Ecrits

La Petite Fille des rues (2)

le 09 juin 2010. dans Ecrits

La Petite Fille des rues (2)

1.

Pourquoi je vous ai raconté tout ça ce soir ? De quoi avons-nous parlé pour déraper sur la petite fille des rues ? Vous dites que je dois écrire, raconter la fille des rues, extirper ces souvenirs pour en faire un livre. Je vais avoir du mal à extirper, à raconter, à déloger de ma tête ces images terribles de ma mère qui m’appelait « fille des rues »…

Je vous l’ai dit, j’ai peur « de faire de la peine à ma mère ». Vous m’avez dit de là où elle est elle s’en fout… Soit. Si vous êtes sûr qu’elle s’en fout, je vais essayer de dire qui était la fille des rues, et qui était la mère de la fille des rues.

Arielle

Ecrit par Ariel Gurevitz le 08 juin 2010. dans Ecrits

J’avais dix-sept ans quand je rencontrai Arielle, et elle  dix-huit. J’étais en quête non pas d’amour mais d’intelligence, alors c’est tout naturellement qu’elle m’éblouit dès les premiers instants. Disposant d’une perspicacité redoutable, elle voyait, comprenait et anticipait tout chez ses interlocuteurs, si bien que ceux-ci ne  pouvaient qu’entériner ce mélange subtil d’intuition et de  raison.

C’était une jolie fille, une brune aux longs cheveux bien avant la mode des brunes aux cheveux longs.  Elle était mince et menue, et avait une manière effacée de  se servir de son corps, qu’elle déplaçait avec une délicatesse qui tenait un peu de la danse. Tout dans son allure, sa voix, sa virtuosité verbale, me charma dès les premiers  instants.

La Petite Fille des rues (1)

le 07 juin 2010. dans Ecrits

La Petite Fille des rues (1)

Nous commençons là la publication régulière d’un écrit autobiographique de Gilberte Benayoun, “mémoires subjectifs” d’une petite fille de TLEMCEN.

La rédaction de RDT


Il n’y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré.

Marcel Proust

Puisque vous me proposez d’être mon interlocuteur, je vais essayer de me servir de vous, donc j’écris…

Eyelids

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 19 mai 2010. dans Ecrits

Eyelids

Fermées, elles sont derrière moi.

Et tu les suis pendant que je dors et je dors.

Bien au fond.

Enfouie dans nos innocences.

Derrière mes yeux fermés qui  s’ouvrent devant toi.

Debout sur ce rebord qui sombre entre les choses et moi.

Passive à souhait, béante.

 

Et les Noeuds

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 18 avril 2010. dans Ecrits

Et les Noeuds

Que peux-tu faire de tant de mémoire ?

Passe-nous en revue.

Regarde-nous et passe

A travers tous ces nœuds pour ne pas oublier.

Aspire à me noyer.

Passe ton mouchoir dessus.

Essuie-moi.

Ne me suis pas pourtant là où je me souviens.

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