Ecrits

Autour d'une écriture

Ecrit par Gilberte Benayoun le 20 juin 2010. dans Ecrits

Autour d'une écriture

A propos de l’écriture de “La Petite Fille des Rues”

Il y a trois ans, quand j’ai commencé à écrire « la petite fille des rues », je venais de me « faire la main » sur un premier texte, un cri d’amour écrit dans l’urgence que réclamait la douleur d’une histoire amoureuse passionnelle vécue en 2006, dans le plein été de cette année-là.
Aujourd’hui, avec le recul, vue de loin et avec dérision, cette passion amoureuse, cette petite « entorse », ressemble plus à une histoire « à l’eau de rose » un peu ridicule, qu’à un évènement douloureux qui, curieusement, s’est révélé être « un heureux événement ». A l’origine de cette histoire, deux éléments positifs ont fait surgir d’un ciel tout gris deux spots lumineux. Le premier fut la découverte de « Fragments d’un discours amoureux » de Roland Barthes, que mon psy, à court de réponses aux mille questions et culpabilités qui m’assaillaient et me tombaient dessus comme cette tornade amoureuse, m’a conseillé de lire.

Et si ..? (2)

Ecrit par Eric Thuillier le 18 juin 2010. dans Ecrits

Et si ..? (2)

Un incident inattendu me contraint à modifier mon programme de publication et à avouer plus tôt que je n’avais prévu de le faire que je ne suis pas l’auteur des textes qui défileront sous la rubrique « Et si… ». Le véritable auteur est Dédé l’Orthophose auquel je pensais rendre sa juste place dans quelques semaines.

C’était compter sans le prestige grandissant de notre revue dont un lecteur, intrigué de trouver un texte de Dédé sous le nom de son meilleur ami,  n’a pas cru mal faire en interpellant l’Orthoshose en ces termes : « Alors tu publies tes conférences dans Reflets du temps ? »

Marines

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 15 juin 2010. dans Ecrits

Marines

L’encre chahutée
Sur la plage se déverse
Et dans un coin du grand buvard  
Des lettres d’algues
A la calligraphie sauvage
Composent un message
Que tentent de déchiffrer
Les oiseaux en suspens

Certains y ont laissé des plumes

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Nietzsche, Schopenhauer, Kierkegaard de ma prose

le 15 juin 2010. dans Ecrits

Le nihilisme de Nietzsche, la démence amoureuse de Kierkegaard, le joyau de Schopenhauer, ou les tourments de ma vie avec toi, c’est moi allongée sur ton lit, je m’empare de mon carnet de poésie mon stylo me tombe sur le visage, ce sont ces mots qui déferlent dans ma tête avec toi.

Le nihilisme de Nietzsche :

Le matin au petit déjeuner tu crois que je pense au café, je me noie dans mon café,

Je me noie dans ma vie, je me noie dans mon angoisse,

Si tu ne m’embrasses pas, si tu ne me caresses pas, si tu ne me regardes pas, je me noie.

Mon Père, ou une vie pour rien

Ecrit par Ariel Gurevitz le 14 juin 2010. dans Ecrits

Longtemps mon père sortait de bonne heure sans que l’on comprît ce qu’il faisait. Il eût fallu être bien perspicace pour deviner que ces sorties n’avaient d’énigmatique que le néant de leur objet. Il passait ses journées à errer en ville, le plus souvent dans les jardins publics. C’est ainsi que sa folie ordinaire ne fut jamais perceptible que par son entourage immédiat. Il eût en effet été difficile d’imaginer que cet homme apparemment normal, cultivé, affable, disposant du sens de l’humour, se levât de son lit le matin sans autre projet que d’attendre le soir pour s’y coucher. En dehors de cela il ne voyait personne, n’avait pas d’ami, pas de distraction, pas de travail, pas de soucis.

Malheureux, mais fermé, mon père cachait son mal de vivre avec soin. Sa vie étant réduite à peu de choses, il accusait ma mère d’avoir la folie des grandeurs dès lors qu’elle bataillait pour améliorer notre quotidien.

C'est à ce moment-là

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 13 juin 2010. dans Ecrits

C'est à ce moment-là

Plus ou moins.

La charge de mes péchés anciens pèse sur la bascule de l’autre côté.

Coup de pied au cul de mon innocence.

On s’y remet.

Encore.

Jour souverain de la croûte à gagner.

À plat toujours.

Plombé de loin par l’envie d’en finir.

C’est l’heure, je me débats accrochée à un fil sans pensée pour moi mais c’est l’heure et ça ne rigole pas.

Il faut.

La Dame de Beauté

Ecrit par Jean Le Mosellan le 13 juin 2010. dans Ecrits

La Dame de Beauté

Est-on sûr de quoi que ce soit quand il s’agit de fidélité ? Pour être fidèle, on peut avancer, sans se tromper, que c’est un combat de tous les instants. L’essentiel, c’est d’avoir la foi en soi. Le combat est dès lors à moitié gagné. L’autre moitié, on s’en doute, est exposée aux épreuves. Et aux tentations, sans être bigot. La sainteté consiste alors à réduire cette moitié à néant. St Antoine y est bien parvenu. Mais peut-on le suivre ?

Dans l’histoire de Gabrielle (pas d’Estrée à laquelle on pense mais ce n’est pas ça) la fidélité a perdu. Ou, si on veut, elle a changé de sujet comme un papillon qui change de fleur. De fidélité en fidélité, cela se conçoit aussi.

Gabrielle avait une tête de madone. Et plus précisément celle d’Agnès Sorel en madone. Une pureté de traits incontestable, soutenue par un port princier du buste dont on remarquait la belle rondeur des seins. Des sourcils à peine dessinés, et les cils l’étaient aussi peu. Etait-ce dû à sa maladie, qui évoluait depuis longtemps déjà avant de parvenir jusqu’à moi ? Ce n’était pas sûr.

Et si ..? (1)

Ecrit par Eric Thuillier le 10 juin 2010. dans Ecrits

La crise est une affaire qui dure. Plus ou moins aiguë, elle nous occupe depuis le premier choc pétrolier, ça commence à faire un baril. Les solutions pour en sortir sont parfaitement connues de presque tout le monde. Il suffit d’interroger un économiste pour s’en rendre compte, il sait ce qu’il faut faire, il compose une phrase dans laquelle on ne retrouve pas tout à fait dans le même ordre que celui qui parlait hier les cinquante mots du lexique économique et il se demande pourquoi on ne fait pas comme ça. C’est vrai que même avec cinquante mots on compose tout un paquet de solutions et tout un flop de résultats.

La Petite Fille des rues (2)

le 09 juin 2010. dans Ecrits

La Petite Fille des rues (2)

1.

Pourquoi je vous ai raconté tout ça ce soir ? De quoi avons-nous parlé pour déraper sur la petite fille des rues ? Vous dites que je dois écrire, raconter la fille des rues, extirper ces souvenirs pour en faire un livre. Je vais avoir du mal à extirper, à raconter, à déloger de ma tête ces images terribles de ma mère qui m’appelait « fille des rues »…

Je vous l’ai dit, j’ai peur « de faire de la peine à ma mère ». Vous m’avez dit de là où elle est elle s’en fout… Soit. Si vous êtes sûr qu’elle s’en fout, je vais essayer de dire qui était la fille des rues, et qui était la mère de la fille des rues.

Arielle

Ecrit par Ariel Gurevitz le 08 juin 2010. dans Ecrits

J’avais dix-sept ans quand je rencontrai Arielle, et elle  dix-huit. J’étais en quête non pas d’amour mais d’intelligence, alors c’est tout naturellement qu’elle m’éblouit dès les premiers instants. Disposant d’une perspicacité redoutable, elle voyait, comprenait et anticipait tout chez ses interlocuteurs, si bien que ceux-ci ne  pouvaient qu’entériner ce mélange subtil d’intuition et de  raison.

C’était une jolie fille, une brune aux longs cheveux bien avant la mode des brunes aux cheveux longs.  Elle était mince et menue, et avait une manière effacée de  se servir de son corps, qu’elle déplaçait avec une délicatesse qui tenait un peu de la danse. Tout dans son allure, sa voix, sa virtuosité verbale, me charma dès les premiers  instants.

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