Ecrits

A Miami (6)

Ecrit par Jean-François Chénin le 08 août 2010. dans La une, Ecrits

A Miami (6)

“Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte…” (Albert Cohen)

A Miami Beach, les piliers de bar ne sont pas ceux que l’on croit.

A Miami Beach, les hommes sont à bras le corps dans leurs visions et leurs pupilles éclatées par les flashs luminescents les rivent à terre, décrochés du présent, saccagés par un DJ besogneux, inertes et béats, instantanément kodak, bras raides et la tête haute, un verre vide à la main.

Poé Zie

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 07 août 2010. dans Ecrits, La une, Littérature

Poé Zie

Ce texte est un manifeste d’écriture, un “trousseau de clés” des poèmes d’Elisabeth. Je me permets de le publier, dans “Des textes à la loupe” bien sûr !

LM Levy

 


Donc, il se pourrait que je me sente dans une période d’audace.

Que je doive aller et venir pour m’approprier mon dû.

Alors allons-y.

Ecrire, faites bosser les taupes !

le 01 août 2010. dans Ecrits, Littérature

Ecrire, faites bosser les taupes !

Samedi 3 juillet, les lève-tôt pouvaient entendre sur France Inter une émission passionnante de Stéphane Cosme : "Le 3ème sous-sol", consacrée ce jour-là à un fort étrange "Déjeuner sous l'herbe" de 1983 et aux fouilles archéologiques qu'il suscita… 27 ans plus tard.

Rappel des faits (tiré du texte de présentation de Stéphane Cosme) :

"En avril 1983, dans le parc du château de Jouy-en-Josas, l'artiste Daniel Spoeri, figure majeure des Nouveaux Réalistes, organisait un gigantesque banquet auquel participait le tout-Paris artistique. À la fin du pique-nique, les 120 invités enfouissaient dans le jardin les restes du repas. Une tranchée de 60 mètres avait été creusée à cet effet, et dans la pelouse ont ainsi été enterrés aliments et ustensiles du repas. L'idée était de fixer l'instant présent.

La Petite Fille des Rues (9)

Ecrit par Gilberte Benayoun le 01 août 2010. dans Ecrits

La Petite Fille des Rues (9)

8.

 

Quand je reviens sur mes pas de petite fille des rues et sur le pas de la porte de ma maison natale, refaisant le trajet à l’envers, de la gare à la maison, et même les yeux fermés, je monte au premier étage, je tourne la poignée de la porte, tout doucement, et sur la pointe des pieds je revisite les lieux…

Dans le petit hall d’entrée servant de vestibule, et face à la porte d’entrée, je revois le meuble-vestiaire en bois de chêne foncé, muni d’un long miroir et d’un porte-manteaux, avec ses deux larges tiroirs au ras du sol où s’empilent boîtes de cirages, brosses à reluire et chiffons à chaussures.

A Miami (5)

Ecrit par Jean-François Chénin le 01 août 2010. dans Ecrits

A Miami (5)

I - Le jour file du bleu au gris, du gris au noir, soudainement redevenu bleu franc, dans une alternance de mat et de brillant, de fondus enchaînés sur les liserés des vagues, de traits tirés de haut en bas du ciel, lentement estompés avec des saillies brûlantes d’organdi mauve. Puis le ciel s’affaisse d’un coup.

II - Le ciel s’affaisse d’un coup et le vent chaud draine des effluves de miel et d’écorce humide, une haleine âpre de terre embuée, toute une illusion d’un reste d’amour, tout ce qui vient de l’homme en extase, enchaîné à ses désirs battus d’orages, le ciel par-dessus tête dans les ombres noires de ses fantasmes.

III - Le ciel est par-dessus tête où perlent les premiers feux, les premiers phares qui fusent à la va vite dans les fluorescences de la nuit. Et dans l’arrière-cour de la nuit basculée du bleu au noir, où l’horizon, mais caché, cède dans un fracas sanglant, le silence est à portée de main, pour finir.

Les meilleurs liens

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 29 juillet 2010. dans Ecrits

Dedicated to…?

-

Les Meilleurs Liens.

Petits adages en formes, dommage.

——————————————-Tout ceci m’étonnera longtemps.

————————————————-Je n’en ai pas du tout.

La tolérance comme une gourmandise.

L’application à ouvrir.

Le don d’appel.

La qualité de la distance.

Valise

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 26 juillet 2010. dans Ecrits

Valise

Pliés, entassés les uns sur les autres, les faits resteront silencieux pendant la traversée.

Où que ces valises m’enferment,

Quel que soit le prix à payer plus tard, ce sera plus tard et je n’y suis pas.

Que je les porte à bout de bras n’est plus la question.

Je pourrais y dormir aussi.

Pas de voyage.

Pas de visite.

 

La Petite Fille des rues (8)

Ecrit par Gilberte Benayoun le 25 juillet 2010. dans Ecrits

La Petite Fille des rues (8)

7.

A l’occasion des Hanoukka de mon enfance et le dernier soir de cette fête qui durait huit jours et coïncidait souvent avec la fête de Noël, le cœur battant, curieuse et impatiente, je guettais le moment crucial où mon père, les bras chargés de paquets enrubannés par ses mains expertes, traversant d’un pas discret notre long couloir, allait déposer derrière la porte de la salle à manger nos cadeaux de Noël…

A Miami (4)

Ecrit par Jean-François Chénin le 25 juillet 2010. dans Ecrits

A Miami (4)

A celle qui prendra le pas sur l’autre. A ma table d’aquarelles, je sais qu’elles savent que je les observe. Elles sont d’une prudente inadvertance et rien ne trahira – si ce n’est un léger regard sur les lèvres de l’autre – cette attirance dont elles ne savent rien encore. Ou bien est-ce un jeu, des préludes nécessaires – quelques atermoiements ludiques – à ce qui vient. Elles sont sans vanité et j’agite mes pinceaux dans l’eau si claire de leur désir.

De Miami à Palm Beach, il y a des années-lumière de mondes dissociés, adjacents, des mondes en creux, décidément cachés, dont on suppose l’existence sans les voir, qui font flash parfois dans les sourires de vieilles soupirantes, insatiables et fatiguées, à l’écart des rencontres qu’elles n’ont pas faites ou qu’elles n’ont pas voulues faire, tellement en arrière, tellement en arrêt. Elle dodelinent, fascinantes mystérieuses à l’abri dans les allées vides de leur jardin désert. Et si elles sortent, c’est pour se rejoindre en bande sous les mousselines qu’elles porteront encore le jour de leur disparition. Qui n’alertera personne.

Les mille et une trouvailles de Dédé l'Orthosophe (4)

Ecrit par Eric Thuillier le 25 juillet 2010. dans Ecrits

Les mille et une trouvailles de Dédé l'Orthosophe (4)

La dernière fois, conduit auprès de l’orthosophe par des touristes complaisants, je suis entré, avant même que nous ayons pris la peine de lui dire bonjour, dans des explications qui, si je fournis toutes celles qui sont utiles à une première approche du personnage, courront sur quinze épisodes sans qu’on ait entendu sa voix. Ce serait le trahir.

Aussi, m’inspirant de procédés cinématographiques qui mêlent le proche et le lointain, le général et le particulier, l’hier et le demain, l’ensemble et le détail, procédés à vrai dire éprouvants pour quelqu’un qui peine à se souvenir de ce qui s’est passé l’heure précédente, je vais troubler la chronologie, aller tout de suite au bout de l’histoire, donner un écho du présent le plus récent.

Les occasions ne manqueront pas d’éclaircir l’appellation d’Auri bleue, de décrire la saisissante installation de rue du Théâtre de la sucette, de découvrir le rituel de mise en dépôt des mots usés dans la boutique, d’assister au déploiement de la Charlotte, de nous rendre au cimetière des écureuils, de découvrir du Land Art sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, de participer aux minutes de silence qu’il organise sous tous les prétextes, de détailler le contenu des tiroirs.

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