Ecrits

Les mille et une trouvailles de Dédé l'Orthosophe (7)

Ecrit par Eric Thuillier le 06 septembre 2010. dans La une, Ecrits

Les mille et une trouvailles de Dédé l'Orthosophe (7)

Après avoir évoqué dans l’épisode précédent les grandes lignes d’une profonde refonte du renouvellement générationnel, exposé interrompu par d‘inopinées réminiscences érotiques qui dans le cours nouveau des choses ne viendront plus troubler des esprits qui n’y  sont pas adaptés, le professeur Benoid, relayé par l’orthosophe, joue d’une habile dialectique et met à contribution les contradicteurs pour éclairer les aspects les plus novateurs du train de réformes qu’il se propose de faire rouler à vive allure sur les rails de la destinée humaine.

Tentons maintenant de répondre à quelques objections que les gens systématiquement sceptiques ne vont pas manquer d’émettre. Celle-ci par exemple : comment peut-on engager un prêt au nom de quelqu'un qui n'existe pas ? Qui le contracterait ?

A Miami (8)

Ecrit par Jean-François Chénin le 06 septembre 2010. dans La une, Ecrits

A Miami (8)

Revenir à la méthode : balancer sur le mot à mot, avancer sous les phrases, dévaster les recoins, remonter à temps. RESPIRER. Reprendre le mot à mot. Éreinter la main qui écrit.

A Miami, superficiel, fugace, amoindri, aplati, avorté, bégueule, bête, borné, bouché, bref, bréviaire, buté, catéchismique, chimérique, collant, confiné, court, creux, dérisoire, diminué, distrait, échantillon, écourté, effilé, épidermique, esquisse, étréci, étriqué, exigu, extrait, faible, fantaisiste, fat, faux, fier, formel, frivole, futile, hypothétique, illusoire, incapable, incomplet, inculte, inefficace, infatué, infécond, infertile, infructueux, inintelligent, inopérant, insaisissable, insensible, insignifiant, intolérant, inutile, irréel, laconique, lapidaire, léger, limité, maigre, mesquin, microcosmique, mince, modeste, négatif, oiseux, orgueilleux, petit, plaqué, postichique, présomptueux, prétentieux, puéril, puritain, raccourci, rapetissé, ratatiné, réductionniste, réduit, resserré, restreint, rétréci, rigide, routinier, rudimentaire, satisfait, sectaire, serré, simplifié, simpliste, sommaire, sot, spécieux, stérile, strict, succinct, suffisant, superflu, trompeur, tronqué, vain, vaniteux, vide, à la lettre. (source : http://www.cnrtl.fr).

AIRCRAFT CARRIER. Specimen

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 30 août 2010. dans La une, Ecrits

AIRCRAFT CARRIER. Specimen

In men species' indefinite crowd's center
Someone raised up.


In the hazy vision of their reality,
Someone became distinct.

In our ontological junction’s complete indecipherability
Someone gave a familiar formula.


In male extinct voices' confusing echoes
Someone started to address his own call.

AIRCRAFT CARRIER. Corps et biens

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 30 août 2010. dans La une, Ecrits

AIRCRAFT CARRIER. Corps et biens

 

Mon  porte-avions a sombré.

Les recherches me poursuivent contre toute attente.

Raclant les récifs, j'extrais quelques débris inqualifiables.

Sur un remix du Requiem inachevé,

Le rythme des commémorations s'accélère

Et les couronnes de volubilis tournent autour de ma taille

----------------------------------Comme des Hula-hoops,

----------------------------------Encerclant mon bien et son corps perdus.

Les mille et une trouvailles de Dédé l'Orthosophe (6)

Ecrit par Eric Thuillier le 30 août 2010. dans La une, Ecrits

Les mille et une trouvailles de Dédé l'Orthosophe (6)

La dernière fois, interrompus par la nécessité de respecter le format auquel nous astreignent les motifs les plus sérieux, nous n’avons abordé que le début d’une conférence de l’orthosophe autour des propositions du professeur P. Benoid. Il avait posé le problème, entrons maintenant dans sa résolution.

Voici une idée destinée à mettre en relation directe le dynamisme bancaire et le règlement des douloureux problèmes cités au début de cette brève étude. Cette relation directe ne saurait, à elle seule, régler tout le problème dans un premier temps. Dans un second elle le réglerait entièrement par ses effets secondaires, qu’il est prématuré d'estimer. Ainsi elle réglerait directement (pratiquement) une part du problème et indirectement la part du problème qui reste, par la mise en lumière, très stimulante pour la psychologie des peuples, de l'évidence des relations entre dynamisme bancaire, plein emploi et natalité.

A Miami (7)

Ecrit par Jean-François Chénin le 30 août 2010. dans La une, Ecrits

A Miami (7)

Céreste (août 2010)

Il est temps de partager nos sentiments et nos actes contre l'ignominie. Prenons date et rompons les liens. Ce qui vient sera à l'opposé de notre nature à espérer une terre sans frontières.

A Naples (Floride), entre le vrai et le faux, il faut choisir mais vrai et faux ne s'opposent pas. La réalité est d'une autre nature, en sustentation.

La mer est là, on ne la voit pas. La mer est là, elle respire à fleur de sable, on ne la voit pas. La mer est là, à vue perdue, on ne la voit pas. A Naples (Floride), la mer est en supplément.

A Naples (Floride), le paysage est bien rangé.

La Petite Fille des Rues (11)

Ecrit par Gilberte Benayoun le 30 août 2010. dans La une, Ecrits

La Petite Fille des Rues (11)

10.

 

Il faisait très beau le 20 juin 1962.

C’était le début de l’été, ma saison préférée, l’année de mes dix-sept ans, je ne les avais pas encore…

Déracinée, arrachée, sans comprendre pourquoi, à ma terre natale, laissant loin derrière moi les soleils, les ciels bleus, les étés et les nuits étoilées de la petite fille des rues algérienne, j’ai enraciné dans les plis de ma mémoire et au fil du temps des particules de vie, des bribes de souvenirs en désordre et en vrac, infiniment d’un lieu à l’autre. De l’Algérie et Tlemcen, ma belle ville romaine où j’ai grandi et je suis née. De Paris où j’habite et la France où je vis depuis l’âge de seize ans. De Marseille et son Vieux-Port, où j’ai vécu cinq ans, après la naissance de ma fille. Et de Grenade l’andalouse, ses jardins de l’Alhambra et nos mémorables vacances espagnoles sous la canicule de l’été 76.

Erreur sur (toute) la ligne

le 27 août 2010. dans Ecrits, Humour

Erreur sur (toute) la ligne

Le rideau se lève…

Dring, dring…

LUI : "Allô ?"

ELLE : "Coucou, c'est moi !"

LUI : "Ici aussi."

ELLE : "Hein ?"

LUI : "Et comme il ne peut y avoir deux "MOI" au même endroit et au même moment, j'en déduis que vous avez fait UN FAUX NUMÉRO. À moins que vous n'ayez la capacité miraculeuse de vous dédoubler."

Rideau

Les mille et une trouvailles de Dédé l'Orthosophe (5)

Ecrit par Eric Thuillier le 10 août 2010. dans La une, Ecrits

Les mille et une trouvailles de Dédé l'Orthosophe (5)

Lorsque le hasard a ouvert le tiroir dont le contenu dicte la conférence, Dédé en tire une chemise qui contient des enveloppes. Il les  présente comme un jeu de carte et requiert à nouveau le choix d’un spectateur.

Il annonce alors son sujet. J’ai voulu obtenir la communication de ces textes, il me les a refusés. En usant d’un procédé tout juste honnête, j’ai cependant eu en main celui qui fera la matière de cet épisode. Pour le reste, mes archives sont constituées d’enregistrements sonores qu’il me suffit de choisir et de transcrire. Dédé ne supporterait pas la vue d’un micro, j’enregistre sur un petit appareil photo numérique qui semble pendre, inactif, au bout de mon bras. En utilisant la fonction vidéo sur la plus petite définition on obtient la possibilité d’enregistrer une douzaine d’heures sur une carte d’un GO. Il suffit ensuite d’utiliser un logiciel de traitement audio pour capter le son et le constituer en fichier MP3.

La Petite Fille des Rues (10)

Ecrit par Gilberte Benayoun le 08 août 2010. dans La une, Ecrits

La Petite Fille des Rues (10)

9.

Les jours de grand soleil des quatre saisons de mes années d’enfance et de petite fille des rues, c’était aussi et surtout là-haut, à la terrasse de notre maison, que j’aimais faire de fréquentes escapades pour nourrir mon appétit de plein air quand je n’étais pas dans la rue à jouer, flâner ou sautiller à la marelle, cette grande terrasse à la hauteur propice aux rêveries, aux évasions solitaires, littéraires que me procuraient les livres et les histoires qu’ils me racontaient.

Yasmina, notre joyeuse gardienne, logeait sur la terrasse, dans un joli chez-soi élégamment décoré, aux murs drapés de tissus de soie couleurs pastel, au sol recouvert de grands tapis d’Orient couchés sous des sofas en satin écarlate. La porte d’entrée de son petit appartement-terrasse donnait sur un long couloir mosaïqué vert-rouge-bleu, séparant la terrasse en deux parties. A gauche de cette porte, dans ce même couloir, une autre porte, à deux battants, s’ouvrait sur une buanderie à quatre bacs et quatre fontaines, qui nous servait de grand lavoir pour grandes lessives, aux murs et aux sols en pierre grise, où on lavait rideaux, tapis de laine et grosses couvertures qu’on allait vite étendre sur les cordes de la terrasse. Ça gouttait et dégoulinait en petits filets d’eau claire, clapotant sur le sol losangé de tomettes rouge brique.

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