Ecrits

Simple comme Van Gogh

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 13 janvier 2018. dans La une, Ecrits

Simple comme Van Gogh

Bonjour, c’est simple comme Van Gogh.

Au nom du fils du taureau en or et de la chatte à la voisine, il faut que ça soit original.

Bonjour, vous voulez que ça soit beau, donc ça ne sera pas du tout orignal.

Bonjour, vous voulez que ça soit fort mais la faiblesse d’un texte est toujours originale.

Bonjour, vous voulez un thème, malheureusement il existe, et un jour ça ne sera pas du tout orignal.

Bonjour, voilà, vous comprenez maintenant pourquoi.

Au nom du fils du premier gorille et de la chatte de madame, il faut un premier problème.

Bonjour, je suis un singe sage et le sourire c’est la rage, voilà, vous comprenez maintenant pourquoi tout ça se passe dans une cage… personne ne sait si c’est à cause de moi ou juste comme ça… ne cherchez surtout pas à comprendre car ça ne sera pas du tout original, c’est la nature.

Au nom du fils de quelqu’un et la chatte originale, je cache le soleil dans mon dos et je dis que je m’appelle Bélial.

Bonjour, je suis comme une fleur, celle qui ne ressemble à rien, celle qui ressemble à un fantôme dont on sent la présence, dont on entend la voix mais dont on ne comprend pas le sens.

Bonjour, pour que ça soit original, il faut que j’assassine l’idée d’être… c’est le premier problème, il faut que j’assassine mes pensées.

Bonjour, pour que ça soit original, j’étais là, il y avait du bruit et chaque jour c’était à cause de… et je ne savais pas que j’étais toujours là.

Bonjour, si je meurs, ça sera original, vous comprenez maintenant comment ça va se passer et une fois que j’ordonne aux sens de ne rien dire et de partir apprendre à danser, ça ne sera pas du tout original.

C’est simple comme Van Gogh, c’était moi depuis le début.

Aahd l’absolution

Ecrit par Ahmed Khettaoui, Yasmina Warda Blidia Blidia le 13 janvier 2018. dans La une, Ecrits

Aahd l’absolution

Aahd tu es l’absolution

Ô que ce levant devient jaloux

de ton doux sourire

de tes douces prémices

pour purifier la honte

Ton doux sourire

poussa

l’aube pour qu’elle se révolte

étincelle de tes beaux yeux

et la voilà

Elle l’alluma

Ce triste levant

surgissant d’un recoin rayonnant

à bord de tes douces lèvres

Un doux matin tomba

telle une Grappe

telle une récolte fertile

Tes tresses

ô Aahd tu demeures toujours notre testament

ô ma chère Aahd

tu restes toujours notre pardon

Notre absolution

ô ma chère Aahd

au creux de cette planète dignitaire

sommes-nous les pénitences ?

et toi les levants d’El Kods purifié ?

tu es la paix

dont nos cœurs demeurent : rançons capturés

dis-leur Ô Aahd

Et puis 2018 deviendra souvenir…

Ecrit par Sabine Aussenac le 06 janvier 2018. dans La une, Ecrits

Et puis 2018 deviendra souvenir…

Il y aura des senteurs et des fruits ribambelles, rouges fraises des bois au détour du sentier, ou simplement oranges de cent clous piquées.

Il y aura des douleurs, des tristesses et des deuils, quand s’en va dans la nuit un grand-père épuisé, quand famille en aciers sur l’autoroute explose.

Il y aura des combats, des regrets et des doutes. On se retournera, on quittera la joute, et puis on reviendra, rage au cœur, vers le ciel, pour tonner ou maudire, pour supplier parfois, parce que vaincre est humain et que l’on perd souvent.

Il y aura des sourires, des inconnus qui passent, des regards échangés comme braise au foyer, et puis des vins levés, des anneaux, des nuits pourpres, quand on peut rire encore des défauts des aimés.

Il y aura des oiseaux, des brindilles croisées, des cigognes envolées vers l’Afrique enchantée, des moineaux qui pépient, des pic-vert qui dérangent, des coucous querelleurs et des mésanges azur.

Il y aura le patron, qui bougonne et qui tonne, l’inspecteur qui fulmine, le banquier qui maugrée, les impôts qui menacent, les huissiers griffes au vent, et puis les contredanses et les agios grinçants.

Il y aura les frontières envahies de guenilles, les enfants égarés qui appellent « maman », les barbelés meurtris de tant de corps souffrants, les navires qui béent après tous les naufrages, quand les yeux grands ouverts fixent les océans.

Il y aura le repas pour les vieux qui grelottent, les maraudes en hiver, pour donner soupe et riz, il y aura les sourires quand le chien affamé lui aussi a un os, sous la tente gelée, il y aura les espoirs de recouvrer un toit, ou tout simplement la dignité d’être vu en humain.

Il y aura les week-end, cotonneux sous la couette, fleurant le chocolat et les croissants au lit, ces heures au goût de temps, ces lectures immenses quand le salon se fait réceptacle du monde, et tous ces bains moussants aux galets vanillés.

Il y aura les lundis, le métro aux scories, les puanteurs des villes qui nous crachent au visage, les visages éteints, les passants renfrognés, les voitures qui passent comme mille furies, et ces longues semaines aux senteurs d’agonie.

Le Tout bon des Reflets : Salaisons d’hiver, bonne heure de Noël

Ecrit par Lilou le 09 décembre 2017. dans Ecrits, La une, Gastronomie

Le Tout bon des Reflets : Salaisons d’hiver, bonne heure de Noël

Et c’est ainsi…

Début décembre est presque la date ultime pour envisager les bonnes choses étayant les raisons de fêter en avance le plaisir de voguer les cheveux dans le sillage du père Noël. Soyons clairs sur les principes ! En cuisine comme en Gascogne, Noël commence au début de décembre quand la pensée se repose enfin sur le nombre de convives, le choix des bouteilles et l’heure du premier Floc que l’on préfèrera toujours selon ses goûts et sa liberté de toucher à tout. Et rien que pour ça, autant ouvrir dès à présent une intention de mêler aux préparatifs une première mise en bouche, rouge pour ma part et épanouie en bas-Armagnac où rien d’autre que le bonheur n’y a jamais poussé. Les vignes s’élevant dans une solitude pleine d’autant de ferveur, ça se fête !

Faut être sérieux dans sa pensée. Noël s’étale sur plusieurs jours et selon des montées et descentes faisant ressembler ces jours d’agapes à une sérieuse étape de montagne (pyrénéenne) du tour de France. Mais plutôt que d’en dire trop, concentrons nos préparatifs sur les 48 heures entourant le passage du type en rouge. Si je compte bien, ça nous fait 3 apéros majeurs, 3 entrées de première catégorie, 3 sessions d’ouverture d’huîtres et 3 escalades par la face nord de viandes et de poissons élevés en pleine nature et au grain dans l’unique intention d’agrandir les sourires de ceux qui se retrouvent plus que jamais réunis.

Pour les huîtres, ce sera simple et on peut donc ne pas y penser de suite. Elles sont toutes bonnes, même celles qui donnent du mal à l’ouverture. Un conseil malgré tout pour ce délicat passage : quand vous ouvrez votre douzaine, pensez qu’elles n’aiment pas les vins du sud. Concluez ce triste constat en vous préparant tout à côté une solide rasade de Riesling voire bien davantage si la bourriche se conjugue au pluriel. Cela aura le double mérite de rentrer plus tôt dans la danse et aussi de désinhiber le huitricide invité de passage et qui éprouve autant de mal à gouter de l’animal que le viandard en éprouve à arracher la salade à son milieu naturel. Mais bon, lesdites huîtres étant encore en bordée du côté de la Normandie, de Marennes ou de Bouzigues, ne vous concentrez pour les 3 semaines qui arrivent que sur cette rumeur alsacienne au tanin aussi fruité que surprenant (quelle merveille que de sentir toute l’Alsace rentrer en son palais aurait psalmodié Louis XIV sirotant une coupe et signant négligemment le traité de Nimègue en 1679). Pour ce faire, goûtez et goutez encore ! D’ici 3 semaines, il en restera toujours quelque chose si ce n’est pas une certitude gasconne en forme de vérité historique !

Chanson

Ecrit par Jean-François Joubert le 02 décembre 2017. dans La une, Ecrits

1ère chanson de notre ami et rédacteur JF Joubert ; tous à vos casques !!

Chanson

Un petit tour voir Zeus et ses racines, étrange

ce lieu de verdure pas très loin d’une tourelle

rouge, bon sang, où suis-je ? Au paradis, nage

vers ce retour au rocher du crapaud, tourelle

en vue, plus de brume, esprit sain, pas d’oursins

j’aime les filles, ne regarde que mes pieds, paix

libre comme une tourelle les oiseaux volent, convolent

je ne vois rien, d’autre que l’iode de l’eau, laminaire

la mi majeur, l’ami, frère de cœur, tiens une fenêtre

moi qui ne respire plus j’en ai deux, qui rigolent, pas peur.

Oublier un instant de vie, de vide, le cours de ma ruine de pleurs

l’eau est claire, lumière verte éclaire, pas de turquoise ni d’horloge

on navigue sur le court sujet de l’instant, la rencontre

totalement hors connexion, observé par un rude gaillard

l’art et l’artisan s’invite dans nos pensées, sauvages, rage

parfois d’être las, mais bien là, attention, une injure

Heureux, de sortir une nanoseconde en vitesse primaire

sur la route vraie des navigateurs, et des dessinateurs, le trait

Le passage des grues…

Ecrit par Martine L. Petauton le 25 novembre 2017. dans Souvenirs, La une, Ecrits

Le passage des grues…

A peine quelques jours après Toussaint. Un temps hésitant entre quelques gelées blanches saupoudrant au matin les jardins délaissés, et – sur le coup de Midi-nouvelle heure – des éclats bleus incroyablement tendres en ciel bourbonnais. Encore l’automne ; c’est ce que disent tous les feuillus du vieux Massif Central, dans l’arrogance de leur parure été indien – le plus beau de la France, en ce moment, est là. Pour autant, depuis peu, la douceur nous quitte, comme à regret ; dans les rues du village de mon enfance, les manteaux, quand ce n’est pas bonnets, haussent du col.

Cimetières, ce matin – la « tournée », comme on en sourirait presque – Deux cimetières, à peine éloignés d’une petite dizaine de kms ; les deux familles, paternelle, là, maternelle, ici. Les parents – nous attendraient-ils ? – dans du granite rose…

Elle m’accompagne, ma si jeune tante d’à peine 20 ans mon aînée, si pleine de rires et de mémoires impeccablement convoquées, si alerte qu’elle est définitivement ma contemporaine, mon amie, ma copine ou pas loin, jamais un bout – un reste – de famille qui marcherait loin devant… Enfin, par moments fugaces et face au temps qui passe, ça me traverse que peut-être, hélas, si ; elle est aussi cela.

On a redressé quelques pots de ces fleurs si particulières que sont les chrysanthèmes, ceux des riches ou voulant le paraître, ceux, modestes, d’une présence émouvante. Un rite, une société, ses liens, son sens.

Elle a donné sur le côté, en parlant d’autre chose, un coup de balayette ; on a constaté que de la mousse attaque – à peine – « mon » caveau, et une fois de plus elle a demandé : « ça fait combien de temps, déjà, ton père ? ».Puis on a tourné de tombe en tombe, de celles d’anciens du clan familial, dont elle ne se lasse pas de me retracer la chronologie, de voisins, d’amis qu’on avait perdus de vue, et qu’on retrouve là, dessous, comme une mauvaise plaisanterie qu’ils nous feraient encore, si loin des bancs des petites écoles, où nous étions ensemble dans l’autre bout du siècle dernier.

On baisse le ton, sans chuchoter pourtant ; la voix des vivants dans ce champ de morts est totalement étrange ; il y a le silence, et il y a celui-ci…

Elle, elle a un autre cimetière, là-bas, en bordure de Berry ; son mari et son fils, le garçon si vivant dont la jeunesse fut fauchée un soir sur la route. Elle m’avait dit un jour, comme vérité sur laquelle on ne reviendrait plus : « tu sais, tant qu’on n’a pas franchi les portes du cimetière pour ses enfants, on n’a rien traversé ».

Parler d’un tableau qu’on aime…

Ecrit par Jean-François Joubert le 25 novembre 2017. dans Ecrits, La une, Arts graphiques

Parler d’un tableau qu’on aime…

Dans la toile d’araignée qu’est Facebook, rencontre du phénomène Monsieur Stéphane Marceau, pas sot pour un clou, un sceau, royal, au premier abord ce tableau marque de la douleur, et observez, sa femme aux lèvres tendres, l’Amour enfin trouvé, le grand A qui cesse de meubler le grand vide de son atelier, le regard d’un homme blessé par ses concitoyens qui vole telle une cigogne vers son enfance brisée, admirez le travail, les yeux, le visage, de cet extra-terrestre qui lit dans vos pensées, l’estran sauvage, notre plage à tous, vous savez ce petit « moi », ce « ça », la porte ouverte vers l’inconscient, il y voyage ! Moi aussi. Fêlure blessures riment ses créations comme tout grand artiste. Ah ce regard qui me submerge d’embrun un ouvert sans fissure, l’autre qui se rappelle quoi, ceci : « les arbres sont cendre, la nuit est claire, tiens une comète qui troue un nuage ! que puis-je dire ? rien ! ne rien nier serait me plagier, je me sens sans sens, sans montre et sans aiguille…

Le ciel pleure, les âmes crient, et moi je me ballade en levant le nez, rhum au cœur de la mer de stratus, altostratus, cumulus et autre poussière de ouate, quand on calcule plus les watts de nos jours, je suis un perdu dans le système, un saule pleureur, qui convole vers l’ennui, nué de moineaux, non, des étourneaux, que sais-je, je ne dis rien !

Heureusement, dans un siècle dernier une dame de nage a sauvé mon esprit, comment ? En m’aimant, me bordant comme le lit d’une rivière borde les champs auprès de la mer !

Un aber, au pays du Léon, mes vers s’y reposeront un jour, je recule la date de la traversée de l’espace, tiens mars ! Ou le « pourquoi pas », ce bateau au nom qui me plaît, je pagaie à l’avant, le moteur est derrière, coup de chance, une veine de courant dans Lanildut pour rentrer à bon port : je crève, je rêve plus, ma prison mes lèvres, mes cris qui me désolent, ma nuit est longue et sombre, naufrage en absurdie ! Ce matin, une volute de fumée, je sais que je mangerai pas du goéland à la table de mes ancêtres, mais je donne de la couleur aux couleuvres, une œuvre qui me secoue, j’aime mon regard d’acier sans véhicule, sans permis de conduire sur les restes d’un règne animal, les dinosaures, et mes z’amis sont des oiseaux, pie, pivert, mouette, chouette…

Lui, il colle de la couleur sans masque, fruit de printemps, pas d’automne, cheveux vert prairie, il rigole de ses pairs qui vont un jour tenter d’écrire des maux sur ce regard d’acier qui est tendresse, lettre à sa douce à bâbord toute ! Tout de suite la puissance de l’Homme, pas de l’humain, il est terre, eau, feu follet, mer et ciel à la fois, il déshabille vos habitudes, il ne crie pas comme j’écris ce mot vers mes illusions perdues, il assume ses propos, se gausse car sa mémoire d’homme mûr est ce gosse unique qui porte la tunique du silence et peint, fils de rien, jamais Homme de lettres peut-être, sa vie privée ne regarde que sa lumière, ne voyez-vous pas qu’il possède cette chance d’être innocent, le regard droit tourné vers vous et sonne l’entrée de sa mise en scène, ce portrait gigantesque, ce rouge à lèvres, il aime sa tendre, et vous le rappelle, et dans la comédie, le théâtre de la vie, il dit sans un mot « Merde » ! Osez être vous !

Monseigneur Fustigé - Billet d'humeur

Ecrit par Vincent Robin le 18 novembre 2017. dans La une, Ecrits

Monseigneur Fustigé - Billet d'humeur

Monseigneur Fustigé, revêtu du pallium élyséen…

« Dessine-moi un mouton… ! » – réclamait au désert le petit prince.

Bon, d’accord… ! Mais moi, Saint-Exaspéré, je pourrai bien te le peindre cette fois en mode puîné sous les traits d’un « mouton-cadet »… de chez Rothschild.

L’idée d’une population « moutonne » n’est plus aujourd’hui une imagerie bien nouvelle. Avec Esope et Jean de La Fontaine notamment, en passant bien entendu aussi par Rabelais et Panurge, dans le déballage d’une docilité particulièrement naïve et sacrificielle, l’exposition miroitante des tableaux de l’espèce humaine figurée par la race des bêtes laineuses parfois cornues n’en est plus, en effet depuis longtemps, au stade d’un ouvrant vernissage ou d’une très inaugurale manifestation. Regardons alors ces esquisses très nettes et colorées d’antan, qui se renouvellent cependant et font florès dans le champ visuel et politique de maintenant. Celle de l’insouciant animal au lot caustique qui, face au loup à la dent longue, bientôt s’abandonne en gigot facile et consentant pour le très modique prix de son breuvage… Il est vrai que cette eau n’est plus – déjà depuis des outres –, qu’abondamment puisée au torrent médiatique devenu « ma chronique » (« Bouffe mon Foin Macronique ») et plutôt qu’à la désuète claire fontaine sans pub Ushuaia. « Aquam meam potas – inquit ! » : « tu troubles mon eau dit-il ! ». En mots plus courants et moins détournés que ceux du ruisseau paisible et murmurant de l’histoire, tel, en 732, Charles repoussant le Sarrasin sans blé, le canidé-énarque martèle alors : « tu fous le bordel ! »ou encore :« Il faut vivre pour paître et non plus paître pour vivre, bande de fainéants ! ».A ces mots, le très ô-vidé de sa cervelle d’agneau ne se sent plus d’aises… et couvre un large blanc-bec.

Ou pas

Ecrit par Sabine Aussenac le 18 novembre 2017. dans La une, Ecrits

RDT se souvient avec Sabine de ce 13 Novembre 2015…

Ou pas

Putain ils assurent les gars incroyable ça déchire grave c’est vraiment dommage que Fred soit pas là il aurait kiffé grave en plus j’adore le look du type à la batterie faudra que je pense à me dégotter un blouson aux Puces un de ces quatre attends c’est quoi ça merde des pétards n’importe quoi ça craint c’est pas cool en plein concert oh merde non c’est pas des pétards putain ça tire là non je rêve ça tire sur nous putain ils déconnent là les gars de la sécurité y a un dingue qui nous vise ou quoi pas le choix je me jette au sol je vais ramper jusqu’à la scène et me planquer je rêve et dire que la semaine dernière on a encore fait l’exercice de PPMS avec les gamins j’ai passé l’heure à les rassurer je rigolais intérieurement je me disais que c’était du grand n’importe quoi leurs lois sur la sécurité l’état d’urgence tout ça bon cool mec respire un grand coup ça va le faire oh non la fille devant moi vient de se prendre une balle elle hurle et son ventre m’éclate à la gueule je détourne le visage une seconde trop tard quel con j’ai du boyau sur la joue mais je m’en balance complet parce que là ça tire de plus en plus fort je rampe comme un fou je ne vois plus rien j’ai du sang sur les yeux c’est un cauchemar bon ils font quoi là les flics elle est où la police putain de bordel quand on a besoin d’elle et les pompiers putain quoi merde on est en France en 2015 on paye des impôts pour être protégés non ça beugle de partout ça tire je crois qu’ils sont plusieurs j’ai vu des gens arriver à partir par des portes de derrière la scène semble vide mais je vais jamais arriver à passer les mecs et les nanas sont agglutinés au sol devant moi y en a des dizaines qui pissent le sang qui hurlent qui appellent leur mère je vois la blonde qui m’avait filé du feu dans la queue qui me regarde avec les yeux emplis d’effroi elle est touchée on dirait elle me supplie du regard de rester avec elle je cherche au fond de ma poche je tire mon bandana je lui file et je l’aide à entourer son bras ça pisse dru elle en a plein son chemisier blanc je lui murmure ça va aller reste cool reste au sol ne parle pas et juste là on entend les mecs s’approcher je vois rien j’ai la tête penchée vers le sol je bouge pas je suis couvert de sang et de bouts de cervelle putain pourvu qu’ils pensent que je suis mort putain Seigneur si t’existes et que là tu me files un coup de main je te jure je fais tout ce que tu veux genre je vais voir mes parents chaque semaine je touche plus un verre de ma vie j’arrête Tinder je passe le CAPES au lieu de jouer les contractuels depuis des années je me range des voitures putain je te jure attends là ça craint ils tirent apparemment sur tous les gens qui leur adressent la parole qui disent pitié pitié épargnez moi j’ai des enfants bam une rafale ils descendent tout ce qui bouge on est des lapins dans leurs phares ils nous foncent dessus comme des malades je veux pas voir ça je veux me réveiller Seigneur faites que je me réveille merde non ils m’ont touché je sens une douleur atroce qui explose mon genou ils m’ont tiré dessus les salauds je bouge pas je mords ma main jusqu’au sang faut qu’ils croient que je suis mort je bouge pas un cil je suis un cadavre je suis un cercueil je suis ailleurs je n’existe pas putain on dirait que ça a marché ils sont partis à l’autre bout de la salle punaise je regarde vers le bas mon jean est rouge vif je chope un truc qui traîne par terre sous une nana qui regarde vers le ciel vide avec ses grands yeux ouverts horrifiés je crois que c’est un t-shirt il est plein de trucs mouillés mais je m’en sers comme d’un garrot putain voilà enfin ça me sert de m’être farci la formation de secouriste l’an dernier allez mon gars t’es fort t’es un killer tu vas t’en sortir t’es John McClane je sais maintenant pourquoi je préfère Bruce Willis à Woody Allen au moins ça peut servir de bouffer des pizzas devant Piège de Cristal allez respire t’es encore là attends je sens que je pars non c’est trop con pas maintenant non non putain c’est pas vrai ça a pas changé combien de temps je suis resté dans les vapes je glisse un œil à ma montre merde deux heures chuis resté deux heures dans ce boxon y a moins de bruit que tout à l’heure on dirait on entend presque plus rien sauf de temps en temps un sanglot ou un cri suivi d’une rafale ils vont finir par partir non c’est pas possible je les entends de nouveau s’approcher j’ose lever les yeux ils sont jeunes merde mon âge ils regardent de l’autre côté je me glisse sous un type qui a l’air complètement froid déjà je fous ma tête sous son torse et je prie putain je prie de nouveau Allah Vishnou Jéhovah Bouddha allez les gars qui que vous soyez je m’en tape je suis avec vous j’irai au temple chaque dimanche putain ils arrivent ils vont voir le mec bouger avec ma respiration pourvu qu’ils tirent sur lui il s’en fout il est mort putain allez ou alors qu’on en finisse tant pis pour tous ces pays que j’ai pas vus tant pis pour mon job de toutes façons j’y croyais à moitié tant pis pour ce putain d’amour de toutes façons depuis Mathilde j’y crois plus mais je jure je jure devant Dieu que si je m’en sors je prends mon billet pour NY et je lui hurle devant la Statue de la Liberté que je l’aime depuis des années putain quel con j’ai été de l’avoir laissée filer ils arrivent ils tirent mais ouf ils ont dégainé sur son bide la balle frôle mon visage mais je vais bien merci merci merci Seigneur et puis merde ça tire encore non ils sont encore plus nombreux mais c’est pas vrai ah non on dirait que les flics sont là enfin j’espère je vois des corps qui bougent autour de moi je croyais que c’étaient des cadavres non c’était un leurre c’est l’armée des ombres ou la nuit des morts vivants je sais pas mais bordel on dirait le clip de Thriller du coup je tente de me relever aussi je pousse un beuglement d’enfer mais c’est bon plus personne ne tire j’essaye de ramper sur un côté et là la blonde de tout à l’heure qui tient un mec par la main me dit de la suivre elle me tend l’autre main on avance éclopés débraillés ensanglantés on gémit y a des grands gars en cagoule et uniforme qui nous montrent une porte je passe sur des dizaines de corps à terre y a des jeunes des vieux des gamins des couples encore enlacés les yeux grands ouverts une gamine éventrée un vieux motard barbu qui fait un doigt d’honneur dans son sang y a des trucs horribles genre on dirait la Syrie ou les camps de la mort mais je m’en fous je suis là je vais peut-être m’en tirer je sors c’est la nuit mais c’est fini fini fini

ou pas

Sniper, a dog story (part two)

Ecrit par Ricker Winsor le 18 novembre 2017. dans La une, Ecrits

Sniper, a dog story (part two)

If you know about Border Collies, they are not even recommended as pets. My friend Charlie, the veterinarian, advises people who want to buy a border collie to also « buy three sheep ». That’s because border collies are super energetic and, without enough to do, these working dogs can raise a whole lot of hell. Lucky for us, and not knowing any of this at the time, Sniper was already two years old and not totally crazed but plenty strong and energetic. I walked him three times a day, every day, a long one in the morning and two shorter ones so he could mark his territory and feel some freedom.

I found that I couldn’t dominate him the way you can with a Labrador or other dogs like that who are so eager to please and so submissive actually. He almost bit me a couple of times, not a bite really but enough to show me that I had better be careful, that this was more a relationship of equals and not the master/slave thing. Once I got over the shock to my ego I accepted it and learned. He taught me that what we do together is something we share. It is quite amazing and I love how that has evolved. It was less easy for me than it was for him.

I found that his tail had been broken in a fight and hadn’t healed very well but healed it did with a crook in it now. I learned that he is a tough, dominant dog who will attack any male dog whenever possible and win. He has bones like a Swedish peasant and can pull me miles, which at my age is not a bad thing. Having him in the harness, you could plow a field. We found he had some medical problems, liver problems, and that required a couple of trips to the veterinary hospital and medication and x-rays. We learned how to feed him better as to not stress his liver and he is super healthy as a result. My wife cooks for the dogs twice a day, bathes them, and treats them like the children and family they actually are for us. I don’t see a lot of difference between their antics and affection and those of a couple of five-year olds but that is a whole different discussion.

After six months and with « peace in the valley » domestically, one afternoon a Papua man I had never seen came to the gate and wanted « to take Sniper out to play ». That was not something I wanted to do and I told him I was not comfortable with that. He was drunk, a young Papua guy with shaggy hair, strong, getting mad. He started yelling and pushing on the gate, shaking the gate back and forth and then the gate broke, a crucial weld having given way. I retreated to the house pushing my wife back and locked the door while she called the security station and also her mother who lives not far away. I grabbed an iron piece of exercise equipment and waited to see what would happen next as he pounded on the door. He stepped back and took the broken piece of metal from the gate and slung it against the door and then retreated to the street. The security man finally showed up, not too happy since they are scared of Papua people and are not used to having to actually act like security. Mostly they usher in cars at the gate, waving and taking it easy most of the time.

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