Économie mondiale : le commencement de la fin ?

Ecrit par Jean-François Vincent le 16 janvier 2016. dans Economie, La une

Économie mondiale : le commencement de la fin ?

« Quand la bulle chinoise éclatera, le monde tremblera » aurait pu dire, non pas Napoléon (qui n’a jamais prononcé la phrase célèbre), mais Alain Peyrefitte, qui se l’est appropriée.

Le lundi 4 janvier fut, en effet, un « black Monday » : 7% de baisse à la bourse de Shanghai, qui a dû fermer, 4% à Frankfort et 3% à Paris… la Chine a entraîné dans son sillage toutes les places financières.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase ? Une baisse de 0,6% du yuan face au dollar, suite à la décision de la Banque Populaire de Chine de diminuer son taux directeur. Mais le vase était déjà très plein. Le graphique ci-dessous le montre ; la bulle s’était reconstituée après la crise de 2008, et la correction intervenue l’été dernier n’était pas suffisante. Le marché devait replonger afin de se purger.

 

 

Le marché ou plutôt les marchés. Sur trente ans, les indices boursiers ont plus que triplé. 2008 a inauguré un cycle baissier qui n’est pas prêt de se clore. « The bear is in the driver’s seat, écrit cette semaine The Aden Forecast, le bulletin de l’une des prévisionnistes les plus respectées des États-Unis, this bear market could get very ugly », l’ours (symbole de la baisse) est au volant, ce marché de l’ours pourrait devenir très vilain.

La Chine est désormais la première économie mondiale, le premier client de l’Amérique. C’est grâce à elle que la croissance mondiale en 2015 (3,2%) s’est maintenue, la dette américaine plombant les USA, et l’Europe sortant à peine – et péniblement – du marasme. Si la locomotive se grippe, c’est le train dans son ensemble qui s’arrête.

Le phénomène ne saurait se voir fondamentalement modifié par quelque politique économique que ce soit : il s’agit de quelque chose de quasi physique ; à une indigestion doit obligatoirement succéder une diète. Tout au plus, les politiques peuvent-elles infléchir le cours des choses, soit en les aggravant, soit en les améliorant, mais juste un peu.

Les stratégies dites de l’offre, de par la contraction des liquidités qu’elles entraînent, asphyxient les marchés, les entreprises… et donc les ménages ainsi que la consommation. Une relance – à la Roosevelt – atténuerait les dommages qui se profilent.

Problème : dans les années 30, les états n’étaient pas endettés. Alors ? La récession ou la faillite ? Charybde ou Scylla ?

A propos de l'auteur

Jean-François Vincent

Jean-François Vincent

Directeur de publication

Membre du Comité de Rédaction et rédacteur

Traducteur au Conseil de l'Europe

Ancien professeur certifié d'anglais

Ancien diacre à la cathédrale russe saint-Alexandre Nevski de Paris

Maîtrise d’anglais

Licence de philosophie

Licence de droit

Diplômé de l’institut de théologie orthodoxe Saint-Serge

Commentaires (1)

  • Bernard Péchon Pignero

    Bernard Péchon Pignero

    16 janvier 2016 à 14:10 |
    La bulle chinoise ne pollue pas que les marchés, elle asphyxie ses villes et affecte non seulement toute l'économie mais toute l'écologie mondiale directement et indirectement. Quant à la relance à la Roosevelt... encore faudrait-il qu'il y eût un Roosevelt en chine et pas un parti qui se cramponne à ses traditions et à ses privilèges.

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