opération mathématique simple : Gonéril, Régane et Cordélia. Mais au pays de Lear, rien n’est simple : si Cordélia, la cadette, est restée fidèle au respect des valeurs qui participent à la beauté et à la grandeur de l’humanité, ses deux sœurs aînées, Gonéril et Régane, n’en n’ont cure. Elles sont guidées par d’autres valeurs, d’autres règles. Elles ont fait leur, ce monde où l’amour de l’argent et l’amour du pouvoir sont devenus plus que jamais, en ces temps d’incertitude, de vraies valeurs refuges.

Le vieillard, obnubilé par l’amour de sa personne, se laisse alors duper par la fourberie de ses deux filles aînées et celui-ci, par folie, maladie, erreur ou aveuglement, déshérite Cordélia, celle dont les mots empreints d’amour et de sincérité n’ont pas trouvé droit de cité chez ce père affaibli. Le ton est donné, la tragédie peut commencer…

La scène de théâtre prend – grâce à Jean-Luc Revol – les allures d’un plateau de cinéma muet des années 20. Les décors magnifiques et éloquents glissent sur scène. Pas de temps mort, pas de longueur. Au centre de l’action, Lear, interprété par le merveilleux Michel Aumont autour duquel évolue une distribution éblouissante, sur fond musical particulièrement réussi, et ce, sans oublier ni les costumes, ni les jeux de lumière, ni les effets spéciaux qui contribuent largement à l’atmosphère originale de la pièce. Au final, une pièce d’une exceptionnelle densité, où le spectateur tombe sous le charme dès le lever du rideau… Chapeau bas !

Subtil, moderne, percutant, ce « Roi Lear » a reçu un accueil triomphal de la part du public, ce lundi 14 mars 2016 au Théâtre Équilibre à Fribourg (Suisse).

Actuellement en tournée dans toute la France, et ce jusqu’au mois de mai 2016, « Le Roi Lear » passera aussi par Genève, le 5 avril prochain, au Bâtiment des Forces Motrices.

Reflets des arts : « Chaplin’s World », Ouverture le 16 avril 2016

Ecrit par Valérie Debieux le 19 mars 2016. dans La une, Cinéma

Reflets des arts : « Chaplin’s World », Ouverture le 16 avril 2016

C’est une première mondiale ! Amis des arts, du cinéma et de l’œuvre de Chaplin, réjouissez-vous, la Société française « Grévin » – connue pour son célèbre musée parisien – vient de créer son quatrième site à l’international, « Chaplin’s World », et propose au visiteur une expérience inédite de divertissement tout en permettant d’apprendre en s’amusant. Les travaux à Corsier-sur-Vevey, autour du fameux « Manoir de Ban », prendront fin d’ici peu et l’inauguration du site aura lieu le samedi 16 avril 2016. Chaplin’s World ouvrira ses portes au public dès le lendemain.

 

« Au cœur du Manoir de Ban, le visiteur devient l’invité qui a reçu les plus grandes célébrités de son époque. Grâce au savoir-faire incontesté de Grévin, le visiteur pourra “toucher des yeux” ce que fut la vie personnelle et familiale des vingt-cinq dernières années de Charlie Chaplin en Suisse. […] Un studio hollywoodien aux dimensions du génie offrira au spectateur une immersion étonnante dans l’œuvre cinématographique de Charlot. Plongée dans ses ruelles, des rouages ou des décors mythiques, le spectateur découvre ou redécouvre l’œuvre de Charlie Chaplin. Un parc de plus de 6 hectares aux arbres centenaires sublimera l’expérience et ravira les amoureux des grands espaces ».

 

Depuis le temps que la presse en parle, que le monde en cause, ça y est, nous y sommes presque… Venez nombreux pour célébrer l’événement !

Vous pouvez d’ores et déjà réserver vos billets

C’est ici : http://tickets.chaplinsworld.com/fr-FR/accueil

« La Belle et la Bête », Malandain Ballet Biarritz

Ecrit par Valérie Debieux le 05 mars 2016. dans La une, Théâtre

« La Belle et la Bête », Malandain Ballet Biarritz

« Il y avait une fois un riche marchand, père de deux garçons et trois filles. La cadette pleine de grâce se faisant tant admirer qu’on l’appelait Belle : ce qui donnait beaucoup de jalousie à ses sœurs. Orgueilleuses, les deux aînées, parce qu’elles étaient riches faisaient les dames et allaient tous les soirs au bal. Tout d’un coup, le marchand perdit son bien, et il ne lui resta qu’une petite maison de campagne, loin de la ville ».

Avant la première française qui aura lieu à l’Amphithéâtre Cité internationale de Lyon les 16, 17 et 18 septembre 2016, et ce, dans le cadre de la 17e Biennale de la Danse, le Malandain Ballet Biarritz – avec sa nouvelle création La Belle et La Bête – est venu séduire le public suisse, à Fribourg, au « Théâtre de l’Equilibre ».

Triomphe dans la capitale fribourgeoise devant ce spectacle magistral, où la quête de l’esthétisme a atteint les sommets de l’élégance, tant par l’humanité et la sensualité des danseurs que par la chorégraphie, à la fois sobre, intemporelle et envoûtante.

La musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski orchestre à merveille, et le spectateur s’envole de plaisir pendant près de soixante-dix-sept minutes. Les corps dansent, s’amusent et glissent sur scène avec volupté. Les couleurs, tantôt sombres, tantôt solaires, nous aspirent pleinement dans cette histoire, que Jeanne-Marie Leprince de Beaumont emprunta à Gabrielle-Suzanne de Villeneuve en 1757. Le charme opère et le spectateur, « avide d’idéal », se nourrit de beauté et d’amour durant toute la représentation. Si Thierry Malandain a voulu éblouir, on peut dire qu’il a gracieusement réussi…

La Belle et la Bête, un conte initiatique sur la dualité de l’être dont on ne se lasse pas et encore moins sous forme de ballet…

Soyez au rendez-vous au mois de septembre prochain à Lyon

 

Création / Première française Lyon – 17ème Biennale de la Danse de Lyon – Amphithéâtre Cité Internationale – Septembre 2016 (16, 17 & 18 septembre)

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