Apesanteur

Ecrit par Didier Ayres le 16 juillet 2016. dans La une, Ecrits

Apesanteur

J’ai dormi avec l’après-midi au milieu de nos poitrines

et j’ai regardé les cavaliers qui se jettent sur juillet

parmi des églantiers de cristal et les torrents noirs

pour oublier la durée et son épée argentique

– une personne couronnée de rameaux de vitre –

là encore vers des ponts de craie le ciel cobalt

dans la nuit vivace et calme et morbide

il ne reste que la rose des heures

brûlant comme une fête nuitamment

les douze épîtres de la nuit

– ruisseaux ensanglantés et turbides –

les pommiers sauvages

juillet maison de feu chambre miroir

cherchant la ténèbre et le théâtre des feuilles

centaures du temps buvant à la mort

– je marche dans les fougères hautes et électriques –

où dorment des noctuelles livides

– le chemin vitreux des halliers –

quelque chose qui rafraîchit nos visages

le sommeil la durée l’anxieuse approche de la pluie

les châteaux forts qui flottent au milieu de vieux iris

chasuble papillons de verre

dans le frais univers des ruisseaux où nous buvons l’éternité

– le baptême terrestre de nos pensées –

l’apesanteur grise des temps inutiles

qui forme déjà la pâque de cristal

et l’immortalité si chère à l’inquiétude

je suis devenu un enfant de glace

– comme un pommier stellaire –

les choses sont mortes ici

sinon un orchestre rouge.

A propos de l'auteur

Didier Ayres

Rédacteur

Commentaires (2)

  • Sabine Vaillant

    Sabine Vaillant

    16 juillet 2016 à 14:52 |
    L'apesanteur d'une sieste d'été? L'apesanteur qui met la distance avec la froideur du néant?
    Sabine V.

    Répondre

    • ayres

      ayres

      17 juillet 2016 à 20:02 |
      oui, la force du vide; da

      Répondre

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