Ecrits

Et ces mots essaimés au haut des monts

Ecrit par Gérard Leyzieux le 17 mars 2018. dans La une, Ecrits

Et ces mots essaimés au haut des monts

Et ces mots essaimés au haut des monts

Ils s’immobilisent au fil dithyrambique des amours

Jusqu’au mutisme ils défi(l)ent en invocation des sons

Syllabe erre sur terre à la recherche de son partenaire

Forme solitaire émerge du désert. Un appel à plaire

Pendent alors aimés mots de tous ces jours assommés

Cri soudain d’oiseaux sur l’émotion de l’attente

Rien ne se voit sinon l’arrondi du dit si beau

Son œil enregistre la trace de la colline démontée en vallée

Pendant que le geste ex/imprime lettres en guirlandes

Encore une farandole de mots semés de long en large

Ils sont émis informes et gondolent leur apparence sous l’expression de la pensée

Mots essaimés puis malmenés jusqu’au débouché du rejet

Où langues s’emmêlent en une respiration commune à tout échange

Duisbourg ma jolie ville en barque sur le Rhin… (partie 1)

Ecrit par Sabine Aussenac le 10 mars 2018. dans Souvenirs, La une, Ecrits

Duisbourg ma jolie ville en barque sur le Rhin… (partie 1)

Elle tourne, la « Nana » de Niki de Saint-Phalle, inlassablement, au-dessus de sa fontaine, au centre de la plus grande rue piétonne de Duisbourg, la Königsstraße, observant de ses rondeurs bariolées la grande échelle dorée du centre commercial « Forum » s’élevant bien loin de ce temple de la consommation, contrastant presque brutalement avec les grisailles du temps rhénan et avec les suies recouvrant encore souvent la brique de cette grande ville industrielle que bien peu de Français connaissent… Le grand oiseau, dénommé Lifesaver est devenu au fil des ans l’attraction majeure d’une « promenade des fontaines » cheminant à travers la ville (Die Brunnenmaile), éclipsant presque de façon emblématique l’aigle du véritable blason de la ville…

Bien sûr, on se souvient du commissaire Schimanski qui avait fait les belles heures de la Cinq, héros récurrent de la célèbre série Tatort ; plus récemment, de cette « Love Parade » de sinistre mémoire, avec ces jeunes vies fauchées par la foule ; et ceux qui ont connu ce temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître avaient sans doute appris que Duisbourg était le plus grand port fluvial d’Europe (devenu aujourd’hui le premier port intérieur mondial)… Mais sans jamais, je suppose, avoir l’idée de partir en vacances ou en week-end pour visiter cette capitale de la sidérurgie plus réputée pour ses hauts-fourneaux que pour ses monuments ou sa gastronomie…

Cependant, gageons que nous ferons mentir les paroles de cette chanson parodique en appréhendant au fil du Rhin l’âme de cette superbe cité… Ja, dat is Duisburg – hier will einfach keiner hin dat is Duisburg – und dat macht auch keinen Sinn, Du musst schon hier geboren sein, um dat zu ertragen, allen Zugezogenen schlägt Duisburg auf'n Magen… (Oui, c’est Duisbourg – personne ne veut y aller, et cela n’a aucun sens… Tu dois être né ici pour pouvoir le supporter… Toutes les personnes qui vont y habiter sont prises de nausées…)

Car Duisbourg l’industrieuse, Duisbourg l’industrielle, Duisbourg, cœur de la mégalopole Rhin-Ruhr, jouxtant presque sa voisine plus policée et bien plus achalandée Düsseldorf, est en passe de devenir un nouveau Berlin, avec ses nouveaux quartiers branchés, ses scènes culturelles innovantes, ses musées à l’incroyable richesse et surtout avec la transition écologique de qualité qu’elle a su proposer, malgré la crise.

Bien sûr, les pisse-vinaigre vous rétorqueront d’un ton grinçant que la qualité de la vie ne fait pas tout, que certains projets architecturaux sont restés en friche, que les écoles peinent à recruter des enseignants, que les rues sont peuplées de personnes issues de la diversité (vous comprendrez que j’édulcore la façon qu’ont les contempteurs de migrants et de personnes des classes sociales défavorisées de dépeindre leurs peurs de l’Autre…) et de détenteurs du fameux Hartz IV, l’aide sociale dispensée d’une main de fer par Angela… Mais les habitants eux-mêmes, soutenus par le fringant club de foot de la ville, s’engagent pour faire mentir les frileux…

Côte de bœuf en sa croûte sur son lit de jadis...

Ecrit par Lilou le 03 mars 2018. dans Ecrits, La une, Gastronomie

Un « tout bon des reflets qui vaut littérature... » La rédaction

Côte de bœuf en sa croûte sur son lit de jadis...

Quelques mots pour raconter une histoire où l’unique objet du désir sera juste de cuire au four une côte de bœuf avec un gratin dauphinois… Mais bon, aussi et surtout quelques mots pour décrire le plaisir habillé des intérêts d’un printemps que l’on fait venir plus vite en ouvrant grand le four sur une farandole aussi savoureuse que facile à composer.

 

D’abord la viande… Passons rapidement sur la nécessité d’aller chez son boucher à qui l’on claque la bise et auquel on demande des nouvelles du rejeton qui a du mal à s’en sortir avec la maîtresse du CM2 et ses foutus problèmes de robinets qui fuient. Cependant, disons quand même que la côte de bœuf doit avoir l’œil vif, un rien ravageur avec ses mensurations de première de la classe (les femelles qui naviguent à 750 kg se font draguoter par des mâles tutoyant la tonne). Rien qu’à voir sur son étal ces carrés droits comme des acteurs de la comédie française qu’on prépare à jouer du Molière, on commence déjà à voir les paysages reposés du Limousin comme on souffre avec les Parthenaises des grosses chaleurs du Poitou. A y penser sur ces gammes de notre Géographie, on pourrait même se prendre pour une Aubrac regardant délicieusement le train de Millau se tortiller vers Marvejols. C’est dans la conversation que naissent les images. La viande et le boucher doivent être bavards, sinon à quoi ça servirait que d’y rire du temps qu’il fait. Au creux d’un problème de math ou de la rudesse du métier d’éleveur, vous demanderez quand même une côte d’un gros kilogramme et de 5/6 cm de découpe. Plus large pénaliserait trop la suivante, et plus lourd ferait un peu trop pour deux personnes…

Ensuite les pommes de terre qui donneront au « lit de jadis » les mêmes émois que procure pour un séminariste sa rencontre prochaine avec l’évêque. Il existe autant de variétés de pommes de terre que d’Émeraudes sur la couronne de la princesse Eugénie. Mais bon, toutes non plus ne facilitent pas la conversation quand il s’agit de concevoir un gratin dauphinois ! Il faut par exemple oublier l’Amandine et l’Agata, pourtant bonnes à tout faire mais qui en matière de gratin n’offrent guère d’ambition, plus préoccupées par devenir de vraies servantes pour des purées ou des mets construits à partir de la vapeur. Non, pour le gratin, il faut penser à Louis XV et à la Pompadour, que de femmes ont la cervelle en leur poitrine. On peut aussi appeler l’archange de la patate de compétition, la Mona Lisa à moins que l’on ne préfère les promesses d’une nuit sans sommeil avec la Charlotte arrivée sur les marchés des papilles en même temps que François Mitterrand prit possession de l’Elysée. Leurs caractéristiques principales à servir le lit de Jadis doivent de se présenter au paddock « ferme au toucher » et « sensible à la caresse ». Faut pas déconner avec la patate de gratin, elle doit être aussi prometteuse qu’un regard de louve pris dans ces 3 moments d’histoire. Et rien d’autre !

Unhallowed Beats/Another Look (continued)

Ecrit par Ricker Winsor le 03 mars 2018. dans Souvenirs, La une, Ecrits

Unhallowed Beats/Another Look (continued)

The impulse of humanity is toward freedom. At least that is true in the West where we are brought up on a diet of independence and rugged individualism. When the beats came of age, society post WWII was conformist and materialistic, affluent but boring and facing serious problems such as nuclear destruction, civil rights, and, a bit later, a very destructive and confusing war in Vietnam.

In my own case I felt stifled and constricted, unable to breathe in the middle of a comfortable suburban existence. The movie, Rebel Without a Cause, has to be seen as an important moment in the culture. Starring James Dean, Nathalie Wood, and Sal Mineo, it expressed what a whole generation was feeling to some extent or another : alienation, ennui, and angst, in what should have been a perfect world. It is hard to explain that rebellion other than by some need of the human spirit that is not met by the values of Main Street. Are peace and freedom incompatible ?

Jack Kerouac, so important to it all, was the closest to normal of the group, if normal can be accepted as a condition. He was Catholic, a fine athlete from the lower middle class, able to go to an Ivy League school, Columbia. And yet he became unglued from that and proclaimed the value of excess, spontaneity, and instability. He was an alcoholic and died an alcoholic. Despite his contribution, he was, for me, the most confused of people, a mystery even to himself.

The wild chances the beats took with their lives in terms of sex, drugs, alcohol, and relationships were what they wanted to do and needed to do in order to create some side streets off Main Street. Paul Verlaine and Arthur Rimbaud were precursors. The idea was that it was ok to be wild ; in fact, it was necessary.

Following that path, a lot of my generation got washed up on the shore, addicted, disillusioned. The ones, like myself, who didn’t see the beat model as fruitful long-term, turned to nature, a simple life close to the land. A percentage of a whole generation turned their backs on the bright lights of the city and settled in the country, grew gardens, and tried to live the good life as exemplified by Helen and Scott Nearing. Many succeeded and are still there. One of them was the poet David Budbill, RIP, who lived in the Northeast Kingdom of Vermont, and David Kherdian, still writing, now in his eighties.

Les Beatniks impies/un autre regard (suite)

Ecrit par Jean-François Vincent le 03 mars 2018. dans La une, Ecrits

Texte de Ricker Winsor, traduit de l’anglais par Jean-François Vincent

Les Beatniks impies/un autre regard (suite)

L’humanité aspire naturellement à la liberté. C’est le cas, tout au moins en occident, où nous avons été biberonnés à l’indépendance et à l’individualisme forcené. Quand les Beatniks arrivèrent à l’âge adulte, la société de l’après-guerre était conformiste et matérialiste, prospère mais ennuyeuse et confrontée à de graves problèmes, tels que la destruction nucléaire, les droits civiques, et, un peu plus tard, une – très destructrice et confondante – guerre au Vietnam.

Pour ma part, j’étouffais, je me sentais oppressé, incapable de respirer au milieu d’une confortable existence suburbaine. Le film La fureur de vivre apparut alors comme un événement culturel décisif. Avec sa distribution comprenant James Dean, Nathalie Wood et Sal Mineo, il exprimait ce que toute une génération ressentait d’une manière ou d’une autre : l’aliénation, l’ennui et l’angoisse, à l’intérieur de ce qui aurait dû être un monde parfait. Il est difficile d’expliquer cette révolte autrement que par quelque besoin de l’esprit humain, inassouvi par les valeurs du plus grand nombre. La paix est-elle compatible avec la liberté ?

Jack Kerouac, dont l’importance dans tout cela fut déterminante, était celui qui, dans le groupe, se rapprochait le plus de la norme, si tant est que la « norme » puisse s’assimiler à un état de santé. C’était un catholique, un athlète accompli issu de la petite bourgeoisie, capable d’intégrer la Ivy League School, à Columbia. Et pourtant, il ne resta pas englué dans tout cela, proclamant la valeur de l’excès, de la spontanéité et de l’instabilité. C’était un alcoolique et il mourut alcoolique. En dépit de son apport, il demeura pour moi le plus confus des hommes et un mystère, y compris pour lui-même.

Les risques démesurés que les Beatniks prirent pour leurs vies en termes de sexe, de drogue, d’alcool, de partenaires, correspondaient à ce qu’ils voulaient faire pour assouvir leur besoin de se singulariser du plus grand nombre. Paul Verlaine et Arthur Rimbaud furent leurs précurseurs. La démesure – tel était leur mot d’ordre – leur convenait parfaitement ; en fait, elle leur était nécessaire.

Dans leur sillage, une bonne partie de ma génération fut lessivée, droguée, désenchantée. Des gens comme moi, qui ne voyaient pas dans le modèle des Beatniks quelque chose de fécond à long terme, se tournèrent vers la nature, vers une vie simple proche de la terre. Un pourcentage non négligeable de toute une génération tourna le dos aux lumières brillantes de la ville et s’installa à la campagne, cultivant des jardins, en essayant de vivre la belle vie, dont Helen et Scott Nearing fournissaient des exemples. Nombreux furent ceux qui y réussirent et sont toujours là. Le poète David Budbill – paix à son âme ! – qui vivait au nord-est du royaume du Vermont, était l’un d’entre eux, de même que David Kherdian, octogénaire qui écrit toujours.

Unhallowed Beats/Another Look

Ecrit par Ricker Winsor le 23 février 2018. dans Souvenirs, La une, Ecrits

Unhallowed Beats/Another Look

There are strong currents underneath the great flow of history, currents that follow their own direction even as they are carried along. It is the counter culture, going against the flow.

I suppose I started early with my questions about it all. I was looking for something beyond the comfortable suburbs of my growing up and was attracted to Greenwich Village and « the beats ». Now, I have taken on, at this late stage, a more concerted study of them. Barry Miles’s biographies of William Burroughs and Allen Ginsberg, each containing about six hundred pages of amazing description and detail provide the information. One wonders how his portraits could be that complete except that both Burroughs and Ginsberg were famous for a long time and both had numerous friends, lovers, situations, teaching gigs, and on and on that gave the biographer rich sources of information.

The average Romeo, who might consider himself an athletic, sexy type of guy, might be shocked, pissed off, and disturbed by the wild and crazy sexuality of both these men. Include Neal Cassidy, who could « throw a football seventy yards and masturbate six times a day », and you get the kind of picture that would make the average Romeo look like a boy scout, no a cub scout. About Ginsberg’s sexuality, or Burroughs’s, you can almost smell it. It’s like that.

This group remains mythic for a lot of reasons including their talent and the amazing chances they took with their lives with the idea of liberating the psyche and stretching it toward infinity (I guess). That would be the generous way of looking at them. Another way would be to consider them delinquent, dirty bastards with deep psychological issues, the types of people who should be sent by boat to a small island with the job of making big rocks into small rocks. And in the fifties and early sixties « the establishment » overwhelmingly considered them in that way.

Allen Ginsberg was twenty years older than I. My older sisters and I were rebels without a cause in the wealthy suburb of Pelham Manor but not more than a half hour fast driving to McDougal and Bleeker Streets in Greenwich Village. Things were going on there we wanted to know about, things that gave us another view of our predictable and comfortable, conformist lives, the ones we were expected to live into the future.

« The Times They are a Changin » said Bob Dylan, and a truer lyric was never written. The history of the epoch known as « The Sixties » has been explored in countless ways. It affected everyone and everything in very personal ways. The bigger question for me now is why rebel ? Why do we seem to hate peace ? Because it’s boring ? I wonder about that.

Les Beatniks impies/un autre regard

Ecrit par Jean-François Vincent le 23 février 2018. dans Souvenirs, La une, Ecrits

Texte de Ricker Winsor, traduit de l'anglais par Jean-François Vincent

Les Beatniks impies/un autre regard

Il existe de forts courants souterrains tout au long de la grande Histoire, des courants qui suivent leur propre cours, parallèlement au courant dominant qui donne le la, et au rebours duquel ils s’inscrivent, en tant que contre culture.

Tout ceci, je pense, m’a très tôt interpelé. J’étais à la recherche de quelque chose d’autre que les banlieues résidentielles où j’ai grandi. Greenwich Village et les Beatniks m’attiraient. Aujourd’hui j’ai entrepris – tardivement et de concert avec d’autres – une étude sur eux : les biographies de William Burroughs et d’Allen Ginsberg écrites par Barry Miles – des sommes d’environ six cents pages chacune, époustouflantes par les détails et les renseignements qu’elles donnent – en fournissent la matière. On s’étonne que les portraits de Burroughs et de Ginsberg que brosse Miles puissent être à ce point exhaustifs. Toutefois, leur célébrité de longue date ainsi que leurs nombreux amis, partenaires et toutes les situations qu’ils ont connues – sans oublier leurs petits boulots comme profs – tout cela procurait au biographe quantités d’informations.

Le Romeo moyen qui se trouve bien bâti et sexy, ne peut qu’être choqué, agacé et troublé par l’incroyable exubérance de la sexualité de ces deux hommes. Rajoutez-y Neal Cassidy, qui « pouvait balancer un ballon de foot à sept cents mètres et se masturber six fois par jour », et vous aurez une idée du tableau d’ensemble qui ravalerait le Romeo moyen au rang de boy scout – que dis-je ! – de louveteau. Pour ce qui est de la sexualité de Ginsberg ou de celle de Burroughs, vous pouvez presque les flairer. C’est comme ça.

Ce groupe demeure un mythe pour toutes sortes de raisons, dont leur talent et les risques incroyables pour leur vie, qu’ils ont pris rien qu’avec cette idée de libérer leur esprit en l’étendant jusqu’à l’infini (je suppose). On peut également voir en eux des délinquants, des salauds aux énormes problèmes psychologiques, le genre de types qu’on devrait mettre sur un bateau et envoyer sur une petite île afin d’y casser de gros rochers en autant de petits cailloux. C’est ainsi que les considérait l’écrasante majorité des élites des années cinquante et soixante.

Allen Ginsberg avait vingt ans de plus que moi. Mes sœurs aînées et moi-même étions remplis de fureur de vivre (note du traducteur : « Were rebels without a cause » = titre original du film de James Dean, La fureur de vivre), dans la riche banlieue de Pelham Manor, à une demi-heure à peine en voiture de Mc Dougal et Bleeker streets, à Grenwich Village. Il se passait là des choses que nous voulions connaître, des choses qui dressaient pour nous une autre perspective que celle de nos vies conformistes, confortables et si prévisibles, qui étaient censées constituer notre avenir.

Recueil de poèmes courts

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 17 février 2018. dans La une, Ecrits

Recueil de poèmes courts

Les vieux ont un sourire

comme une ride en moins

des mots rassis du temps

que l’on mange

comme du pain

 

Rapiné

rappareillé

rapiécé

combien

de points de suture

au cœur

qui souffle sur les bougies

encore

et encore

 

Le chagrin est d’automne

et tu portes le masque

 

Un vent à déboiter les rêves

à faire pâlir le vin de messe

un vent

qui croque comme l’ogresse

dans des états d’âme

en épave

 

Le chagrin est novembre

Plaisir qu’on se le dise

Recueil de poèmes courts

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 10 février 2018. dans La une, Ecrits

Mots d’amour et d’hiver (10) « une grosse femme s’arrête…

Recueil de poèmes courts

Une grosse femme

s’arrête devant moi

Elle sent mauvais

elle sent l’humanité

Je la respire

pour me souvenir

 

Ma poésie

c’est marcher

rêver

mettre les yeux partout

partout

dans l’invisible

 

Mer

Naissance

pays des origines

Mer

notre première peau

notre âme

mise à nu

Recueil de poèmes courts

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 03 février 2018. dans La une, Ecrits

Mots d’amour et d’hiver (9) : « la lune cendrée sourit dans mon oreille…

Recueil de poèmes courts

La lune cendrée

sourit dans mon oreille

La lune

pour amie

quand le nuage est lourd

 

Je suis né

sous ta main

corps ouvert

doucement

profond comme l’amour

 

Je suis né

sous tes yeux

Un ciel

pour soulever

des rêves à faire encore

 

Je suis né

voilà tout

quand

tu m’as désigné

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