Le pouvoir politique a-t-il abdiqué face à la finance internationale ?

Ecrit par Luc Sénécal le 17 novembre 2012. dans Economie, Monde, La une, France, Politique, Actualité

Le pouvoir politique a-t-il abdiqué face à la finance internationale ?

A défaut de parler « d’abdication », ou « d’alliance », disons… « intégration », « réajustement » ou… Ou peu importe en fait.

Il s’agit plutôt de considérer point par point l’ensemble de l’échiquier. De savoir où se trouve la force de persuasion des foules ? Ensuite d’en trouver les propriétaires. On comprendra mieux ce qu’ils en font et pourquoi. De savoir par ailleurs ce qui, dans le système électoral dont le principe démocratique n’est pas à remettre en question, crée une faiblesse dramatique pour que l’action des élus puisse être pérenne. Déjà que l’intention de base générant le projet politique, qui est celui proposé aux électeurs, est déviée, faussée, perturbée par la suite, avant même que d’être proposée et que le projet ainsi modifié soit voté ou mis en action. Nous l’avons constaté maintes et maintes fois. Nous continuons à subir cette situation sans chercher à la comprendre ou à y remédier.

« L’électoralisme » dont il est question est la faille principale du pouvoir politique, dans  tout gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche (ou même d’un milieu qui se cherche et ne se trouve pas).

Prenez en exemple le Général de Gaulle qui, venant de son époque avec le conflit mondial et ses conséquences, avait pris en charge la politique de son pays pour s’affranchir des contingences étrangères et notamment de certaines puissances amies qui entendaient profiter des sacrifices faits pour nous (et pour elles), pour imposer leurs propres vues et conceptions. Un dictateur qui n’en avait pas le titre ? Disons plutôt des méthodes et des procédés qui s’en rapprochaient. Mais il s’est soumis au couperet de l’approbation populaire. Et il y a succombé plus par maladresse et probablement lassitude, pour laisser la place à ceux qui, parmi ses proches politiques, étaient les plus méritants.

Or le Général n’a pas vu venir la révolution estudiantine et surtout pas ses conséquences. Il n’a pas compris le contournement des forces qui allaient profiter de la situation pour s’imposer comme essentielles à la vie de la nation. Une récupération judicieuse et particulièrement intelligente car insidieuse. Et puissante. Terriblement puissante à tous les points de vue.

Il a bien compris, avec justesse, le bien-fondé d’une Europe à venir, non pas par rapport à cette prise de pouvoir de la finance internationale, bien évidement, mais par rapport à ce que cela représentait comme force d’opposition au dollar et à tous les pays qui y étaient soumis (dont la Grande-Bretagne, sorte de tête de pont enfoncée dans un coin de cette Europe en construction).

Mais l’Europe a été construite précisément pour des besoins de gestion économique et non pas dans l’esprit « européen » de toutes les populations qui la composent. C’est là une erreur grave. C’est là probablement que résidera son échec à venir si le déroulement actuel continue ses ravages.

Pire, ne voilà-t-il pas que cette Europe s’est décuplée pour des raisons strictement stratégiques. Ne serait-ce que pour s’opposer à l’URSS, et actuellement, on se tâte pour savoir si elle ne serait pas utile avec la Turquie (une nation parfaitement estimable et historiquement culturellement forte), pour créer une autre tête de pont face à l’islamisme intégriste (confusion entre islamisme et islamisme intégriste facile à faire et qui est entretenue au sein même de l’islamisme, par peur, par faiblesse ou par d’autres moyens que je ne connais pas).

Amalgame et confusion se créent, venant interférer pour amplifier une incompréhension parfaite entre tous les partenaires européens et encore plus, parmi les populations. Lesquelles maintenant ont d’autres chats à fouetter, pour pouvoir maintenir non seulement un pouvoir d’achat digne de la survie d’une famille mais en plus une intégrité nationale cohérente.

Ajoutons à cela les pays émergents comme la Chine et l’Inde et voilà les Etats-Unis d’Amérique qui se tournent, à juste titre, qui plus est, vers le pacifique, peu intéressés désormais par cette Europe qui s’affaiblit tant et plus.

On le sait. L’être humain est un apprenti sorcier. Et là, nous en avons encore la preuve. A force de complexité, il n’arrive plus très bien à comprendre ni ce qu’il a fait, ni ce qu’il fait, ni ce qu’il devrait faire. Et moi, je le précise, même si je m’en désole, je n’ai aucune autre prétention dans ce domaine que de demander d’y réfléchir avant que le désordre engendré par la soi-disant « mondialisation » n’entraîne des dégâts irrémédiables. Non seulement sur les êtres humains mais aussi sur la pérennité de la race humaine et plus encore sur l’ensemble du vivant sur cette planète.

La conception de l’ensemble que j’ai n’appartient qu’à moi-même. Elle ne peut prétendre convaincre. Si au moins elle permet que l’on y songe, ce sera déjà pas mal.

 

Luc Sénécal

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Commentaires (1)

  • Maurice Lévy

    Maurice Lévy

    20 novembre 2012 à 11:33 |
    Parfaite description du désordre politique actuel, bravo car votre article résume le tout en peu de lignes …
    Quant à espérer un peu de lumière sur le demain ou l’après demain, je paierais bien des frites à celui qui pourrait les entrevoir.
    Que donnera ce gouvernement de gauche au milieu de l’imbroglio mondial ??? La direction prise laisse espérer une remise en route de cette construction européenne languissante qui dure depuis des décennies sans progresser vraiment …
    On verra bien …
    Maurice Lévy

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